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 Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]

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MessageSujet: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Ven 21 Nov - 14:13

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bad mood on the rise



Allistair L. Carmin
Lyra L. James

Aujourd’hui était un jour pas comme les autres. Aujourd’hui, Allistair avait du replonger le nez dans ses fiches, qu’il avait crées lorsqu’il venait de commencer son métier et qu’il y avait encore trop de choses à apprendre. Des fiches qui ne lui avaient plus servi depuis mais qui à présent regagnaient une utilité. Il cherchait juste à savoir s’il avait oublié quelque chose. Cela lui semblait peu probable mais il s’agissait de la dernière solution qui s’offrait à lui seul donc il allait bien tout relire. Lui qui habituellement était si ordonné et méticuleux, à la limite de la maniaquerie dans sa chambre, présentement, on avait l’impression qu’une tornade venait d’y passer. Des feuilles jonchaient  le sol et son lit, des piles apparemment neuves mais qui ne marchaient plus traînaient partout et sa grande table de Ouija posée maladroitement dans un coin semblait observer la scène, si on pouvait dire qu’une planche en bois lustrée était capable d’observer quelque chose. En tout cas, elle aurait eu la bonne place pour le faire. Assis en tailleur à même le sol, un air fatigué et exaspéré peint sur son visage, Allistair s’était donc replongé dans ses quelques écrits.

Comment déceler qu’une entité spectrale (pour entités démoniaques, voir la fiche 2) s’est attachée à vous en quelques étapes et questions simples, une fiche de rappel écrite pas Allistair à ne pas mettre entre les mains d’un hypocondriaque ou d’un paranoïaque.

Petite note récapitulative : Une entité spectrale est un être désincarné en difficulté de passage dans ce que les gens appellent communément l’au-delà. Privé de son corps physique, l’esprit n'a pas conscience de son nouvel état. Il parle et n'est pas entendu autrement que par des personnes à l’écoute décuplée, autrement dit, des médiums. De ce fait, il erre désespéré dans un monde qui n'est plus le sien. Malgré cela ne voyant pas d'autres issues, il cherche par tous les moyens à se raccrocher au monde qu'il a connu et dans lequel il est. Pour ce faire, il y puise des énergies en hantant des demeures et des personnes. L'entité se trouve dans une situation bloquée pour elle et bloquante pour les autres. Cette situation est donc préjudiciable pour les "vivants" et pour les "morts". Il s'agit d'âmes en difficulté qu'il est possible d'aider en leur ouvrant un chemin vers d'autres alternatives pour retourner aux repos.

• En temps que médium, avez-vous été en contact direct avec une personne décédée dans les 24 dernières heures ?
Non vu qu’on m’a interdit l’accès à la morgue dès la première fois que j’y suis allé. Ils veulent pas me laisser pratiquer de la nécromancie, c’est assez chiant.

Vous-êtes vous retrouvé dans des lieux au passé chargé, ou de nombreuses personnes sont décédées ou qui ont fait l’objet de messes noires ? A moins qu’il y ait eu des morts dans ma chambre, non.

Avez-vous tenté d’entrer en contact avec l’au-delà par des moyens physiques ou psychiques dans les 120 dernières heures ? Ben ça oui, c’est pour ça que je me retrouve à relire c’te fiche.

Les signes d’un attachement ou d’une possession sont nombreux et s’accumulent au fil des heures. Si vous avez répondu oui à une ou plusieurs de ces questions et que vous ressentez les symptômes suivants uniquement après les avoir lus, il y a de forts risques que vous psychotiez mais dans le doute allez quand même consulter un vrai médium qui s’occupera de vous gratuitement au lieu de ces charlatans qui vous font débourser des sous. Et dans le cas où ces symptômes étaient présents avant… allez consulter un vrai médium également. Si vous en êtes un, félicitations, vous pourrez procéder à votre propre exorcisme !

Liste non exhaustive de symptômes, ils peuvent varier d’une personne à l’autre : Céphalées, fatigue intense, courbatures, trous de mémoires, blackouts, angoisses, perte d’orientation, crises de panique, tremblements, sentiment de perdre le contrôle de son corps, impression d’être suivi, paranoïa, insomnie ou hypersomnie, déstabilisation des habitudes de vie, changement de comportement (important et facile à repérer si vous êtes le proche d’une personne dans cette situation), irritabilité, fébrilité (au sens de fièvre supérieure à 37.9°C) et accélération du rythme cardiaque mais non augmentation des globules blancs (Le corps se défend comme s’il subissait une infection or, si les globules blancs ne montent pas, ça n’en est pas une. Il se défend donc contre ‘‘autre chose’’), hallucinations, paralysie temporaire ou mouvements involontaires, algies, spasmes, lapsus. Les objets électriques que vous touchez, à savoir portables, piles, prises de courant, capteurs EMF, ordinateurs, bref tous les appareils à batterie quelconque se déchargent anormalement vite, les autres comme des télévisions ou des micro-ondes s’éteignent subitement.

Si vous êtes médium, vous pouvez tenter d’entrer en contact avec l’esprit qui vous habite selon votre domaine de compétence ou procéder à un exorcisme pour renvoyer son âme au repos.


Petit problème, Allistair ne voulait guère s’exorciser et faire partir ce fantôme qui l’occupait depuis cinq jours avec la solution de facilité. Depuis qu’il avait commencé à exercer, il s’acharnait toujours à régler les problèmes des fantômes pour qu’ils puissent retourner au repos dans les meilleures conditions. Il fallait un certain instinct en psychologie pour faire accepter cette condition difficile au défunt. Souvent les esprits se retrouvaient dans sa tête parce qu’il les avait réveillés par inadvertance, ne savaient pas ce qu’ils faisaient là et ne se rappelaient pas être décédés. Le problème avec celui qui le squattait à présent était le silence. Cinq jours était une durée exceptionnelle, d’habitude en une journée il réglait le problème, parfois deux ou trois, quant aux possessions démoniaques ce n’était qu’une question d’heures dans la journée. Mais cinq ! Le médium avait tout essayé. La Ouija, l’écriture automatique, les pendules, les PVE, la transe, la matérialisation, l’intuition, les dessins, même parler dans le vide, tout simplement, rien n’avait fonctionné. Mais il tâchait de ne pas désespérer. Le désespoir ouvrait la porte à la malfaisance des démons. L’esprit restait silencieux. Certes, avec l’habitude des sensations, il ne l’avait détecté que lorsqu’il avait vu sa caméra se décharger en deux minutes alors que la batterie affichait quatre heures d’autonomie. Sa dernière séance de méditation datant du jour d’avant, il avait vite compris qu’un esprit s’était caché dans son corps de nombreuses heures auparavant et qu’il n’avait pas daigné le remarquer. Et sa fiche ne lui apprenait pas grand-chose de plus.

Allistair qui n’était jamais pris au sérieux allait devoir demander de l’aide. Si déjà on le regardait de haut, cette fois, on ricanerait en le voyant s’enfoncer. Il adorait aider les autres mais quand ça touchait à sa personne, il avait sa fierté tout de même. Raisonnable certes mais suffisante pour l’embêter d’avoir à demander quelque chose à des gens qui, à la base, ne le croyaient pas et pensaient que son boulot était une énorme blague. Sans oublier n’en savaient rien et ne comprendraient sans doute pas comment faire pour l’aider. Lui-même ne savait pas trop ce dont il avait besoin pour arranger cette situation, ce qui compliquait encore les choses. Il fallait à présent que le médium parte dans les joies de l’administration pour tenter de démêler la situation. S’il avait bien suivi lors de ses nombreux séminaires, son accréditation de niveau 2 lui permettait l’accès à un nombre honorables de données, dossiers et rapports confondus. Avec un soupir il s’étira et quitta son lit, enjambant le désordre au sol qu’il rangerait lorsque cette histoire serait terminée dans la bonne humeur et l’allégresse et alluma son ordinateur qui peina à rassembler suffisamment de courant électrique pour démarrer. Pendant de nombreuses minutes, il batailla avec sa souris qui d’entrée de jeu présentait des ratés et, exaspéré, il finit par soupirer.

— S’il vous plaît, j’essaye de vous venir en aide, vraiment… Si déjà vous ne pouvez ou ne voulez pas communiquer, laissez-moi au moins procéder de cette manière.

Pour toute réponse, l’écran clignota avant de se stabiliser et il put tenter de travailler à peu près correctement. Fouiller tous les documents à sa disposition grignota le reste de sa journée et une bonne partie de la soirée, sa machine s’éteignant subitement n’aidant pas à gagner du temps. Après une bonne heure de pseudo somnolence où il lisait les dossiers en diagonale, Dieu sembla enfin lui venir en aide. Allistair préférait remercier sa persévérance cela dit parce que Dieu, il se bougeait rarement quand même. Voire pas du tout mais là n’était pas le sujet. Il venait de tomber sur une expérience si ses yeux lui transmettaient réellement les bons mots, avec la fatigue rien n’était moins sûr. Cela lui fit bizarre quand il nota l’image d’une jeune fille à la frimousse toute mignonne, il n’était pas encore bien habitué à ce que des humains soient considérés comme des expériences. D’après ce qu’il lisait, elle était une sorte d’empathe, capable de lire dans l’esprit des gens et de ressentir leurs émotions, connaître leurs souvenirs. Malheureusement, de ce fait, les visites étaient formellement interdites sans une validation de son chercheur référant voire même d’un psychologue/psychothérapeute pour éviter tout accident parce qu’il semblerait qu’elle soit assez sensible. Le médium soupira profondément. Il ignorait comment diable on allait bien le laisser entrer en contact avec elle. Pourtant elle pourrait peut être l’aider à lire dans les pensées de l’esprit qui cohabitait avec lui, puisque dans l’immédiat, il lui était impossible de parler et d’obtenir une réponse de quelque manière que ce soit. Quoi qu’il en soit, il comptait bien tenter sa chance… et y aller au culot, comme à son habitude. Peut être pas ce soir, mais demain si possible. Il tâcha donc de s’endormir sur ce possible espoir d’enfin retrouver la paix.

Le lendemain ce fut Alocer, sa petite chouette nyctale qui le tira de son lourd sommeil en venant lui mordiller l’oreille. Il l’avait ramenée discrètement de sa dernière enquête puisqu’elle ne le lâchait plus depuis qu’il l’avait trouvée en forêt et recueillie. Un peu dans les choux suite à ce réveil sans ménagement, il tituba jusqu’à la fenêtre pour la lui ouvrir et qu’elle puisse se dégourdir les ailes puis retourna s’allonger… en essayant de ne pas se rendormir mais vu le froid glacial venant de l’extérieur, ça ne risquait pas et alors qu’il s’apprêtait à partir une petite demi heure plus tard, Alocer revint à toute vitesse pour s’agripper à son épaule.

— Ben alors ? Tu veux venir avec c’est ça ? demanda-t-il même si l’oiseau ne lui répondit pas dans la même langue et se contenta plutôt de rester immobile à le scruter de ses grands yeux verts. Ça va j’ai compris, espérons que tu arrives à les amadouer avec ton regard comme tu le fais avec moi.

Allistair alla donc faire le pied de grue devant le bureau du chercheur référent, à savoir le très célèbre Clef. Sauf qu’après s’être perdu trois fois et s’être fait regarder de travers en demandant son chemin, au lieu d’arriver vers neuf heures comme il l’avait prévu, il débarqua plutôt vers dix, pas de bol. Certains chercheurs avaient tellement de boulot tout au long de la journée que les croiser même en coup de vent dans un couloir relevait du miracle et vu le statut de ce mec… le miracle n’existait sans doute même pas, m’enfin c’était le weekend quand même. Il attendit devant son bureau, un peu tendu à se demander s’il était bien dedans et s’il devait toquer ou pas. Mais c’était soit ça, soit il devait se débrouiller seul et comme il n’y parvenait pas, le choix ne lui était pas vraiment offert alors il frappa et attendit bien sagement. La chance semblait avec lui lorsqu’on lui ouvrit et il se dit qu’il allait falloir continuer de piocher dedans en espérant qu’elle ne se soit pas épuisée avec tout ça.

— Dr. Clef ?

— En personne, oui.

Notre pseudo chercheur était tellement soulagé de le voir qu’il aurait pu lui sauter au cou mais mieux valait éviter avec un scientifique aussi sérieux. Un scientifique qui le regardait d’ailleurs comme s’il allait appeler la sécurité d’un instant à l’autre pour dire qu’un fou le menaçait. Al ne venait de faire que la moitié du chemin, il ne lui avait ni expliqué le problème, ni convaincu de quoi que ce soit et il sentait déjà que c’était un peu mal barré

— Bonjour, je suis navré de vous déranger mais en fait j’ai un problème à vous exposer…

— A propos de l’oiseau que vous avez sur la tête ?

— Ah non non ! Elle est avec moi, c’est ma chouette, répondit-il en riant un peu, à moitié nerveusement pendant que l’oiseau en question s’occupait de faire des yeux absolument magnifiques et de paraître parfait et adorable en tout points.

Clef soupira, jeta un coup d’œil à son bureau chargé de papiers et son ordi qui tournait à fond et s’autorisa à sortir de la pièce en refermant la porte derrière lui.

— Expliquez alors mais essayez d’être bref, j’ai pas trop le temps…

— Vous savez dans quoi je bosse ?

— Oui ça je le sais très bien, un bon nombre de chercheurs vous connaissent déjà.

Al ignorait s’il devait trouver ça flatteur ou non mais dans le doute il ne fit aucune remarque là-dessus.

— Bon… Pour faire court alors j’ai un problème avec un esprit. Un esprit coincé dans ma tête et avec qui je n’arrive pas à communiquer. Donc j’ai cherché à me renseigner et je suis tombée sur Lyra qui est une de vos expériences… et qui peut apparemment lire dans les pensées des gens… mais dans les pensées des morts elle a déjà essayé ? Ça ferait d’une pierre de coup, ça m’aiderait à me sortir de cette situation et ça permettrait de voir si ses pouvoirs s’étendent jusqu’au domaine du paranormal.

A première vue, Clef ne semblait absolument pas vouloir dire oui mais Allistair tâcha de ne pas désespérer. Rien n’était dit, rien n’était perdu ni gagné.

— Un esprit coincé dans votre tête… C’est sérieux ou c’est une blague ?

— Est-ce que j’ai l’air d’avoir une tête à blaguer avec mes heures de sommeil en moins ?

— Lyra est sensible à tout ce qui a pu vous arriver, à vous ou au pseudo fantôme qui loge dans votre tête même si à mon avis tout ça tient de l’imagination. Tout contact est dangereux, vous l’avez lu ça aussi ?

— Oui je l’ai lu… mais vous avez qu’à aller la voir et lui demander si elle veut me rencontrer sans omettre les risques. Elle craint encore moins si c’est juste mon imagination, non ?

Clef sembla hésiter un court instant puis abandonna l’idée de résister. Il devait avoir tellement de travail que perdre du temps à argumenter ne servirait à rien d’autre qu’à le retarder.

— Suivez moi, allez c’est bon… N’empêche qu’une partie de moi n’apprécie pas qu’elle parle à un type dans votre genre.

Al tâcha de cacher son sourire qui lui aurait sans doute valu d’autres remarques et haussa les épaules. Il en avait vu d’autres et des biens pire qu’un « un type dans votre genre. ». Plusieurs fois on lui avait sorti qu’il ne portait pas sa tenue de travail alors qu’il était dedans tous les jours. Il n’allait pas en plus mettre une blouse blanche par-dessus, ça ne faisait pas très classe. Le médium suivit donc bien gentiment et sans ouvrir la bouche ce cher Clef qu’il avait l’air de bien embêter. Autant faire profil bas dans les couloirs. Après avoir passé une série de cellules de confinement, les deux hommes se stoppèrent devant une porte semblable à toutes les autres.

— Je vais lui poser la question, vous m’attendez là, clair ? ordonna Clef en passant sa carte d’accréditation dans le lecteur.

— Très clair oui, je suis sage, je bouge pas, répondit Allistair en hochant la tête.

Il eut juste le temps de voir un immense couloir éclairé froidement par des néons dans lequel le chercheur s’engouffra et la porte se referma devant lui. Ils ne plaisantaient pas quand ils parlaient de l’écarter de la civilisation, la pauvre, cela lui collait presque des frissons dans le dos. Avec un soupir, il s’adossa contre le mur et s’arma de patience.

— On a eu de la chance hein Alocer, tu crois qu’elle va accepter ?

La petite chouette qui s’occupait à tenir sur son avant bras cligna des yeux et sembla hocher la tête. Al sourit et s’employa à lui caresser la tête en attendant que Clef daigne revenir, ce qui ne tarda pas à arriver mais qui semblait avoir duré une éternité. Il sembla presque surpris de les voir encore là, comme si le médium avait vraiment voulu faire une mauvaise blague et pour la terminer en beauté, se serait sauvé en courant.

— Elle est d’accord pour vous recevoir. Par contre vous me ferez un rapport au plus tôt et je vous conseille de réfréner vos pensées, s’il arrive le moindre incident vous n’aurez plus l’occasion de l’approcher.

Le jeune homme avait rarement vu des gens plus sévères qu’ici mais il tâcha de ne pas s’y intéresser. C’était son expérience, il était exigeant. Lui ferait pareil si quelqu’un avait besoin de ses ‘‘expériences’’, il le comprenait donc.

— Il n’y aura pas d’incident, j’y veillerai.

Clef hocha la tête, son regard semblant dire qu’il attendait de voir ça et les laissa là. Al se tourna vers la porte ouverte et fila dans le couloir à son tour en essayant de ne pas sauter de joie. Peut être que son problème allait enfin prendre fin, il l’espérait mais puisqu’une chance inouïe leur souriait, il fallait croire au bon déroulement de ce qui allait suivre.



© REIRA DE LIBRE GRAPH

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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Sam 22 Nov - 18:15

Tout était absolument noir et indistinct. Ce qui était terrible c'était les sensations de son corps. Elle ne savait pas ce qu'elle était en train de vivre, juste que la douleur était à la limite de concevable. Elle était contrainte de maintenir les yeux fermés très fort à s’en arracher les paupières. Le temps semblait désespérément aboli. Cela allait durer sans changer, sans qu’elle n’y puisse rien. Il ne fallait pas bouger garder son calme car restait la crainte que quelque chose de pire que l'inconcevable soit possible. Ne pas bouger ne rien faire. S’y résoudre. Juste s’y faire. Sans espoir que ça passe seulement un peu. Sans espérer pouvoir mourir non plus.

Lyra se réveilla brusquement en nage, les muscles endoloris. Enfin la lumière du jour pointait...enfin plutôt la lumière artificielle  à allumage progressif étant donné que sa zone de confinement se trouvait au sous sol. Elle avait pourtant un vaste écran, une fenêtre de synthèse qui affichait un lever de soleil pixelisé mais magnifique. Dans la semi-obscurité elle se redressa lentement. Elle avait peur de dormir. Depuis aussi loin que remontaient ses souvenirs elle n'avait pas connu une seule nuit sans cauchemar. C’était pour cette unique raison qu’elle se levait tous les matins. Dans sa zone elle n'avait pour ainsi dire rien à faire. Rien qui soit utile en tout cas. Quelques dessins tout au plus. C'était la seule chose que Lyra savait vraiment faire.

Elle soupira. Dans la chambre tout était gris. Ses draps, ses meubles, les murs d’une teinte plus pâle cependant. Elle n’aimait pas vraiment cet endroit mais elle ne savait pas quoi faire pour le rendre meilleure pour elle. Elle avait toujours eu du mal à prendre des décisions par elle-même. Lentement elle se dirigea vers son grand placard pour en sortir une feuille blanche et son fusain. Elle s’acharna jusqu’à ce que la papier soit entièrement et complètement noir. Comme dans son rêve. Elle ferma les yeux très fort, par réflexe. Elle eut à noircir cinq ou six larges feuilles avant de se sentir un peu mieux. Ses genoux étaient noirs et sa chemise de nuit tâchée.

Mal réveillée encore, le corps toujours douloureux elle alla se passer sous l’eau chaude. Qu’allait-t-elle faire ensuite ? C’était une très bonne question. Quand elle était toujours chez sa mère, elle était toujours débordée. Elle lui ordonnait de faire tellement de choses, pour les cours qu’elle suivait par correspondance, dans la maison… Cela faisait quelques semaines seulement qu’elle était au SCP et elle avait la même sensation que lorsqu’elle était hospitalisée. Clef avait beaucoup de travail, il ne venait la voir que peu souvent pour faire quelques tests. Souvent il la grondait parce qu’elle ne dormait pas assez, parce que ses plateaux repas revenaient vide. Si Clef était souvent absent, elle savait qu’elle était filmée et qu’un appareil à l’entrée de la zone fournissait des informations sur ses constantes vitales. Elle n’avait donc pas vraiment d’intimité.

Ça n’était pas un problème après tout. On ne pouvait pas vraiment dire qu’elle possédait quelque chose qui soit intime, qui lui appartienne en propre. Tout ce qu’elle avait pour elle, c’était les pensées des autres. Sans enthousiasme Lyra s’habilla et arrangea ses cheveux. Elle se demandait à quoi bon faire cela puisque la seule personne qui la verrait de la journée serait sans doute Clef. Cela dit, elle avait toujours aimé se regarder dans le miroir, essayer d’être jolie, comme une petite poupée. Elle était en train de tresser ses cheveux quand l’interphone sonna.

Elle était étonnée ça n’était pas du tout l’heure prévue. Elle alla décrocher. En général Clef évitait de venir en personne s’il pouvait. C’était son problème. Toute présence humaine la fatiguait énormément et la déstabilisait. Certaines présences pouvaient même la pousser à la limite de la folie. Elle était si fragile qu’elle ne pouvait jamais être approchée et encore moins touchée. Elle était contente qu’on lui adresse la parole un peu.

⎯ Oui ?

Lyra était habituée à percevoir les émotions des gens par sa « capacité » en plus de leurs pensées. Aussi au téléphone, il était difficile pour elle de s’y retrouver.

⎯ Lyra, quelqu’un veut te voir.

Rien que cela constituait un sérieux événement.

⎯ Euh…hésita-t-elle… quoi ?

⎯ Y’a un des nouveaux chercheurs qui veut te voir. Il dit qu’il a un problème à régler…

Lyra avait malgré tout la sensation que Clef espérait qu’elle allait refuser. Il n’autorisait personne à la voir en général, pas sans un contrôle minutieux des antécédents qui visait à prévenir l’effraction provoquée par des souvenirs douloureux qui la laissaient souvent sans voix, amorphe pendant plusieurs jours.

⎯ Il a un problème donc et… pourquoi il veut me voir moi ?

En effet cela était l’autre point particulièrement surprenant. Quelqu’un venait lui demander quelque chose à elle, Lyra. A cause de ce qu’elle considérait comme une maladie elle avait passé sa vie à nécessiter des soins, plus ou moins barbares mais des soins tout de même. Pour une fois quelqu’un lui réclamait son aide à elle.

⎯ Ben… expliqua Clef, il pense que tu peux l’aider avec son souci.

Il fallut qu’il redise cela encore une fois.

⎯ Moi ? Il pense que moi je peux l’aider ?

Clef soupira.

⎯ Oui… c’est ce que j’ai dit.

⎯ C’est d’accord, répondit Lyra.

Le chercheur hésita. Ça n’était pas la réponse qu’il attendait.

⎯ Lyra… tu sais que tu risque d’être secouée non ? Tu acceptes de voir quelqu’un. Quelqu’un qui vient avec un problème en plus de cela… et qui je peux te le dire m’a l’air sacrément dérangé.

Mais elle était trop déterminée.

⎯ Peu importe. Pour une fois que je peux faire quelque chose d’utile, je veux le faire.

⎯ Lyra...
, essaya encore Clef.

⎯ Pourquoi tu me poses la question alors si tu n’es pas d’accord?

Il y eut un long soupir à l’autre bout du fil.

⎯ Bon... bon… d’accord.

A ce moment précis Lyra regretta sa décision. Elle était certaine que si elle avait accès à son esprit à cet instant elle aurait accès à des pensées telles que « Elle va se blesser l’esprit » « Elle n’y arrivera jamais. » Elle serra les dents. Elle voulait être utile vraiment. Pour une fois qu’on venait lui réclamer de l’aide, elle allait faire de son mieux, prouver à Clef et à tout le monde qu’elle pouvait faire des progrès. Nerveusement elle arrangea un peu sa chambre pendant que l’inconnu arrivait à travers le très long couloir qui la séparait de la civilisation. Et puis elle se posta en face de l’entrée contre la porte de la salle de bain pour ne pas être trop près.

Ça n’était pas une mais deux personnes qui s’avançaient vers elle. La première avait l’esprit vif, plein de questions et de curiosité. Elle pensait effectivement que Lyra pouvait l’aider à résoudre un mystère concernant un étrange visiteur mais cela n’était pas clair pour elle, il n’y avait étrangement pas d’image associée avec cet inconnu.

L’autre personne était terrassée de culpabilité, littéralement écrasée par la peine. Elle se refusait à l’existence même. Lyra avait rarement vu quelqu’un se détester autant. Au point de ne pas vouloir penser avec des mots de peur de se mettre à exister. Il ne restait que cette émotion dégoûtante qui lui donnait la nausée et troublait sa vue. Elle avait l’impression d’avoir un étau serré autour du cœur et elle suffoquait.


Elle était pliée en deux, appuyée sur le mur quand ses invités débouchèrent enfin du couloir. L’homme était plutôt grand, vêtu de façon très étrange. Malgré le fait qu’il était entièrement habillé en noir elle comprit qu’il était le premier esprit qu’elle avait perçu. Il était là pour qu’elle répondre à une interrogation. L’ennui, c’était qu’il n’y avait personne d’autre avec lui.

⎯ L’autre personne… articula-t-elle avec peine par dessus l’envie qui la prenait soudain de se faire disparaître, où est l’autre personne qui est avec vous….  Je….ne…. comprends pas…ce que vous….pensez…

Lyra fondit en sanglots, incapable de se contenir plus longtemps mais elle pouvait toujours parler. Il fallait parler pour être utile, et se soustraire à cette certitude venue de l’autre mais qu’elle faisait sienne peu à peu : il fallait disparaître.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Lun 24 Nov - 11:41

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Allistair était entré un peu timidement, sans réellement savoir s’il devait toquer ou pas, avec un peu d’appréhension après avoir traversé ce long couloir froid et empli d’un silence à vous couper le souffle. Certes il s’attendait à une réaction de la part de Lyra quand ils se verraient enfin, peut être qu’elle le trouverait bizarre comme un peu tout le monde mais il ne s’attendait clairement pas à ce qu’il avait sous les yeux, si bien qu’un instant son esprit en resta blanc avant de redémarrer au quart de tour. Est-ce qu’il avait pensé quelque chose qu’il ne fallait pas ? Il avait dit que l’entretien se passerait bien mais d’entrée de jeu ce n’était pas vraiment le cas.

— L’autre personne… où est l’autre personne qui est avec vous….  Je….ne…. comprends pas…ce que vous….pensez…

Le jeune homme dut réfréner son envie d’aller la prendre dans ses bras ou de s’enfuir à la recherche de mouchoirs en entendant ses sanglots éclater. Ah non vraiment, il ne s’attendait pas à une réaction comme celle là et se demanda d’un humour un peu nerveux s’il était si terrifiant que ça. S’il se mettait à s’affoler cela n’allait clairement pas arranger les choses. Au moins, il avait sa réponse, clairement elle sentait la présence des esprits, pire que cela elle subissait leur influence de façon largement décuplée mais justement le temps n’était pas à la réjouissance de ce premier acquis puisqu’il venait de se changer en gros problème. Il s’attendait à quelques difficultés mais à un tel état, malheureusement non et il tâchait de trouver un moyen pour ne pas rester démuni face à cette situation.

— Elle est en moi cette personne, elle n’a pas de corps solide pour elle c’est pour ça que vous ne la voyez pas, attendez je vais vous expliquer hein mais d’abord il faut essayer de calmer tout ça, d’accord ?

Le médium ne savait pas bien comment faire. Il n’avait jamais eu à, pour ainsi dire, bloquer les esprits au monde extérieur puisque personne d’autre que lui ne ressentait leur influence mais il savait comment faire. Il y arrivait avec beaucoup de mal contre les démons, histoire d’éviter de se retrouver avec une table, une chaise ou un autre meuble quelconque dans la figure alors il essaya. De se calmer lui-même, d’envelopper ce qui troublait son esprit pour le cacher plus loin comme s’il tendait un voile à défaut de construire une muraille. Ce n’était pas un démon, pas besoin d’un château fort, juste de quoi l’éloigner. Il fallait le dissimuler vers d’autres pensées moins perturbatrices. Il n’était pas certain de l’efficacité mais qui ne tente rien n’a rien.

— Est-ce que ça va ? Vous voulez que je m’éloigne un  peu, vous pensez que ça peut aider ?

Il ignorait comment elle fonctionnait, c’était bien connu il y avait beau avoir des pages et des pages de test scientifiques dans son dossier, on expliquait mal un fonctionnement psychique de cette manière. C’était sa capacité, elle la connaissait mieux que personne. Alocer que tous ce brouhaha et cette agitation perturbait de façon certaine s’envola pour calmer celle qui semblait aller le moins bien et se posa sur l’épaule à Lyra pour lui donner des petits coups de bec dans les cheveux.

— Alocer la dérange pas c’est déjà assez dur à gérer comme ça…

Il ne fit cela dit aucun geste pour aller la récupérer, n’osant pas s’approcher de peur d’aggraver la situation. Si c’était déjà si intense alors qu’il se tenait à quelques mètres, tâcher d’écarter la source de cet affolement puis se rapprocher rendrait ses efforts vains. Le plus compliqué là dedans pour lui étant que s’il enfonçait cette entité trop loin dans son esprit, cela allait être ardu de réussir à la chercher et à l’en faire partir. C’était le compromis. Dans certaines situations cela pouvait résoudre quelques problèmes mais en contrepartie, il était plus difficile et dangereux de réussir à la faire repartir dans l’eau delà. Allistair allait gérer. Il faisait attention. Tout ce qu’il souhaitait présentement était que Lyra aille mieux, histoire de ne pas se faire tape sur les doigts pour l’avoir malmenée mais aussi parce qu’il ne souhaitait guère mettre quelqu’un dans un état pareil juste parce qu’il avait besoin d’un peu d’aide.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Mar 25 Nov - 0:30

Apparemment la rencontrer avait semé une totale confusion dans l’esprit de celui qu’elle voyait. Elle avait fait de son mieux pour ne pas s’effondrer sous le poids de la culpabilité de l’autre personne qu’elle ne voyait pas. Parler avait été le bout du monde elle n’était pas sûre d’y arriver de nouveau. Comme d’habitude comme depuis les tous débuts de sa vie, elle n’arrivait que très difficilement à rassembler ses esprits. Cependant, elle était motivée comme jamais. Pour une fois elle pouvait faire quelque chose d’utile pour quelqu’un et elle ne voulait pas céder.

Il formula d’abord la pensée de s’approcher d’elle pour la serrer dans ses bras et la tristesse qui en émergeant était bien à elle cette fois. C’était une chose que presque personne ne pouvait faire sans qu’elle ne se mette à hurler. Sa mère y arrivait quand elle était enfant mais à présent ça n’était plus du tout possible. Chaque fois elle avait juste l’impression de fondre totalement de s’annihiler en temps que personne.

-Ne m’approchez pas, souffla-t-elle.

Juste après il se demanda bien évidemment si elle avait peur de lui, mais cette pensée avait échoué à être complètement catastrophée. Elle ne put rien dire de plus pourtant. Déjà il tâchait de comprendre quoi faire pour améliorer la situation. « Sentir la présence des esprits » elle ne savait pas réellement ce que cela signifiait mais apparemment c’était ce qui était en train de se produire. Elle peinait à suivre d’autant plus qu’elle continuait de sangloter un peu. La pression de l’autre personne était vraiment forte elle devait vraiment s’accrocher pour ne pas chercher à fuir par tous les moyens.

-Elle est en moi cette personne, elle n’a pas de corps solide pour elle c’est pour ça que vous ne la voyez pas, attendez je vais vous expliquer hein mais d’abord il faut essayer de calmer tout ça, d’accord ?

Calmer… Si seulement les choses étaient si simples. Comment voulait-il qu’elle se calme alors même que lui ne savait pas comment s’y prendre.  Il était question à tout allure de blocage d’esprit et de démons. Lyra avait peur en entendant tout cela. Elle commençait à se dire que toute cette horreur provenait d’une personne morte. Une personne morte dans la tête d’Allistair mais c’était affreux. Alors même lorsqu’on était mort toute cette tourmente ne cessait jamais ? C’était tellement désespérant. Elle voulait disparaître vraiment elle ne savait plus à qui appartenait ce désir pressant et intense elle savait juste qu’il fallait résister. Lyra commençait à comprendre doucement, l’autre personne n’était pas là, il fallait bien qu’elle soit quelque part sans quoi tout cela n’avait aucun sens. Même la mort ne la protégeait pas de l’impact des gens sur son pauvre esprit.

En revanche quelque chose d’autre commençait à le faire. Elle mis un petit moment à comprendre que l’esprit d’Allistair repoussait cette chose. Brusquement les sanglots cessèrent de monter dans sa gorge, et elle put nager dans sa curiosité à lui, son esprit qui brassait des pensées confuses pour essayer d’y voir plus claire.  Elle se sentait toujours menacée par sa présence envahissante et elle sentait toujours l’autre esprit se morfondre à l’intérieur de lui mais elle avait l’impression que les nuages venaient de dévoiler le soleil de sa pensée… Elle observa cela, les yeux grands ouverts, éberluée. C’était ça. Elle voulait apprendre à faire cela.  Cet éclaircissement lui permettait à présent de sentir une autre présence, plus diffuse, elle reconnu l’impression que lui faisaient les animaux en général.

Lentement, comme elle était épuisée elle se laissa glisser contre le mur pour tomber assise sur le sol, complètement interloquée et encore fébrile.

— Est-ce que ça va ? Vous voulez que je m’éloigne un  peu, vous pensez que ça peut aider ?

Lyra n’avait pas compris vraiment ce qu’il venait de dire, elle était bien trop obnubilée par les pensées dans sa tête.Elle ne comprit pas vraiment comme cette chouette se retrouva sur son épaule pas plus qu’elle ne sentit vraiment qu’elle lui tirait les cheveux avec son bec. Cette petite boule de plume semblait se soucier d’elle. C’était une erreur, maintenant il fallait se soucier surtout de cet esprit dévoré de honte et de remords qui séjournait calfeutré à l’intérieur de celui d’Allistair.

-Alocer la dérange pas c’est déjà assez dur à gérer comme ça…

Alocer ne la dérangeait pas du tout, même si elle avait du mal à se concentrer. Elle se prit la tête entre les mains. Le temps passait pendant qu’elle essayait de comprendre tout ce qui lui arrivait d’un seul coup. Il fallait parler vite et bien. Elle se tortilla un peu pour lutter pour son intégrité, rassembler les mots les uns derrière les autres dans la tourmente. Elle sentait qu’il ne pouvait pas laisser l’autre trop profond en lui, sans quoi cela devait dangereux et compromettait la suite des opérations. Elle ne pouvait pas laisser cela arriver.

- Je ne veux pas que vous vous mettiez en danger pour me protéger… c’est inutile. Vous voulez savoir… vous voulez savoir qui est cet esprit dans votre tête… ce qu’il fait là ? Il ne veut pas être là… pas du tout. Il veut juste disparaître. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais… mais il… je ne comprends pas bien c’est juste… des images…

Lyra brava sa peur pour aller voir de plus près cette personne cachée derrière le voile protecteur qu’il avait dressé. Mais elle n’y comprenait rien, cela faisait juste mal, c’était juste flou et beaucoup trop intense alors dans un geste brusque elle se saisit d’une feuille blanche et d’un fusain qui trainait là et dans des mouvements rapides sa main caressa le papier. Avant de commencer elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait dessiner. Elle espérait juste que cela la sauverait du mutisme.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Mar 25 Nov - 13:40





Allistair était soulagé de constater que ce qu’il tentait de faire pour arranger la situation portait à peu près ses fruits. Et plus il était soulagé, plus l’émotion était positive, mieux il y arrivait. Il avait compris qu’il ne valait mieux pas s’approcher de Lyra donc il s’était sagement installé au sol dans son coin, essayant de l’aider du mieux qu’il pouvait malgré ses limites certaines pour gérer la situation. Elle avait au moins cessé de sangloter et c’était une bonne chose donc il allait maintenir son blocage mental le temps que les choses se posent un peu plus. Il crut qu’elle faisait une chute de tension comme lui-même en avait tant fait lorsqu’elle s’affala sur le mur et glissa au sol et réprimer un mouvement vers elle ne fût pas aisé mais il s’y força et un peu inquiet il lui avait demandé si ça allait et s’il devait s’éloigner, une question à laquelle elle n’avait pas vraiment répondu alors dans le doute, il était resté immobile. Sa petite chouette perturbée par cet état était venue se poser sur l’épaule de la jeune fille qui au moins, supportait la présence et le contact des animaux, c’était plutôt rassurant.

— Je ne veux pas que vous vous mettiez en danger pour me protéger… c’est inutile. Vous voulez savoir… vous voulez savoir qui est cet esprit dans votre tête… ce qu’il fait là ? Il ne veut pas être là… pas du tout. Il veut juste disparaître. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais… mais il… je ne comprends pas bien c’est juste… des images…

Le médium eut du mal à faire le lien entre ses mots et lui. Elle pouvait lire dans ses pensées oui mais il n’y était pas habitué, il n’avait pas expliqué à voix haute que ce blocage pouvait induire des complications pourtant elle l’avait entendu. Une petite note d’amusement le traversa bien vite masquée par la tension de la situation quand il se rendit compte que les mots exprimés, parlés, avaient une valeur plus réelle soudain que les pensées. Il allait falloir changer ça. C’était pareil pour le contact. Il avait toujours trouvé très important de réconforter les gens par le toucher, il l’avait toujours fait quand il avait par exemple à gérer des familles excédées et dépassées par les événements qui se passaient autour d’eux, or, avec Lyra, il ne le pouvait pas. Ces gestes instinctifs étaient dangereux pour elle, il l’avait clairement lu en toutes lettres, en grand, en surligné, en gras et en rouge. Ne pas toucher. Mais il avait toujours eu du mal avec les règles, sauf bien évidemment quand il s’agissait du bien des personnes et qu’il en était conscient. C’était le cas, il faisait des efforts.

— Je me mets pas en danger je sais ce que je fais… je pousserais pas jusqu’à la limite critique, si vraiment ça va pas je m’éloignerai ou je sortirais hein. Je préférerais juste que ça soit plus vivable pour vous et encore gérable pour moi.

Lyra avait énoncé à voix haute les questions qu’il se posait oui. Elles auraient pu attendre une réponse encore un long moment, il était patient et ne voulait pas que ça soit trop laborieux pour elle. Oui, c’était rare que les esprits n’aient pas envie de disparaitre et de ne pas rester là. Ils ne le pouvaient juste pas tout seuls s’ils s’éveillaient. A la mort l’énergie du corps est utilisée dans sa quasi-totalité pour passer dans l’eau delà mais quand un esprit s’éveille grâce à l’énergie d’un médium, il ne peut repartir tout seul. Cette énergie qu’il a eu pour un premier passage n’existant plus il lui faut celle du médium qui l’a attiré et à créé une connexion. Pendant qu’Allistair réfléchissait, Lyra avait sorti une feuille sur laquelle elle griffonnait nerveusement et il y jeta quelques coups d’œil, intrigué. Faisait-elle ça pour aller mieux ? Il n’en savait rien mais n’allait pas l’interrompre. Il n’était plus certain qu’elle l’entendait, qu’il s’agisse de pensées ou de paroles mais il s’y risqua tout de même.

— Je me doute que cet esprit à envie de disparaitre mais… d’habitude j’arrive à communiquer pour leur expliquer la situation, leur état… j’essaye de les aider mais là je ne sais pas s’il me comprend ou m’entend réellement. C’est le manque de réaction qui me perturbe je crois et ça m’embêterait d’avoir à le renvoyer d’où il vient sans avoir pu l’aider. Est-ce qu’il… vous parle ou bien il s’agit juste d’images ? C’est ça que vous dessinez ?

C’était cette question qu’il n’arrivait pas à trancher finalement. Devait-il persévérer et parler avec cet esprit alors même qu’aucune réaction ne se faisait voir ou ressentir, qu’aucune communication ne se faisait ? Ou bien devait-il le renvoyer au repos en risquant que ce dernier soit perturbé à jamais par la suite ? Il se sentait déjà un peu coupable de l’avoir réveillé par inadvertance mais dans les deux cas, ce sentiment finirait par passer. Les risques du métier hein, s’il commençait à penser que tout était de sa faute, il ne s’en sortirait plus. Il fallait qu’il réfléchisse à cette décision à prendre surtout.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Mar 25 Nov - 22:37

Elle dessinait, un peu soulagée par l’idée qu’il l’était lui aussi, soulagé de voir qu’elle reprenait peu à peu le contrôle d’elle-même. Heureusement il ne savait pas combien ce contrôle était précaire. Il s’était installé dans le coin opposé pour ne pas la gêner et il essayait de faire en sorte que la pression descende. Il avait craint qu’elle ne tombe, qu’elle aille mal mais il s’était retenu de venir lui porter secours heureusement. Il pensait également que le fait qu’elle tolère la présence de la chouette était une bonne chose. Lyra se disait souvent qu’elle devrait prendre un animal pour lui tenir un peu compagnie mais elle avait toujours redouté d’imposer à la pauvre créature son propre enfermement. Elle aimait bien les animaux cela dit. C’était la seule occasion d’avoir des contacts avec un être vivant pour elle. Leur esprit était présent dans sa tête certes, mais tellement moins envahissant que celui des êtres humains.

Elle était soulagée que le fait qu’elle puisse lire les pensées puisse l’amuser. Les gens d’ordinaire étaient plus effrayés voire honteux et à ce moment des tas de choses gênantes leur traversaient l’esprit. Le fait de ne pas pouvoir la toucher en revanche était un vrai problème pour lui qui y était tellement habitué. Cela la rendait triste. Elle était obligée de vivre privée de quelque chose dont les gens avaient généralement besoin. Plus le temps passait et plus elle trouvait cet esprit atypique. Elle devait bien admettre que si l’autre n’avait pas été là à l’écraser et à pousser sa main sur le papier elle aurait presque pu passer un moment agréable.

-Je me mets pas en danger je sais ce que je fais… je pousserais pas jusqu’à la limite critique, si vraiment ça va pas je m’éloignerai ou je sortirais hein. Je préférerais juste que ça soit plus vivable pour vous et encore gérable pour moi.

Apparemment il était sincère c’était un risque calculé qu’il prenait et c’était tant mieux, elle n’aurait pas toléré l’inverse. Elle ne comprenait pas la technicité de la chose mais apparemment tous les esprits avaient pour caractéristiques communes de vouloir repartir d’où ils venaient mais le faire sans avoir régler le problème était problématique. Mais Lyra doutait qu’on puisse régler le problème de cet esprit là. Il fallait se mettre d’accord sur le sens le plus horrible des mots "vouloir disparaître".

-C’est différent. Disparaître… Comme vraiment disparaître,
essaya-t-elle d’expliquer sans décoller son regard du papier qui noircissait lentement, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle dessinait.

Elle ne voulait pas c’était trop sombre. Quand elle n’utilisait qu’une seule couleur c’était mauvais signe en général. Elle serrait les dents pour garder pied mais heureusement il l’y aidait grandement.

-Je me doute que cet esprit à envie de disparaitre mais… d’habitude j’arrive à communiquer pour leur expliquer la situation, leur état… j’essaye de les aider mais là je ne sais pas s’il me comprend ou m’entend réellement. C’est le manque de réaction qui me perturbe je crois et ça m’embêterait d’avoir à le renvoyer d’où il vient sans avoir pu l’aider. Est-ce qu’il… vous parle ou bien il s’agit juste d’images ? C’est ça que vous dessinez ?


Oui décidément renvoyer cet esprit chez lui semblait un choix difficile pour Allistair. Elle était d’accord. Elle était bien placée pour savoir dans quel état de souffrance il se trouvait. Elle détestait avoir à sentir cela. Et elle avait la sensation que rien ne pourrait l’apaiser vraiment, même pas mourir pour de vrai, parti là où Allistair voulait l'envoyer.

Elle dessinait toujours, frénétiquement, pendant tout ce temps elle avait déjà noirci quatre feuilles grand format qu’elle étalait devant elle. Sa main était noire ainsi que son bras et ses sourcils froncés.

-Il ne s’agit pas d’aller dans l’au delà ou de s’en aller. Il s’agit de disparaître de cesser d’exister…Il ne me parle pas. Les gens ne me parlent jamais ils s’en passent souvent s’ils peuvent... Il ne veut pas parler, il ne veut pas exister. J’essaye de savoir pourquoi et je vais vous montrer.


Bientôt une cinquième feuille fut noircie et le cœur de Lyra rata un battement. Tout fut clair d’un seul coup comme souvent elle du se prendre la tête entre les mains à nouveau.

La première feuille était entièrement noire on n’y distinguait rien.

La seconde était un peu plus claire on y voyait juste dans une bande blanche qui perçait le centre comme une silhouette évanescente.

A la troisième on voyait clairement un homme pendu à un arbre qui n’avait plus de feuilles ni de branches toujours mélangé à ce flou noirâtre.

A la quatrième apparaissaient deux autres personnes se lamentant tout près du tronc. Un enfant et une femme avec une large robe qui semblait partir en lambeaux.

A la cinquième, ils étaient tous pendus et un soleil rouge sang se levait derrière eux.

Lyra étala tous les dessins sur son lit entre elle et Allistair, avant de se remettre à sangloter roulée en boule contre le mur.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Mer 26 Nov - 17:33

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Allistair avait vu Lyra noircir déjà quatre feuilles en dessinant. Comme il ne souhaitait pas la déranger il s’était tu, mais se doutait que ses pensées ne faisaient pas de même et même en essayant de ne penser à rien on pensait quand même à des choses. Il n’arrivait sans doute pas à concevoir à quel point c’était épuisant pour elle mais il s’en doutait bien. A chercher à se mettre dans sa situation, il se rendait compte qu’entendre les pensées des gens, même les plus intimes, avait quelque chose d’à la fois fascinant mais qu’en contrepartie, c’était un don très difficile à supporter, tout simplement parce que ça ne s’utilisait pas sur commande.

— Il ne s’agit pas d’aller dans l’au delà ou de s’en aller. Il s’agit de disparaître de cesser d’exister…Il ne me parle pas. Les gens ne me parlent jamais ils s’en passent souvent s’ils peuvent... Il ne veut pas parler, il ne veut pas exister. J’essaye de savoir pourquoi et je vais vous montrer.

Allistair entendait les esprits parler lui quelque fois mais il préférait les moyens moins directs parce que moins fatiguants. Après, que les gens, bien vivants et bien portants ne lui parlent pas mentalement il pouvait comprendre, lui-même avait encore du mal avec ça et préférait énoncer ses pensées à voix haute, et ce, même si elle le prenait de court à chaque fois bien évidemment. Mais les pensées c’était pratique pour les secrets que personne d’autre ne devait entendre par exemple. Même si, comme les secrets, certaines personnes devaient bien avoir des choses à cacher… Et qui dit chose à cacher dit chose potentiellement horrible, problème ou erreur et c’était pour cela que Lyra se retrouvait ici loin de tout le monde, parce qu’elle voyait ça aussi. Un instant il se sentit triste pour elle, il aurait bien eu envie de l’aider elle aussi mais dans cet état là, il ne pouvait pas faire grand-chose.

— Je vous fais confiance mais ne poussez pas trop loin si vous sentez que ça va pas hein…

Lyra terminait de griffonner un cinquième dessin et s’arrêta là en se prenant la tête entre les mains. Allistair hésita à demander si tout allait bien avant même de chercher à voir ce qu’elle avait dessiné. Il se sentit un peu idiot de ne pouvoir rien faire lorsqu’elle étala les dessins sur le lit et se remit à pleurer, un peu idiot d’avoir à se focaliser sur le papier plutôt que de pouvoir se rapprocher et la réconforter. Heureusement Alocer était là et semblait lui tenir compagnie en jouant avec ses cheveux même si elle n’accepterait sans doute pas d’être traitée comme un doudou sur lequel on pleure. Il n’eut besoin que de quelques secondes pour que la situation devienne claire, limpide. Il comprenait. L’esprit devait être écrasé de remords et de culpabilité, c’était pour cela qu’il voulait disparaitre et que parler ne servirait à rien. Que pourrait-il lui dire qui change quelque chose après tout ? Mais la situation n’était pas si noire et désespérée. Il se sentait soulagé que le problème ait enfin été posé clairement. Heureux même.

— Je comprends beaucoup mieux avec ça, merci, vraiment… Je devrais pouvoir en faire quelque chose maintenant pour arranger tout ça. Est-ce que ça va ?

Oui il allait pouvoir faire quelque chose, il allait les réunir. C’était la seule solution et la mieux qui lui venait à l’esprit. Cela risquait d’être compliqué cela dit. Il allait marcher en aveugle dans une pièce noire et risquer de s’y cogner puisqu’il lui manquait des informations cruciales qu’il n’était pas en mesure d’avoir. Pourquoi est ce qu’il s’était suicidé et pourquoi sa famille avait suivi le mouvement par exemple. Allistair tâchait de relativiser, de se dire que cet homme par son passé devait avoir de nombreux problèmes, était peut être malade ou quoi que ce soit d’autre et que sa femme et son enfant, accablés de chagrin par sa mort avaient du le suivre mais… il ne savait pas… le fait qu’un enfant en vienne à faire cela le troublait quelque peu. Sa mère l’avait peut être entraîné là dedans, il n’en savait rien. Il espérait juste ne pas se retrouver dans affaire de démon en prime, les deux, dans son travail, étaient parfois intimement liés. Il n’ignorait pas que la religion disait que les portes célestes se refermaient devant ceux qui avaient choisi de détruire le cadeau de Dieu, à savoir la vie (à ceci près que Dieu ne la donnait pas, de ce côté là il donnait entièrement raison à la science), avant qu’il ne vienne la leur reprendre. Et où va-t-on lorsqu’on meurt si ce n’est au paradis ? Et bien, aux enfers, avec les démons. C’était pour cette raison que ces derniers adoraient pousser les humains au suicide, afin de gagner leurs âmes, auquel cas Allistair pouvait très difficilement les récupérer, voire pas du tout sans s’attirer leurs foudres. Mais de par son expérience il savait qu’en réalité, toutes les personnes qui s’étaient suicidées ne finissaient pas aux enfers. Elles erraient dans un entre deux et cet entre deux c’était la terre, ce monde ci. Il pouvait forcer les portes de l’au delà pour ceux qui étaient dans ce cas là, mais aller chercher des âmes des tréfonds des enfers et les arracher aux démons se revendiquant leurs nouveaux propriétaires était une autre paire de manches. Il allait voir, il allait essayer. Comme il disait, il fallait relativiser et de toute façon, il en aurait le cœur net en retrouvant cette femme et cet enfant. Il connaissait les risques, il les maitrisait. Pas de souci.

— Ah désolé je pense de trop je crois, dit-il avec une sorte de sourire désolé. Mais si je sais quoi faire c’est grâce à vous, je crois que j’aurais pu m’esquinter encore longtemps dessus si vous n’aviez pas été là.

Lyra n’avait pas du y comprendre grand-chose effectivement mais, avec cette idée bien intégrée dans sa tête, il pouvait balayer ces pensées volatiles comme on délitait un nuage de fumée. L’esprit en lui désirait disparaitre soit, Allistair allait faire en sorte qu’il retrouve les siens, qu’ils puissent s’expliquer ensemble puisque tout ce que lui pouvait dire ne changerait rien et les envoyer possiblement là où ils devraient être. Le choix et la possibilité de ne plus exister seraient à lui seul après cela. Sur terre, il ne pouvait choisir de disparaitre, il n’avait lui-même pas la capacité de le désintégrer. Un médium n’était qu’un médiateur, un vecteur. La seule réelle incidence qu’il avait sur les esprits venait de son propre droit fondamental, à savoir, avoir la pleine possession de son corps et donc, de décider quand les accueillir en lui et quand les en faire sortir mais il ne pouvait agir sur eux et les faire disparaitre car eux aussi, même morts, possédaient ce droit d’intégrité. Mais une fois le monde terrestre quitté, l’esprit aura la capacité de disposer de lui-même comme il l’entend et de disparaitre s’il le souhaite toujours. Ça serait triste mais il s’agirait de son choix. Un choix à respecter.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Jeu 27 Nov - 11:38


Lyra était en train de dessiner. Elle lui avait dit qu’elle allait lui montrer ce à quoi elle avait accès et comme cela n’était pas possible à décrire avec des mots elle noircissait des feuilles encore et encore. Elle en avait pris l’habitude et tuer une feuille A3 ne lui prenait pas plus d’une minute ou deux. Pendant ce temps il avait pitié d’elle et de sa condition ce qui n’aidait en rien. Elle en avait assez qu’on mettre en relief sa différence. En même temps, elle était si différente qu’elle n’avait aucune idée de ce à quoi une vie normale ressemblait. Après tout, ça devait être étrange d’être en lien avec des gens sans entendre leurs pensées. Elle se sentait perdue quand elle avait Clef à l’interphone. Parfois même, elle avait du mal à comprendre ce qu’il disait. Elle habité à la folie confuse de l’esprit, pas à l’ordre du langage parlé. De toute façon, Allistair avait raison de penser qu’il n’y pouvait rien. Personne n’y pouvait rien en réalité. Ou c’était cette écrasante tristesse qui lui faisait penser cela. Elle n’en avait aucune idée.

-Je vous fais confiance mais ne poussez pas trop loin si vous sentez que ça va pas hein…

Il lui faisait confiance certes. Mais il était quand-même très inquiet. Il n’avait aucune idée de ce tohubohu mental qui constituait son quotidien. Il voulut encore venir la réconforter quand il fallut se confronter aux images qu’elle avait dessinées. Ses impulsions vers elle qu’il était obligé de réprimer lui fendaient le cœur un peu plus à chaque fois. Mais elle était d’accord pour dire que la présence de cette petite chouette était agréable, à jouer avec ses cheveux. Elle était contente de voir que ses dessins avaient semblé clarifier la situation dans sa tête au point qu’il avait retrouvé l’espoir d’avancer. Les choses n’étaient pas claires pour elle en revanche mais peu importait, tant que lui pouvait faire sens ce qui se produisait.

-Je comprends beaucoup mieux avec ça, merci, vraiment… Je devrais pouvoir en faire quelque chose maintenant pour arranger tout ça. Est-ce que ça va ?


Il lui fallut respirer un grand coup pour répondre se calmer doucement, se concentrer sur les mouvements du petit animal bienveillant sur son épaule.

- Ça va aller…

Tout suite après, elle fut distraite parce qu’il venait de concevoir une idée pour se sortir de cette situation. Les réunir. Voilà sa solution à ce problème. Il avait pensé que cet homme était malade, ou avait des ennuis mais Lyra n’aurait pas dit les choses de cette façon. Pour lui, il était entièrement responsable de sa mort. De celle de sa famille et d’autres choses encore mais elle ne savait pas vraiment quoi. La suite des pensées d’Allistair était difficile à suivre pour elle. Il s’agissait de démons, d’énergie, d’enfer, de paradis et de suicide. La mission qu’il se proposait d’accomplir promettait d’être difficile c’était tout ce qu’elle en retenait. Elle voulait comprendre pourquoi cet esprit s’était donné la mort avant de  se retrouver là… Il ne fallait pas se concentrer beaucoup pour que les émotions atroces qui l’habitaient ne l’envahissent à nouveau et ce même si Allistair tentait de l’en protéger. Elle se força à respirer doucement, les sourcils froncés. De toute façon Alocer était toujours sur son épaule. Dans un grand geste elle attrapa encore une feuille et la boite de fusains se renversa devant elle. Peu importait. Il fallait qu’elle dessine ce à quoi elle avait accès maintenant. Cette fois ce qu’elle percevait était au delà des larmes.  Son visage se ferma lentement alors que l’esprit d’Allistair tournoyait en elle mais à peu elle fut envahie par le vacarme de l’image.

— Ah désolé je pense de trop je crois. Mais si je sais quoi faire c’est grâce à vous, je crois que j’aurais pu m’esquinter encore longtemps dessus si vous n’aviez pas été là.

Elle avait entendu mais elle ne pouvait pas répondre. Si la scène du suicide était floue et diffuse,  cette fois les images étaient claires nettes et précises. La seule raison pour laquelle elle ne les confondait pas soudain avec la réalité comme cela lui arrivait parfois c’était que pendant qu’elles défilaient devant ses yeux vides,  était qu’elle les dessinait.

Il faisait sombre mais la nuit s’illuminait parfois d’un grand brasier surprenant la noirceur du soleil. La puanteur était innommable, infâme, atroce il n’y avait pas de mots. Le sol vibrait d’un vrombissement sourd et continu comme si le monde lui-même allait finir par s’écrouler sur lui-même. Cela faisait longtemps qu’il vivait au milieu de tout cela. Difficile de dire depuis combien temps. Ses pas peinaient dans la boue qu’on ne distinguait pas, souvent il trébuchait. Il fallait courir pour éviter les obus qui pleuvaient comme une plaie divine au dessus de sa tête. Il avait oublié pourquoi il était là, au milieu de la tourmente à tenter d’éviter les cadavres sur son chemin.
Tout ce qu’il savait était que c’était le seul endroit où il pouvait être ce qu’il était vraiment. Et seules ses mains griffues apparaissaient dans son champ de vision. Il n’avait jamais su s’il pouvait se transformer parfois en une sorte de loup, ou si c’était simplement un monstre poilu et terrifiant mais il aimait être dans cet état. Quand soudain sa vision s’éclaircissait et que sa pensée tombait dans les limbes des temps primitifs où la seule chose qui comptait était la survie. Une partie de lui aimait transpercer les corps les réduire en miettes entre ses doigts. Il détestait juste le regard de son épouse quand il revenait lentement à la raison, après plusieurs mois de folie pure.
Il n’avait jamais su à quoi tout cela rimait. Il n’avait jamais voulu le savoir, il était comme deux êtres qui vivaient séparés dans le même corps. Jusqu’à ce que l’humain réalise ce que la bête avait fait. Jusqu’à ce que sa femme tombe en larmes à ses pieds et que leur enfant le regarde, incrédule.

Cette scène était la dernière qu’elle avait dessinée. Une série de sept feuilles s’alignait maintenant devant elle. Sur la première juste la nuit et une explosion magistrale, sur la seconde la tranchée et les barbelés éclairés par la lumière fugace, sur la troisième ses grandes mains inhumaines, sur la quatrième quelqu’un mourrait ainsi que sur la cinquième et la sixième dans une explosion floue de sang et de viscères. La septième était presque immaculée mis à part les silhouettes et l’expression de choc sur leurs visages.

Elle étala tout cela sur le lit par dessus les images de la pendaison. Lentement maintenant, il lui fallait retrouver son intégrité progressivement. Elle se sentait comme le monstre, elle avait passé tout cela la tête sous l’eau et l’horreur la frappait après coup seulement. Elle se leva brusquement, secouant la petite chouette sur son épaule pour aller vomir à la salle de bain tout ce qu’elle avait mangé la vieille.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Jeu 27 Nov - 14:53

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Allistair constata à sa grande surprise que Lyra s’était remise à dessiner. Il pensait qu’avec ces informations si durement gagnées elle n’aurait plus besoin de le faire puisqu’il arriverait à gérer avec tout ce qu’elle se forçait à voir pour lui mais contre toute attente, de nouvelles feuilles se remplissaient sous ses mains. Pour ne pas la déranger il se tut une nouvelle fois même s’il se demanda ce qu’elle voyait cette fois ci. Il aurait aimé lui dire que vraiment ça n’était pas nécessaire de continuer si elle se sentait mal à chaque fois qu’elle terminait une série de dessins parce qu’elle l’avait déjà aidé à un point inimaginable mais il préféra se taire et attendre. Elle l’avait sans doute entendu de toute façon. Il ne voulait pas qu’elle souffre pour l’aider, ça n’en valait pas la peine il arriverait à se débrouiller avec ce qu’elle réussissait à grappiller. Sept nouveaux dessins venaient de naître sous ses yeux et si les premiers étaient déjà horribles, ceux-là n’avaient rien à leur envier. Si bien que Lyra se leva pour filer dans la salle de bain, forçant Alocer à aller se poser dans un coin plus calme, effrayée par tant d’agitation. Le médium aurait aimé la suivre mais il se retint encore en se disant qu’elle avait peut être besoin d’un moment toute seule, il comprenait, il allait attendre sagement qu’elle revienne et lui demander une énième fois comment elle allait. Il savait cela beaucoup plus éprouvant pour elle que pour lui.

Il eut du mal à comprendre ces autres dessins. Autant il était habitué au paranormal, autant les expériences bizarres et phénomènes plus étranges encore, il nageait en plein flou. S’il suivait bien ce fantôme qui devait avoir un certain âge vu le contexte de guerre sur les premiers dessins pouvait se transformer… en loup-garou ou quelque chose du genre. Limite il aurait préféré une histoire de démons finalement, ça compliquait les choses maintenant. Il n’avait jamais eu à renvoyer un loup-garou dans l’eau delà, un loup-garou qui avait volontairement tué des gens. C’était peut être pour ça que la communication était impossible aussi, si on mettait de côté le désespoir qui l’étreignait. Il n’était pas totalement humain. Allistair n’abandonnerait pas son idée mais il émettait quelques réserves dessus. S’il pouvait toujours faire en sorte de les réunir, parvenir à éviter l’enfer à cet esprit là risquait d’être une autre paire de manche, comme un avocat devant défendre un meurtrier devant un juge intransigeant le considérant déjà coupable. Il ne désespérait pas de pouvoir faire quelque chose cela dit. Les fantômes ne se transformaient pas après tout, peut être que cette seconde partie de lui avait disparu depuis un certain temps et que seul l’humain restait à se morfondre de ses actes. Là, pour le coup, il marchait sans savoir où il allait, dans ses bouquins il n’était guère question de ce genre de choses. Ça l’agaçait un peu mais il était un professionnel. Un professionnel qui savait ce qu’il faisait et il n’allait guère demander de l’aide pour ça. Il doutait qu’un autre médium ait eu affaire à un cas similaire très franchement.

Un peu timidement, après avoir bien cerné le nouveau problème qui venait de se soulever et qui n’allait guère lui faciliter la tâche, il tâcha de concentrer ses pensées une nouvelle fois pour bloquer celles de l’esprit et alla timidement toquer à la porte de la salle de bain. Certes ça ne faisait même pas cinq minutes qu’elle était dedans mais quand même, si déjà il ne pouvait pas la réconforter en la touchant, il s’inquiétait quand même de son état de santé.

— Euh… Lyra ? Tout va bien ? Je sais je pose beaucoup la question mais je me doute que ça vous coûte beaucoup de faire ça, c’est bien le minimum que je peux vous rendre.

Ces informations l’aidaient toujours, il prenait tout ce qu’il était possible de prendre même si la situation s’était sensiblement compliquée. Mieux valait qu’il soit au courant de cette légère particularité de l’histoire de son esprit plutôt que de la découvrir et de rester complètement démuni lorsque cela arriverait. Il était juste passé de ‘‘je vais y arriver’’ à ‘‘je vais essayer’’. Ça restait dans la case faire de son mieux et il en retirerait sans doute beaucoup de choses.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Ven 28 Nov - 20:05

Lyra avait été sourde à ses pensées tout le temps ou elle dessinait. Elle avait été dans une ailleurs un autre part par qui la terrifiait à présent. Mais le plus glaçant était de sentir exactement comme il s’était senti, grisés, enivrée par l’odeur et le gout du sang.  Elle devait bien s’avouer que le pire n’était pas d’avoir assister à tout cela, d’avoir senti la boue sur ses pieds nues qui avaient explosé ses chaussures, ses doigts qui transperçaient les corps sur le fond du ciel rouge. Sur le moment, tout ceci était presque beau comme l’œuvre d’art d’un artiste sauvage.
Le pire arrivait quand elle redevenait elle-même lentement. Assise devant les toilettes elle percevait peu à peu l’horreur de ce qu’elle venait de traverser à mesure que la nausée montait. Elle avait l’impression qu’elle avait fait cela et c’est à ce moment là qu’elle rendit son repas. Après elle s’assit sur le sol, alors que de plus en plus fort, elle entendait les pensées confuses d’Allistair qui se retenait comme il pouvait de lui porter secours.
Elle resta là, à calmer les battements de son corps, assise, le corps toujours révulsé. Pendant ce temps il essayait de comprendre ce que pouvaient bien vouloir dires les images qu’elle venait d’ajouter à la collection. Il aurait souhaité qu’elle s’arrête là et ce, quand bien même les informations qu’elle apportaient lui avaient été utile au final. Sa perception de la situation avait changé et pourtant il aurait voulu qu’elle se taise. Au moins n’avait-elle pas vécu ça pour rien, au moins n’était-elle pas aussi mal inutilement. Elle aurait voulu qu’il puisse la considéré comme une adulte capable de faire ses choix au lieu de regretter le sacrifice qu’elle venait de faire.
Pendant qu’Allistair pensait toujours, elle alla se rincer le visage pour essayer de reprendre contenance.  Elle était un peu triste d’apprendre que c’était le statut de monstre qui posait problème à cet esprit en plus de ce qu’il avait fait. Mais appariement il pouvait ne plus en être un. Finalement peut-être que mourir pouvait vraiment libérer les gens de quelque chose. Après cela il était question de la manière d’éviter l’enfer à cet esprit et à sa famille. Lyra ne comprenait pas forcement toutes les pensées qui s’y rattachaient, elle revoyait encore un peu les images à travers ses yeux.
Finalement il vint frapper à la porte, car l’inquiétude l’avait emportée. Elle recula d’abord pour éviter que son de ses pensées n’augmente trop dans sa pauvre tête. Il était maintenant entièrement tourné vers son inquiétude à son égard. C’était une émotion qu’elle avait vraiment marre de percevoir.

-Euh… Lyra ? Tout va bien ? Je sais je pose beaucoup la question mais je me doute que ça vous coûte beaucoup de faire ça, c’est bien le minimum que je peux vous rendre.


Lyra ne voulait pas qu’on lui rende quoique ce soit. Elle-même avait déjà beaucoup trop à rendre à tous ceux qui passaient leur temps à s’occuper d’elle. Mais il s’inquiétait il fallait parler. Cela lui demandait un peu moins d’effort puisque l’esprit qui pesait toujours sur elle était bloqué par lui. Elle s’avança lentement et finis par ouvrir la porte un peu tremblante.

-Je vais bien…

Elle pris une grande inspiration pour continuer de parler. C’était toujours le plus dure comme si une fois qu’il fallait former des mots son esprit n’était plus assez disponible pour maintenir la frontière entre lui et l’autre.

-Je ne sais pas quoi dire de plus… Peut-être le fait que… cet esprit… aimait vraiment…être comme ça… sur le moment seulement. C’était presque…grisant comme… être libre… et après… voilà quoi...

Parler des émotions était difficile pour elle aussi.  Les sentir elle pouvait le faire. Les dessiner aussi parfois mais pas toujours. Elle se demandait si les images étaient aussi claires pour les autres que pour elle. Mais les mots c’était encore pire. A lui seul, elle avait la sensation qu’un mot ne voulait pas dire grand-chose. Ce qui lui donnait son sens, c’était la pensée qui allait derrière. Elle avait besoin de cela pour comprendre les autres au fond. Elle se demandait comment les autres, qui n’entendaient pas ses pensées pouvaient vraiment comprendre le langage qu’elle leur adressait. Sans doute que ce mystère resterait à jamais entier. Cela avait quelque chose d’assez terrible au fond. En même temps qu’elle se disait cela, Lyra réalisait qu’elle venait d’aider quelqu’un à parler à quelqu’un d’autre. Elle avait le pouvoir de comprendre très exactement ce que les gens pensaient et vivaient. Il y avait peut-être un moyen de se rendre utile, après tout elle venait plus ou moins de le faire. Tout le problème était de restituer ce qu’elle avait compris.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Jeu 4 Déc - 11:32





Allistair était soulagé. Certes Lyra était un peu pâlotte et aurait sans doute eu besoin d’un petit remontant mais elle disait aller bien. Il lui faisait confiance et n’allait pas remettre en cause ce qu’elle disait surtout que c’était subjectif. Il ne pouvait pas dire à sa place si elle allait bien ou mal donc l’inquiétude retomba tout de même sans s’en aller parfaitement malgré tout, forcément. Si ça se trouvait ce n’était même pas vraiment de l’inquiétude, juste de l’attention normale portée à quelqu’un d’autre.

— Je ne sais pas quoi dire de plus… Peut-être le fait que… cet esprit… aimait vraiment…être comme ça… sur le moment seulement. C’était presque…grisant comme… être libre… et après… voilà quoi...

Le médium hocha la tête, il comprenait, oui. Cela semblait difficile pour elle de parler de ça, du moins c’était l’impression qu’il avait. Effectivement mettre des mots sur des sentiments de ce genre là était forcément complexe. Mais toute information, bonne ou mauvaise était si importante pour la situation. Si déjà il ne pouvait voir cet esprit ou communiquer avec lui, il fallait en apprendre le plus possible sur lui.

— Et après, lorsqu’il redevenait lui-même il se sentait comme un monstre face à ce qu’il avait fait… ou quelque chose du genre j’imagine ? En plus avec sa femme et son enfant d’un côté, ça permet de comprendre mieux ce qui est arrivé ou d’appréhender du mieux possible ce qu’il peut ressentir.

C’était pour cette raison qu’il espérait toujours pour cet esprit. Parce qu’une partie était bonne, humaine et l’autre plus animale, avec des instincts plus bestiaux et répréhensibles par la loi, qu’elle soit divine ou instaurée dans leur monde réel par l’autorité. Après tout, c’était logique s’il se changeait en loup-garou, par rapport à une âme normale ou un esprit normal encore dans un corps, il était scindé en ces deux parties distinctes et passait de l’une à l’autre. Rien ne garantissait que ces deux parties soient fusionnées dans l’au-delà. La culpabilité, elle, par contre, ne pouvait pas partir d’un claquement de doigt, malheureusement. Allistair pouvait bien essayer de lui parler un peu, essayer de le raisonner du mieux qu’il pouvait pour qu’il puisse se délester un peu de cette charge coupable qui l’écrasait littéralement mais il ignorait si cela aurait une quelconque résonnance. Ça valait le coup d’essayer et s’il perdait un peu de temps, tant pis. De toute façon son plan de départ ne changeait pas trop. Alors il tâcha d’esquisser son fameux sourire d’optimiste, ce n’était pas difficile.

— En tout cas merci pour tout ça… vous n’avez pas idée d’à quel point ça m’a aidé…

Enfin si, justement Lyra devait le savoir, il le pensait et le ressentait. C’était sans doute plus vrai que des mots. Parler et expliquer les émotions était toujours compliqué, la preuve, elle-même avait galéré. C’était normal. Quand on ressentait, tout était clair. Quand il fallait décrire, ça l’était beaucoup moins.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Jeu 4 Déc - 19:29

Allistair était un peu moins inquiet alors elle avait dit le peu qu’elle pouvait lui communiquer. Il comprenait bien en tout cas que ce n’était pas évident de transmettre des connaissances telles que celles là. Elle faisait de son mieux cela dit, elle sentait qu’elle était utile et partant de là, elle se fichait bien de l’état dans lequel cela pouvait la mettre. En plus de cela, même si elle devait être vigilante, elle trouvait l’esprit d’Allistair plus fréquentable que la plupart des gens.

-Et après, lorsqu’il redevenait lui-même il se sentait comme un monstre face à ce qu’il avait fait… ou quelque chose du genre j’imagine ? En plus avec sa femme et son enfant d’un côté, ça permet de comprendre mieux ce qui est arrivé ou d’appréhender du mieux possible ce qu’il peut ressentir.

Lyra ne répondit pas immédiatement concentrée sur ses pensées qui l’empêchait de trop l’entendre lui. Allistair pensait qu’il pouvait s’en sortir mais elle en doutait. Vraiment elle en doutait. Certes il n’était pas exactement la créature mais il y avait un lien fort entre lui et elle. Il la détestait mais lorsqu’elle prenait le dessus, elle n’était pas seule à s’amuser et à se sentir libre enfin. Il semblait que la frontière n’était pas nette comme le sommeil et l’état de veille. Allistair s’inquiétait de la culpabilité… c’était cela qui paraissait le plus terrible à Lyra c’était cela le plus insupportable. Culpabilité était un euphémisme pour décrire cet état.  Elle doutait que la raison y puisse grand chose. Il essayait d’être optimiste. Peut-être étais-ce le poids de ce qu’elle sentait mais elle ne l’était pas vraiment.

-En tout cas merci pour tout ça… vous n’avez pas idée d’à quel point ça m’a aidé…, poursuivit Allistair.

Elle avait omis de répondre évidemment, ce genre de choses arrivaient souvent mais heureusement cela ne semblait pas le mettre trop mal à l’aise. Clef en avait pris l’habitude également. Elle décida de répondre dans l’ordre… dans l’espoir que faciliterait les choses.

- J’ai du mal… a trouver des mots oui… se sentir comme un monstre, culpabilité tout ça… se sont des euphémismes… je veux dire….je veux dire que si cette personne était encore vivante… elle ne parlerait pas plus… elle ne bougerait plus elle se laisserait mourir… elle serait… folle… je pense…

Lyra esquissa un sourire avant de poursuivre, essayant de se garder un peu d’espace pour exprimer de vraies émotions.

- Si j’ai idée…. justement mais vous… vous en revanche vous ne savez pas à quel point ça me fait du bien d’être utile pour une fois.
Au moins juste aujourd’hui, sa vie avait eu un semblant de sens. Le reste du temps lui paraissait vain, elle le passait à lutter dans l’espoir d’une vie normale qu’elle ne caressait que de loin.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Ven 5 Déc - 13:59





Effectivement Lyra avait raison lorsqu’elle disait que le simple mot de culpabilité était un euphémisme. C’était indéniable. Ils en arrivaient à la faiblesse et la limite des mots, dans ce qu’ils ne pouvaient décrire, définir, évaluer. Là où son don se révélait très utile mais un lourd fardeau également puisqu’elle se retrouvait forcée de ressentir pleinement ces émotions indescriptibles. En tout cas, Allistair était soulagé que Lyra ne termine pas comme cet esprit s’il avait encore été en vie, muet ou fou, attendant de mourir sans bouger. Cela aurait pu arriver en plus, peut être, il n’en savait rien. Il allait donc considérer qu’ils avaient eu une sacré chance et qu’il devrait se montrer prudent à l’avenir si un problème de ce genre réapparaissait et s’il avait encore besoin de son aide.

— Si j’ai idée…. justement mais vous… vous en revanche vous ne savez pas à quel point ça me fait du bien d’être utile pour une fois.

Face à son joli sourire, l’intéressé ne put qu’agrandir le sien. Évidemment qu’elle sentait toute la reconnaissance qu’il lui portait. Mais lui il pouvait pas, c’était nul, il boudait. Mais non, il était encore plus heureux d’être à l’origine de ce sentiment là chez elle, malgré l’horreur qu’elle venait de traverser.

— Je n’ai pas besoin de le savoir pour être content que ça vous fasse du bien, deux trois mots suffisent amplement même si ça doit encore être des euphémismes… pas le choix, le langage humain est mal fait.

Elle venait de sourire quoi et il avait ce pressentiment que ça n’arrivait pas tous les jours vu ce qui venait d’arriver. Raison de plus pour être un peu fier de ce moment mais surtout content pour elle parce qu’elle avait fait un travail fantastique, qui avait du lui demander beaucoup d’énergie et pourtant elle semblait si contente de l’avoir fait… Comme si c’était la première fois qu’elle pouvait aider quelqu’un. Elle avait dit « pour une fois » en même temps.

— Personne d’autre ne vient vous demander de l’aide pour des trucs divers et variés ?

C’était peut être sa modestie qui reprenait le dessus. Avec le sentiment de lui avoir rendu service qu’il ressentait, il trouvait ça triste et gênant d’être le premier, presque anormal.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Dim 7 Déc - 0:26


Allistair commençait à saisir ce qu’elle voulait dire et avec un soupçon se fascination elle observait leurs pensées se rejoindre et se mettre à se ressembler. Il était aussi heureux que cela ne se soit pas mal terminé pour elle compte tenu de la force que représentait cette émotion. Pour elle c’était très clairement le savoir faire étrange d’Allistair qui avait permis qu’elle ne se retrouve pas telle qu’il l’imaginait dans le pire scénario, muette et folle elle aussi. Elle lui disait pendant ce temps qu’elle était ravie d’avoir pu être utile encore une fois, même si elle sentait bien qu’il avait tout ce qu’il pouvait pour la soutenir sans quoi elle ne serait arriver à rien d’autre qu’à se faire du mal toute seule. Un instant il souhaita pouvoir lire en elle le sentiment qu’elle essayait de lui décrire mais au fond pour lui, l’important était surtout qu’il existe, ce sentiment. Elle avait rarement rencontré quelqu’un d’aussi gentil. Clef était gentil certes mais tellement anxieux et tourmenté.

- Je n’ai pas besoin de le savoir pour être content que ça vous fasse du bien, deux trois mots suffisent amplement même si ça doit encore être des euphémismes… pas le choix, le langage humain est mal fait.


IL se doutait qu’elle n’était pas utile tous les jours et il avait raison. Le paradoxe était qu’il était fière de lui avoir offert l’opportunité d’être utile. C’était un comble au fond. Même quand elle arrivait à être utile, il fallait encore quelqu’un pour l’aider. Est-ce qu’un jour elle arriverait à faire quelque chose toute seule ? Elle finissait par en douter. Mais elle était contente de ce qu’elle venait de faire. Au fait… ce n’était pas là dessus que portait ce qu’Allistair venait de dire.

-Oui… le langage j’ai mis du temps à apprendre à m’en servir… Ce n’est pas simple…

Elle baissa un peu les yeux. Elle était contente qu’il ne puisse pas voir les souvenirs qui se dessinaient dans son esprit de ce temps où elle ne s’exprimait presque que par des dessins et où la plupart des gens ne comprenaient rien à son comportement. Parler avait été long combat. Encore maintenant cela lui semblait tellement artificiel et imparfait. Elle détestait ce qu’elle était. Mais il lui arrivait parfois de se demander comment faisaient les gens normaux pour communiquer entre eux. Cela avait aussi l’avantage qu’on ne pouvait pas lui mentir.

- Personne d’autre ne vient vous demander de l’aide pour des trucs divers et variés ? demanda-t-il encore.


Elle soupira profondément et baissa un peu les yeux.

-Eh bien… vous avez vu comme Clef peut être… dissuasif et puis… en réalité je ne sais pas faire grand chose, vous savez ? Le plus souvent… c’est moi qui ais besoin d’aide.


D'ailleurs... Lyra n'allait hélas pas pouvoir soutenir cette conversation trop longtemps. La présence d'autrui la fatiguait, mais celle de cet esprit muet comme une tombe encore d'avantage. Bientôt, il lui faudrait s'assoir contre le mur de nouveau.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Mer 17 Déc - 10:03

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Allistair se doutait qu’elle avait mis du temps à apprendre le langage humain. Dans une vie où, même enfant on entendait toutes les pensées des autres, percevait toutes leurs émotions, on ne comprenait pas comment ils pouvaient faire différemment. Parce que ce don faisait partie d’elle, petite elle avait du trouver toute cette communication verbale incompréhensible. Lyra avait du apprendre à parler comme on apprend une autre langue que celle de base, qu’on a entendu toute sa vie avec ses proches, la société, dans son pays. Sans doute que son imagination de la chose était une bien piètre représentation de la réalité mais il ne l’avait pas vécu… imaginer était tout ce qu’il pouvait faire, compatir aussi. Il se doutait que son enfance avait du être plus que difficile à vivre compte tenu de ses capacités. Quoi qu’il en soit, elle s’en sortait plutôt bien à ses yeux côté discussion à voix haute. Sans doute aussi bien que lui voire mieux, pauvre petit français égaré loin de chez lui qui hésitait encore quelques fois sur comment dire les choses correctement en anglais. Il connaissait le challenge donc.

— C’est pas simple ça c’est sûr… entre les gens qui interprètent mal ce qu’on dit, ceux qui tournent autour du pot ou parlent à demi mots, les situations où parfois c’est compliqué de s’exprimer clairement… y’a de quoi s’arracher les cheveux par moments.

Ça lui était déjà arrivé de souhaiter pouvoir lire dans les pensées des gens ou des esprits quand il avait l’impression qu’on lui mentait. Mais en fait, peut être allait-il changer ça et se mettre à souhaiter que les gens arrêtent de mentir. Il avait bien compris que ce don là avait un coût… et quand on ne l’avait même pas voulu, qu’il était tombé sur le coin du nez d’un seul coup comme ça, c’était encore pire.

— Eh bien… vous avez vu comme Clef peut être… dissuasif et puis… en réalité je ne sais pas faire grand chose, vous savez ? Le plus souvent… c’est moi qui ais besoin d’aide.

Al rigola au souvenir de Clef et de l’absurde chance qui l’accompagnait aujourd’hui. Il ignorait quel ange avait veillé sur lui, si tant est qu’il y en ait eu un, mais il le remerciait beaucoup.

— J’ai vu oui mais je pense que ça se comprend en partie, il veut que vous alliez bien… C’est normal d’avoir besoin d’aide, c’est dur ce que vous vivez là…

Après, que Clef ait des méthodes dissuasives il n’y pouvait rien. Ce n’était pas lui, le nouveau de service qui allait faire changer ça. Surtout qu’ils n’étaient pas passés bien loin de la catastrophe quand même avec ce pauvre esprit tourmenté. Il voyait déjà le chercheur en chef le viser avec son grand fusil en braillant des insultes tandis qu’il fuyait à l’autre bout du couloir en hurlant les bras en l’air.

— Pourtant vous avez fait beaucoup aujourd’hui et je suis sûr que c’est juste le début, que vous serez capable de faire bien plus… même si en l’état ça peut être parfois un peu compliqué. Mais en tout cas, je soutiens que vous pourriez aider pas mal de gens s’ils prenaient la peine de venir vous demander. Et à Clef avant vu qu’il à le même rôle qu’un videur de boite de nuit… en moins baraqué.

Après de l’aide… tout le monde en avait besoin un jour, même lui dans son propre domaine d’expertise. Il n’était pas mécontent d’avoir demandé, jamais il n’aurait pu découvrir tout ça par lui-même. Après, le souci était que les gens que Lyra pouvait aider traînaient parfois dans l’horreur. Genre, dans la police pour débusquer quelqu’un qui mentirait sur un crime commis ou lui qui bossait littéralement avec des personnes décédées. C’était galère. Mais il ne perdait pas espoir, il n’y avait pas que ces personnes là qu’elle pouvait aider, tout un chacun pouvait réclamer auprès d’elle. Il fallait juste, peut être, prendre des précautions, tout ça… Il ne savait pas trop mais en tout cas, si une illumination le prenait, il viendrait ici en courant pour proposer des idées.


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Jeu 18 Déc - 10:58

Allistair essayait sincèrement de se représenter ce qu’elle pouvait vivre et ce qu’elle avait pu vivre. Il comprenait comment elle avait pu avoir du mal à comprendre le langage, le monde ne pas comprendre pourquoi les gens utilisaient tous autant de mots dont elle ne comprenait pas le sens. Mais effectivement il était loin de compte. Il ne se doutait pas que pendant des années tout le monde l’avait cru folle, qu’elle n’avait pas parlé avant d’être presque adolescente. Il ne se doutait pas non plus que pendant longtemps, elle avait cru que tout le monde était comme elle, et qu’avant cela, elle avait cru que les images morbides qui lui venaient appartenaient à son propre esprit. Elle ne voulait pas repensée à son enfance, celle qu’il imaginait était moins pire que la réelle, l’important était qu’elle s’en soit sortie. Il avait remarqué que parfois les pensées d’Allistair avaient lieu dans une autre langue. Ce qui voulait dire qu’il savait très bien ce que c’était d’en apprendre une.

-C’est pas simple ça c’est sûr… entre les gens qui interprètent mal ce qu’on dit, ceux qui tournent autour du pot ou parlent à demi mots, les situations où parfois c’est compliqué de s’exprimer clairement… y’a de quoi s’arracher les cheveux par moments.


Cela elle voulait bien le croire. Elle s’en faisait une petite idée quand par exemple elle devait converser au téléphone. Elle avait bien du mal à se faire une représentation de ce que l’autre pensait juste avec des mots. Elle trouvait que c’était un exercice particulièrement difficile. De même qu’il était plus que compliquer de faire comprendre à l’autre ce qu’elle avait dans sa tête. Depuis l’esprit d’Allistair, elle entrevoyait l’aspect positif de sa condition, même si tout de suite c’était le poids de la difficulté qui l’emportait. Elle était contente de ce qui s’était produit aujourd’hui malgré tout. Elle finissait par entrevoir des possibilités pour la première fois depuis longtemps. Elle venait d’expliquer que Clef de toute façon allait s’opposer à ce qu’elle fasse quoique ce fut d’utile.

-J’ai vu oui mais je pense que ça se comprend en partie, il veut que vous alliez bien… C’est normal d’avoir besoin d’aide, c’est dur ce que vous vivez là…


Lyra réprima un sourire parce qu’il venait d’imaginer Clef avec un fusil et lançant des insultes comme un chasseur mal luné. Il savait qu’en vrai il était incapable de ça mais cela l’amusait d’imaginer Clef d’ordinaire assez sérieux avec elle, de façon aussi décalée. Au final, elle n'avait pas vraiment compris ce qu'il avait dit, distraite par cette pensée. Elle commençait à avoir vraiment du mal à se concentrer.

-Pourtant vous avez fait beaucoup aujourd’hui et je suis sûr que c’est juste le début, que vous serez capable de faire bien plus… même si en l’état ça peut être parfois un peu compliqué. Mais en tout cas, je soutiens que vous pourriez aider pas mal de gens s’ils prenaient la peine de venir vous demander. Et à Clef avant vu qu’il à le même rôle qu’un videur de boite de nuit… en moins baraqué.

Cette fois Lyra eu un rire franc. Clef en videur de boite de nuit… Cela lui faisait du bien de rire de lui un peu. Sans doute elle avait trop tendance à voir en lui en sorte de mur infranchissable, une prison dont elle ne pourrait jamais sortir ou s’échapper. Peut-être qu’Al avait raison et que tout le monde avait besoin d’aide. Mais pas autant qu’elle en permanence. Au SCP elle se sentait à peu près bien mais c’était au prix e cette même prison qu’elle redoutait. Il était en train d’émettre des hypothèses sur ce qu’elle pourrait faire d’utile mais effectivement chaque fois, il s’agissait de traiter avec l’horreur, la difficulté. Déjà aujourd’hui cela avait été le cas. Encore maintenant elle sentait l’esprit appuyer sur elle ainsi que toutes les pensées de dont certains l’amusaient mais qui ne tournoyaient pas moins dans son esprit. Elle finit par tomber assise contre le mur, souriant toujours.

-Je ne sais pas si je pourrais faire bien plus… Je me sens déjà bien fatiguée…

Elle soupira sans pour autant baisser les yeux ou se départir de son sourire.

-Mais je suis contente d’avoir fait ce que j’ai fait... Vous ne devriez pas rester avec ça plus longtemps à l’intérieur de vous…si ?


Elle n’avait pas envie qu’il s’en aille pas vraiment. Mais elle avait de plus en plus de mal à tolérer sa présence, tout comme elle avait toujours du mal à tolérer la présence de quelqu’un au bout d’un moment, peu importe de qui il s’agissait.
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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Ven 19 Déc - 8:41





Lyra venait de rire, c’était tellement mignon et agréable à entendre que le sourire d’Allistair s’agrandit encore plus. En même temps, vu les images marrantes qui lui avaient traversé l’esprit, il l’avait un peu cherché mais il préférait largement l’entendre rigoler que de la voir pleurer. Par contre, elle semblait fatiguée, presque épuisée par tout l’effort qu’elle avait du fournir pour l’aider, si bien qu’elle avait fini par s’assoir contre le mur. Un instant il se demanda si elle faisait une chute de tension et si Clef allait venir le taper avec son fusil pour ça mais elle souriait toujours et elle ne semblait pas vraiment pâle. Rassuré par ce simple sourire, il fut tout d’un coup plus facile de se retenir de lui demander une énième fois comment elle allait.

— Je ne sais pas si je pourrais faire bien plus… Je me sens déjà bien fatiguée… Mais je suis contente d’avoir fait ce que j’ai fait... Vous ne devriez pas rester avec ça plus longtemps à l’intérieur de vous…si ?

Pas la peine de se mettre la pression non plus. Il était clair que c’était elle qui venait de sauver la situation dan laquelle le médium se retrouvait bloqué. Si on était pas alpiniste il y avait peu de chance qu’on grimpe le mont Everest avec succès pour une première expérience. Pourtant elle avait déjà gravi des sommets aujourd’hui et oui, il y avait de quoi être contente, même fière d’ailleurs.

— Ça va ça ne presse pas trop… de toute façon ça risque de durer encore de bonnes heures avant qu’il puisse s’en aller, je ne suis plus à ça près. C’est normal d’être fatigué, j’étais souvent dans le même état quand j’ai commencé mon métier… Mais je vais peut être vous laisser vous reposer du coup, vous le méritez bien après tout ça.

Oh oui qu’il était souvent dans le même état. Voire pire. Il se rappelait être écroulé sur un canapé pendant trois jours et s’endormir en mangeant ou en parlant tant subir la présence d’esprits où les avoir en lui le fatiguait. Maintenant c’était plus tolérable avec l’habitude mais pas toujours agréable. Puisqu’il ne pouvait apparemment pas lui serrer la main il se contenta de s’incliner bien bas pour la remercier encore une fois.

— Alocer ma princesse, tu viens ?

La princesse en question sembla plus que ravie de se faire traiter de la sorte. Cependant, au lieu de se poser sur le bras de son cher ami chasseur de fantômes, elle préféra retourner sur sa tête et faire son nid dans ses cheveux, comme à chaque fois. Elle était mieux là. Allistair se contenta de lever les yeux au ciel sans se départir de son sourire.

— Si Clef est de bonne humeur je pense que vous me reverrez quand ça sera arrangé, faut que je vous tienne au courant quand même après tout ces efforts… d’ailleurs même s’il est pas de bonne humeur vous me reverrez.

Après tout cette rencontre s’était à peu près bien passée, il allait écrire un joli rapport pour lui et tout… il n’y avait pas de raisons qu’il n’accepte pas, la situation aurait pu être bien pire aussi. Et quand il n’aurait plus cet esprit en tête, ce serait sans doute plus tolérable pour elle.

— Sur ce ben… reposez vous bien et passez une bonne journée… merci encore pour tout ça.

Il lui fit un dernier sourire et prit congé un peu à contrecœur mais il fallait qu’elle récupère. Ils auraient le temps de discuter une prochaine fois, du moins il l’espérait, il avait tant à faire à présent… autant s’y mettre tout de suite, la journée risquait d’être longue !


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MessageSujet: Re: Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]   Ven 19 Déc - 22:27

Lyra avait rougit parce qu’il la trouvait mignonne. Elle était tombée contre le mur mais comme elle souriait il ne s’inquiétait pas trop. Elle avait dit être bien épuisée. Tout ce remue-ménage dans son esprit était vite épuisant. C’était tout le paradoxe de cette situation. Elle voulait plus que tout rencontrer du monde. Mais dès que quelqu’un était en sa présence, elle souhaitait qu’il parte, car ses pensées étaient en général trop envahissantes. En tout cas il était content d’elle et de ce qu’elle avait pu faire. C’était tant mieux, et cela avait pour conséquence qu’elle soit fatiguée peu importait. Apparemment lui aussi à avoir des esprits dans la tête, il finissait par être fatigué.

- Ça va ça ne presse pas trop… de toute façon ça risque de durer encore de bonnes heures avant qu’il puisse s’en aller, je ne suis plus à ça près. C’est normal d’être fatigué, j’étais souvent dans le même état quand j’ai commencé mon métier… Mais je vais peut être vous laisser vous reposer du coup, vous le méritez bien après tout ça.

Apparemment on pouvait s’habituer à cela. Lui en tout cas l’avait fait. C’était peut-être différent. Ou peut-être pas. Elle espérait qu’un jour elle pourrait supporter aussi sereinement que lui la présence d’être autre être à l’intérieur de son esprit. Elle doutait d’y parvenir un jour pourtant. Elle n’était pas forte comme Allistair. C’était différent sans doute. Pour elle, les frontières n’étaient pas aussi bien définies que pour lui, elle accédait à beaucoup plus de choses. Il s’inclina mais cela n’aurait pas été la peine. Elle comprenait qu’il voulait la remercier.

-Alocer ma princesse, tu viens ?

L’animal se posa dans les cheveux de son maître. Si Lyra ne supportait plus la présence d’Allistair avec cet esprit morbide dans sa tête, elle aurait pu sans mal cohabiter avec le petit animal. Sans doute qu’elle allait demander à Clef si elle pouvait en recueillir un. Alocer n’était pas bête en tout cas, elle avait saisi le compliment. Sans doute de là elle tirait la certitude qu’elle pouvait s’installer là où bon lui semblait. Elle trouvait ça tellement mignon qu’elle sourit un peu plus.

-Si Clef est de bonne humeur je pense que vous me reverrez quand ça sera arrangé, faut que je vous tienne au courant quand même après tout ces efforts… d’ailleurs même s’il est pas de bonne humeur vous me reverrez.


Lyra sourit encore, imaginant de nouveau Clef avec son fusil.

-J’en serais ravie.


Elle savait en effet qu’elle serait contente de le revoir, surtout seul. Il y avait quelque chose d’espiègle à l’intérieur de lui. Après le sérieux de Clef c’était tellement reposant et rafraichissant. Et puis, il était moins chamboulé par son don que la plupart des gens. A cela non plus elle n’était pas habituée parce qu’au fond, elle avait du mal à supporter la présence d’autrui, mais l’inverse était souvent vrai.

- Sur ce ben… reposez vous bien et passez une bonne journée… merci encore pour tout ça.

Lyra sentait en tout cas qu’il avait vraiment envie de la revoir. Cela lui fit un plaisir immense. Jamais personne n’avait passé du temps avec elle de son plein gré, mis à part peut-être sa mère. Elle mettait tout le monde mal à l’aise, elle dérangeait, elle gênait parce qu’en sa présence on n’avait pas de jardin secret. Mais Allistair était si tranquille… Le cœur un peu plus léger soudain, elle songeait qu’avec le temps, ils pourraient peut-être devenir amis.

-De rien… vraiment de rien…

A mesure qu’il s’éloignait elle se sentait revivre. La pression s’amenuisait et le fait d’exister devenait soudain supportable. Mais en même temps, elle se rendait compte combien elle se sentait seule à nouveau. Elle soupira et se leva faiblement pour aller s’échouer sur son lit. Elle se sentait délaissée certes mais elle avait confiance. Elle savait qu’il était sérieux quand il pensait souhaiter la revoir pour discuter avec elle et la tenir au courant. C’était le genre de personne sur qui on pouvait compter.
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Bad mood on the rise ! [Ft Lyra] [Terminé]

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