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 Des oreilles indiscrètes...

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MessageSujet: Des oreilles indiscrètes...   Dim 12 Mar - 15:34

Ce matin là, Miranda avait rendez-vous avec son superviseur. Elle avait vaguement anxieuse. Elle l’était toujours, mais cette fois un peu plus. Il y avait cette histoire de trou de mémoire, elle hésitait à en parler ou non. Mais elle sentait aussi que Judith ne la laisserait pas éviter la question de sa rencontre avec Ridley. « Ne parle à personne » disait le mot. Mais de toute façon, il faudrait bien qu’elle parle avec Judith, à mots couverts s’il le fallait. Elle n’avait pas grand chose d’autre à lui raconter tellement cela occupait son esprit.

Et il y avait ces cauchemars récurrents qu’elle faisait. Il faisait sombre et humide, ça sentait la mousse, le ciel apparaissait à travers les ouvertures du plafond en ruine. De grandes mains venaient la chercher. Après elle ne savait plus bien. Elle avait l’impression de regarder un mauvais film d’espionnage. On plongeait dans l’eau un Ridley qui n’avait plus rien d’humain, encore et encore et elle ne pouvait rien y changer. D’autres fois, c’était ses mains à elle qui le plongeaient là dedans. En fond, elle entendait un son, comme un appareil électrique. Elle ne savait dire ce que c’était.

- Oula…ça ne va pas Miranda, commenta Judith dès que l’image apparut.

Elle secoua la tête. Elle n’avait pas envie de parler. Elle voulait fermer l’écran et aller se rouler en boule dans son lit. Mais pas s’y endormir, sachant ce qui l’attendait. En face d’elle, Judith décroisa les jambes pour poser sa tête sur sa main sur son bureau.

- Qu’est ce qui s’est passé ? demanda-t-elle doucement.

- Je ne sais pas, répondit-elle sentant les larmes lui monter déjà.

Judith se redressa.

- Comment ça Miranda, ça ne vous ressemble pas de boire comme ça… dit-elle, ça c’est mal passé à ce point ?

Pour toute réponse, la psychologue rousse soupira.

- Qu’est ce qui vous est arrivé ? Vous avez pris un coup derrière la tête ? demanda encore Judith qui s’affolait un peu.

Miranda lui montra juste le mot qui parlait pour elle. Judith le relut visiblement plusieurs fois.

- Qu’est ce que ça veut dire ça Miranda ? Qu’on vous à genre… délibérément… fait perdre la mémoire ?

- J’imagine… souffla-t-elle en réponse. Je vous avais dit que je ne pouvais pas tout vous dire sur le lieu ou je travaille, là où je suis. J’ai du découvrir quelque chose de  très secret qui concerne Ridley, quelque chose de susceptible de le mettre en danger. Enfin je pense…

Judith sembla accuser le coup, comme elle-même l’avait accusé il y a quelques temps de cela. Miranda se rendit compte qu’elle ne l’avait pas poussée à passer ce moment avec Ridley juste par principe, mais parce qu’elle aussi pensait qu’il était possible que les choses aillent plus loin entre eux.

- Vous pensez que c’est fini alors ? demanda encore la thérapeute d’une petite voix.

- Oui…je crois oui… je vous avais dit que ça se passerait comme ça. Je ne sais pas à quoi je pensais…
souffla Miranda alors que les larmes montaient dans ses yeux.

- Je ne peux pas vous laisser dire cela, reprit soudain Judith d’une voix plus dure. Vous avez pensé que comme n’importe quelle autre humain, vous auriez le droit de vous lier avec un autre être humain. Vous avez pensé qu’il vous plaisait, que vous aviez envie de vivre quelque chose avec lui ! Je ne vois pas où est le problème Miranda. Et ça n’est pas parce que ça a raté cette fois, que ça veut dire que c’est pas possible pour vous.

Elle avait fondu en larmes et sur l’écran son visage était entièrement dissimulé par ses grands cheveux et ses petites mains.

- Alors pourquoi ça rate à chaque fois ? sanglota-t-elle. J’essaye de bien faire, d’être… utile… de…

- Peut-être qu’il est là votre problème Miranda. Vous avez voulu « bien faire » être « utile » alors que surement, Ridley, il voulait juste vous voir vous, telle que vous êtes. Juste vous. Il attendait rien de vous. Et vous… vous avez voulu… faire quelque chose…

Elle sanglota mais elle commença à y réfléchir sérieusement. Il y eut un silence. Judith attendit qu’elle se reprenne. Finalement elle finit par demander d’une petite voix.

- Mais pourquoi… pourquoi est-ce quelqu’un s’intéresserait à moi… si je lui sers à rien ?


Judith soupira mais elle eut comme un sourire.

- Parce que c’est ce que les gens font Miranda, ils se lient entre eux, ils s’aiment, ils n’ont pas besoin de raisons pour cela. Je sais que  votre histoire vous a appris autre chose, que vous avez servi tour à tour d’exutoire, de faire valoir, de soutien émotionnel, de boniche,  d’objet sexuel ou de moquerie… Mais là… vous avez besoin de vous autoriser à ne servir à rien du tout.

Miranda éclata en gros sanglots. Judith soupira encore.

- Pardon, je manque de tact…

Elle ne put rien répondre à cela. Pendant un moment elle ne fit que pleurer. Judith la laissa faire sans rien dire un moment, attendant juste que l’orage passe avec une expression sombre sur le visage. Cela dura une bonne dizaine de minute avant que Miranda, reniflante, ne soit capable de prendre un mouchoir près d’elle et de reprendre un peu de contenance.

- Vous avez peut-être raison… souffla-t-elle.

Judith hésita sur quoi répondre. Il y eut un nouveau silence pendant que Miranda achevait de se reprendre.

- De toute façon… Ridley veux que je le laisse tranquille… je vais faire ça… Je peux pas faire mieux maintenant…

- Sans doute, répondit la superviseure, il reviendra peut-être de lui-même…

- J’aimerais bien… il me plaisait…il était gentil… et j’ai pas envie d’être toute seule de nouveau,
reprit Miranda pendant que les pleurs montaient à nouveau.

- Je sais Miranda… je sais…
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 12 Mar - 19:45


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : 5 pages de rp pour finalement pas trop de grain à moudre j'espère que ça ira.






Miranda Smith
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Ridley s'était rendu compte de quelque chose tandis que les jours s'égrenaient, moroses et indifférents. Il avait toujours espéré jusque-là. Que sa vie change, qu'il puisse oublier son passé, qu'il parvienne à tisser de nouveaux liens. Depuis que ses yeux s'étaient plongés dans ceux de Miranda, elle avait fait gonfler cet espoir et son cœur. A un point tel qu'il avait finalement éclaté, ce beau soir où il espérait nerveusement que tout se concrétiserait peut-être. Non, rien ne se concrétiserait jamais. Il avait merdé, cru qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes, qu'ils se comprenaient. Qu'elle n'allait pas poser de questions ou réfléchir aux paroles dont il se délestait, sans qu'il veuille qu'elle les attrape forcément. Au contraire, si elles s'écrasaient à terre sans trouver main étrangère sur laquelle se poser, c'était mieux. Mais la fine psychologue pas si fine que ça n'avait pas saisi. Elle avait sauté à pied joints dans le plat et tout s'était muré en froide constatation et catastrophe.

Lysandre l'avait finalement prévenu que Miranda s'était rendue à l'infirmerie. Ce qui voulait dire qu'elle avait fait son choix ; elle avait oublié ce qu'elle avait appris. Cela lui ôtait un poids des épaules mais sa surveillance n'était pas annulée pour autant. Il se pouvait très bien qu'elle ne l'ait pas encore pris, cet amnésiaque dont ils avaient parlés. Au final, Ridley lui avait peut être laissé le choix, mais il l'avait fortement influencée à le prendre. Tout ça pour effacer son erreur à lui. Si ces derniers avaient existé du temps où il était revenu de Russie, il aurait oublié un an sans broncher. Cela aurait pu lui sauver la vie. Parce qu'aujourd'hui, cloîtré dans son bureau à voir passer tant de visages, à écouter tant de mots, à répéter les mêmes tâches devenues insipides, il ne se sentait même plus vivant.

Se mêler de la vie privée de Miranda le dégoûtait encore plus que tout. Parce qu'il ne supportait plus de regarder en face le visage de l'échec et de la résignation, il avait brisé le miroir de sa salle de bain. Harp était le premier à être venu lui faire un pansement parce qu'il ne s'était pas soucié de sa main plus que cela après cet acte. Il avait décidé qu'il n'aurait un œil que sur ce qui lui paraissait vraiment suspect. Des appels à des heures étranges, ce genre de choses. Miranda était peu entourée après tout, il l'avait bien remarqué ; la plupart de ses communications se faisaient sur ses heures de travail et y étaient donc destinées. Durant la soirée, elle devait envoyer quelques comptes rendus ou répondre à des mails dont les destinataires étaient souvent des chercheurs. Après tout, il n'avait aucun droit sur elle, sur les gens avec qui elle parlait, ni sur son intimité. Pourtant il était là à surveiller ses mots et paroles, autant pour entendre sa douce voix que pour être certain qu'elle ne chercherait pas à se venger de l'erreur qu'il avait commise et qui avait été source de tant de larmes. Il était incorrigible et comme mué par un instinct de survie, il se disait que si elle avait oublié, ils pouvaient peut-être repartir sur de meilleures bases, comme ce soir-là. Il pourrait lui dire les choses, pour enfin se comprendre. Et pour finalement tout gâcher encore une fois. Avec cette erreur, avait-il gagné le contrôle sur ses paroles dont il avait besoin ? La capacité de ne vraiment rien laisser échapper ? Il n'en savait rien. Il disait avoir retenu la leçon mais il avait peur de la mettre en pratique si c'était pour échouer.

L'obscurité tombait déjà depuis un moment sur la Fondation et les montagnes alentours quand il reçut un nouveau fichier concernant Miranda, datant du matin même. Il y avait de particulier qu'il s'agissait d'une communication à destination de l'extérieur. Philadelphie, il semblerait. Un instant, Ridley sentit son sang se glacer en se demandant qui elle pouvait bien contacter à l'extérieur et pour quelle raison. Il semblait qu'il s'agissait d'un appel via Skype parce qu'à la bande son était joint une capture d'écran vidéo. Il ne savait vraiment pas s'il avait envie de voir ça. Mais il le fallait bien, c'était trop suspect.

En ouvrant les fichiers, il ne reconnut pas la femme à qui Miranda parlait. A vrai dire, il ne reconnaissait pas vraiment Miranda non plus, elle avait l'air si fatiguée. C'était à lui fendre le cœur un peu plus. Il comprit rapidement que l'objet de la discussion, c'était leur soirée ratée. Est-ce que cette femme de Philadelphie était psychologue aussi ? Puisqu'il était coutume que les psys eux même aient des psys. Si elle parlait de ce qu'elle avait appris sur lui à une personne extérieure cela dit, il était foutu. Anxieux, il mit tout en pause et rapidement, il glissa un message à Lysandre pour savoir si une communication comme celle-ci était validée par le chef du département psychologie et par la sécurité, si elle était sécurisée et si cette personne-là était dans leurs fichiers. Réponse affirmative au bout de même pas dix minutes. Ce devait donc bien être sa superviseuse, même s'il n'était pas beaucoup plus rassuré. Pour en avoir le cœur net, il remit tout en marche.

— Qu’est ce que ça veut dire ça Miranda ? Qu’on vous à genre… délibérément… fait perdre la mémoire ?


— J’imagine… Je vous avais dit que je ne pouvais pas tout vous dire sur le lieu où je travaille, là où je suis. J’ai dû découvrir quelque chose de  très secret qui concerne Ridley, quelque chose de susceptible de le mettre en danger. Enfin je pense…


Un mot. Elle s'était écrit un mot et puis elle avait choisi d'oublier. Il venait de le lire, lui aussi. « La soirée avec Ridley s’est mal passée. Ne va pas lui parler. Ne pose pas de questions. Laisse le tranquille, il en a besoin. Et surtout tais-toi. Ne parle à personne de ton trou de mémoire. Ne parle à personne de ce que tu crois comprendre. Pour une fois Miranda, ne te mêle pas de ce que ressentent les autres. Tu te crois douée pour ça. Tu ne l’es pas vraiment.  » Ces mots et ce qu'elle disait résonnèrent pour finalement tomber sur lui comme un seau d'eau. Elle avait fait ce qu'il voulait et là encore, elle restait délibérément vague pour garder le secret. Et lui il était en train de douter d'elle. Passé cela, il interromprait la surveillance. Elle affirma ensuite que tout lui semblait finit et ce fut comme une autre gifle pour lui, quand bien même il ressentait la même chose sans vouloir l'admettre. Ridley ne savait pas bien à quoi il pensait non plus malheureusement.

— Je ne peux pas vous laisser dire cela. Vous avez pensé que comme n’importe quelle autre humain, vous auriez le droit de vous lier avec un autre être humain. Vous avez pensé qu’il vous plaisait, que vous aviez envie de vivre quelque chose avec lui ! Je ne vois pas où est le problème Miranda. Et ça n’est pas parce que ça a raté cette fois, que ça veut dire que c’est pas possible pour vous.


Ridley aurait pu lui dire la même chose. Evidemment qu'elle avait le droit de se lier. Juste, avec les bonnes personnes. Et il ne faisait sans doute pas partie des bonnes personnes. Comme elle le disait, ça avait raté avec lui mais peut-être qu'elle y arriverait avec quelqu'un d'autre ? De plus gentil, qui n'avait pas un passé horrible derrière lui. Et Miranda qui pleurait à nouveau tandis que lui derrière son ordinateur ne faisait rien. Il mourrait d'impuissance.

— Alors pourquoi ça rate à chaque fois ? J’essaye de bien faire, d’être… utile… de…


— Peut-être qu’il est là votre problème Miranda. Vous avez voulu « bien faire » être « utile » alors que surement, Ridley, il voulait juste vous voir vous, telle que vous êtes. Juste vous. Il attendait rien de vous. Et vous… vous avez voulu… faire quelque chose…


Il ne l'avait jamais vue celle là, ne lui avait jamais parlé. Pourtant il était clair qu'elle semblait comprendre quelque chose à son fonctionnement puisque c'était exactement ça qu'il voulait. Nul doute que Miranda devait avoir beaucoup parlé de lui. Il ignorait s'il devait en être flatté, gêné ou énervé. Un peu des trois, pour rajouter une couche d'émotions au méli-mélo que c'était déjà. Miranda ne devait rien faire pour que ça se passe bien. Ne pas se placer en tant que psychologue, juste être elle. Ne pas poser de questions, ne pas essayer de l'aider en quoi que ce soit. Plus cette discussion avançait et plus il sombrait encore davantage dans le désespoir.

— Mais pourquoi… pourquoi est-ce quelqu’un s’intéresserait à moi… si je lui sers à rien ?


Oh il n'en savait rien, peut-être parce qu'il avait des sentiments pour elle tout simplement ? Parce qu'avant ça, il voulait être son ami simplement et qu'il ne considérait pas qu'elle devait lui servir à quelque chose en retour. C'était juste se lier, de la plus simple mais aussi la plus compliquée des manières. Mais comment lui dire après tout ça ? Et comment pouvait-elle décemment le croire… Ça n'arriverait jamais. L'amitié, n'arriverait sans doute plus jamais non plus.

— Parce que c’est ce que les gens font Miranda, ils se lient entre eux, ils s’aiment, ils n’ont pas besoin de raisons pour cela. Je sais que  votre histoire vous a appris autre chose, que vous avez servi tour à tour d’exutoire, de faire valoir, de soutien émotionnel, de boniche, d’objet sexuel ou de moquerie… Mais là… vous avez besoin de vous autoriser à ne servir à rien du tout.


Ridley se prit la tête entre les mains. Il aurait préféré ne pas entendre tout ça, ne pas l'apprendre de cette manière. C'était pire que tout. De quel droit est-ce qu'il pouvait bien rajouter ses ennuis par-dessus ceux que Miranda subissait déjà ? Il se sentait mal de lui avoir causé du tort par-dessus tous ces problèmes affreux. Il espérait qu'elle arriverait à entendre ce que ça superviseuse était en train de lui dire, même si ce serait sans doute difficile, il le fallait. Pour une psychologue, elle disait des choses plutôt censées. Ridley en tout cas, tenait à faire preuve de respect et de discrétion concernant tout ça donc il ne dirait rien à Miranda de ce qu'il venait d'apprendre. Pas forcément pour montrer l'exemple parce que ça ne servait plus à rien, mais parce qu'il ne voulait plus la blesser. Il ne pouvait plus vraiment être une oreille pour l'écouter non plus, cela dit. Le silence fut long et lourd de sens. Un instant le chercheur considéra l'idée d'arrêter là les frais et de ne plus écouter ce qui ne le regardait pas, mais Miranda reprit finalement. Peut-être que ça le regardait quand même un peu, ils parlaient de lui.

— De toute façon… Ridley veut que je le laisse tranquille… je vais faire ça… Je peux pas faire mieux maintenant…


Ridley n'était surtout plus certain de ce qu'il voulait. Que Miranda soit heureuse, qu'elle n'ait pas d'ennuis ou un poids trop lourd à porter à cause de lui, ça c'était clair. Mais il aurait échangé son appartement contre un placard à balai et une misérable connexion destinée au travail pour ne serait-ce qu'elle pose à nouveau simplement ses yeux sur lui, lui décoche un petit sourire, ou lui dise bonjour. Il voulait qu'elle le laisse tranquille sur son passé. Qu'il n'existe pas entre eux. Pas sur tout le reste.

— Sans doute, il reviendra peut-être de lui-même…


A vrai dire, il se disait exactement la même chose. S'il lui arrivait encore de douter à chaque seconde, Miranda avoua quelque chose qu'elle ne lui dirait sans doute jamais en face. Mais cela eut au moins le mérite de l'amener à se positionner réellement.

— J’aimerais bien… il me plaisait…il était gentil… et j’ai pas envie d’être toute seule de nouveau.


Ridley sentit sa gorge se serrer et alors que Miranda ne semblait pas retenir ses larmes, il sentit les siennes picoter ses yeux allègrement. A côté de quoi ils étaient passés… Pour une malheureuse phrase, une malheureuse réflexion… Il avait vraiment tout gâché ce soir là. Jamais il ne se le pardonnerait. S'il ne pouvait être plus qu'un ami et que c'était sa punition il l'accepterait. Elle n'avait pas envie d'être seule à nouveau et bien soit. Si elle voulait encore de lui, il serait là malgré tout. Et il se jurait de ne plus jamais lui faire du mal. Il arrêta là la conversation et quitta son bureau sans plus de manière. Sa chemise avait des plis, il avait des cernes horribles sous les yeux, il était sans doute complètement décoiffé aussi. La pauvre psychologue ne devait pas être en meilleur état. Impulsivement, il était allé toquer à sa porte mais ce ne fut qu'une fois ce geste pleinement effectué qu'il se rendit compte qu'il ne savait pas vraiment quoi lui dire. Ou comment se comporter. Si bien que quand la porte s'ouvrit, c'était pour une fois à son tour de vouloir prendre ses jambes à son cou. Il baissa immédiatement les yeux et tira nerveusement sur les manches de sa chemise jusqu'à ce que même ses mains soient cachées en dessous. Elle ne devait plus rien voir.

— Bonsoir Miranda… euh… je… bredouilla-t-il d'une petite voix.


Il voulait s'excuser mais était-ce vraiment intelligent de revenir sur le sujet ? C'était idiot. Le type qui se vantait de faire de grands discours devant le SCP entier se retrouvait à perdre complètement ses mots. Il ne savait pas par quoi commencer. Il n'avait pas envie de lui demander banalement si ça allait, évidemment que non ça n'allait pas. Au pire, s'il la dérangeait vu qu'il passait à l'improviste, elle n'avait qu'à lui fermer la porte au nez.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Mar 14 Mar - 0:04

Miranda avait séché ses larmes. Judith avait subtilement dévié le sujet sur ses situations compliquées du moment. Comme d’habitude, elle avait affronté sa journée de travail. En réalité elle se sentait mieux à travailler qu’à broyer du noir seule dans sa chambre. Au moins, occupée par les difficultés des autres, elle ne pensait plus aux siennes. Le temps passait vite, comme en apnée, elle n’avait pas de temps pour se replonger dans ce qu’elle ressentait elle et cela lui convenait très bien. Elle était juste épuisée lorsqu’elle rejoignit sa chambre.

Alors elle alla se mettre sous l’eau chaude et les larmes se remirent à couler un peu. Les mots de sa superviseur tournaient en boucle dans sa tête « boniche » « objet sexuel » « objet de moquerie » « faire valoir ». Oui. Elle avait été tout cela. A présent elle se sentait juste vulnérable. Elle se proposait elle-même de l’être encore, utile. Elle ne savait pas comment faire autrement. Elle avait précipité la fin de la seule relation valable ou presque qu’elle ait connu en dehors du cadre professionnel. C’était triste, à quel point elle était seul, en même temps qu’à la merci du premier venu.

Elle enfila un grand pyjama à carreaux. Elle en avait fini avec les petites chemises de nuit depuis sa sortie dans le froid.  Elle se passa un peu crème avant de s’enfoncer dans son lit et d’éteindre la lumière. Il était tôt, mais elle n’avait envie de rien faire. Ce qui était un symptôme de la dépression. Elle espérait que ça passerait qu’elle finirait par reprendre le dessus. Sans doute. Elle finissait toujours par le faire. Il fallait juste fermer les yeux. Vivre un jour après l’autre. Jusqu’au moment ou une certaine forme d’espoir plus ou moins lointaine naîtrait d’elle-même, ou d’habitude, elle ne savait pas bien.

Elle allait presque s’endormir quand on frappa à la porte. Elle se redressa d’un seul coup. Ça devait être grave sans doute pour qu’on la dérange à ce moment. Alors elle se secoua comme elle put, alluma la lumière ouvrant de petits yeux et manquant de chuter sur une paire de chaussures qu’elle avait oublié de ranger, elle alla ouvrir.

Elle était nez à nez avec Ridley. Visiblement fatigué lui aussi  et visiblement ému. Les mains planqué dans ses manches comme un enfant mal à l’aise. Les yeux baissé. Elle s’attendait à tout sauf à ça.

- Bonsoir Miranda… euh… je… hésita-t-il.

Elle non plus ne savait pas franchement quoi dire. Mais comme elle était juste levée, elle dit tout simplement la première chose qui lui passa par la tête.

- Je sais pas ce que t’ai fait…Mais je suis désolée… Vraiment désolée…

Elle aurait voulu ajouter quelque chose mais rien ne venait. Elle se poussa juste, pour montrer que s’il voulait entrer pour discuter il pouvait. S’ils devaient mieux valait que ça ne se passe pas dans le couloir.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Mar 14 Mar - 9:50


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : N'empêche, force est de constater que ça fait quelques mois que j'arrive à rendre vite mes RPs et que je suis de nouveau à fond dedans. Pas sûre que ça soit une si bonne nouvelle vu ce que ça doit cacher comme état derrière mais là je suis plutôt contente ^^






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Ridley venait probablement de tirer Miranda de son sommeil ; elle était en pyjama mais son regard un peu brumeux s'était levé quand elle l'avait vu. De surprise ou de colère ? Il ne savait pas à quoi s'attendre, si ce n'est peut-être une gifle. Ou qu'elle lui demande ce qu'il venait donc faire là alors qu'il affirmait ne plus vouloir la revoir. Dans son mot elle disait vouloir le laisser tranquille aussi. Et si elle lui demandait de pouvoir continuer à le faire et qu'il débarrasse le plancher ? Il n'aurait pas d'autre choix que de s'y plier. Quoi qu'il en soit, si vraiment il la réveillait et qu'elle daignait lui accorder cinq minutes, il ne serait pas plus long que ça. Il l'avait assez dérangée.

— Je sais pas ce que je t’ai fait… Mais je suis désolée… Vraiment désolée…


Finalement, baisser les yeux à la manière de la psychologue permettait de cacher pas mal de choses. La surprise dans une moindre mesure, parmi tant d'autres émotions. Il avait peur de revenir à cette soirée, un peu. De laisser échapper malencontreusement quelque chose à nouveau. Est-ce qu'elle n'allait pas se mettre à réfléchir à nouveau s'il tentait de la déculpabiliser ? En tout cas il secoua vigoureusement la tête parce qu'elle avait tort. Entre temps elle s'était poussée pour le laisser entrer alors pour dissiper tout malentendu, quand bien même il n'était pas certain de mériter de rentrer chez elle avec ce qui était arrivé, il allait s'asseoir sur une chaise dans un coin comme un garçon qu'on punit. Pour lui montrer qu'il n'avait pas dit non à son invitation mais à ses paroles. Si elle voulait le foutre dehors, elle pouvait toujours.

— Tu n'as rien fait, j'ai fait ça tout seul. Je t'ai indiqué un chemin que je ne voulais pas que tu prennes, tu as compris que tu devais le prendre et tu l'as pris. Mais c'est moi qui ait pointé la direction un peu trop fort alors ne t'excuse pas pour quelque chose que j'ai cherché. C'est moi qui suis vraiment désolé, c'est moi qui ait tout gâché...


Il était idiot, que dire de plus. C'était exactement ça. Il s'était attendu à ce qu'elle réagisse d'une certaine manière sans rien connaître d'elle. Et même s'ils devaient devenir les meilleurs amis du monde, il ne pourrait jamais prédire ses réactions, c'était comme ça. Comment avait-il pu croire qu'elle comprendrait clairement qu'il ne fallait surtout pas se lancer sur un chemin comme ça. Continuer sa route toute droite et l'observer vaguement de loin, derrière des fourrés. Ne pas voir ou se forcer à ne pas comprendre l'horreur qui se cachait derrière, c'était bien ça. Il ne voulait pas autre chose.

— Ça n'arrivera plus. Mais ce qu'il faut que tu retiennes c'est de pas le chercher ce chemin. Pas le voir, pas essayer de deviner ce qui se cache derrière. Rien du tout. Moi je ferais en sorte de ne pas te dire ou te montrer qu'il existe. C'est mieux ainsi.


Il allait devoir cacher beaucoup de choses. Sa peur de l'eau, la vraie qui survenait dans de vraies situations où il était trempé, pas celles qu'il racontait avec les blagues de Bright. Les cauchemars aussi. Finalement se cantonner à l'amitié c'était pas mal. Il briserait cette promesse s'ils allaient plus loin. Il ne savait pas encore si ce genre de relation valait mieux que de lui faire autant de mal.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Mer 15 Mar - 23:29


S’excuser évidemment cela avait été son premier réflexe. Elle doutait que ça change quelque chose à ce qu’il pensait. Si les mots qu’elle avaient eu pour elle-même étaient si durs, les siens avaient du être bien pire. Puis elle s’était poussée pour qu’il entre. Il avait d’abord secoué la tête mais il avait consenti à venir s’asseoir à sa petite table. Les lieux étaient en désordre, elle n’avait pas pris le temps de ranger. Heureusement, finalement qu’elle n’avait pas laissé l’ours en peluche sur son lit. Elle n’aurait pas aimé qu’il le voit là sans trop savoir pourquoi. Elle s’assit face à lui avant de faire peser son visage dans sa main, tête baissée pour dissimuler son regard. Allait-il s’expliquer ? Lui rafraîchir la mémoire ? Ou la blâmer à nouveau ? Elle était prête à tout, convaincue que les choses ne pouvaient pas être pires.

- Tu n'as rien fait, j'ai fait ça tout seul, commença-t-il. Je t'ai indiqué un chemin que je ne voulais pas que tu prennes, tu as compris que tu devais le prendre et tu l'as pris. Mais c'est moi qui ait pointé la direction un peu trop fort alors ne t'excuse pas pour quelque chose que j'ai cherché. C'est moi qui suis vraiment désolé, c'est moi qui ait tout gâché...

Elle ne trouva rien à répondre. Elle n’était pas sûre de tout comprendre. Peut-être qu’il ne fallait pas tout comprendre. Elle eut un départ de sourire, adressé à la petite table qui se trouvait entre eux.  Peut-être était-elle un brin soulagé. Tout n’était peut-être pas de sa faute. Elle avait au moins le mérite de ne pas être un monstre.


- Ça n'arrivera plus, reprit-il. Mais ce qu'il faut que tu retiennes c'est de pas le chercher ce chemin. Pas le voir, pas essayer de deviner ce qui se cache derrière. Rien du tout. Moi je ferais en sorte de ne pas te dire ou te montrer qu'il existe. C'est mieux ainsi.

Cette fois elle savait exactement quoi dire, c’était simple. Il disait ce qu’il voulait, alors c’était facile. Elle releva le regard vers lui dans la semi pénombre entretenue par la seule lampe qu’elle avait pris le temps d’allumer.

- D’accord. Je ne chercherais pas à comprendre. Et si par hasard je comprends, alors je me tairais.

Elle espérait que cela serait suffisant pour le convaincre. Puis elle reprit, les yeux baissés.

- Mais de quoi qu’il s’agisse, je pense que personne ne devrait avoir à porter un secret tout seul. Et même si j’ai eu tord, je pense que c’est pour ça que j’ai du faire ce que j’ai fait… de quoi qu’il s’agisse…


Elle se demandait si elle lui avait sauvagement tiré les vers du nez, jusqu’à quel point elle avait été crue ou manqué de tact. Elle préférait ne pas y penser. Alors elle préféra reprendre, pour éviter qu’il ne se sente agressé de nouveau.

- Mais si c’est ton choix, je le respecterais.

Elle, juste elle, avait dit sa superviseuse. Elle disait que ça pouvait suffire. Elle n’avait pas besoin de s’agiter en tout sens comme elle le faisait pour le bien de ses patients. Ses patients lui demandaient quelque chose rien qu’en acceptant de la rencontrer malgré ce qu’ils lui disaient parfois. Elle avait parfois à trouver quoi sans leur aide. Mais Ridley ne lui demandait rien. Rien du tout. Il fallait s’y faire.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Jeu 16 Mar - 18:06


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : Pardon je le trouve un peu bof...






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Ridley avait pris place sur une chaise et Miranda s'était installée elle aussi mais aucun des deux ne semblait vouloir se regarder. Ce n'était plus vraiment comme avant. Comment leur relation pouvait-elle être comme avant après ce qui venait d'arriver de toute façon ? Avec un peu de chance, ils franchiraient l'obstacle à deux mais ils garderaient en mémoire ce jour où Miranda avait perdu la mémoire par sa faute. Ça recommençait bien, pardi, quelles bonnes bases. Puisqu'il s'agissait de ne pas refaire les mêmes erreurs, il avait joué cartes sur table dès le début et expliqué ce que la psychologue ne devait vraiment pas faire. Sinon ce n'était même plus la peine. Une petite voix dans sa tête, toujours la même, lui chuchotait qu'elle n'avait pas oublié comment être manipulatrice et qu'elle finirait par avoir besoin d'assouvir sa curiosité une nouvelle fois. Il ne voulait pas l'écouter. Comme il ne l'avait pas écouté la première fois et que ça s'était mal terminé. Le cercle était sans fin.

— D’accord. Je ne chercherais pas à comprendre. Et si par hasard je comprends, alors je me tairais.


C'était plutôt utopique ; elle n'arriverait jamais à se taire face à quelque chose d'aussi immense et horrible. Elle allait se convaincre qu'il fallait faire quelque chose absolument et rien n'irait plus. Donc non, même par hasard elle ne comprendrait pas. Il n'allait pas le permettre. C'était dans son intérêt de le prévenir rapidement, elle aurait moins à oublier. Et si ça devait continuer, peut-être qu'à force d'oublier et d'en avoir marre, elle laisserai tomber.

— Mais de quoi qu’il s’agisse, je pense que personne ne devrait avoir à porter un secret tout seul. Et même si j’ai eu tord, je pense que c’est pour ça que j’ai du faire ce que j’ai fait… de quoi qu’il s’agisse… Mais si c’est ton choix, je le respecterais.


Ridley se contenta de soupirer et de serrer les dents parce qu'il ne voulait pas balancer une remarque cinglante. Lui pensait tout net que ce n'était pas à quelqu'un d'autre de porter une souffrance qui lui incombait. Il l'avait cherché tout ça, il méritait de le porter seul. Personne d'autre n'avait à regarder le cafard sous le rocher et à dire à quel point il était moche. Ridley savait que c'était moche. Il épargnait l'envie de vomir à tout le monde, c'était tout. Il ne fallait pas qu'elle insiste où il allait finir par lui demander, le plus calmement possible, de se taire.

— Alors ne pense pas ça pour moi parce que c'est pas comme ça que ça marche dans mon cas. Le porter seul c'est le mieux que je puisse faire, pour moi peut-être mais aussi pour tout le monde ici et j'aimerais que tu respectes ça oui, s'il te plait. Est-ce qu'on peut ne pas en reparler ? Sinon tu vas déjà commencer à tirer des conclusions et à faire des liens dangereux.


L'esprit humain était comme ça. S'il cachait quelque chose, l'autre devait à tout prix savoir quoi, quand bien même cela pouvait grandement lui nuire. Plus ils en parlaient, plus Miranda avait des chances de deviner. Elle savait déjà que c'était terrible s'il le cachait avec tant d'ardeur et il suffisait qu'elle se rappelle de leur premier soir à la cafétéria qu'elle n'avait pas oublié pour faire des liens. Il ne fallait plus évoquer ce sujet. Il y avait d'autres choses à dire de cette soirée, d'autres messages oubliés à faire passer. Il ne savait pas vraiment comment aborder leur incompréhension mutuelle sans paraître maladroit. Peut-être valait-il mieux se taire et laisser les choses se faire mais si Miranda avait oublié, alors elle ne se souvenait plus non plus qu'il avait avoué que les histoires qu'elle pouvait bien lui raconter l'intéressaient. Juste qu'il ne voulait pas poser des questions fâcheuses, retourner le couteau dans la plaie et attendait qu'elle vienne le voir quand elle en aurait besoin.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 19 Mar - 15:37

Ils étaient assis face à face dans la pénombre mais personne n’osait regarder personne. Elle avait réexpliquer pourquoi elle avait fait ce qu’elle avait fait. Elle ne se souvenait pas mais elle se doutait de ce qui s’était produit. Ça n’était pas la première fois qu’elle poussait quelqu’un à parler. C’était la première fois en revanche que cela provoquait des choses aussi négatives. Elle avait retenu la leçon en tout cas. Elle pensait ce qu’elle pensait, mais ça n’était pas à elle de décider de ça.

- Alors ne pense pas ça pour moi parce que c'est pas comme ça que ça marche dans mon cas. Le porter seul c'est le mieux que je puisse faire, pour moi peut-être mais aussi pour tout le monde ici et j'aimerais que tu respectes ça oui, s'il te plait. Est-ce qu'on peut ne pas en reparler ? Sinon tu vas déjà commencer à tirer des conclusions et à faire des liens dangereux.

Elle avait envie d’argumenter avec cette idée. Mais peut-être que savoir quelque chose, dans le contexte du SCP pouvait être vraiment dangereux. Difficile à dire. Elle n’en saurait sans doute jamais rien. Il fallait juste lâcher l’affaire sinon elle allait au devant d’une nouvelle perte de mémoire. Ça suffisait elle en avait assez fait. Sa simple tentative d'explication, il l'avait mal prise visiblement.

- D’accord… dit-elle simplement, n’en parlons plus.

Toute question qu’elle pourrait poser serait mal interprétée de toute manière. Sans doute fallait-il changer de sujet.

- En tout cas, j’espère que ça va pour toi… depuis la dernière fois…

Elle regretta ces paroles. Ça n’était pas vraiment changer de sujet ça.

- Enfin bref, n’en parlons plus tu as raison. Oublions tout ça.

Elle resta là assise, sans savoir quoi dire ou quoi faire de plus. Elle hésitait à lui proposer quelque chose à boire ou à manger. Mais elle n’était pas franchement certaine qu’il avait envie de rester là.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 19 Mar - 15:41


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : Changer de sujet, pas changer de sujet ^^ ah la la






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Cette fois, Ridley avait parlé clairement de ce qu'il voulait ; ne plus évoquer le sujet, plus jamais. Il n'avait pas laissé la moindre place au doute, aux hypothèses ou aux interprétations. Il fallait oublier, se forcer à oublier qu'une ombre planait sur des éléments de son passé. Une ombre qu'il ne voulait pas voir levée. Certainement pas par Miranda ou peu importait lequel de ses amis ou de ses employés. Personne. Etait-ce donc si compliqué de ne pas fouiner ? De ne pas faire des liens ? Pourquoi personne ne comprenait que ça n'amenait qu'au malheur et à des liens brisés. Déjà là, malgré tout, il sentait que ce n'était plus pareil avec elle. Que ça ne le serait jamais plus. Ils avaient beau se tutoyer encore, toute cette histoire avait creusé un fossé entre eux et ils n'avaient rien pour faire un pont et se rapprocher. Tout cela s'était perdu quand le premier s'était brisé et était tombé au fond du ravin cette nuit-là. Et tout était de sa faute. Il pressentait que son humeur n'allait pas s'arranger de sitôt.

— D’accord… n’en parlons plus. En tout cas, j’espère que ça va pour toi… depuis la dernière fois… Enfin bref, n’en parlons plus tu as raison. Oublions tout ça.


Au moins elle était d'accord de ne plus en parler. Le contraire l'aurait étonné si elle avait si envie que ça de le revoir comme elle le disait à sa superviseuse. Une autre partie de lui avait l'impression que cela la gênait plus qu'autre chose en fait, ou bien que ça ne lui faisait ni chaud ni froid qu'il soit là. Toute la morosité de cette discussion n'était là que pour le faire douter du bien-fondé de sa venue.

— Etant donné que les choses ont l'air de commencer à s'arranger entre nous, j'imagine que je ne peux qu'aller mieux à partir de maintenant. J'espère que ça va pour toi aussi...


De toute façon, son mal être se lisait très bien sur les traits tirés de son visage. Seuls ses vêtements parvenaient encore à cacher le poids qu'il avait perdu. Miranda aussi ne semblait pas aller pour le mieux mais si entretenir une relation de salon à base de civilités était suffisant pour changer de sujet, ça lui allait. Il avait cela dit encore un message à faire passer.

— Pour revenir une dernière fois sur cette soirée, il y a autre chose qu'il faut que tu retiennes parce que tu l'as oublié. On s'est mal compris sur beaucoup de choses tous les deux. Tu m'as parfois lancé des perches sur ce qui t'es arrivé et j'ai pas insisté. Tu m'as dit que tu l'aurais pas mal pris si je l'avais fait. La vérité c'est que je veux pas poser les questions qui fâchent et j'estime que si t'as envie de me parler de certaines choses tu viendras de toi-même et vice versa si j'en ai besoin je ferais pareil. Ne t'attend pas à ce que j'insiste et, même si tu as compris et que j'ai plus vraiment besoin de faire passer le message, n'insiste pas non plus, voilà.


Il n'attendait rien cela dit. Il la voyait mal venir comme une fleur et débiter ce qu'elle avait sur le cœur parce que Ridley était son meilleur ami et qu'elle pouvait lui faire confiance. Elle savait d'ores et déjà et lui aussi que peu importe ce qu'il disait, il ne viendrait jamais lui en parler. Pourquoi ferait-elle de même alors ? Les relations n'étaient-elles pas basées sur l'échange et la confiance mutuelle ? Il n'allait pas lui donner le moindre grain à moudre en retour, pas la moindre explication. Mais elle, devait tout lui raconter sur un plateau d'argent ? Evidemment qu'elle allait se mettre à croire qu'il risquait de s'en servir pour avoir de l'emprise sur elle, tout comme il l'avait cru. Il ignorait si le temps ferait oublier tout cela aussi efficacement qu'un amnésiaque mais sans doute pas.

— Je comprendrais que tu me fasses pas confiance et que tu n'ais pas envie de te confier peu importe le sujet après ce que j'ai causé, mais au moins c'est clair aussi, je ne suis pas horrible au point de m'en foutre complètement depuis le début. Tu en fais ce que tu veux, j'attends rien de toi et il vaudrait peut-être mieux que tu évites de te confier à un idiot de toute façon.


Après tout, ils en avaient parlé à la cafétéria. Sa superviseuse, quand bien même il doutait de son efficacité à être payée pour soi-disant aider, s'occupait déjà d'écouter ce qu'elle pouvait bien dire. Il n'apporterait rien de plus sinon de mauvaises réactions. Parce qu'il savait déjà qu'il allait très mal réagir si certaines de ses hypothèses concernant le passé de Miranda venaient à être vraies.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Jeu 23 Mar - 23:19

Vraiment cette fois, elle n’en parlerait plus. Plus un mot. Jamais. C’était décidé. Si le sujet devait émerger à nouveau ça serait de son fait et pas du sien. Peut-être qu’il suffisait de faire les choses comme il voulait pour que tout se passe mieux, au moins entre eux. Le reste, il fallait sans doute juste qu’elle se dise que ce n’est pas son problème.  Elle venait d’en  convenir avec lui, puisque la simple évocation du problème semblait l’avoir rendu suspicieux encore une fois.

- Etant donné que les choses ont l'air de commencer à s'arranger entre nous, j'imagine que je ne peux qu'aller mieux à partir de maintenant. J'espère que ça va pour toi aussi...


Elle se mit à sourire pour la table encore une fois. Il semblait qu’il y ait encore quelque chose à sauver.

- Ça va aller oui… je suis soulagée… que tu m’en veuille pas trop…


Elle n’osait pas relever les yeux pourtant, de peur qu’il ne change d’avis tout à coup et parte en disant que tout compte fait ce qu’elle avait fait impardonnable. Si encore elle s’en souvenait, elle aurait pu s’excuser beaucoup mieux. Au lieu de cela, elle le laissa reprendre.

- Pour revenir une dernière fois sur cette soirée, il y a autre chose qu'il faut que tu retiennes parce que tu l'as oublié. On s'est mal compris sur beaucoup de choses tous les deux. Tu m'as parfois lancé des perches sur ce qui t'es arrivé et j'ai pas insisté. Tu m'as dit que tu l'aurais pas mal pris si je l'avais fait. La vérité c'est que je veux pas poser les questions qui fâchent et j'estime que si t'as envie de me parler de certaines choses tu viendras de toi-même et vice versa si j'en ai besoin je ferais pareil. Ne t'attend pas à ce que j'insiste et, même si tu as compris et que j'ai plus vraiment besoin de faire passer le message, n'insiste pas non plus, voilà.

Elle était étonnée. Avait-elle parlé de quelque chose ? Elle aurait voulu se souvenir à présent. Elle avait un brin honte. Il voulait qu’elle lui parle. Mais elle n’était plus vraiment sûre de ce qu’elle comprenait maintenant.

- J'ai compris, souffla-t-elle pour le rassurer une dernière fois.

Puis elle le laissa continuer. En espérant qu’il ne lui reformule pas elle ne savait quel épisode croustillant de sa désespérante histoire. Les rares fois où elle avait parlé cela avait été douloureux, de voir un propos complexe résumé en une phrase maladroite, même si c’était souvent sans mauvaise intention.

- Je comprendrais que tu me fasses pas confiance et que tu n'ais pas envie de te confier peu importe le sujet après ce que j'ai causé, mais au moins c'est clair aussi, je ne suis pas horrible au point de m'en foutre complètement depuis le début. Tu en fais ce que tu veux, j'attends rien de toi et il vaudrait peut-être mieux que tu évites de te confier à un idiot de toute façon.

Elle baissa les yeux encore un peu. Est-ce qu’elle lui avait reproché quelque chose ? Il n’avait jamais vraiment manqué de tact comme elle l’avait sans doute fait. Pas qu’elle se souvienne en tout cas.

- J’espère… que je t’ai… rien reproché… j’ai jamais… enfin j’ai jamais eu vraiment l’impression que t’en avais rien à faire… tu sais… des fois… je pense… des trucs faux, quand je suis touchée ou triste… enfin comme tout le monde… ou c’est juste moi je sais pas…


Elle se força à respirer, parce qu’elle avait l’impression de s’enfoncer, alors elle avait besoin d’une seconde pour essayer de décider un peu de ce qui sortirait de sa bouche ensuite.

- Je crois pas que tu sois idiot. Et en fait…. en fait pour ce que je me souviens…. Je t’ai raconté déjà pas mal de choses… enfin raconté non… mais je t’ai parlé de comment je me sentais. C’est quelque chose que je fais pas souvent du tout…

Elle baissa encore d’avantage la tête, pour être sûr d’échapper à son regard.

- Et l’histoire… bah… c’est compliqué… c’est pas comme si je pouvais résumer, ou que ça tenait en une phrase. Si je voulais essayer là tout de suite de t’expliquer ce qui m’est arrivé, je saurais même pas par ou commencer… ni quoi dire exactement…

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Ven 24 Mar - 15:03


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : Pfou j'ai réussi à finir avant le seul cours de l'ifsi avec un infirmier cool ^^ J'espère que ça ira !






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Ridley aurait aimé rétorquer à Miranda qu'il ne pouvait pas lui en vouloir puisque tout était de sa faute mais elle semblait avoir du mal à le comprendre peu importe combien de fois il le disait. Sur le coup il avait été en colère contre elle, il s'était mis à penser et à interpréter des choses à son sujet qui l'avaient rendu furieux. Elle ne l'avait jamais vraiment trahi et n'avait peut-être pas cherché à le manipuler, quand bien même à chaque fois qu'elle insistait cette pensée revenait. A cause de lui sa mémoire avait été effacée, à cause de lui elle venait de passer une mauvaise période. Pour lui ce n'était guère mieux mais il ne voulait pas être égoïste dans cette situation et ne penser qu'à ce que cela lui avait coûté. A la psychologue aussi, ça avait coûté beaucoup cette histoire. Et elle ne s'en souvenait même plus. Ridley devait s'en rappeler pour les deux, de ce qu'il avait commis.

— J’espère… que je t’ai… rien reproché… j’ai jamais… enfin j’ai jamais eu vraiment l’impression que t’en avais rien à faire… tu sais… des fois… je pense… des trucs faux, quand je suis touchée ou triste… enfin comme tout le monde… ou c’est juste moi je sais pas…


Le chercheur lui avait reproché de toujours poser trop de questions et fouiner mais elle, elle n'avait rien dit. Justement parce qu'il ne posait pas de questions. Fouiner, après ce qu'il avait osé faire aujourd'hui, c'était moins vrai. Miranda ne le regardait pas et fit silence après cet enchainement maladroit.

— Non tu m'as rien reproché… je te le dis justement pour que tu ne te fasses pas de fausses idées sur mes intentions. Et oui c'est comme tout le monde, moi aussi j'ai pensé beaucoup de choses fausses sous le coup de la colère.


Il ne voulait pas entrer en détail sur ce qu'il avait pu penser d'elle d'aussi horrible. En un sens, cela faisait écho à ce qu'il lui était arrivé, encore. Miranda ne voulait sans doute pas le savoir en plus. Ce n'était plus très important d'en parler. Il avait accusé le coup et tant que tout se passait bien, que Miranda ne pensait pas à chercher à tout prix à savoir, il n'y avait plus de raison de douter de la confiance qu'il plaçait en elle. Il avait été blessé mais elle aussi. L'avoir oublié ne rattrapait pas ce qui s'était passé. Cela laissait des marques indélébiles malgré tout.

— Je crois pas que tu sois idiot. Et en fait…. en fait pour ce que je me souviens…. Je t’ai raconté déjà pas mal de choses… enfin raconté non… mais je t’ai parlé de comment je me sentais. C’est quelque chose que je fais pas souvent du tout… Et l’histoire… bah… c’est compliqué… c’est pas comme si je pouvais résumer, ou que ça tenait en une phrase. Si je voulais essayer là tout de suite de t’expliquer ce qui m’est arrivé, je saurais même pas par où commencer… ni quoi dire exactement…


Ridley n'avait pas l'impression qu'elle lui avait avoué grand-chose. Il ignorait tout d'elle, tout ce qu'il avait c'était des suppositions, parfois plus ou moins confirmées par des attitudes, des réactions, ou encore aujourd'hui par ce que sa superviseuse avait bien pu dire d'horrible. Elle lui avait vaguement avoué certaines choses, comme lorsqu'elle se frayait un chemin dans des buissons de ronces pour se glisser dans l'eau de la rivière. Mais ça ne signifiait rien, ça ne prouvait pas ce qu'il pouvait bien s'imaginer derrière.

— Crois ce que tu veux mais je le suis, pas de doute là dessus, soupira-t-il pour conclure le débat sur sa présumé idiotie également. Je sais que ça tient pas sur une phrase ce genre de choses, je te force à rien, surtout pas à y repenser et à réfléchir sur comment le raconter. Si tu as envie de me dire quelque chose, même vaguement tu sais où me trouver, c'est tout.


Il haussa les épaules, à part ce moment à la cafétéria il n'en voyait pas d'autres où elle lui avait parlé de ce qu'elle ressentait. Elle l'avait remercié et lui avait expliqué qu'elle n'avait jamais eu de cadeaux à l'infirmerie, si. Elle lui avait expliqué qu'elle n'avait jamais vraiment eu d'amis, de relations normales avec les autres et qu'elle s'en remettait à sa propre psy qu'elle devait sans doute payer pour se confier. Mais sinon, c'était davantage ses réactions qui lui indiquaient qu'une situation posait problème. C'était certes pas mal aux yeux de la psychologue, mais peu pour lui qui souhaitait vraiment la connaître et ne pas mettre les pieds dans le plat comme elle l'avait fait avec lui. On voyait bien où ça menait et il ne voulait pas qu'elle réagisse mal comme il avait pu le faire quand elle avait fouillé un peu trop loin.

— En fonction de ce que tu m'as déjà dit, j'ai bien mes suppositions. Mais j'aime pas supposer ce genre de choses, ça fausse un jugement et une attitude, c'est malhonnête et présomptueux d'imaginer ce que quelqu'un a vécu sans savoir. C'est de là que partent les rumeurs et les discussions dans le dos.


Il préférait faire comme s'il ne savait rien et ne pas se laisser guider par ses hypothèses sur son passé. Il risquait de se tromper plus qu'autre chose et se tromper, il avait ça en horreur. Ce n'était pas une expérience scientifique qu'il pouvait prouver, c'était de l'humain, du vécu. Il essaya de lui sourire un peu, quand bien même elle ne le regardait pas vraiment.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Lun 27 Mar - 23:55

Comme il parlait, elle avait l’impression de lui avoir reproché quelque chose. Alors elle s’était excusée, sans savoir de quoi encore. Ça n’était pas évident mais elle se sentait déjà mieux, car les choses semblaient récupérables.

- Non tu m'as rien reproché… je te le dis justement pour que tu ne te fasses pas de fausses idées sur mes intentions. Et oui c'est comme tout le monde, moi aussi j'ai pensé beaucoup de choses fausses sous le coup de la colère, expliqua-t-il encore.

Elle était contente de ne pas être la seule à qui cela arrivait quelques fois. Souvent serait un terme plus exact. La plupart du temps en fait. Et la plupart du temps aussi, cela s’avérait au final justifier de se méfier. Cette fois pourtant, elle avait la sensation que les choses pourraient être différentes. Après tout, il était revenu. Une partie d’elle voulait vraiment lui faire confiance. Et puis elle était épuisée et donc pas vraiment en état de réfléchir.

Elle s’était aussi expliquée, sur le fait qu’elle parlait peu d’elle et de son histoire. Ridley n’avait pas l’air de savoir qu’elle en avait dit plus à lui qu’à n’importe qui qui n’était pas payé pour l’écouter. Peut-être que c’était improbable en même temps. Elle avait si peu d’expérience que c’était difficile à dire. Elle lui avait aussi dit que non, elle ne le trouvait pas idiot.

-Crois ce que tu veux mais je le suis, pas de doute là dessus. Je sais que ça tient pas sur une phrase ce genre de choses, je te force à rien, surtout pas à y repenser et à réfléchir sur comment le raconter. Si tu as envie de me dire quelque chose, même vaguement tu sais où me trouver, c'est tout.


Une partie d’elle aurait voulu raconter oui. Une partie d’elle voulait toujours.  Une autre le lui interdisait. De toute façon, elle ne savait jamais vraiment quoi dire. Résumer, nommer était difficile. Mais maintenant oui, sans doute elle savait où le trouver. Il existait, quelque part quelqu’un qui serait prêt à passer un peu de temps à l’écouter. Comme ça, gratuitement.

- En fonction de ce que tu m'as déjà dit, j'ai bien mes suppositions. Mais j'aime pas supposer ce genre de choses, ça fausse un jugement et une attitude, c'est malhonnête et présomptueux d'imaginer ce que quelqu'un a vécu sans savoir. C'est de là que partent les rumeurs et les discussions dans le dos.

Dis comme ça, ça faisait du sens. Même si des fois, elle aurait trouvé plus facile qu’on suppose. Mais quand on essayait, souvent on tombait à côté. Dans son cas c’était compliqué. Elle n’avait jamais été agressée, blessée, sauf peut-être à Londres et encore c’était un pur accident. Elle n’avait pas franchement non plus été maltraitée, un peu rudoyée tout au plus. Elle avait mis beaucoup de temps pour comprendre que ce qui avait posé problème, c’était un ensemble de petites choses qui pouvaient sembler anodines. Et que plus que tout, derrière ces petites choses, une vraie malveillance s’était habilement dissimulée. Elle avait encore du mal à se dire qu’elle n’y était peut-être pour rien, ou au moins, que tout n’était pas de sa faute.

- D’autant que… essaya-t-elle, c’est difficile de tomber juste… en quelques sortes, il m’est jamais vraiment rien arrivé… de grave… enfin…

Quelque part au fond d’elle, elle su que sa thérapeute actuelle désapprouvait qu’elle dise ça. Elle lui reparlerait de tel ou tel épisode qui avec le recul lui semblait futile ou insignifiant, pour lui redire que si, cela avait compté.  Que cela l’avait heurtée et que c’était ça l’important.

- Enfin… reprit-elle, j’imagine que certaines choses m’ont semblé graves au moins… et que depuis… je suis… comme je suis. Timide, craintive et tout ça…J’ai toujours été comme ça. Mon problème a commencé avant que je naisse en fait.

Elle était partie, alors au moins aller jusqu’au début de l’histoire. Elle n’avait pas grand chose à perdre à essayer. De toute façon, cette relation avec Ridley, quelque soit sa nature, allait se finir à un moment donné.

-  Quand ma mère m’a eu elle avait seize ans. Elle vivait encore avec ma grand-mère. Elle a voulu avorter mais ma grand-mère a pensé que me mettre au monde lui servirait de leçon. A l’époque elle buvait pas mal, ne faisait pas grand chose sur le plan scolaire…Du coup forcément…

Elle ne sut pas vraiment comme dire ça alors elle conclut.

-Ça a été dur pour elle de m’élever, même si c’était surtout ma grand-mère qui s’occupait de moi. Elle a été… très… maladroite je dirais.

Elle soupira un peu et acheva sur un sourire un peu faux.

- Et après forcément, comme j’étais un peu naïve, bizarre et tout ça… je me suis faite beaucoup bernée ou alors, j’ai tendance à passer inaperçue. Voilà…


C’était a peu près tout ce qu’elle pouvait en dire pour le moment. Elle se sentait un peu mal à l’aise parce que « maladroite » était sans doute un euphémisme. Ou peut-être pas. Tout dépendait où elle en était dans sa compréhension des choses faites d’aller retours entre des moments où elle était très en colère et d’autres, où elle se disait que tout était de sa faute.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Mar 28 Mar - 17:07


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HRP : Lancer Ridley là dessus... bonne ou mauvaise idée xD en tout cas je t'avais prévenue, il est cash ! Mais il veut bien prêter sa maman et son papa à Mira pour la consoler !






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Ridley savait bien que c'était difficile de parler de certaines choses, ce n'était pas pour rien qu'il n'évoquait pas certains sujets. Dire un mot sur son passé, vraiment rentrer dans le sujet, c'était impossible. Que les autres fassent les moindres suppositions l'étaient encore plus. Il ne savait pas ce qui était le pire, qu'autour de lui fantasment sur son vécu avec une base de vérité, ou qu'ils la connaissent en entier. Les deux étaient insupportables de toute façon pour l'instant, à égale mesure. Il avait donc expliqué à Miranda qu'il supposait des choses oui, mais qu'il n'en ferait rien car ce n'était pas concret. Qu'il se voyait mal interpréter ce qu'il pensait comme étant la pure vérité alors qu'il pouvait s'agir de la pire des erreurs.

— D’autant que… c’est difficile de tomber juste… en quelques sortes, il m’est jamais vraiment rien arrivé… de grave… enfin…


Il avait été obligé de retenir une sorte d'air qui voulait clairement dire "mais bien sûr" parce que cela aurait presque été méchant. Sur ce point, il ne la croyait pas. Pour avoir été affectée à ce point par tant de choses, pour s'isoler d'un groupe social tout entier, il était forcément arrivé des choses graves. Si ce n'était pas grave, ça n'impactait pas les relations avec les autres. Cela étant dit, il ne fallait pas qu'il soit arrivé quelque chose de grave pour que la ségrégation des noirs se fasse. Bon, il allait un peu loin, d'autant que Miranda ne semblait absolument pas faire de la discrimination envers ses pairs peu importe leur couleur de peau. Elle se méfiait et c'était ce qui lui faisait dire que si, des choses graves lui étaient arrivées.

— Enfin… j’imagine que certaines choses m’ont semblé graves au moins… et que depuis… je suis… comme je suis. Timide, craintive et tout ça…J’ai toujours été comme ça. Mon problème a commencé avant que je naisse en fait.


Il ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle se mette à parler subitement, il pensait qu'elle allait laisser couler. Et vu comme que ça commençait plutôt bien, il semblait qu'il allait devoir s'accrocher à sa chaise très fort jusqu'à ce qu'elle ait fini pour s'empêcher de la couper. Déjà là, il avait envie de sauter sur la table pour protester. Et elle n'avait quasiment rien dit, elle s'était trouvé des problèmes, accusée de tout avant sa naissance. Ça n'avait aucun sens.

— Quand ma mère m’a eu elle avait seize ans. Elle vivait encore avec ma grand-mère. Elle a voulu avorter mais ma grand-mère a pensé que me mettre au monde lui servirait de leçon. A l’époque elle buvait pas mal, ne faisait pas grand chose sur le plan scolaire… Du coup forcément… Ça a été dur pour elle de m’élever, même si c’était surtout ma grand-mère qui s’occupait de moi. Elle a été… très… maladroite je dirais.


Elle souriait en plus. Un sourire horrible tant il était faux. Ridley fulminait, pour être accroché sa chaise il y était. Mais il écoutait. Tout. Une partie de lui se demandait s'il n'aurait pas préféré qu'elle se taise. C'était beaucoup à placer sur lui tout d'un coup et il se connaissait. Il n'allait pas sourire, dire "Baaaah c'était y'a longtemps c'est bon c'est pas grave !". C'était peut-être ce qu'elle voulait entendre. Il ne se rendrait pas complice de l'horreur qu'elle avait subie dès sa naissance. Il n'aurait aucun plaisir à réagir et lui faire subir ce qui menaçait déjà de sortir de sa bouche.

— Et après forcément, comme j’étais un peu naïve, bizarre et tout ça… je me suis faite beaucoup bernée ou alors, j’ai tendance à passer inaperçue. Voilà…


Elle s'était tue sur ces mots et il ignorait s'il devait vraiment répondre ou pas. Ce n'était pas grave, il ne pouvait pas laisser passer tout ça. Ridley savait par avance qu'il allait s'énerver. Depuis le début. Ses parents avaient été aimants en tous points et il s'était fait sa propre idée de l'éducation et de la vie de famille. Mais il savait aussi que ce n'était pas comme ça partout et à part au sud des Etats Unis dans des familles encore très conservatrices, il ne voyait pas où des gens pouvaient être aussi immondes. Ni pourquoi Miranda avait bien pu subir ça. C'était purement injuste. Et rien que pour ça, il savait qu'il n'allait pas réussir à mâcher ses mots. C'était tout bonnement impossible, il était outré. Il aurait voulu réparer cela d'un claquement de doigts, qu'elle ait une enfance heureuse tout d'un coup, une enfance rêvée comme la sienne. Il en était incapable. Son impuissance lui soulevait le cœur.

— Ce que je vais dire va peut-être te paraître rude… non pas te paraître parce que ça va l'être, je suis désolé mais je vois pas comment… ne pas l'être quand tu me dis tout ça. Quand tu cherches des excuses à des gens qui les méritent absolument pas... Ta mère a pas été maladroite à mes yeux, elle a juste été une incapable. Je sais même pas si on peut la qualifier de mère dans ces conditions-là. Et ta grand-mère c'est pareil, un enfant ne devrait pas sonner comme une punition ou une leçon à donner et si on t'a élevé avec ça en tête ça part sur de très mauvaises bases, pire c'est juste monstrueux. Ça a été dur... oui vachement si elle était pas là pour assumer, quel bon exemple ! Au moins elle a pris une bonne décision, elle t'a fait exister et j'ai pu te rencontrer, mais ça ne méritait pas tout ce qu'on t'a sans doute fait subir. Il n'y a aucune justification valable.


Il essayait vraiment de se contrôler sinon on allait l'entendre jusqu'au bout du couloir au fur et à mesure qu'il montait le son. Il se répugnait à trouver du positif dans l'attitude de cette femme que Miranda osait encore suffisamment respecter après tout ça pour appeler mère. Qu'elle n'ait pas avorté était vraiment la seule bonne chose qu'elle avait pu faire dans sa triste vie alors. Heureusement tout se payait un jour et sur son lit de mort, elle finirait peut être par regretter d'avoir été un monstre. Il ne parierait pas la dessus, d'autant que les charognes c'était celles qui vivaient le plus longtemps. Et les meilleurs partaient les premiers. Il n'osa même pas prendre une inspiration pour se calmer, ça risquait de faire tout l'opposé. Il n'aimait vraiment pas ce qu'il faisait mais ça lui semblait important que Miranda se rende compte qu'il ne prenait pas ça pour de la rigolade, que si, c'était bien grave et qu'il ne pouvait pas faire comme si de rien était.

— Comment est-ce que ça peut commencer avant que tu naisses ? C'est pas possible ça Miranda, pas possible du tout. C'est pas de ta faute si ta mère avait d'autres priorités dans sa petite vie, qui avait déjà l'air de battre de l'aile d'ailleurs. C'est pas une attitude responsable ça, c'était une gamine puis c'est devenu une lâche qui a décidé de te punir pour ses erreurs de parcours à elle. C'est tellement plus facile de toujours tout mettre sur le dos des autres. Et d'une enfant en plus ! Non je suis pas d'accord, tu n'es pas une erreur Miranda bien au contraire ! Tu n'as rien à te reprocher du tout c'est ta mère qui voulait projeter et symboliser ses erreurs et sa vie pourrie sur toi. Ça ne définit absolument pas qui tu es. Et pour que j'affirme un truc qui touche à la psychologie et que je le défende… faut le faire, c'est pas mon domaine. Si je peux le voir, tu dois pouvoir le voir aussi... Même si c'est difficile voire insupportable de se dire que celle qui nous a porté est aussi horrible. C'est plus facile pour toi aussi de dire que c'est de ta faute mais laisse aux gens ce qui est à eux, ça ne peut pas être de ta faute. Tu n'es pas un échec, tu es une réussite pour te tenir debout et t'être construite, avoir réussi dans la vie malgré tout ça. Rien que pour ça, tu es bien meilleure que ta mère ne le sera jamais. Et que beaucoup de gens autour de toi ne le seront jamais également, moi y compris.


Qu'on ose seulement lui dire le contraire, qu'elle ose elle aussi. Il avait ses arguments. Il avait beau essayer de finir sur une note d'humour c'était un sujet trop grave pour qu'il puisse vraiment en blaguer. S'il fallait qu'il lui répète tous les jours qu'elle n'y avait jamais été pour rien pour qu'elle finisse par le croire, il le ferait. Il savait que c'était difficile quand on s'était convaincu pendant des années que tout était de notre faute, que le fait même de naître était une erreur. Mais il fallait qu'elle se sorte ça de la tête pour aller mieux. Il ne s'imaginait plus une vie où il ne l'aurait jamais croisée à la cafétéria, où quelque chose entre eux n'avait pas germé. C'était juste inconcevable et elle avait tous les droits de se tenir en face de lui. Heureusement qu'au SCP, elle n'aurait jamais plus à croiser ou à parler à cet ignoble monstre.

— Et tout ce que tu me dis là, tu trouves que c'est pas quelque chose de grave ?


Ridley ne voulait pas que ça sonne comme un reproche, il y avait mis toute la tristesse qui l'étreignait. Plus qu'une question c'était une constatation et c'était presque pire que tout le reste. Justifier ce qui lui était arrivé était peut être rassurant, il lui arrivait de faire la même chose, de trouver des raisons à ses geôliers. Il n'avait qu'à pas avoir accepté cette mission d'infiltration. C'était de sa faute, il n'aurait pas tant du faire confiance aux membres de son équipe. Peut-être que finalement il le méritait pour avoir soutiré des informations et abusé de la confiance des russes pendant des mois et des mois. Mais pour lui comme pour elle ça n'en restait pas moins un préjudice en premier lieu et quelque chose d'horrible et de grave ensuite. Qui n'aurait jamais dû exister. Il aurait aimé la serrer dans ses bras mais il ignorait s'il en avait le droit alors il lui prit simplement la main et la serra un peu. Il essaya de détendre les traits de son visage qui s'étaient durcis sous le coup de la colère mais il avait du mal. Si ça ne tenait qu'à lui, il serait déjà dans un avion et d'ici quelques heures, cette "mère" aurait déjà retenu la leçon qu'il serait allé lui faire. Il n'était sans doute pas mieux qu'elle avec ses remarques, lui aussi finissait par appuyer là où ça faisait mal mais il ne pouvait pas s'en empêcher dans une situation aussi révoltante. Peut-être que ce qui lui était arrivé était révoltant pour Miranda aussi et que c'était ce qui l'avait poussée à chercher plus avant. Mais révoltant ou pas, il ne reviendrait pas sur ce sujet-là. Finalement, à serrer sa main dans la sienne, il parvint à se radoucir un petit peu. Au moins dans ses propos.

— Heureusement que tu n'es pas passée inaperçue à mes yeux alors, je serais passé à côté de quelque chose de très important, de quelqu'un de vraiment bien… je ne laisserais plus personne te berner ni profiter de toi comme on a pu le faire, c'est promis. Et puis, naïve et bizarre… tout le monde l'est, moi aussi qu'est ce que tu crois.


Personne ne pouvait prétendre avoir tout vu et tout entendu. Avec ce qu'elle avait vécu, Miranda était peut-être la moins naïve dans cette pièce. Et bizarre… tout le monde pouvait paraître bizarre dans les yeux des autres, de par ses goûts, ses choix vestimentaires, ses attitudes. Peu importait. La bizarrerie c'est ce qui fait que chaque personne est unique, aussi.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Lun 3 Avr - 16:09

Elle avait fait un rapide résumé. C’était tout. Au moins s’il ne partait pas en courant après ça, peut-être cela voulait dire qu’elle pouvait lui faire confiance. Ou qu’elle lui avait donné de quoi la faire tourner en rond, elle ne savait dire. Elle se sentait honteuse et profondément mal à l’aise. Tout cela lui semblait insignifiant encore. Quand bien même ses différents thérapeutes lui avaient répété en long en large et en travers que ça ne l’était pas, au contraire. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle espérait. Qu’il soit gentil sans doute. Qu’il banalise peut-être. Elle le redoutait en même temps, car cela l’aurait confortée dans l’idée qu’elle n’aurait jamais du raconter tout ça. Mais en aucun cas, elle ne s’attendait à ce qui allait suivre. Concentrée sur ce qu’elle disait, elle ne l’avait pas vraiment vu perdre son sang froid. Le ton de sa voix lui fit relever des yeux pleins de surprise lorsqu’il prit la parole.

- Ce que je vais dire va peut-être te paraître rude… non pas te paraître parce que ça va l'être, je suis désolé mais je vois pas comment… ne pas l'être quand tu me dis tout ça. Quand tu cherches des excuses à des gens qui les méritent absolument pas... Ta mère a pas été maladroite à mes yeux, elle a juste été une incapable. Je sais même pas si on peut la qualifier de mère dans ces conditions-là. Et ta grand-mère c'est pareil, un enfant ne devrait pas sonner comme une punition ou une leçon à donner et si on t'a élevé avec ça en tête ça part sur de très mauvaises bases, pire c'est juste monstrueux. Ça a été dur... oui vachement si elle était pas là pour assumer, quel bon exemple ! Au moins elle a pris une bonne décision, elle t'a fait exister et j'ai pu te rencontrer, mais ça ne méritait pas tout ce qu'on t'a sans doute fait subir. Il n'y a aucune justification valable.

Sa première phrase l’avait immédiatement glacée. Elle avait redouté qu’il lui dise qu’elle s’en faisait pour rien, qu’elle n’avait qu’à se remuer pour que sa vie s’arrange, après tout.  Mais même sachant que ça n’était pas son propos, elle ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’il était en colère après elle. C’était vrai après tout. Elle aurait pu se défendre, réagir dénoncer. Plutôt que d’attendre de grandir les bras ballants comme elle l’avait fait et de se laisser faire. C’était la première fois qu’elle voyait les choses sous cet angle, elle détestait ça. Alors les yeux baissés, se battant contre des larmes qui n’auraient sans doute fait qu’augmenter sa colère, elle le laissa poursuivre.

- Comment est-ce que ça peut commencer avant que tu naisses ? C'est pas possible ça Miranda, pas possible du tout. C'est pas de ta faute si ta mère avait d'autres priorités dans sa petite vie, qui avait déjà l'air de battre de l'aile d'ailleurs.


Miranda n’avait pas le souvenir d’avoir sous entendu quelque chose de tel. En effet dans sa bouche à lui, la formulation qu’elle avait employée lui semblait maintenant ridicule. Encore une fois, elle n’osa rien dire pour se défendre. Elle avait le sentiment qu’elle ne ferait que s’enfoncer. Alors elle le laissa déverser son fiel encore une fois.

- C'est pas une attitude responsable ça, c'était une gamine puis c'est devenu une lâche qui a décidé de te punir pour ses erreurs de parcours à elle. C'est tellement plus facile de toujours tout mettre sur le dos des autres. Et d'une enfant en plus ! Non je suis pas d'accord, tu n'es pas une erreur Miranda bien au contraire ! Tu n'as rien à te reprocher du tout c'est ta mère qui voulait projeter et symboliser ses erreurs et sa vie pourrie sur toi. Ça ne définit absolument pas qui tu es. Et pour que j'affirme un truc qui touche à la psychologie et que je le défende… faut le faire, c'est pas mon domaine. Si je peux le voir, tu dois pouvoir le voir aussi... Même si c'est difficile voire insupportable de se dire que celle qui nous a porté est aussi horrible.


Elle était heurtée encore une fois. A certains moments oui, sa mère lui semblaient horrible. Mais finalement, elle restait sa mère. Elle avait grappillé quelques bons moments avec elle.  Une partie d’elle avait presque envie de prendre sa défense. Maintenant qu’elle entendait Ridley tenir tous ces propos violents, elle se rendait compte qu’elle ne la détestait pas autant qu’elle le pensait, peut-être pas autant qu’elle l’aurait voulu.

- C'est plus facile pour toi aussi de dire que c'est de ta faute mais laisse aux gens ce qui est à eux, ça ne peut pas être de ta faute. Tu n'es pas un échec, tu es une réussite pour te tenir debout et t'être construite, avoir réussi dans la vie malgré tout ça. Rien que pour ça, tu es bien meilleure que ta mère ne le sera jamais. Et que beaucoup de gens autour de toi ne le seront jamais également, moi y compris.

Alors quoi ? Elle était sensée juste le croire sur parole. Lui répondre « Ah oui je suis bête pardon, j’avais jamais remarqué que j’étais quelqu’un de bien ». Ces mots sonnaient faux et ils faisaient mal. Mais il se pouvait que malgré tout une intension louable se cache derrière alors elle ne dit toujours rien. A un moment, il allait bien finir. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait répondre d’ailleurs… mais chaque chose en son temps.


- Et tout ce que tu me dis là, tu trouves que c'est pas quelque chose de grave ? reprit-il.

Oui non peut-être tout était relatif et surtout tout était tellement compliqué. Non elle n’avait jamais manqué de rien, été violenté, pas par sa mère en tout cas jamais, ni son beau père. Oui elle avait souffert beaucoup mais la cause était tellement difficile à cerner qu’il était presque impossible de savoir si « grave » était le terme qui convenait. C’était une question rhétorique de toute façon, heureusement elle n’eut pas à y répondre.

Heureusement aussi, il sembla se radoucir un peu. Elle manqua de sursauter lorsque sa main pris la sienne. Mais cela eu juste pour effet de faire rouler les larmes sur ses joues. Elle ne sut pas bien pourquoi. Si elle avait peur si elle était triste ou si au contraire elle était touchée qu’à sa manière si dure, il semble en avoir quelque chose à faire de ce qu’elle avait vécu.

- Heureusement que tu n'es pas passée inaperçue à mes yeux alors, je serais passé à côté de quelque chose de très important, de quelqu'un de vraiment bien… je ne laisserais plus personne te berner ni profiter de toi comme on a pu le faire, c'est promis. Et puis, naïve et bizarre… tout le monde l'est, moi aussi qu'est ce que tu crois.

Cette dernière phrase lui arracha un rire nerveux et frénétique. A présent il devait la prendre pour une folle. Mais elle ne pouvait nier qu’il était bizarre lui aussi. Surtout à l’intérieur d’une infirmerie. Elle détourna le regard dans un sens puis dans l’autre parce que comme toujours elle ne savait quoi répondre à un compliment.

- On se connaît pas encore vraiment beaucoup…  souffla-t-elle d’une petite voix tremblante.

Ridley avait fait des choses pour elle, elle n’avait fait que le mettre à mal, au point qu’il lui avait demandé de perdre la mémoire. Il n’y avait vraiment pas de quoi être fière jusqu’à présent. Une partie de lui pensait qu’il se mettait à mentir à nouveau. Mais elle avait toujours cet ours en peluche, les souvenirs de l’infirmerie qui lui disaient le contraire.

- Et puis tu sais… je sais pas ce que tu t’imagines mais tout ça c’est très… compliqué. Ma mère m’a jamais reproché quoique ce soit à part les bêtises que je faisais. Elle a trouvé un travail parce que la retraite de ma grand-mère ne nous suffisait plus. Elle m’a jamais frappée, ou insultée… elle a rempli son devoir comme elle a pu… j’imagine…  

Elle prit une grande inspiration parce qu’elle ne voulait pas redoubler de larmes.

- C’est plus… un enchaînement de beaucoup de petites choses…

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Lun 3 Avr - 18:53


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : J'espère que c'est pas trop long cette fois ^^






Miranda Smith
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Ridley savait qu'il y était allé fort et pas par quatre chemins, que Miranda se mette à verser des larmes ne venait que le confirmer. Finalement il n'était pas mieux, a lui aussi ça lui avait échappé. Est-ce qu'il devait s'effacer la mémoire pour avoir tout fait aller de travers ? Si elle le lui demandait il le ferait. Il savait maintenant qu'il ne pouvait décemment pas lui en vouloir s'il faisait la même chose. Peut-être qu'un jour finalement… il essayerait d'en parler. Quand ça serait moins impossible à envisager. Il hésita un long moment à lui faire un câlin mais quelque chose lui disait que ses larmes allaient alors redoubler d'intensité et que puisqu'il les avait provoquées, c'était un peu débile d'essayer d'y remédier. Il s'installa simplement à côté d'elle, l'air un peu piteux de ce qu'il venait de dire, même si en réalité, il n'en pensait pas moins. La seule chose qu'il regrettait c'était de ne pas avoir fait preuve d'assez de tact. Tout ce qu'il avait énoncé, c'était le fond de sa pensée et ce qu'il croyait réellement. Que Miranda défende sa mère ou non, elle n'en demeurait pas moins à ses yeux quelqu'un de détestable à tous les niveaux. Finalement, en essayant de terminer sur une note positive, il avait réussi à la faire rire, ce qui était déjà une bonne chose pour rattraper le coup.

— On se connaît pas encore vraiment beaucoup…


Le chercheur ne saurait dire pour quel raison exactement elle lui avait dit cela. Parce qu'il se permettait des remarques pas très sympathiques par rapport à ce qu'elle venait de lui avouer ? Parce qu'elle le trouvait un peu trop engagé et qu'il s'était emballé ? Mais cela pouvait tout aussi bien être un simple constat. Il était vrai que s'il devait répondre à des questions simples concernant la psychologue comme son âge ou sa date de naissance, voire même quels films ou livres elle avait vu et lus, il serait bien en peine de répondre. Et vice versa sans doute. Quand bien même Ridley ne lisait pas et ne regardait pas la télé faute de temps.

— Non c'est vrai, mais ça vient avec le temps si je me rappelle encore de comment ça marche tout ça. On a juste peut-être grillé des étapes à tout de suite parler du passé et des mauvaises expériences... m'enfin c'est peut être aussi un truc qu'on a en commun. Je… suis content que tu ais accepté de m'en parler, même si comme j'ai dit, je suis vraiment un idiot quand il s'agit de gérer ça avec calme quand ça me tient à cœur. Je monte sur mes grands chevaux rapidement pour ceux à qui je tiens. Je tiens ça de ma mère à moi. Je voulais pas te blesser, je vois juste pas comment ça aurait pu sortir autrement.


S'excuser ou positiver n'allait pas lui faire sécher ses larmes et il n'avait pas pensé à emmener des mouchoirs. Il avait quitté son bureau sur un coup de tête, sans rien préparer ni même se préparer. Il réagissait de la même façon avec Harp de toute façon, sauf que ce dernier y était habitué contrairement à celle qu'il avait en face de lui et qui se prenait tout ça dans la figure d'un bloc.

— Et puis tu sais… je sais pas ce que tu t’imagines mais tout ça c’est très… compliqué. Ma mère m’a jamais reproché quoique ce soit à part les bêtises que je faisais. Elle a trouvé un travail parce que la retraite de ma grand-mère ne nous suffisait plus. Elle m’a jamais frappée, ou insultée… elle a rempli son devoir comme elle a pu… j’imagine…  C’est plus… un enchaînement de beaucoup de petites choses…


Et voilà qu'elle lui cherchait des excuses. Ridley ne voulait pas s'énerver à nouveau. Il y avait forcément plus que ça. Si sa mère ne faisait que la gronder pour les bêtises qu'elle faisait, elle aurait accepté cela, aurait baissé la tête, pleuré un coup. Elle ne se serait pas enfuie, blessée dans des buissons de ronces pour aller se plonger dans une rivière glacée. On la lui faisait pas à lui. Il n'avait peut-être jamais été question de violence physique, mais verbale, des abus de punition, des privations, ça oui certainement. Si, d'après ce que Miranda disait, même naître était une bêtise, une erreur, alors tout le reste, sa mère avait dû le lui reprocher. Elle n'avait jamais eu de cadeaux. Ça voulait soit dire pas d'amis à la maison ou tout court parce que pas acceptés, ou pas d'anniversaires fêtés ou si cadeaux il y avait eu, elle s'en était fait priver. Fallait pas le prendre pour un con. Il s'efforça cependant de garder un ton aussi calme qu'avant.

— Tu m'avais dit à la cafétéria que pour t'isoler tu allais jusqu'à te blesser dans des ronces pour aller plonger dans une rivière… corrige-moi si je me trompe parce que là je pars sur des hypothèses mais pour avoir envie de t'isoler loin de ta famille d'une telle façon, c'est que ça devait pas être rose tous les jours et que les engueulades étaient pas forcément méritées. Si ta mère arrive à te reprocher d'être née, à mon avis elle devait te punir de beaucoup de choses pas très justifiées. Pareil pour les cadeaux, tu m'as dit que tu n'en avais jamais reçu, pourquoi ? Ta mère refusait de fêter ton anniversaire ? De t'offrir le moindre objet connotant qu'elle souhaitait ton bonheur, te rendre un peu plus heureuse ? Ou elle jetait tout ce qu'on pouvait bien t'offrir ou tout ce que tu ramenais à la maison parce que tu t'étais fait plaisir ? Y'a pas eu de violences physiques parce que ça se remarque… mais les violences psychologiques c'est beaucoup plus insidieux.


Ridley lâcha un soupir. Il se demandait d'ailleurs où était passé le nounours mais il n'allait rien dire. Peut-être qu'il était à la machine à laver, le pauvre. Tout bien réfléchi il n'était peut-être pas vraiment mieux niveau éducation. Son père, du genre à rire de tout et à tout prendre à la légère lui faisait parfois oublier qu'à présent il y avait des conséquences à ses actions et qu'il pouvait en être accusé. Au contraire, sa mère était plutôt du genre à tomber dans les pommes quand il rentrait avec une égratignure donc il avait à présent tendance à faire grand cas de ce qui arrivait à ceux à qui il tenait, à ses proches, à ses amis. Une blessure, une petite baisse de moral et c'était la fin du monde. Il l'expliquerait à Miranda aussi s'il avait l'occasion de le caser à un moment.

— Je sais que c'est compliqué… ça n'existe pas des situations comme celles-là qu'on qualifierait de faciles. Je m'imagine ce que tu me dis, en plus de ce que tu m'as déjà dit auparavant et de ce que j'interprète. Ça m'indigne parce que je t'apprécie beaucoup et que tu mérites pas toute cette accumulation de petites choses… pas si petites finalement. C'est pas une excuse que tu dois répéter pour te dire que c'est pas grave tout ça.


Elle ne pouvait décemment pas dire qu'on ne lui avait pas fait du mal. Que sa mère ne lui avait pas fait du mal au moins une fois dans sa vie. Il lui avait fait une promesse en tout cas, ça n'arriverait plus. Ici en tout cas. L'objectif était haut et à vrai dire, il avait peut-être déjà échoué avec tout ce qu'il disait. Mais plus elle en parlait et moins il arrivait à se dire qu'il ne fallait pas tenter de lui ouvrir les yeux. Sa psychologue à elle ne faisait finalement pas si bien son boulot que ça si elle-même n'arrivait pas à lui ouvrir les yeux sur le mal que lui avaient causé les autres. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'il le faisait mieux qu'elle, il était sans doute pire. Et il faisait sans doute la même chose sans vraiment s'en rendre compte.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Jeu 13 Avr - 23:01


Elle avait raconté, du moins, elle avait essayé. Mais ça n’était pas vraiment une histoire avec un début, un milieu et une fin. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle aurait voulu qu’il fasse mais qu’il perdre son sang froid la confrontait à des réalités difficiles. Dans tous les cas, que ça soit bien ou pas, bon pour elle ou pas, elle ne pouvait se résoudre à le laisser blâmer sa mère de la sorte, sans éclaircir. Elle avait souligné qu’après tout, ils se connaissaient encore peu pour essayer de contrebalancer les compliments qu’il lui faisait. Il la décrivait comme quelqu’un de bien et sa mère comme un monstre, la réalité était de toute façon beaucoup plus complexe que cela.

- Non c'est vrai, mais ça vient avec le temps si je me rappelle encore de comment ça marche tout ça. On a juste peut-être grillé des étapes à tout de suite parler du passé et des mauvaises expériences... m'enfin c'est peut être aussi un truc qu'on a en commun.

Un truc en commun… elle aurait pu rebondir là dessus si elle se souvenait de leur dernière soirée passée ensemble. Cependant, elle doutait que ce qu’avait vécu Ridley devait être différent si cela justifiait qu’elle l’oublie, pas comme sa petite vie comme il en existait cents. Elle aurait de toute façon du mal à répondre, comme elle se battait toujours contre les reflux de larmes.

- Je… suis content que tu ais accepté de m'en parler, reprit-il, même si comme j'ai dit, je suis vraiment un idiot quand il s'agit de gérer ça avec calme quand ça me tient à cœur. Je monte sur mes grands chevaux rapidement pour ceux à qui je tiens. Je tiens ça de ma mère à moi. Je voulais pas te blesser, je vois juste pas comment ça aurait pu sortir autrement.

Elle n’était pas en colère. Elle avait tendance à croire qu’il était sincère. Simplement elle s’était sans doute mal exprimée. De toute façon parlant de tout cela, il était presque inévitable qu’elle pleure et ça n’était pas vraiment de la faute de Ridley si sur ce sujet, elle avait du mal à aligner deux pensées cohérentes. Elle se reprit donc, essayant de souligner la complexité de la situation à nouveau. De retirer les fausses idées qu’il avait probablement dans la tête.

- Tu m'avais dit à la cafétéria que pour t'isoler tu allais jusqu'à te blesser dans des ronces pour aller plonger dans une rivière… corrige-moi si je me trompe parce que là je pars sur des hypothèses mais pour avoir envie de t'isoler loin de ta famille d'une telle façon, c'est que ça devait pas être rose tous les jours et que les engueulades étaient pas forcément méritées.

Elle déglutit douloureusement. Elle se souvenait avoir raconté qu’elle adorait ce ruisseau, oui. Pas d’avoir parlé des ronces.

- J’ai pas dit que c’était rose tous les jours… se défendit-elle maladroitement, mais il reprit.

- Si ta mère arrive à te reprocher d'être née, à mon avis elle devait te punir de beaucoup de choses pas très justifiées. Pareil pour les cadeaux, tu m'as dit que tu n'en avais jamais reçu, pourquoi ? Ta mère refusait de fêter ton anniversaire ? De t'offrir le moindre objet connotant qu'elle souhaitait ton bonheur, te rendre un peu plus heureuse ? Ou elle jetait tout ce qu'on pouvait bien t'offrir ou tout ce que tu ramenais à la maison parce que tu t'étais fait plaisir ? Y'a pas eu de violences physiques parce que ça se remarque… mais les violences psychologiques c'est beaucoup plus insidieux.

Elle eut une nouvelle salve de pleurs qui la priva de la parole encore une fois. « Violence psychologique » ça n’était pas la première fois qu’elle entendait ces deux mots. Elle avait juste l’impression d’être une enfant qui fait un caprice. Les cadeaux ça n’était pas si grave. C’était juste un délire d’enfant pourrie gâtée comme lui disait souvent son beau-père.  Le fait que sa sœur en avait pour les anniversaires était une futilité au fond. Qu’est ce que ça changeait ? Etait-ce comme cela qu’on mesurait l’amour qu’on recevait ? Elle en doutait. A l’âge qu’elle avait, elle était un peu vieille pour pleurer à cause de cela.  Elle aurait voulu se reprendre mais il ne lui en laissa pas exactement le temps.

- Je sais que c'est compliqué… ça n'existe pas des situations comme celles-là qu'on qualifierait de faciles. Je m'imagine ce que tu me dis, en plus de ce que tu m'as déjà dit auparavant et de ce que j'interprète. Ça m'indigne parce que je t'apprécie beaucoup et que tu mérites pas toute cette accumulation de petites choses… pas si petites finalement. C'est pas une excuse que tu dois répéter pour te dire que c'est pas grave tout ça.


Et elle ne savait plus si elle devait culpabiliser de trouver tout cela important, ou culpabiliser de ne pas trouver tout cela important. De toute façon, elle serait probablement toujours incapable de se mettre en colère comme il l’avait fait. Peut-être c’était ce qu’elle devait faire. Peut-être pas.

- Je sais pas… ce fut à peu près tout ce qu’elle pu articuler parce qu’elle pleurait trop maintenant.

Elle retira sa main à Ridley pour la placer près de l’autre, sur son visage parce qu’elle s’était rarement sentie aussi ridicule dans toute son existence. Quelle idée elle avait eue de parler de ça, quelle idée ? Elle essaya de faire peu le vide dans son esprit ou les mots, les sentiments et les souvenirs se bousculaient. Elle se força à respirer et elle espérait qu’il comprendrait tout seul qu’il était difficile d’aller plus loin dans cette conversation.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Ven 14 Avr - 11:57


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : Bah ouais je déprime quand j'ai pas de rp à rendre... donc on va dire que euh tout ça c'est de ta faute ! *s'enfuit*






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Ridley aurait peut-être dû rester chez lui finalement vu l'état dans lequel il mettait Miranda. Encore une fois il se prouvait à lui-même qu'il n'était pas doué pour ce genre de choses. L'amitié, les relations. Elle lui tendait quelque chose et il l'employait pour la blesser. Elle avait clairement le droit de lui demander d'oublier à son tour et il le ferait, bien que son petit doigt lui dise que c'était hautement improbable que la psychologue l'exige. Il était clair qu'il devait cesser de se trouver des excuses en disant que tout ça lui tenait à cœur. Ça ne justifiait pas ce qu'il était en train de lui faire. Alors oui, c'était bien, il avait mis les choses au clair en venant toquer à la porte. Avant de tout foutre en l'air à nouveau par un comportement absurde qui posait problème. Il valait peut-être mieux qu'ils restent de simples collègues, n'importe quoi d'autre semblait les détruire. Du moins, lui le détruisait. Il ne comprenait même pas pourquoi, il voulait tout l'inverse pourtant. Il la laissa reprendre sa main pour cacher son visage couvert de larmes et se mura un moment dans un silence abattu et coupable.

— Je suis pas mieux tu vois… si tu veux que j'oublie parce que ça te blesse trop, que je te blesse trop, je le ferais.


Elle allait lui épargner l'expérience, parce qu'elle était bien meilleure que lui, parce qu'elle supportait ces choses-là depuis bien longtemps, qu'elle s'était reconstruite. Ridley ne voulait pas se reconstruire il faisait comme si ça n'avait jamais existé. Ce qui était physiquement et mentalement impossible, mais il se bornait quand même. L'imbécillité ne se réparait pas. Il voulait la serrer dans ses bras et qu'elle arrête de pleurer mais qu'est ce que ça allait apporter ? Il avait créé une excuse pour en arriver là en parlant de cette façon, du moins il en avait maintenant l'impression. Il aurait pu se taire et elle n'aurait pas pleuré. Se demander si ça aurait été la bonne solution dans le cas d'un passé si difficile ne justifiait rien. Ce n'était pas comme s'il était doué en psychologie comme il avait vaguement voulu se le faire croire, emballé par sa bêtise. Si aucun des deux ne pouvait supporter l'histoire de l'autre, c'était peine perdue. Et lui dire qu'il valait mieux arrêter d'en parler parce que lui, pauvre petit être, ne pouvait pas s'empêcher de proférer des remarques cinglantes était un manque de respect total. Il avait insisté pour dire qu'elle pouvait compter sur lui, si elle voulait lui avouer quelque chose. Maintenant que c'était chose faite, il avait l'impression de l'avoir piégé. De n'être qu'un russe prêt à la torturer à chaque petit morceau de souffrance qu'elle accepterait de lui donner.

— Je ferais peut-être mieux de rentrer. Et de ne pas revenir si c'est pour te faire souffrir à chaque fois comme ça. Au moins disons que tu es au clair avec certaines choses.


C'était censé être positif ce qu'il lui disait ? C'était de la merde. Elle avait perdu la mémoire et pourquoi ? Pour rien du tout, si ce n'est qu'il revienne lui faire du mal. Un monstre qui ignorait pourquoi il provoquait tout cela ferait mieux de se tenir à l'écart, c'est ce qu'il se disait. C'était à se demander comment Harp le supportait, il devait bien cacher son jeu lui aussi. A coup sûr il devait affirmer dans son dos à quel point il le détestait et quel horrible "ami" il faisait. Il était là, les bras ballants à l'écouter pleurer, à ne pas savoir quoi faire et s'en aller à ce moment lui semblait signer la pire des infamies. Alors il ne bougeait pas. Il aurait préféré qu'elle se mette à hurler qu'elle le déteste et qu'elle voulait qu'il sorte de sa vie, plutôt que de ne pas savoir. Ce qu'elle avait avoué à sa superviseuse, elle ne le pensait sans doute plus maintenant qu'il avait vraisemblablement tout fait pour être détesté. Il aurait aimé qu'elle lui dise en face qu'il était répugnant, il aurait au moins su quoi en faire, plutôt que de supporter ce moment qui lui prouvait à chaque instant son impuissance à être ce qu'il souhaitait, juste un soutien pour qu'elle soit heureuse. Elle ne le serait pas avec lui, jamais.

— Je suis désolé… j'ai eu la présomption de croire que j'étais la personne qu'il te fallait et que je pouvais t'aider à aller mieux. Je me suis trompé, je t'ai fait du mal, je t'ai déçue et je t'ai forcé à oublier la mémoire par-dessus le marché. C'est à se demander comment j'ai pu avoir des conneries pareilles en tête. Tu n'es même pas obligée d'essayer de me pardonner, je l'ai mérité.


En plus de ça, il était le pire des égoïstes à se focaliser sur sa petite personne alors que Miranda en face de lui était visiblement très mal. Elle avait l'air belle, sa vraie nature. Il s'approcha vaguement pour essayer d'essuyer les larmes qui coulaient de ses joues et que ses mains n'arrivaient pas à retenir avec les siennes. Qu'elle lui colle une baffe, qu'il ait une réponse claire c'était tout ce qu'il demandait. Il ne pouvait de toute façon pas exiger qu'elle cesse de pleurer dans l'instant. Si elle ne faisait rien, il partirait quand il aurait subi ses pleurs, sa punition, suffisamment longtemps pour qu'elle n'ait plus aucune goutte à verser. Du moins pour ce soir. Nul doute qu'elle réussirait à recommencer une fois qu'il aurait lâchement pris la fuite pour laisser derrière ses responsabilités et ses mauvaises actions qu'il ne rattraperait jamais. Par deux fois il lui avait fait du mal, il ne laisserait pas le proverbe se réaliser une troisième fois. Il ferait en sorte que ce soit le dernier calvaire qu'il lui infligeait, quand bien même c'était déjà trop.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Jeu 27 Avr - 23:21

Tout ce qu’elle pouvait faire c’était pleurer à présent. Elle avait atteint sa limite, dépassé la frontière à ne pas franchir dans la direction de la douleur de ses souvenirs d’enfance. Tout ce qu’elle voulait à présent c’était récupérer un peu de dignité. Mais son corps continuait de tressauter régulièrement et les larmes ruisselaient sans fin. Il y eut un petit moment comme ça avant qu’il ne prenne la parole à nouveau. Elle n’aurait rien pu dire de plus de toute façon.

- Je suis pas mieux tu vois… si tu veux que j'oublie parce que ça te blesse trop, que je te blesse trop, je le ferais.

Elle ne put que secouer la tête. Demander une telle chose lui aurait semblé non seulement déplacé mais absurde. Quoiqu’il se passe de toute façon, elle n’oublierait pas. Si elle devait perdre la mémoire elle aimait autant oublier toute sa vie jusqu’à ce moment. Mais l’expérience avait montré qu’on ne pouvait jamais vraiment repartir de zéro.  Comme elle n’ajoutait rien sans doute, il poursuivit.

- Je ferais peut-être mieux de rentrer. Et de ne pas revenir si c'est pour te faire souffrir à chaque fois comme ça. Au moins disons que tu es au clair avec certaines choses.


Miranda n’avait pas l’impression d’être au clair avec quoi que ce soit présentement. Ridley lui avait juste présenté avec beaucoup de force une façon de voir les choses un peu nouvelle. Pas si nouvelle que cela en réalité. Il était juste difficile pour elle d’avoir l’impression de s’apitoyer sur son sort pour de petites choses qui s’étaient passés il y avait longtemps. A nouveau elle secoua la tête parce qu’une partie d’elle n’avait pas envie que Ridley s’en aille sur ses entre faits. Surtout, elle n’avait pas envie qu’il pense qu’elle était en colère. Mais il était difficile pour le moment de retrouver l’usager de la parole. Elle se força à respirer alors qu’il parlait à nouveau.

- Je suis désolé… j'ai eu la présomption de croire que j'étais la personne qu'il te fallait et que je pouvais t'aider à aller mieux. Je me suis trompé, je t'ai fait du mal, je t'ai déçue et je t'ai forcé à oublier la mémoire par-dessus le marché. C'est à se demander comment j'ai pu avoir des conneries pareilles en tête. Tu n'es même pas obligée d'essayer de me pardonner, je l'ai mérité.

C’en était trop. Il fallait parler sans quoi il allait partir avec cette idée en tête. Elle n’était pas d’accord pour ça. Alors elle prit une grande inspiration.

- Je suis pas en colère après toi Ridley… Tu voulais bien faire.

Elle se passa les mains sous les yeux, mais son regard restait résolument rivé sur la table de sa chambre. Pourquoi c’était si difficile ? Elle aurait voulu pouvoir raconter tout cela sur le ton de la conversation, tranquillement, comme un adulte. C’était loin d’être gagné. Ne restait sans doute qu’à reconnaître sa défaite contre ses propres démons.

- Je crois que ce genre de… problèmes… ça… malheureusement ça… disparaît pas…juste comme ça.

Elle essaya de lui sourire un peu à travers ses larmes. C’était un peu un sourire d’excuse parce qu’elle avait l’impression de le décevoir un peu aussi. Elle espérait vraiment qu’il ne revienne pas à la charge. Elle en avait marre de ne pas réussir à récupérer ses moyens.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 30 Avr - 20:46


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : Pardon du retard, tu sais ce que c'est, ma nouvelle présa tout ça xD En plus j'ai encore rajouté un chapitre, me voila à 9. Les admins vont me détester quand je vais débarquer.
J'espère que le RP te plaira quand même !






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Plus Ridley parlait et plus Miranda secouait la tête. Il n'y avait rien de compliqué à comprendre, ça voulait dire non. Ou du moins qu'elle n'était pas d'accord. Mais elle pleurait toujours tellement qu'elle ne pouvait pas s'exprimer et c'était à cause de lui, ça aussi c'était un fait. Et il ne voulait pas s'imaginer ce qu'elle mettait derrière ce non, de peur de se tromper encore. Il en avait marre de tout faire de travers avec elle. Tout s'était bien passé à partir du moment où ils avaient gardé une relation plus professionnelle qu'amicale. Après, ça s'était envenimé. Si ce n'était pas un signe qu'il ne fallait pas aller plus loin sous peine de recréer des moments comme celui-là… Il n'était pas aveugle, il n'allait pas insister si ça les faisait souffrir tous les deux.

— Je suis pas en colère après toi Ridley… Tu voulais bien faire.


C'était bien le problème de Miranda ça, elle cherchait des excuses à tout le monde. A sa mère, a lui aussi. C'était pour ça qu'elle se faisait chahuter, qu'on profitait d'elle. Parce que même quand elle subissait des choses impardonnables, elle cherchait des excuses aux coupables. Il avait très vite compris que la psychologue n'était pas capable de se mettre en colère. En un sens, il l'avait fait pour elle. Quand bien même ça n'était pas son rôle.

— Non tu n'as clairement pas l'air en colère, tu as l'air triste et blessée. Et c'est moi qui ait fait ça. Celui qui est en colère c'est moi, mais pas contre toi. Si je voulais bien faire j'aurais réagi autrement, parlé autrement, je sais pas. J'étais sans doute pas obligé de réagir comme ça, de faire remonter des choses, mais acquiescer et prendre ça à la légère ça n'aurait pas rendu justice à ce que tu as traversé. Si ça te fait pleurer, alors ce n'est jamais bien fait, même si je le voulais. Ne cherche pas d'excuses à ceux qui te font souffrir…


Ce n'était pas cela qui allait changer son envie de partir et de ne plus revenir. Ça ne changeait rien à ce qu'il pensait non plus, ça le confortait dans l'idée qu'il pouvait lui faire du mal comme il voulait et qu'elle lui pardonnerait toujours. Et c'était malsain. Il détruisait tout ce qu'il touchait, épuisait tous ceux qui voulaient l'aider sans comprendre, malgré lui. Il ne savait pas comment contrôler ça ou le changer, il ne pouvait sans doute même pas. Ridley ne voulait pas lui faire subir ça.

— Je crois que ce genre de… problèmes… ça… malheureusement ça… disparaît pas…juste comme ça.


Ridley soupira. Comment pouvait-elle lui sourire dans un moment pareil ? Alors même qu'elle pleurait ? Il n'était pas sûr que c'était un vrai sourire de toute façon, il ne l'avait perçu que du coin de l'œil parce qu'il ne parvenait même plus à la regarder tant il avait honte de son comportement de ces derniers jours.

— Ça ne disparaît jamais, Miranda. Je sais de quoi je parle ça fait vingt ans que j'essaye de faire disparaître certaines choses. Et tu as du oublier parce que je n'y suis pas parvenu. Ça fait deux erreurs à ajouter à mon palmarès en quelques jours, tu comprends pourquoi je m'en veux horriblement ?


Il aurait aimé faire disparaître ses problèmes d'un claquement de doigt. Mais ce n'était possible pour personne. Et il était sans doute le dernier à pouvoir l'aider à oublier ses problèmes. Finalement, payer une psy c'était peut-être le mieux. Pas pour lui apporter du contact humain et des relations, mais pour l'aider avec tout ça. Ridley n'était cependant pas le bon pour ce qui était des relations non plus apparemment, comme il ne cessait de se le répéter depuis une demi-heure, minable excuse pour se sauver en courant. Pourtant il était toujours là parce qu'elle semblait le vouloir. Ou du moins Miranda ne lui avait pas hurlé dessus de sortir de sa chambre et de sa vie. Peut-être qu'elle n'osait pas.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Mar 2 Mai - 0:27

Après tout, rien ne tout cela n’était la faute de Ridley. Il lui était arrivé ce qui lui était arrivé, ou il ne lui était rien arrivé du tout. S’il était en colère pour rien c’était qu’elle lui avait mal présenté les choses. S’il était en colère pour une raison, alors elle était coupable de ne pas se rendre compte, de trouver des excuses à ceux qui lui veulent du mal. Après tout aussi, il n’était pas le premier à lui reprocher cela. Elle avait essayé de le rassurer en tout cas.

- Non tu n'as clairement pas l'air en colère, tu as l'air triste et blessée. Et c'est moi qui ait fait ça. Celui qui est en colère c'est moi, mais pas contre toi. Si je voulais bien faire j'aurais réagi autrement, parlé autrement, je sais pas. J'étais sans doute pas obligé de réagir comme ça, de faire remonter des choses, mais acquiescer et prendre ça à la légère ça n'aurait pas rendu justice à ce que tu as traversé. Si ça te fait pleurer, alors ce n'est jamais bien fait, même si je le voulais. Ne cherche pas d'excuses à ceux qui te font souffrir…

Au fond elle était juste soulagée. Ce qu’elle avait réussi à retenir parmi le vacarme de son esprit c’était qu’il n’était pas en colère contre elle non plus. De cela, elle avait doutait en effet. Elle n’était pas habituée à être confrontée à cela, pas dans sa vie à elle en tout cas.  Ce qu’elle aurait voulu qu’il se passe, elle n’en savait rien. En effet s’il avait minimisé, cela aurait été encore pire, elle se serait sentie d’autant plus ridicule. Mais il serait sans doute trop difficile de dire tout cela à voix haute alors elle se contenta d’expliquer que sans doute, tout cela prendrait du temps.

- Ça ne disparaît jamais, Miranda. Je sais de quoi je parle ça fait vingt ans que j'essaye de faire disparaître certaines choses. Et tu as du oublier parce que je n'y suis pas parvenu. Ça fait deux erreurs à ajouter à mon palmarès en quelques jours, tu comprends pourquoi je m'en veux horriblement ?

Elle n’avait plus aucune idée de ce dont il parlait, et elle n’était pas en état de faire des hypothèses heureusement. Pourquoi remettait-il cela sur le tapis, alors qu’elle avait cru comprendre que c’était une erreur d’en parler. Au lieu de se remettre à réfléchir elle essaya de se mettre à sa place. Elle avait tendance à considéré que faire pleurer quelqu’un n’était pas nécessairement une mauvaise chose, mais Ridley ne savait pas ça. Il la voyait mal, il devait se sentir impuissant comme lui l'était face à ce elle ne saivais pas quoi qui lui faisait mal. Et il y avait cette histoire de mémoire, elle pouvait comprendre oui.  Alors elle se força à respirer.

- Oui… je comprends… mais tu sais… je crois qu'il n’y a pas de bonne manière de réagir… dans ces moments là.

Finalement elle se leva, car elle ne pouvait plus supporter ça, elle était trop fatiguée. Elle ne demanda pas non plus de quoi il parlait, elle ne savait pas où cela pouvait la conduire, elle savait juste que c’était la pire chose à faire.

- Voilà ce que je te propose, dit-elle ayant repris un peu contenance, pour ce soir… peut-être qu’il faut qu’on arrête cette conversation ici mais tu peux… revenir me voir quand tu veux, tu pourras me faire, cette surprise que tu voulais me faire la dernière fois. A force… on va finir par y arriver ? Tu crois pas ?

Elle essaya de lui faire un autre sourire. Elle se sentait un peu mieux. Tout ce qu’elle voulait maintenant, c’est que ses larmes ne l’aient pas fait fuir.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Mar 2 Mai - 22:28


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : J'ai l'impression qu'on risque d'avoir plusieurs fois des hauts et des bas comme ça ^^






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Ridley avait finalement avoué en quelques mots à quel point il s'en voulait de tout ce qui était arrivé. Surtout par rapport à ce soir, mais aussi pour les autres fois. Et il porterait le poids de ses erreurs encore une fois. Elles se rappelleraient à son bon souvenir à chaque fois qu'il croiserait son regard, comme une menace planant dans l'air pour lui signifier qu'il pouvait et qu'il allait certainement continuer de tout gâcher. Il était cela dit important de noter que Miranda ne lui en voulait pas. Ce qui le soulageait malgré tout. Il ne restait plus qu'à faire taire l'autre partie de lui qui disait qu'elle lui pardonnerait toutes les horreurs qu'il était capable de lui faire subir. Et que cela arriverait sans doute vu qu'il était toxique et faisait du mal à tous ceux qui essayaient de s'approcher de lui. Il aurait aimé que les choses soient plus simples, qu'il puisse la croire sur parole et changer d'avis mais ce n'était jamais si simple. L'expérience lui avait ouvert les yeux sur ses échecs. Peut-être bien qu'il avait pris cette relation trop au sérieux. A vrai dire, il ignorait ce que Miranda attendait de lui dans tout ça.

— Oui… je comprends… mais tu sais… je crois qu'il n’y a pas de bonne manière de réagir… dans ces moments là.


Et c'était elle, psychologue qui disait ça. N'étaient-ils pas tous censé savoir très bien comment réagir dans toutes les situations ? Ou au mieux, du moins. Mais il ne voulait pas se mettre à débattre sur les bonnes ou mauvaises réactions. Ridley savait que de son côté, s'il avouait quoi que ce soit, aucune réaction en serait la bonne. Alors peut-être que, de façon détournée, Miranda lui disait la même chose. Peut-être qu'elle aurait pleuré peu importe comment il aurait déballé la chose. Mais il savait qu'il avait été dur dans ses paroles. Finalement elle se leva et il fit de même, comprenant qu'elle voulait sans doute être tranquille maintenant que les choses étaient claires entre eux.

— Voilà ce que je te propose, pour ce soir… peut-être qu’il faut qu’on arrête cette conversation ici mais tu peux… revenir me voir quand tu veux, tu pourras me faire, cette surprise que tu voulais me faire la dernière fois. A force… on va finir par y arriver ? Tu crois pas ?


Le croyait-elle vraiment ? Depuis le début elle semblait accepter de lui donner une seconde chance mais avec tout ce qui était arrivé, il avait perdu espoir depuis quelques jours. Grâce à ses mots, il osa enfin croiser son regard à nouveau et lui rendre son sourire, même si beaucoup plus timidement. Ridley ne savait pas si le simulateur était une bonne idée de surprise finalement vu comme leur soirée s'était terminée. De toute façon il était encore en réparation. Les physiciens étaient venus lui demander des comptes le lendemain de son accès de colère. Il avait juste vaguement expliqué avoir trébuché dessus et ils n'avaient pas posé plus de questions que cela. Tout le monde savait qu'il ne valait mieux pas poser des questions au chercheur. Ce dernier espérait en tout cas oser la déranger à nouveau.

— Ça ne devrait pas être aussi compliqué de pouvoir être bien avec des gens qu'on apprécie, soupira-t-il. Et pas aussi facile de tout foutre en l'air. Mais oui, si tu y crois je devrais y croire aussi.


Il espéra ne pas faire une nouvelle bourde en s'approchant doucement pour la prendre dans ses bras quelques secondes. C'était sans doute trop rapide pour être considéré comme un vrai câlin mais il ne voulait pas l'embarrasser plus qu'elle ne l'était déjà, ou la refaire pleurer.

— Pourquoi pas pour la surprise oui… J'espère juste pouvoir trouver le temps de venir te voir sans te déranger… c'est devenu compliqué. Enfin, ça a toujours été compliqué, mais bon. Je t'ai déjà assez embêtée comme ça, je vais pas m'attarder plus longtemps...


Il essayait déjà de réfléchir à une prochaine rencontre, mais à vrai dire, il ignorait quand il serait libre à nouveau. Harp et les autres n'avaient rien compris à son état après son excuse de vouloir prendre une soirée pour se reposer. Cela les confortaient et le confortait lui aussi d'ailleurs dans l'idée que travailler c'était mieux. S'il reprenait une soirée pour lui, ils risquaient de le surveiller pour voir si tout allait bien. Et il n'avait pas vraiment envie qu'ils tombent sur Miranda et lui. Surtout en ce moment.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 14 Mai - 14:09

Miranda ne supportait plus cette situation et elle sentait trop fatiguée. Aussi elle avait pris la parole, en essayant de ne pas trembler. Elle n’était pas en colère contre Ridley mais elle n’en pouvait plus de cette soirée. Elle voulait que les choses redeviennent comme avant qu’elle perde une partie de sa mémoire. Elle espérait encore qu’au bout d’un moment, les choses seraient moins difficiles. Après tout, ils en avaient fait du chemin depuis leur première rencontre dans le réfectoire.

- Ça ne devrait pas être aussi compliqué de pouvoir être bien avec des gens qu'on apprécie. Et pas aussi facile de tout foutre en l'air. Mais oui, si tu y crois je devrais y croire aussi.

Elle soupira profondément et essaya de sourire encore, pour ne pas qu’il s’inquiète. Comme son regard était toujours rivé sur le sol malgré tout, elle ne l’avait pas vraiment vu venir. Elle sentit ses bras se serrer tout à coup autour d’elle. Son souffle mourut d’un seul coup et elle n’osa pas bouger. Cela n’avait duré qu’une petite seconde, mais le temps semblait s’arrêter à chaque fois. Elle était un lapin pris dans un phare.  Figé par l’intensité des sensations. Quand il la lâcha, elle se força à sourire, cachant dans son dos le tremblement de ses mains. Repoussant tant le plaisir que le flot de souvenirs.

- Ça c’est parce que toi et moi, on a… des histoires compliquées… parvint-elle a dire malgré tout.

Elle espérait tout de même qu’il en fallait plus pour le décourager. Qu’il voudrait continuer d’essayer encore malgré tous les moments difficiles qui restaient à venir. Probablement que tout cela finirait mal, elle ne nourrissait pas de faux espoir à ce sujet. Mais elle n’était pas prête à ce que ça s’arrête, juste comme ça. Sans être allée au bout. Avoir exploré jusqu’où ça pouvait conduire. Mine de rien, elle s’habituait. La première fois, un simple contact l’avait fait tomber dans les pommes.

- Pourquoi pas pour la surprise oui…

Elle sourit encore à cette réponse, rassurée de voir que lui non plus n’était pas prêt à renoncer.

- J'espère juste pouvoir trouver le temps de venir te voir sans te déranger, reprit-il, c'est devenu compliqué. Enfin, ça a toujours été compliqué, mais bon. Je t'ai déjà assez embêtée comme ça, je vais pas m'attarder plus longtemps...


Gentiment, elle le raccompagna à la porte, à quelques pas de là seulement.

- Non non, je suis contente qu’on ait pu avoir cette conversation. Au moins… on va se revoir…

Elle eut comme un rire nerveux.

- Faut avoir de petits objectifs…

Puis elle reprit plus sérieusement juste avant de refermer la porte sur lui.

- On se tient au courant, à bientôt Ridley.

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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 14 Mai - 17:31


❝ Des oreilles indiscrètes... ❞


HRP : Et je dédicace ce rp à mon salaud de disque dur qui m'a lâché.






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Ridley voyait bien que Miranda était fatiguée et pour ne rien cacher, il se sentait plutôt éreinté lui-même. Autant parce qu’il ne dormait que très peu en ce moment que par la discussion pleine d’émotions pas vraiment revigorantes qu’ils venaient d’avoir tous les deux. Aussi se laissa-t-il raccompagner à la porte parce qu’il ne fallait pas trop en demander pour des réconciliations. Ils en avaient sans doute déjà trop fait en parlant du passé de la psychologue de cette façon et honnêtement, le chercheur aurait soudain préféré qu’elle ne lui dise rien pour ce soir. Une autre fois aurait été mieux, mais c’était fait maintenant. Il ne savait toujours pas bien quoi penser du fait qu’elle ne lui en veuille pas, qu’elle ait envie de poursuivre malgré tout mais il essayait de se dire que cela viendrait peut-être avec le temps. Qu’il ne fallait pas perdre espoir, même si leur dernier rencard lui avait rappelé qu’il n’y en avait aucun.

— Non non, je suis contente qu’on ait pu avoir cette conversation. Au moins… on va se revoir… Faut avoir de petits objectifs…


Cela semblait réellement lui tenir à cœur et il ne lui en fallait guère plus pour le contaminer lui aussi. Oui ils allaient se revoir… leur soirée ensemble avait peut-être été un échec mais même si elle ne s’en rappelait plus, elle voulait bien lui donner une seconde chance. Qu’il ne méritait guère mais il avait tellement envie de la saisir, de lui prouver qu’il pouvait être à la hauteur, se racheter. Comme elle l’avait si bien dit, ils avaient des histoires compliquées. Mais maintenant chacun savait à quoi s’attendre de l’autre, justement. Alors oui, cette soirée au simulateur finirait bien par avoir lieu. Il ne savait pas quand ni comment, mais elle aurait bien lieu.

— Oui on va se revoir, c’est une très bonne perspective ça… et un objectif qui me semble réalisable.


C’était ça en fait, il avait dû aller trop vite, sauter les étapes. Voir trop grand, trop loin dans ses objectifs, emballé parce que Miranda semblait heureuse, appréciait sa présence. Le trouvait gentil, comme elle l’avait dit à sa superviseuse, en une conversation privée qu’il avait espionnée. Hm, pas si gentil que ça le Ridley finalement. Il ne savait pas encore s’il oserait lui révéler cela. Il ne voulait pas la mettre dans l’embarras.

— On se tient au courant, à bientôt Ridley.


Il hocha la tête et lui décocha un petit sourire, osant enfin lever les yeux. En deux pas, il était de retour dans le couloir, à la fois triste qu’ils doivent se séparer sans savoir quand ils se reverraient, mais en même temps soulagé que l’ambiance se soit améliorée.

— D’accord, porte-toi bien d’ici là Miranda, à bientôt.


Elle referma la porte et il fut à nouveau seul avec lui-même dans le couloir qu’il emprunta en sens inverse pour rentrer chez lui, l’esprit un peu ailleurs. Heureusement, il ne croisa personne car tout à ses pensées, il aurait été capable de ne rien voir ni entendre. Il n’était pas certain que dormir immédiatement ferait taire la voix dans sa tête qui lui disait que cela finirait mal encore et toujours alors il s’installa une nouvelle fois derrière son bureau. En plus, s’il voulait programmer une nouvelle sortie, il faudrait sans doute qu’il s’avance dans tout ce travail inachevé. Au moins, une partie de sa motivation semblait revenue.
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MessageSujet: Re: Des oreilles indiscrètes...   Dim 21 Mai - 19:31


Miranda soupira de soulagement quand Ridley eut fermé la porte. La pression avait été beaucoup trop intense pour ses petites épaules. Assise contre le battant, elle essayait de rassembler ses pensées. Ridley était d’accord pour la revoir, il l’avait prise dans ses bras alors tout n’était pas perdu. Cela suscitait en elle un mélange de crainte et d’espoir presque insoutenable.

Etait-elle sensée dormir en ressentant tout cela ? « De petits objectifs » se répéta-elle. Elle se leva et s’étira, alla faire un tour devant le miroir qui lui rappela non sans violence qu’il l’avait surprise alors qu’elle était à moitié endormie, en pyjama. Elle avait de petits yeux, semblait fatiguée. Elle soupira mais croisa un sourire dans son reflet malgré tout.

Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie joyeuse, même si elle avait peur. Alors elle ressorti le nounours du tiroir sous le lit et le regarda un instant sourire aux lèvres. Après quoi elle se glissa sous les draps en le serrant dans ses bras.

Seule une gamine faisait ce genre de choses. Mais au fond peu importait. Personne n’était là pour la regarder.

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