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 Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)

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MessageSujet: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Jeu 25 Aoû - 11:55

Info:
 

Ma première rencontre avec Cortex avait été fatale pour moi. Jamais je n’avais vu une créature qui avait été tellement rempli de rage jusqu’à en détester vraisemblablement absolument tout. Cette créature m’avait insulté moi, les hommes, mon univers et tout ce que j’avais entrepris de créer.

Ce… Monstre ? Mais il me disait qu’auparavant, il était un lézard banal… Il est de ma création, et les hommes de ma création… Mes créations s’entretuent donc ? Et j’avais même proposé d’aider Cortex à mieux supporter la douleur, tout en révélant ma nature de créateur de l’univers ? Mais pour qui je devais passer envers ce lézard, envers les hommes qui m’avaient observés, la Fondation et tout le monde ? Je souhaitais être compris par tous, et voilà que tout le monde me redoutais…

Mon sentiment d’incompréhension était trop grand. Je n’avais même pas la force de faire appel à Miranda Smith tellement que j’étais aliéné par rapport aux créations. Et puis bon, moi-même j’avais eu des idées utopiques et farfelues sur le moment. Réconcilier toute l’humanité avec tous ces SCP, comprenant Cortex, pour que tous se retrouvent à courir en ralenti dans des champs garnis de fleurs et de beauté et de rosée magique, ne se souciant de rien et étant heureux pour l’éternité ? Au fil du temps, cela me parut de plus en plus absurde et ennuyant de penser comme ça.

En tout cas, il m’avait fallu un grand temps de réadaptation, de méditation et de remise en question. D’un simple coup de baguette divine, je fis en sorte que ma porte reste solide et impénétrable par quiconque, tout en ajoutant une affiche teinté de jaune avec, marqué d’un rouge violent, « MEDITATION JUSQU’A NOUVEL ORDRE ». Et cette porte resta comme tel, pendant des jours, des semaines, tout en savant que le personnel du SCP n’osait pas tenter quoi que ce soit.

Pendant cette période d’isolement total dans ma chambre, j’entrepris une profonde remise en question. Je me connaissais mieux que quiconque, et je savais qui j’étais : une simple âme ayant sous sa possession des univers abstraits et complexes sur lesquels je pouvais agir. Mais justement, le problème n’était pas qui j’étais, mais quel était ma place parmi tout ça, et comment je devais agir envers mes univers ?

Je dévorais des livres, regardais des films, des reportages télévisés, des news, lisais des journaux et même naviguais sur internet pour tenter de connaître ce qu’un être humain voulait qu’un Dieu fasse. Certains ne croyaient pas en Dieu, donc n’attendaient rien d’une entité auquel il ne croyait pas l’existence. D’autres voulaient se battre au nom de leur religion, et accomplir ce qu’ils considéraient que Dieu voulait au lieu que je considère ce que tout le monde voulait. D’autres encore m’insultaient, me haïssaient pour ne pas régler tous les problèmes dans le monde. Cortex me haïssait lui aussi, et même si c’était tout simplement parce qu’il voulait voir l’univers se détruire, je considérai tout de même sa vision du monde.

Mais c’est en lisant le troisième livre de la « trilogie des Fourmis », nommé la « Révolution des Fourmis », que j’obtins la réponse la plus satisfaisante. En effet, dans une sous-intrigue de ce livre, un personnage créait un monde informatique entièrement artificiel composé de personnes doué de libre-arbitre, avec le créateur de ce monde pensant que donner le libre-arbitre à tout un univers était la meilleure forme d’amour qu’un Dieu pouvait éprouver envers son univers. Au final, cet univers entièrement artificiel avait tenté d’assassiner son Dieu. Et sur le coup, je m’étais senti comme ce personnage dans le livre, persécuté pour avoir donné le libre arbitre. Mais je réalisai sur le coup que même si l’on ne m’aimait pas pour ça, c’était mon éthique et mon obligation de pouvoir faire en sorte que l’univers puisse exister et se disposer de lui-même. Comme une grande simulation virtuelle. Je devais me contenter d’être un observateur omnipotent en arrêtant de me prendre trop au sérieux et en découvrant plus sur mon propre univers et les capacités qu’il peut développer sans que je force une intervention. Que l’on m’aime ou que l’on me déteste, je visiterais mes univers et me chargerait de faire ce que je veux. Car moi aussi je veux le libre-arbitre, sans l’obligation de devoir s’occuper de mes univers.

Restait cependant la question des SCP. En occurrence, dans la « Révolution des Fourmis », le personnage-créateur n’avait pas eu affaire à des choses qu’il n’avait pas crées. Il n’y avait pas eu de bugs dans sa matrice. Les SCP de mon univers étaient des bugs, car ils avaient échappé aux lois de la physique que j’avais créé pour qu’un univers puisse subsister sans effondrement total sur lui-même. Les SCP, d’un côté, étaient un danger qui pouvait menacer l’équilibre des forces dans mon univers. Mais d’un autre côté, ils constituaient une véritable expérience intéressante, je pouvais les observer et en apprendre plus sur leurs particularités. Il me fallait en tout cas connaître leur origine. Ce qui a provoqué le bug.

Ces mois de méditation m’avaient appris à connaître enfin ma place dans l’univers. Et j’en étais plus que ravie. Ma dépression de toujours c’était comme envolé, alors que je retrouvais enfin mon rôle de créateur devant observer, et non contrôler, ses créations, sans pour autant trop s’y attacher.

J’avais à vrai dire perdu la notion du temps, mais je pense que c’était un matin que je décidai de débloquer la porte au premier venu, remplaçant l’affiche devenu abîmé par une toute nouvelle, coloré en bleue avec une écriture blanche : « Je crois en moi et en vous » accompagné d’un « disponible en toute instance ».

Et j’espérais bien sûr pouvoir parler à une personne en particulier…

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Jeu 25 Aoû - 22:37


Miranda était revenue voir « Dieu » à l’heure prévue. Elle gardait un excellent souvenir de leur entretien d’évaluation. Et puis elle devait bien admettre que 343 éveillait chez elle une profonde curiosité. Après tout, peu de gens avaient la chance de rencontrer Dieu en personne, de savoir à quoi il pensait réellement.  Elle savait qu’elle devait rester vigilante, pour que cet entretien ne se transforme pas en interrogatoire ou en débat philosophique. Il était rare qu’elle oublie que derrière une expérience se trouvait une subjectivité, capable de souffrir, de ressentir. Dans le cas de Dieu, il pouvait devenir difficile de s’en souvenir.

Cependant elle n’était pas inquiète, leur entrevue s’était finie sur une note plutôt positive. Il avait besoin de temps pour s’adapter au monde, mais il montrait déjà d’excellente capacité à le faire, pour peu qu’il rencontre des personnes respectueuses. C’était d’ailleurs ce qu’elle avait écrit dans le court rapport fait au chercheur référent.

Mais ce jour là quand elle s’était présentée, elle s’était trouvée face à cette pancarte « Méditation jusqu’à nouvel ordre. » Inquiète elle avait immédiatement appelé le chercheur référent qui refusait de lui expliquer ce qui était arrivé ce qui eut le don de l’exaspérer. En résumé 343 avait vécu une rencontre difficile avec un autre SCP dont évidemment l’identité n’était pas révélée. Evidemment, les éléments principaux de cette altercation ne lui étaient pas révélés non plus.

Elle n’avait donc d’autre choix que d’attendre que 343 sorte de sa retraite. Elle s’était inquiétée. Elle avait demandé au référent d’avoir au moins la décence de l’informer en cas de changement. Ce que évidemment, il n’avait pas fait. Il fallait croire qu’elle avait été encore trop discrète.  Elle l’avait su par un bruit de couloir et en avait été tout à fait vexé. Pour lui demander des rendez-vous en urgence il y avait du monde. Le reste du temps elle était oubliée. Elle n’aurait pas été en colère si la qualité de son travail auprès des expériences n’en pâtissait pas.

Dès qu’elle avait appris la nouvelle, elle s’était rendue dans sa zone sans tarder.

« Je crois en moi et en vous. Disponible en tout instance. » disait l’inscription sur la porte. Elle fut rassurée un peu. Quelque soit l’incident qu’avait vécu 343 il semblait s’en être remis. Un instant elle s’arrêta sur le paradoxe « Je crois en vous ». Dieu devait-il donc avoir également foi en sa création. C’était une chose qu’elle ne s’était jamais représentée comme telle. Elle eut un sourire et frappa doucement à la porte.

Elle attendit que le battant s’ouvre, se demandant quel décors Dieu avait pu concocter cette fois.

-Bonjour, dit-elle, je me suis inquiétée pour vous, vous savez ?

A dire vrai, elle était soulagée.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Sam 27 Aoû - 11:22

Cela allait désormais être mon premier contact avec le monde extérieur depuis des mois. Je ne considérais pas cela comme une étape très importante, je m’étais tout simplement remis de l’angoisse et de la tristesse de la rencontre post-682, je désirais maintenant reparler avec un être humain. Et bien sûr, je savais déjà qui était derrière cette porte.

En ouvrant la porte, je la regardai directement dans les yeux. Elle n’avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois, mais une différence notable était qu’elle accompagnait avec elle un sourire dès le départ. Sourire car elle me connaissait désormais, et parce que je n’étais pas comme les autres SCP de la Fondation. Je me souvenais encore de notre premier entretien, je lui avais révélé tellement de choses à cet Enfant. Ce que je ressentais, ma longue période de solitude… Un paradoxe me venait en tête alors immédiatement, alors que cette porte de mon logement était ouverte. J’avais essayé de combattre la solitude en m’enfermant pendant tout ce temps ? Avais-je réussi ?

-Bonjour, dit-elle, je me suis inquiétée pour vous, vous savez ?

Je souris en retour. Je pouvais le voir profondément dans ses yeux qu’elle était contente de me voir. Lui avais-je donc inquiétée au point que je lui manquais à elle ? Miranda était décidément une personne avec qui on pouvait que s’attacher, mais cela me faisait intérieurement un petit peu peur. Je m’étais mis l’intention en tête d’être objectif sur tout et voilà que je me retrouvais à s’attacher particulièrement à Miranda qui avait eu une vie bien triste de sa perspective… En tant que Dieu, j’étais l’incarnation du paradoxe. J’avais lu une fois, pendant mon isolement, un livre qui figurait la question « Dieu pourrait-il créer une pierre qu’il ne pourrait pas soulever ? », impliquant que soit je n’étais pas capable de créer une telle pierre, soit pas capable de soulever une telle pierre.  J’étais un véritable paradoxe. J’étais moi. Je devais résoudre ce paradoxe. Je devais me résoudre.

Mon intuition me disait que je devais aussi changer mon décor. En effet, j’étais resté avec ce même décor extravagant pendant quelques temps. Mais je n’avais pas besoin de faire grand-chose pour tout changer en un clin d’œil. Je claquai mes doigts, à bras tendu, pour le geste théâtral et tout se mit à mouvoir dans la pièce. Les tapisseries se mirent à fondre dans les murs, laissant une surface plane dégagée. Ma table basse, mon lit et le reste de mes meubles disparurent, ne laissant rien sur leur passage. Il ne restait qu’une salle entièrement dénudé, composé uniquement de planches de bois sombres. Mais évidemment que la salle n’avait pas opéré encore sa magie ! C’était alors que d’un coup, les murs s’élargirent à toute vitesse jusqu’à que la salle arrive jusqu’à la taille d’un grand gymnase, défiant les lois de la physique vu que ma salle devait physiquement traverser les étages du dessus mais ne le faisait pas, tel le fameux TARDIS. Cela ne s’arrêta pas là, alors que le décor commença à prendre forme. Je faisais entièrement confiance à mon intuition pour concocter un décor agréable. Les surfaces de bois devinrent plus claires, alors que se formèrent des vitres laissant entrer une luminosité artificielle mais réaliste semblable à celle du soleil. La pièce était cependant restée sombre, alors des bougies accrochés aux murs s’allumèrent donc pour donner une atmosphère toujours chaleureuse. Des grands signes japonais se dessinaient sur une grande toile située sur le mur opposé de la porte. L’architecture devenait globalement japonaise dans la salle, alors que le lieu vint à ressembler à un dojo traditionnel.

Tout ça réalisé en quelques secondes ! Et bien sûr, je n’oubliai pas les deux chaises et la table de notre premier rendez-vous qui réapparut après les changements réalisés. Je me demandais si ce décor allait plaire à mon visiteur. Moins garnit que la dernière fois mais plus espacé, avec toujours une atmosphère chaleureuse.
Ouvrant la porte pour elle, je l’invitai à entrer.

-Je me suis aussi beaucoup inquiété, mais beaucoup de choses vont mieux à présent. Entrez-donc, n’hésitez pas à vous asseoir. Nous avons décidément beaucoup de choses à se dire.

J’allais m’attendre bien sûr à des questions sur ma santé psychologique, mais honnêtement, je n’avais pas que cette idée là en tête, discuter de moi. Je voulais demander à Miranda beaucoup de choses. Sur comment est-ce que le personnel de la Fondation me regardais depuis mon « incident » avec Cortex, et sur les autres SCP. Je devais m’en douter que ça n’allait pas être si facile de lui poser ces questions avec elle posant son diagnostic, mais il me fallait avoir des réponses. Je devais normalement déjà savoir plus de choses qu’elle vu que j’étais Dieu, mais je ne désirais pas voir encore le monde extérieur, ce serait une transition trop brusque entre ma méditation et le monde réel.

Mais j’étais patient. Que j'écoute alors ce qu’elle allait me dire d’abord.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Dim 28 Aoû - 16:48


Dieu rendait à Miranda un sourire tranquille et elle était rassurée. Elle s’était inquiétée pour rien apparemment. C’était sans doute stupide de sous estimer Dieu en personne. Derrière lui, il y eut comme un grand mouvement de couleurs. Puis il ouvrit la porte sur une immense pièce qui ne pouvait se trouver qu’ailleurs, loin du SCP. Une lumière naturelle coulait par des vitres sur le bois jeune qui ornait le sol. Une immense tenture décorée de symboles orientaux couvrait les murs encadraient par des candélabres où brillaient de petites flammes de bougies. Elle se croyait au japon où elle n’avait jamais mis les pieds.

La seule chose qui semblait inchangée, c’était la table, identique à celle de leur première rencontre. Elle détonait presque dans ce décor, mais si les lieux étaient magnifiques, Miranda éprouvait tout même le besoin de trouver quelque chose à quoi se raccrocher. Dieu l’avait invitée à entrer tranquillement et naturellement elle alla prendre place à cette table, du même côté que la fois précédente.

-Je me suis aussi beaucoup inquiété, mais beaucoup de choses vont mieux à présent. Entrez-donc, n’hésitez pas à vous asseoir. Nous avons décidément beaucoup de choses à se dire,commença Dieu tranquillement.

Miranda eut encore un sourire.

- Oui en effet. Tout ce que j’ai su pour ma part est que vous avez eu une rencontre déplaisante avec un autre SCP dont on ne m’a pas révélé l’identité. Après quoi, vous avez fait le choix de couper les liens… Peut-être avez-vous envie de me raconter comment vous avez vécu tout cela ? Ce qui vous a inquiété exactement?

Juste après avoir dit cela, elle craignit d’avoir été emportée par sa curiosité. Alors elle ajouta.

- Enfin c’est comme vous voulez…je veux juste savoir comment vous allez… Où vous en êtes tout simplement, histoire de pouvoir continuer de vous aider si vous en avez toujours besoin.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Mar 30 Aoû - 12:26

Après avoir laissé mon invité s'asseoir d'abord avant de me permettre de prendre place moi même de l'autre côté, je remarqua que Miranda, alors qu'elle commençait tout juste à parler, était avide de curiosité quand à mon sujet.

- Oui en effet. Tout ce que j’ai su pour ma part est que vous avez eu une rencontre déplaisante avec un autre SCP dont on ne m’a pas révélé l’identité. Après quoi, vous avez fait le choix de couper les liens… Peut-être avez-vous envie de me raconter comment vous avez vécu tout cela ? Ce qui vous a inquiété exactement?

Elle continua en se reprenant, disant que je pouvais lui dire uniquement ce que je voulais lui dire. Mais à vrai dire, je n'avais aucun mal à pouvoir tout lui dire. Je ne pouvais pas dire que l'épisode avec Cortex que j'avais vécu faisant maintenant parti du passé, mais que je pouvais délibérément me confier à Miranda sur le sujet vu que je me considérais être remis de l'expérience depuis ma longue méditation. Je savais très bien que Miranda était psychologue et que son but était de me suivre, soigner éventuellement, mais si je devais lui raconter ce que j'avais vécu avec Cortex, ça allait devoir basculer sur une discussion au delà d'un simple "raconter moi ce qui s'est passé".

Et cela, je le pensais pour deux raisons. La première est qu'elle m'avait clairement dit "...un autre SCP dont on ne m'a pas révélé l'identité", impliquant que le niveau d'accréditation de Miranda n'était pas assez élevé selon les contraintes de la Fondation pour que je lui raconte explicitement ce qu'il s'est passé. Et il me fallait lui raconter ce qui s'était passé, et j'avais peur de rentrer en mauvais termes avec la Fondation, et ça je sentais que ça allait m'arriver souvent...

La deuxième raison impliquait la nature de la discussion entre Cortex et moi. Entre des insultes à rafales, j'avais notamment repéré la haine considérable de Cortex fasse aux êtres vivants, y compris les humains. Cela m'avait grandement affecté sur le coup, mais sur ce sentiment j'étais absolument sûr que je n'étais pas seul. Toutes les personnes toujours vivantes ayant pu parler avec lui on dût être grandement affectés, ainsi que la Fondation en général. J'allais donc pas parler forcément d'un mal qui m'étais entièrement personnel.

Mais avant de plonger directement dans le sujet, il me fallait tester la volonté de Miranda.

- Et bien... Et bien... Je pourrais commencer par décrire ce qui m'a valu mon isolement et méditation pendant tout ce temps là. Et ce qui m'a valu cela était bien sûr la rencontre avec le SCP en question dont vous avez parlé. Mais, mais... Là je m'inquiète pas pour moi mais pour vous, car en vous racontant cela je risque de vous communiquer des informations que vous risquez de ne pas avoir l'autorisation de connaître. Donc si je continue, c'est uniquement si vous voulez bien prendre le risque.

Je ne souhaitais pas faire peur à Miranda, mais il me fallait bien l'avertir. Et puis, en cas de problème avec la Fondation par la suite, je la placerais sous ma protection.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Mer 31 Aoû - 22:46

Miranda se sentait à l’aise assise à cette grande table. Elle avait ouvert la voix le plus correctement possible pour qu’il puisse lui parler de ce qu’il avait vécu, tentant de mettre sa curiosité de côté. De toute façon, il ne devait rien ignorer de ses intentions ou presque. Elle avait toujours été facile à lire alors elle espérait juste qu’il lui faisait suffisamment confiance.

- Et bien... Et bien... Je pourrais commencer par décrire ce qui m'a valu mon isolement et méditation pendant tout ce temps là. Et ce qui m'a valu cela était bien sûr la rencontre avec le SCP en question dont vous avez parlé. Mais, mais... Là je m'inquiète pas pour moi mais pour vous, car en vous racontant cela je risque de vous communiquer des informations que vous risquez de ne pas avoir l'autorisation de connaître. Donc si je continue, c'est uniquement si vous voulez bien prendre le risque.


Miranda maudit une fois de plus ces règles de confidentialité qui gênaient sa pratique au quotidien. Que le SCP dissimule des informations à l’extérieur était une chose. Que la fondation fasse des secrets en son propre sein ne faisait que causer des ennuis de son point de vue, concernant les expériences conscientes en tout cas. C’était le meilleur moyen pour que ceux qui disposaient des informations se sentent seuls au possible, sans possibilité de demander l’avis de confrères et pour que ceux qui n’en disposaient pas se fassent des idées au dela de la réalité des faits.

Elle fit un sourire à Dieu.

- Vous n’avez pas à vous inquiéter. Ce n’est pas à vous de vous préoccuper des conséquences de ce que vous pouvez me dire. Le but est que vous puissiez parler librement. J’en assumerais les conséquences cela fait parti de mon travail.

Elle se sentit obligée de poursuivre, pour essayer d’ouvrir le dialogue au maximum.

- Après ce qui m’intéresse ne sont pas des informations précises….je veux simplement savoir ce que vous avez vécu, comment vous l’avez vécu… voilà tout.


Elle lui fit encore un sourire, espérant l’avoir rassuré. En vérité, elle ne l’était pas vraiment. Elle avait déjà entendu des histoires racontées par des collègues exposés par accidents à des informations confidentielles qui du coup ne pouvaient plus faire un pas sans surveillance. Elle subirait les interrogatoires qu’il faudrait avec sa conscience pour elle. Elle se refusait à interdire à cette personne de s’exprimer sur quelque chose qui l’avait peut-être profondément perturbé. Au point en tout cas, qu’elle s’était retirée du monde plusieurs mois. Il suffirait peut-être d’envoyer au mail au référent du SCP en question pour calmer les esprits. On pouvait toujours rêver…

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Dim 4 Sep - 21:38

La question de la confidentialité était donc à double tranchant. D'un côté, elle pouvait forcément affecter la relation et la confiance que la Fondation pouvait perdre en moi. Mais mon inquiétude pour Miranda était bien sûr plus importante. Je l’imaginais déjà se faire tracer ses moindres faits et gestes par la Fondation, voir administrée des amnésiques de Classe A, qui pourrait lui retirer tout souvenir de notre conversation.

Il fallait donc faire preuve de discrétion pour que la Fondation ne connaisse pas le sujet de notre discussion. Tout simplement en formulant un vœu, je fis en sorte d’isoler la salle entièrement. Aucun bruit ne pouvait passer à travers les murs, et la Fondation savait à l’avance qu’il était inutile d’installer des caméras de surveillance ou des micros, que je m’apprêtais aussitôt à faire tout simplement disparaître. Miranda n’était pas au courant de cela, et inutile de l’avertir.

- Vous n’avez pas à vous inquiéter. Ce n’est pas à vous de vous préoccuper des conséquences de ce que vous pouvez me dire. Le but est que vous puissiez parler librement. J’en assumerais les conséquences cela fait parti de mon travail.

Heureusement, il n'y avait désormais pas de conséquence à assumer. Enfin, du moins j'en étais convaincu.

- Après ce qui m’intéresse ne sont pas des informations précises….je veux simplement savoir ce que vous avez vécu, comment vous l’avez vécu… voilà tout.

J'allais lui raconter ce que je voulais lui raconter. Après tout, je lui faisais entièrement confiance à Miranda. Dans le sens que je savais déjà qu'elle comprendrais et qu'elle m'écouterais.

- Donc, si l'on devait reprendre depuis le début... J'ai été convoqué un jour par le personnel de la Fondation, me proposant un test avec un SCP. SCP-682 pour être précis.

Je conjurai alors dans ma main le rapport officiel de la Fondation concernant Cortex et le posa de son côté de la table. Au cas où elle ne savait plus lequel c'était, le rapport était en fasse d'elle.

- Ce SCP, très connue comme étant un des plus dangereux que recèle la Fondation entre ses murs. Sans me vanter, jamais je n'étais et ne serais en danger de mort avec ce SCP là. Mais lors de ma rencontre avec lui, c'était son attitude, ses émotions et ses convictions qui m'avait frappé...

J'allais donc reparler de Cortex, ce qui impliquait de revenir au moment précis où je l'avais rencontré. Ce moment là avait été chargé en émotions négatives. Mais il fallait que j'y repense. Pour mieux soigner cette plaie mentale, cette faiblesse sur laquelle j'avais déjà pas mal travaillée durant ma méditation mais qui devait se poursuivre sur le moment.

- Ce qui m'avait frappé... C'était tout d'abord son hostilité et sa haine. Il essayait de se montrer plus fort et m'avait balancé de l'acide dessus. Il s'énervait partout, dans ses actions physiques et ses paroles, bourrés de vulgarité et d'insultes envers moi. J'avais révélé mon identité de créateur de l'univers, et là...

Une petite pause pour me remémorer de ce qui avait été le plus difficile à digérer.

- Il avait commencé à tout insulter. Le monde qui l'entourait, la Fondation, les êtres vivants, absolument tout ce qui existait. Il disait que créer l'homme avait été l'idée la plus conne. Qu'il fallait que je rase tout... Et dire que j'avais proposé de retirer sa douleur et que j'avais l'idée de le réconcilier avec le monde...

Je commençais bien sûr à devenir atteint de colère, je calmais mes moindres tics nerveux et gestes.

- Ce SCP n'a connu que la colère comme émotion. J'avais pitié de lui sur le coup quand il me raconta son histoire, mais trop de colère et trop de lâcheté m'avait empêché d'agir, et c'est sur cela qu'il me déteste le plus. Le fait que je n'ai pas agis pour soit le rendre apte à détruire mon univers, soit le détruire moi même, soit mettre fin à sa propre existence...

J'avais développé des réflexions et des souvenirs positifs pendant ma méditation, et je confiais maintenant mes souvenirs, pensées et émotions négatifs sur la table, en espérant que Miranda allait m'aider à faire le tri, mais j'allais attendre peut-être un peu trop d'elle par la suite.

- Cette rencontre m'avait et m'affecte toujours aujourd'hui. Après la rencontre, je n'arrêtais pas de remettre en question ma démarche, l'attitude que je devais adopter face à vous, les humains, la Fondation, les SCP et 682. C'est pour ça que j'ai décidé de méditer pendant tout ce temps. Pour savoir comment je devais agir. Je pense plus ou moins avoir trouvé une conclusion, que je devais agir avec recul et objectivité avec vous, mais ça reste quelque chose de difficile et peut-être... Pas très juste à faire?

Je n'étais pas convaincu en effet de ça. J'avais beau vouloir l'objectivité complète, j'étais quand même un Dieu qui avait des émotions. Donc en réalité, ma méditation avait réussi dans le sens que j'arrivais à prendre du recul, mais en reparlant avec Miranda, je replongeais dans l'action de mon univers et me retrouvais à devoir expérimenter ce qui ne pouvait pas être vu comme objectif. La colère et la pitié envers Cortex, par exemple.

- Donc... A vrai dire je ne sais pas si ce que je vous ai dit est nécessaire. Car je pense que ce dont j'ai besoin c'est quelque chose... Un moyen de régler le problème que j'ai avec 682. Je pourrais d'un côté continuer à vivre sans me soucier de lui, mais cela ne résoudrais pas le problème car je saurais que 682 existerais encore. Je ne veux pas le tuer car je suis persuadé qu'il y a une autre raison. L'idéal serait de pouvoir le convaincre. Je veux joindre 682 dans mon univers pour qu'il fasse partie de cet univers qui semble ne pas l'intégrer. Je veux pouvoir intégrer 682 parmi nous.

J'avait fini sur ces mots. Je m'étais lâché complètement. J'attendais donc désormais la réaction de Miranda. Elle était psychologue, et j'étais presque à lui demander ce que je pouvais dire à 682. Je ne savais donc pas ce qu'elle pouvais me répondre. Il me fallait donc voir tout de suite.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Mar 6 Sep - 12:37

Miranda espérait maintenant que Dieu pourrait parler tranquillement. Comme elle l’espérait, il débuta son récit et elle résolu de le laisser parler sans l’interrompre. Elle s’efforça de mettre de côté dans son esprit la crainte autour de la question de la confidentialité.

- Donc, si l'on devait reprendre depuis le début... J'ai été convoqué un jour par le personnel de la Fondation, me proposant un test avec un SCP. SCP-682 pour être précis.


Une partie d’elle était soulagée : Dieu ne pourrait sans doute pas lui apprendre grand chose sur 682. Elle avait déjà une bonne idée de ce qui était confidentiel le concernant. Ridley lui avait déjà révélé la plupart des choses. Mais ce qui primait c’était l’inquiétude. Qui avait eu l’idée de confronter Dieu et 682 ? Dans quel but ? Sans doute pour que Dieu puisse faire disparaître 682. Miranda n’était pas naïve, elle savait que la solution envisagée le plus sérieusement autour du problème qu’il générait était de l’éliminer. Elle retint en soupir. Mieux valait le laisser terminer avant de se faire une idée trop hâtive de la situation.

- Ce SCP, très connue comme étant un des plus dangereux que recèle la Fondation entre ses murs. Sans me vanter, jamais je n'étais et ne serais en danger de mort avec ce SCP là. Mais lors de ma rencontre avec lui, c'était son attitude, ses émotions et ses convictions qui m'avait frappé...

Un dossier était apparu de nulle part mais Miranda ne s’en formalisa pas. Elle commençait à être habituée à l’étrange et au bizarre.

- Je sais qui est 682, commenta-t-elle. Il est un peu une célébrité ici à la fondation. Mais je vous écoute…qu’est ce qui vous a frappé exactement ?

Question bête. Mais mieux valait entendre sa version des faits. Dieu comme 682 pouvaient sans doute lui réserver des surprises.

- Ce qui m'avait frappé... C'était tout d'abord son hostilité et sa haine. Il essayait de se montrer plus fort et m'avait balancé de l'acide dessus. Il s'énervait partout, dans ses actions physiques et ses paroles, bourrés de vulgarité et d'insultes envers moi. J'avais révélé mon identité de créateur de l'univers, et là...

En effet, c’était sans doute ce qui frappait le plus chez lui. Miranda se serait inquiété si elle n’avait pas su qu’elle avait affaire à Dieu et que par conséquent, il y avait peu de chance que 682 puisse s’en prendre à lui autrement qu’avec des mots. Cela dit, il était peut-être déjà habile avec ceux-ci. Sans doute qu’il avait vu en Dieu un responsable de son malheur. Encore une fois, mieux valait attendre la suite.


- Il avait commencé à tout insulter. Le monde qui l'entourait, la Fondation, les êtres vivants, absolument tout ce qui existait. Il disait que créer l'homme avait été l'idée la plus conne. Qu'il fallait que je rase tout... Et dire que j'avais proposé de retirer sa douleur et que j'avais l'idée de le réconcilier avec le monde...

Évidemment. Le monde de 682 se résumait aux tentatives malsaines pour le transformer,  au bain d’acide dans lequel il trempait, à l’hostilité générée par ses brèches répétées. Évidemment il n’y devait pas y avoir grand-chose à sauver pour lui là dedans. Le reste, il ne pouvait pas même se le représenter sans doute. La proposition de Dieu avait du sonner comme une farce à ses yeux.

- Ce SCP n'a connu que la colère comme émotion. J'avais pitié de lui sur le coup quand il me raconta son histoire, mais trop de colère et trop de lâcheté m'avait empêché d'agir, et c'est sur cela qu'il me déteste le plus. Le fait que je n'ai pas agis pour soit le rendre apte à détruire mon univers, soit le détruire moi même, soit mettre fin à sa propre existence...

Dieu était encore plus lucide que ce qu’elle aurait pensé. Il était capable de se représenter que 682 avait une expérience des choses très limitée. Tellement plus que la sienne qui au contraire était immense.  Voilà donc comment Ridley savait que 682 aspirait en réalité à mourir. Encore une fois elle le laissa poursuivre tranquillement. Ça n’était sans doute pas la fin de l’histoire.


- Cette rencontre m'avait et m'affecte toujours aujourd'hui. Après la rencontre, je n'arrêtais pas de remettre en question ma démarche, l'attitude que je devais adopter face à vous, les humains, la Fondation, les SCP et 682. C'est pour ça que j'ai décidé de méditer pendant tout ce temps. Pour savoir comment je devais agir. Je pense plus ou moins avoir trouvé une conclusion, que je devais agir avec recul et objectivité avec vous, mais ça reste quelque chose de difficile et peut-être... Pas très juste à faire?

C’était classique. Rencontrer quelqu’un qui souhaite mourir générait toujours des questions sur le sens de sa propre vie, de sa conduite auprès de cette personne et des autres en général. Elle avait fait elle-même cette expérience. Et Dieu déjà la devançait et pressentait que la froideur de l’objectivité n’était peut-être pas la bonne réponse.

- Donc... A vrai dire je ne sais pas si ce que je vous ai dit est nécessaire. Car je pense que ce dont j'ai besoin c'est quelque chose... Un moyen de régler le problème que j'ai avec 682. Je pourrais d'un côté continuer à vivre sans me soucier de lui, mais cela ne résoudrais pas le problème car je saurais que 682 existerais encore. Je ne veux pas le tuer car je suis persuadé qu'il y a une autre raison. L'idéal serait de pouvoir le convaincre. Je veux joindre 682 dans mon univers pour qu'il fasse partie de cet univers qui semble ne pas l'intégrer. Je veux pouvoir intégrer 682 parmi nous.


Miranda trouvait cela nécessaire  oui. Dieu avait procédé comme le font souvent les personnes qui racontent un traumatisme, dans l’ordre chronologique jusqu’au moment présent ou presque. Il lui avait fallut toute cette médiation pour commencer à en venir à bout sans doute et accepter de communiquer à nouveau, il était logique que ça soit la première chose qu’il raconte. Elle se souvenait de sa grande sensibilité aux rapports sociaux, de sa grande inexpérience en la matière. Commencer par 682 était particulièrement raide elle trouvait. Il s’en était sorti mille fois mieux que ce qu’elle aurait attendu.

Et puis elle était contente de voir que d’autres personnes qui entendaient parler de 682 ou qui le rencontraient pensaient elles aussi que son décès n’était pas la seule issue possible à tout cela.

Tout ce dont Dieu avait besoin, c’était de prendre un peu de recul et tout allait aller bien sans doute. Elle commença par lui faire un sourire maladroit sans doute.

- C’est très difficile ce par quoi vous êtes passé. C’est normal que ça vous ait chamboulé, fait douter de vous-même... Ce que vous avez vécu, c’est ce qui arrive quand on se retrouve confronté à quelqu’un qui se trouve en très grande souffrance.


Elle en savait quelque chose. Elle était passée par là. Sortir d’un rendez-vous avec une personne complètement suicidaire qui lui avait raconté des abus subis dans l’enfance. Elle était juste rentrée chez elle, s’était assise et elle s’était dit quelque chose comme « Comment je peux faire ma petite vie alors que quelqu’un a vécu ça, se trouve dans cet état. » Elle avait découvert que s’arrêter de vivre n’aidait personne, encore moins la personne concernée. Il fallait juste relancer la machine.

- D’une certaine manière il va falloir vivre sans vous soucier de lui je pense. Peut-être que votre manière de vous comporter avec la fondation et le reste du monde ne doit pas dépendre de cette seule rencontre.  Le problème que 682 pose est un problème très complexe et peut-être que la solution ne peut pas être trouvé, là tout de suite maintenant. Il faut essayer de remettre tout cela dans la perspective du temps.

Miranda sourit à Dieu de nouveau. Elle connaissait aussi ce sentiment d’urgence qui se manifestait dans sa tête sous cette forme « Il faut faire quelque chose maintenant ça ne peut pas rester comme ça » Elle savait combien il pouvait être difficile d’accepter que parfois on ne pouvait rien faire dans l’immédiat. Souvent si elle n’y parvenait pas, elle prenait de mauvaises décisions.

- Je crois que tel que vous le décrivez 682 semble en réalité complètement désespéré. Vous avez raison il n’a jamais rien expérimenté d’autre que la colère. C’est ce qu’il connaît, peut-être même que ça a un côté un peu rassurant pour lui d’être en colère comme ça. Il va sans doute falloir beaucoup de temps pour qu’il puisse se risquer à faire l’expérience d’autre chose que ce qu’il a déjà vécu. Que vous ayez pu vous présenter à lui, montrer que vous en aviez quelque chose à faire, même si ça n’a rien changé dans l’immédiat peut-être que ça participe de ce processus…


Elle espérait l’avoir au moins un peu rassuré…

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Mer 7 Sep - 17:18

Je revivais presque entièrement le moment tout en le racontant. Je me remettais en tête la colère de 682, la mienne et ma propre frustration de me retrouver en fasse d'une situation où je pouvais épargner une créature en la sacrifiant elle-même ou d'autres. Cet événement m'avait bel et bien marqué. Heureusement que Miranda, connaissant même déjà 682, m'écoutait avec grande attention et, je pouvais en voir aussi, de la curiosité. En finissant mon long récit, ma conscience se propulsa vers le moment présent. Il était maintenant au tour de Miranda de parler.

- C’est très difficile ce par quoi vous êtes passé. C’est normal que ça vous ait chamboulé, fait douter de vous-même... Ce que vous avez vécu, c’est ce qui arrive quand on se retrouve confronté à quelqu’un qui se trouve en très grande souffrance.

Je ne pouvais que être d'accord sur ce point avec Miranda. Mais ce n'était pas que ça. 682 ne vivait pas tout simplement en très grande souffrance, cette souffrance était dû au bains d'acides que lui infligeait la Fondation, créer par les hommes qui étaient eux de ma création. Tout pour faire douter de ma part de responsabilité dans l'histoire. Et de plus, j'étais sûr que je pouvais en faire quelque chose. Si ce sont mes créations qui infligent ça, je peux donc techniquement régler le problème vu que mes créations... Viennent de moi tout simplement. La solution était tout simplement ce que je demandais. Alors qu'elle allait commencer à prononcer ses prochaines phrases, je l'écoutais avec grande attention. Qu'étais donc la solution?

- D’une certaine manière il va falloir vivre sans vous soucier de lui je pense. Peut-être que votre manière de vous comporter avec la fondation et le reste du monde ne doit pas dépendre de cette seule rencontre.  Le problème que 682 pose est un problème très complexe et peut-être que la solution ne peut pas être trouvé, là tout de suite maintenant. Il faut essayer de remettre tout cela dans la perspective du temps.

J'étais tout sauf satisfait par cette réponse. J'avais l'impression que Miranda ne comprenait pas le fait que je ne devais pas tout simplement me permettre de ne pas me soucier de certaines choses. J'étais Dieu, il me fallait de l'attention et éventuellement de l'autorité pour pouvoir gérer correctement mes univers. Mes nombreuses tentatives ratés de créations d'univers et de vie étaient tous dû à des détails dont je m'étais pas soucié. Une mauvais équation par exemple m'avait valu la désintégration totale d'un de mes univers. Je devais tout le temps me soucier de tout, et ça à chaque instant. Et la tâche s'avérait de plus en plus difficile au fur et à mesure des nouveaux SCPs qui révélaient leur nature à parfois même transgresser les lois de la physique, pouvant peser une menace sérieuse sur la stabilité de mon univers.

682 en faisait partie, dans le sens que les humains l'avaient modifié à un point qu'il pouvait menacer l'équilibre de l'environnement de la planète. Je m'attendais pas à ce qu'il puisse détruire toute la planète en la consumant d'une bouchée, mais la vie sur Terre allait définitivement disparaître pour ne laisser place qu'à lui. Et cela, je ne pouvais pas le permettre. Je ne pouvais pas me permettre de ne pas agir à cause de ça. La solution de la Fondation de le plonger dans un bain d'acide n'était pas une solution définitive, et la Fondation le savait plus que quiconque...

Tout ce que je savais, c'est que je ne pouvais pas me permettre de rien faire si je devais "attendre" pour que la solution arrive. Peut-être me fallait-il mieux le comprendre en observant d'autres SCPs, d'autres aspects de mon univers? Je pensais à 231-7, mais la souffrance qu'on lui infligeait allait encore une fois me culpabiliser tout comme avec 682. Il me fallait observer tout le monde à vrai dire. Reprendre contact avec la Fondation, les hommes, pouvoir avoir accès à un dialogue avec les SCPs, et cette fois-ci quand moi je le voulais. En tout cas, que j'explique à Miranda qu'il ne fallait pas que je ne fasse rien, et éventuellement lui demander qui je pouvais rencontrer qui m'aiderais.

- Je crois que tel que vous le décrivez 682 semble en réalité complètement désespéré. Vous avez raison il n’a jamais rien expérimenté d’autre que la colère. C’est ce qu’il connaît, peut-être même que ça a un côté un peu rassurant pour lui d’être en colère comme ça. Il va sans doute falloir beaucoup de temps pour qu’il puisse se risquer à faire l’expérience d’autre chose que ce qu’il a déjà vécu. Que vous ayez pu vous présenter à lui, montrer que vous en aviez quelque chose à faire, même si ça n’a rien changé dans l’immédiat peut-être que ça participe de ce processus…

Cela j'en doutais. J'avais l'impression que mon intervention avait en rien changé la situation. Miranda me faisait espérer sur le coup, et c'est en réalité ce que j'aurais voulu. Que SCP-682 ait, même un tout petit peu, prit en considération ce que je lui avais dit et proposé, même si rien ne s'était réalisé de ma part. Mais tout laissait penser à croire qu'il avait tout simplement envie de s'échapper et tout détruire, sans être ouvert à d'autres possibilité. Peu d'ouverture d'esprit. Cela était donc le but, de lui ouvrir l'esprit et de lui faire vivre d'autres expériences?

Cependant, Miranda affirmait que le temps allait être nécessaire pour qu'il risque à expérimenter autre chose que ce qu'il a vécu. Le temps... Je considérais le temps comme un non-problème. Du moins le temps n'avais pour moi jamais été un problème vu que j'étais un être intemporel, sans début ni fin, et que c'était sur le moment présent que j'avais la possibilité d'agir. Et c'était ce que je voulais faire. Agir, ne pas laisser le temps m'ennuyer sans rien faire.

Et je savais à peu près ce que je voulais faire. Pour comprendre 682, il fallait que je comprenne d'autres qui soient, similaires ou non, à lui. Il fallait que je rencontre du monde, des membres de la Fondation, d'autres SCPs, tout ceux qui pouvait m'aider à répondre à la question du comment agir. Comment agir envers l'univers, l'humanité, la Fondation, les SCPs et ceux qui enfreignaient mes règles et me détestaient en particulier? Mon temps de méditation avait permit de me remettre sur pieds, il me fallait maintenant utiliser mes pieds. Mais je ne savait pas où aller, commencer...

- Je dois avouer que je suis assez réticent à l'idée de devoir attendre pour qu'une solution vienne, à moins qu'il y ait des choses à faire, des choses qui puissent m'aider à pouvoir répondre au problème de 682 et surtout à ma remise en question, celle qui traite de la façon dont je dois traiter mon univers. Je ne sais pas du tout comment m'occuper l'esprit sur ce coup pour répondre à mes questions. L'idéal serait de rencontrer d'autres êtres. Des humains du personnel de la Fondation, mais pourquoi pas d'autres SCP qui seraient aptes à m'éclaircir sur les questionnements que je me pose ou, pourquoi pas, qui soient plus difficile à interagir avec... En tout cas, il me faut rencontrer, je vous ai déjà Miranda en tant que psychologue qui m'a beaucoup aidé durant les premiers moments de mon séjour ici, mais auriez vous une idée de qui pourrait m'aider ou qui serait intéressant à discuter avec sinon?

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Jeu 8 Sep - 23:28

Miranda conseillait à Dieu de laisser du temps pour que cette situation évolue. Si Dieu ne voulait pas recourir à la violence il n’y avait pas milles solutions. Il fallait que 682 puisse entendre quelque chose et cela, prendrait forcément très longtemps… si tant était qu’ils y arrivent un jour. Cela dit, elle entrevoyait déjà un peu d’espoir.

Dieu en revanche ne semblait pas apprécier ses conseils. Elle n’était pas surprise, elle savait combien ils étaient difficiles à entendre parfois. Elle connaissait cette sensation de se sentir responsable, de devoir agir. Chez lui qui était le créateur de tout cela, ce sentiment devait être décuplé.


- Je dois avouer que je suis assez réticent à l'idée de devoir attendre pour qu'une solution vienne, à moins qu'il y ait des choses à faire, des choses qui puissent m'aider à pouvoir répondre au problème de 682 et surtout à ma remise en question, celle qui traite de la façon dont je dois traiter mon univers.


Il semblait à Miranda que Dieu avait érigé 682 comme une sorte d’emblème du problème qui se posait à lui. Ça n’était sans doute pas vraiment une bonne idée. Mais elle préférait le laisser poursuivre.

- Je ne sais pas du tout comment m'occuper l'esprit sur ce coup pour répondre à mes questions. L'idéal serait de rencontrer d'autres êtres. Des humains du personnel de la Fondation, mais pourquoi pas d'autres SCP qui seraient aptes à m'éclaircir sur les questionnements que je me pose ou, pourquoi pas, qui soient plus difficile à interagir avec... En tout cas, il me faut rencontrer, je vous ai déjà Miranda en tant que psychologue qui m'a beaucoup aidé durant les premiers moments de mon séjour ici, mais auriez vous une idée de qui pourrait m'aider ou qui serait intéressant à discuter avec sinon?


Cette idée là en revanche valait son pesant. En effet plus Dieu rencontrerait de monde, plus il pourrait grandir humainement parlant, découvrir l’extraordinaire complexité des interactions entre les gens. Cela lui permettrait sans doute de comprendre un peu mieux la nuance entre les faits objectifs, et la manière dont ils se les représentent, le poids respectifs de la réalité et des mouvements des personnes, les directions vers lesquelles se tournent leurs esprits.

- Je crois que rencontrer d’autres personnes vous aiderait à mieux appréhender beaucoup de choses en effet. Vous avez à comprendre notamment que les êtres humains ou les SCP n’agissent que très rarement de façon rationnelle. De ce fait, on ne peut pas contourner leurs sentiments, leurs émotions. Je crois qu’il n’existe pas de raccourci en quelques sortes.

Elle lui laissa un petit temps pour penser à cela. Elle n’était pas sûre d’avoir été claire mais sans doute avec le temps il comprendrait mieux lui aussi. Ça n’était pas de ces choses qu’on explique, plus des choses qu’on avait à expérimenter.

- Quand à qui rencontrer, je ne sais pas exactement quoi vous dire. Je vous conseille en tout cas de rencontrer un peu tous les acteurs d’un même problème. Si vous voulez continuer de réfléchir à la situation de 682 par exemple vous pourriez rencontrer son chercheur référent ? Les gardes qui sont chargés de le surveiller au quotidien…. Comme ça vous pourrez mieux vous rendre compte que le problème se situe parfois entre les gens et pas seulement à l’intérieur d’eux.


Elle lui fit un autre sourire.

- Après toute rencontre est bonne à prendre. Peut-être que vous avez envie aussi de nouer des relations… plus intimes ? Vous faire des amis ?

Elle s'avançait peut-être un peu, mais elle voulait signifier à Dieu qu'il pouvait aussi penser à lui un peu, de se créer un semblant de "vie normal" qui pourrait être un sas de décompression.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Mer 19 Oct - 20:06

J'étais plutôt déboussolé et consterné par ce que je venais de demander. Je venais de demander à Miranda à qui je pouvais m'adresser dans la Fondation. Normalement, si on exclue les anomalies, c'est Dieu qui peut et doit connaître plus que quiconque son univers et ce qu'il doit faire. Mais non seulement je n'avais pas compris les anomalies, mais j'en revenais à ne pas comprendre les personnes et à demander des informations à une simple humaine qui en savait moins que moi, certes qui avait expérimenté mon univers de l'intérieur mais qui en savait moins. Et je redoutais de devoir finir à ne rien comprendre et à me sentir exclu de cet univers qui dépassait l'abstraction la plus totale.

Si j'avais été un humain, j'aurais été l'architecte débarquant dans une toute nouvelle ville qu'il aura construite avec sa pensée et son âme, avec en possession toutes les cartes et les recoins de chaque quartiers, immeubles et appartements, réalisant par la suite que le plan de la ville ne suffisait pas pour y circuler et apprécier cette ville. Il fallait y vivre, y rencontrer des personnes ne figurant pas sur les cartes, parler la langue que cette ville aura développée par elle-même, et tant d'autres facteurs ne dépendant en rien des connaissances.

Je me retrouvais alors étrangement en position de faiblesse, d'infériorité, qui commençait déjà à m'agacer. Mais c'était la réalité, il fallait que je réalise que mon omnipotence avait été prouvé lacunaire rien que par ma désorientation et ma discussion avec Cortex. Mais je pouvais combler les lacunes, c'est que je n'avais jamais débarqué et interféré directement dans un univers, je n'avais fait que dessiner, esquisser les univers, alors que cela faisait partie de la partie théorique de mon existence. Je devais désormais passer à la pratique pour réellement confirmer ma "divinité".

- Je crois que rencontrer d’autres personnes vous aiderait à mieux appréhender beaucoup de choses en effet. Vous avez à comprendre notamment que les êtres humains ou les SCP n’agissent que très rarement de façon rationnelle. De ce fait, on ne peut pas contourner leurs sentiments, leurs émotions. Je crois qu’il n’existe pas de raccourci en quelques sortes.

Pas de raccourci... Pas de chemin de traverse... Ca je l'avais réalisé "théoriquement", "rationnellement", par mes nombreuses tentatives de créations de nouveaux mondes, que des raccourcis n'existaient pas, qu'il fallait tenter et retenter la création de nouveaux mondes avant d'en avoir un qui puisse déjà être stable et subsister quelques secondes avant l'autodestruction. Miranda me disais donc que même "pratiquement", même dans le "rarement rationnel", le temps y jouait. Il me fallait apprendre donc à prendre le temps en considération dans mes relations et communications avec d'autres humains.

Le problème était qu'entre humains, cela s'avérait plus facile car deux humains au hasards pouvaient mutuellement s'apprendre des choses sur eux-mêmes, et cela en même temps car ils n'étaient pas omniscients. Je ne disais pas que je ne pouvais apprendre de quiconque, au contraire Miranda m'apprenait la façon dont je devais interagir avec les hommes, mais Miranda, je connaissais sa vie, son chemin qui l'avait amené jusqu'ici, et ce qu'elle connaissais sur le monde autour d'elle. Et moi? Moi je pouvais passer des années à raconter tout ce qu'elle voulais savoir sur l'univers que j'avais créer et tout les univers parallèles possibles et imaginables et même inimaginables (au sens humain), et encore je n'allais pas tout pouvoir lui raconter. J'étais en avance sur le monde, un grand écart de connaissances entre moi et les habitants de mon univers, ce qui allait probablement me presser à vouloir apprendre des personnes ce que je voulait apprendre et cela directement, et rapidement. Or, Miranda qui m'encourageait de prendre du temps car il n'y avait pas de raccourci. Une tache complexe et difficile donc...

- Quand à qui rencontrer, je ne sais pas exactement quoi vous dire. Je vous conseille en tout cas de rencontrer un peu tous les acteurs d’un même problème. Si vous voulez continuer de réfléchir à la situation de 682 par exemple vous pourriez rencontrer son chercheur référent ? Les gardes qui sont chargés de le surveiller au quotidien…. Comme ça vous pourrez mieux vous rendre compte que le problème se situe parfois entre les gens et pas seulement à l’intérieur d’eux.

Je me sentais cette fois satisfait par cette réponse. J'étais assez aiguillé désormais pour savoir vers qui je devais m'adresser pour en connaître plus sur le problème de 682, qui pouvait au final se révéler être, selon Miranda, un problème de communication, "entre les gens". C'était une piste à explorer, un autre facteur dont dépendait l'interaction avec d'autres humains. Avec ces informations en tête, je pensais être parti pour pouvoir confronter la réalité et trouver une solution au problème de Cortex. Mais alors que je pensais vouloir faire ça, Miranda sourit avant de reprendre une autre notion.

- Après toute rencontre est bonne à prendre. Peut-être que vous avez envie aussi de nouer des relations… plus intimes ? Vous faire des amis ?

Sur le coup, j'avais tout simplement envie de demander "Qu'est-ce qu'un ami?"

Je connaissais la réponse rationnelle et purement scientifique à cette question. Je m'imaginais déjà en scientifique, dire "Les humains sont des animaux sociaux dotés d'émotions et de personnalité, ils peuvent donc se lier d'attachement à ceux qu'ils aiment bien fréquenter, et qu'ils aiment bien en général. Ils considèrent ceux avec qui ils sont attachés comme des amis. Ceci est naturellement nécessaire dans leur survie pour pouvoir former une cohésion, un groupe pour se protéger des prédateurs."

Je le voyais dans les yeux et le sourire de Miranda. Pour elle et pour la plupart des humains, avoir des amis était bien plus qu'une raison de survivre. C'était une raison de vivre, un sens à la vie, un moyen d'avoir un réconfort émotionnel, se divertir, partager des expériences, et communiquer.

Mais pour moi, le mot "ami" ne m'évoquait rien et était vide de sens pour moi. Je n'étais pas humain, j'étais Dieu, et même si je me reconnaissais comme doté d'une personnalité et d'émotions, je n'étais pas social. J'avais été seul pendant toute mon existence. Toutes les fois où je créait un univers, j'en étais à l'extérieur et uniquement confronté à moi-même, mes créations et tout le reste, le vide. Je n'avais toujours pas gagné ou perdu un seul ami pour savoir ce que cela pouvait signifier pour moi.

Avoir un ami signifie pour un humain partager des choses en communs, être d'égal à égal. Je réalisais que personne était de mon égal, et que ce serait une mauvaise nouvelle si jamais quelqu'un l'était. Les seuls choses que je ne contrôlais pas étaient les anomalies, et si une anomalie venait à être mon égal dans ses pouvoirs, je sais que des mauvaises choses pourraient se passer...

Non...

Non, je pensais trop vite. Peut-être qu'au final il ne fallait pas que je m'obstine à être solo? Et puis bon, peut-être ne fallait-il pas être réticent trop vite, une anomalie pouvait peut-être, par simple supposition, être... Bon? Bénéfique à mon univers, et, ce que pensais Mira, potentiellement bénéfique pour moi? Fallait que je sache, si avoir un ami était nécessaire et allait être bénéfique ou non pour moi.

Sur ce, fallait que je dise ce qu'il fallait dire pour que Miranda comprenne.

- Et bien... C'est une possibilité intéressante mais bon, je n'ai jamais eu d'amis à proprement parler durant toute mon existence, et j'ai du mal à voir à quoi un "ami" me servirait. Pour vous les humains, c'est facile, vous êtes naturellement des animaux sociaux, vous êtes sept milliards, sept milliards de profils et de possibilités. Moi, je suis seul Dieu, je l'ai toujours occupé ce seul et unique titre. Ce n'est pas par vantardise mais je ne vois personne qui pourrait être de mon égal pour qu'il soit un ami.

J'avais peur d'arborer un ton trop pessimiste, mais je me devais d'expliquer à Miranda la situation.

Et croyez-le, car à chaque fois que je rencontre quelqu'un, je connais tout sur lui et cette personne ne m'apprends en général rien, donc à quoi bon donner le titre d'ami à quelqu'un dont j'en connais toute les facettes? Éventuellement, ce serait uniquement avec les entités les plus puissantes mais les plus bénéfiques de la Fondation avec lesquelles je pourrais converser voir même m'amuser, pourquoi pas! Mais encore faut-il que cela existe?

Je me cru encore une fois pessimiste, mais je savais que je ne l'étais pas. Au fond de moi, peut-être désirais-je réellement un ami.

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MessageSujet: Re: Le nouveau souffle de Dieu (W/Miranda Smith)   Jeu 20 Oct - 22:25


Dieu avait demandé quelles rencontres il pourrait faire, pour mieux comprendre. Elle avait envie de lui dire qu’il ne connaissait que très peu de gens que dans son cas toute rencontre était bonne à prendre. Après tout, il y avait peu de temps qu’il participait réellement au monde. Il avait passé une bonne partie de ce temps retiré du monde à méditer. Aussi Miranda avait eu cette petite phrase, suggérant que les relations avec les autres étaient souvent, pour ne pas dire toujours, autre chose qu’utiles. Qu’elles avaient une valeur en soi notamment dans le cas de l’intimité. Elle ne concevait pas de vie, quelque soit sa forme, sans cela.

- Et bien... C'est une possibilité intéressante mais bon, je n'ai jamais eu d'amis à proprement parler durant toute mon existence, et j'ai du mal à voir à quoi un "ami" me servirait.

Cette simple phrase fit l’effet d’une douche froide à Miranda. La vérité était qu’elle avait elle-même un problème avec l’amitié. Si elle devait citer un seul de ses amis, elle était bien en difficulté. Le nom de Ridley lui venait, mais tout était si compliqué, si récent, ni nouveau pour elle aussi. Aussi, une partie d’elle avait toujours essayé de se convaincre qu’elle n’avait pas vraiment besoin des autres. Qu’elle pouvait se débrouiller seule sans relations vraiment intimes, sans lien de confiance avec quelqu’un. Voilà à quoi ressemblait quelqu’un qui n’avait vraiment besoin de personne. Elle était très loin de cela. Elle était seule elle aussi. A la différence que ça n’était pas un choix. Elle se garda de parler, tenta de se reconcentrer sur ce qu’il lui disait ensuite. Ça n’était pas vraiment le moment de tergiverser à ce sujet.

- Pour vous les humains, c'est facile, vous êtes naturellement des animaux sociaux, vous êtes sept milliards, sept milliards de profils et de possibilités. Moi, je suis seul Dieu, je l'ai toujours occupé ce seul et unique titre. Ce n'est pas par vantardise mais je ne vois personne qui pourrait être de mon égal pour qu'il soit un ami.

« Pour vous c’est facile… » s’il savait… Chassant la tristesse qui croissait dans sa poitrine, Miranda se dit que Dieu avait encore beaucoup apprendre, tellement. Apprendre n’était peut-être pas le mot. Expérimenter plutôt. Toucher du doigt la teneur de ses propres affects pour y trouver ceux des autres un peu aussi. Découvrir les étranges alchimies, les interactions. Les douleurs aussi. L’inexplicable, l’ineffable, d’indescriptible. Tout ce qu’on ne peut saisir qu’au détour d’une impression, d’une vue de l’esprit. Tout ce qui la fascinait en temps que psychologue, tout ce qui la torturait souvent, en temps qu’être humain. Elle restait intimement convaincue que tous les SCP quelles que soient leur capacités, leur particularité, la différence dans leur rapport aux mondes restaient égaux face aux émotions. Dieu ne devait pas faire exception, il ne le savait juste pas encore. Il était en train de se défendre par l’intellectualisation de cette expérience trop vive peut-être pour qu’il puisse vraiment s’y frotter encore.

- Et croyez-le, car à chaque fois que je rencontre quelqu'un, je connais tout sur lui et cette personne ne m'apprends en général rien, donc à quoi bon donner le titre d'ami à quelqu'un dont j'en connais toute les facettes? Éventuellement, ce serait uniquement avec les entités les plus puissantes mais les plus bénéfiques de la Fondation avec lesquelles je pourrais converser voir même m'amuser, pourquoi pas! Mais encore faut-il que cela existe?

Discours purement défensif encore une fois. Se sentir supérieur d’une manière ou d’une autre était une défense contre autrui et son impact irrémédiable. Plus que la plupart du temps, Miranda avait une conscience aigue de cela. Elle était sous l’influence d’autrui qu’elle le veuille ou non et elle n’y pouvait rien, peu importait combien elle cherchait à se défaire de sa tristesse, elle serait irrémédiable tant qu’elle serait aussi seule. Etait-elle en train de pousser Dieu à avoir le même sort qu’elle ? Par vengeance ? Par jalousie, parce qu’elle aurait voulu aussi être capable de se sentir indépendante et forte ? Elle analyserait tout cela plus tard. Elle allait se contenter de dire sa conviction, il en penserait ce qu’il en penserait. Le tout était de peser ses mots.

- J’entends bien que votre expérience du monde diffère profondément de la mienne, de celle des êtres humains en général.

Elle le pensait. Quand elle essayait d’imaginer ce que Dieu vivait au quotidien, elle n’y parvenait absolument pas. Mais ça n’était pas pour autant qu’ils n’avaient rien en commun.

- Cependant, je crois qu’on n’est pas obligés d’être semblable pour se sentir égaux. Rien ni personne ne peut égaler vos connaissance, votre intelligence du monde. Effectivement, les personnes que vous rencontrez n’ont j’imagine rien de factuel à vous apprendre. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas vous intéresser à ce que ces personnes vivent et vous font vivre. Un peu comme en ce moment, nous parlons, échangeons, de manière respectueuse, peu importe tout ce que vous savez, vous avez fait l’effort de vous placer à mon niveau pour rendre cet échange possible et constructif. A partir de là, il me semble logique de penser qu’un être humain pourrait vous atteindre… vous toucher en quelques sortes… que vous puissiez éprouver de l’attachement, de la sympathie.

Miranda réfléchissait en même temps qu’elle parlait. C’était déjà arrivé. Un être l’avait atteint dans ses sentiments. Il en avait été bouleversé sans doute, au point qu’il lui avait fallut cette retraite silencieuse pour reprendre ses esprits. Elle se souvenait aussi de la forte teneur émotionnelle de leur toute première rencontre. Dieu venait de naître en quelques sortes. Il avait besoin, comme un nouveau né, d’intégrer ses émotions petit à petit.

- En fait… vous n’allez sans doute pas vraiment avoir le choix. Les rencontres que vous allez faire vont vous atteindre dans tous les cas… ça s’est déjà produit j’ai l’impression… Vous allez ressentir tout un panel des choses et toutes ces choses, vous allez, je penser éprouver le besoin de les partager avec quelqu’un… parce que ce sont des choses qui échappent à notre connaissance, pas parce qu’elle est incomplète… mais plutôt par essence en quelques sortes. Et si cela n’est pas possible, alors il se peut que vous ressentiez la solitude…

Miranda estima qu’elle avait été un peu trop catégorique alors elle ajouta un peu maladroitement.

- Enfin… je peux me tromper évidemment…


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