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 Kept you waitin' huh ? [UNDERCO : 40%]

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R͠͝e̴҉̵̧ḑ̸͘͘͘ ͏͞͡Ŕ̵į҉̶͏g̢͞͞h́͠t̴̡̀ ̷̷̡͘Ḩ̶͝͠҉án҉͢҉d̸

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I am
Âge : 49 ans.
Rapports écrits : 2
Arrivé à la Fondation le : 09/02/2016
Localisation : A Chaos Insurgency
Est occupé à : S'infiltrer dans une boite en carton


ID. Card.
Statut:
Bon à savoir:
Points SCP: 0

MessageSujet: Kept you waitin' huh ? [UNDERCO : 40%]   Mar 9 Fév - 14:44

Dossier récupéré par la Fondation au cours de la mission #██████ de l'unité ██X. Chargement des données incomplet. [DATA CORRUPTED ████ FATAL ERROR]

Y̷̧̥̤̻̲̞̱̜̩̙͉̮̪͈̥̅̽ͬ̊ͣͥ̇ͤͯ̏ͮ̎ͯ͊̆ͬ̿̊̿́͞o̸̶͓̱͉̼͉̟̝̳̝͇̗͖̦̱̼̫͉̘ͥ́̑̉̿ͣ̋̑ͅu̸̴̡̦̖̝̣̙̻̻ͯ̌ͥ̃ͫ̄́ ̩͕̻͕̙̭̘̞̮̗̏̽ͥͫͫ̑̊ͥͩ͌̏̍ͪ̂̂̈́ͦ̋̀̕ͅm̨̛̳̫͙̜̫̜̝̦͖͋ͦ̿̏̒́̀͡aͧ̀̀̔̎̄ͥ̔̔̔͊ͪ̈́̄̚҉̧͍̜̜͓̠̤̩̣͚̕͝͞d̻͙̺̮̥̖͓̣̬̼̉ͯͫ̓̈́̓ͧͯ͗̔ͣ̎̂̾͆́͘͟ͅë̴̖̠͎̜́̈́̈́̈́ͥ̐ͭ͛̽͠ ̶̵̻͚̙̱̬̦̼̣̲̞̣̠̝̀ͦ̆̿̏ͧͥ͝ͅͅi̷̻̻͖͎͔ͬ͆ͩ̊͑̒̓̌̂ͬ̃͘͜͡t̸̝͉̞̰̣̞͉̼̼͇̖̳̭͎͇͈͍̻ͬ͋̑͆̓͂ͫ͛ͩ̃̊ͯ̿̊̈́̌̈́̚͘ͅ ̸͉̺̞͉̩̤̠̯̝̠̹͖͕̄͑̾͌ͬͭ̀̅̎ͪ̒̅̚s̴̶̴̶̬̪̻̲̳̺̝͍͎̼̪̃ͧ̽ͥ͗̓ͤ͗̾͐̊͗͋o̴̷͔̻͖͔͔̻͈͓͈̎̓ͫ̅͘͝ ̡ͦ̉ͭ̐ͨ͢͏҉̥̳̞̘̳̯̻͎͎͉̯͟ͅe̴̷͕̙̩͓͎͖̗̝͈͉̒͛̏̅ͭ͂͌͗͗̿ͧ̾ͥͧ̎͐̂̀͟ä́̔̋ͭ̀͜҉̴̡͍͙̼̲̙͚̫͉̹s̸̨̡̛͚̥̝͎̞͂͂͗̑̌̍̐̎͗͢y̨̙̤̞͙̫̘̲̹͍̦̮̻̰̹͚̺̟̹͂ͣ̆̉͗̇͑̏̃ͯ̕͜ͅ.̷̢͈̬̻̮̟͍̬̲̠̟̝͇͈͕̙͖̣͕̍̆̾̈́͑͗͑ͅ.̨ͤ̿̈̌͆͂ͫ̏ͣ́͛̈ͦͥ̃ͯͧ҉̜̠͔̗̗̯̫̖̟͎͈̜̜͓̤̭̟͚.̵̇̒̅̐ͫͥ͒̉̋̈ͦ̿̓̑̽̅̅͏̳̼̯̦̦̻̪͢͞ ̈̒̓̏̂͆̄̾̽̀̐ͧ͗̂ͧ͡͏̳͚̥̼̦̘̘͔̯̘̱Ǹ̶̫͍̙̼̜̱̺͉̝͙̱̰͔͚̠͈͂ͬ̇ͪͯ̃͆ͬͫ́͞͠ͅi̸̙̪̻͙̮̠̤̺̝̤̘̠̞͔ͫͧ̄̓͆̈͐̇͆̋̀͠͞͝ç̮̼̦̗̭̩͓͍͖̭̤͇̠͉̟ͥͧ̿ͯ̅ͨ̈́̾̄̀ͅe̪̜̹̰̺̹̼̦͔͙̥͙̥̥̫̝͚̲ͩͣ̑̀ͯ̔͋͑̎̑͐ͩ̎̌̚̕ͅ ̈̋̆̌ͥ̽͂̿͂ͮ͛́͏̡͚̺̺͔͇͈͈̬̥̝̖̱̼̼͝ͅẁ̧̥͚̰̲͍̬̹͙͕̙͉͑͋͐ͪ̈́ͧͪͨͪ̌̈̋ͮ̑͗ͮ́̚͘͘͠ơ͙̱̱̤̲̻̥̘̹̙̾͑ͦͫͧ̌̒͞ͅr̸̡̛̖̰̖͖̾̓͛̇ͤͥ̊ͯ̊ͮ̑k̨͔̫͙̤̩̳̺̭͕̠͉̟̳͙̥̇̑ͧ̿͂ͬ͂̚͡ ̸̨͙̙̘̖͙͍̿̿͐ͯ̊̑͢F̴̴̶̤̲̦͔̥̣̞̈́͋̑͐ͩͨ͌͌̾͆̏̒͒ͫͤͅo̢͎͈̭̜͍̤̟͉̥̾̓̿ͥͩ͑̒ͥ̃ͥ̐͛͡u̶̢̡̯̝͕̫̫̖͉̮͔̺̠̲̤̩ͥ͒̏̽ͬ̋n̸̨̺̪̜͖̖̪̯̘̖͚̺̩͖ͫ͛̆̒͒ͬ̓̎̓ͫ̀̃͛͌̄͊ͮ͞͝d̡̛̅ͨ̀̅ͭ͌ͩ̓̆̈͒͘͞͏̮͈̥͙̠̦̭͈ā̛̗͖̥̼̝̖̮̥̲͍̺̻͎͑ͬ͛̿̾͑ͫͪͩ͆̂̅͋̋̀́̚̕͝͞t̏ͤͦ̑͒̋ͫ̂́ͬ҉̵̠̜̬̼̫̟̰̭i̵ͯ̿ͣͮ͛ͩͧ̈́̓ͧ͑̑̍͋̂ͧ͐͜͝͏̞̬̬̟͉̠̪ͅͅo̢͍͖̟̘̺ͮͤͤͪ͜͟͝n̜̞̻͎̮̖̘̳͍̜͓̦͙̣͑̀͂̆̈̓͘̕.̴͕͖̙̬̔͒ͭ͊̋̉̋̈̓̍ͩ̍̎̃̇̈́̅͞
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Feat Venom Snake /Big Boss, Metal Gear Solid V
Montgomery

Dr. ████████
Hôpital █████████ spécialisé de ████████████, Etats-Unis.
Dossier n°= 1██8██5
NIP : █2████5████1███18██
Créé le 18 août 2009
Mis à jour le 22 septembre 2010
Complété et archivé le 05 mars 2011





Fiche Administrative du patient



Suite aux circonstances particulières d’admission et de réveil (cf anamnèse) du patient placé sous X,  ce compte rendu d’identité n’a pu être rempli qu’à compter du 22 septembre 2010, selon ce qu’il a souhaité révéler à l’équipe soignante. De façon plus large, au vu de l’absence de dossier médical antérieur, la grande majorité des informations proviennent du patient lui-même, hors celles renseignées par le personnel spécialisé chargé de sa prise en soin.

❯ IDENTITE : Pour des raisons de sécurité qu’il aurait pu « lister pendant deux heures », le patient a choisi de ne pas révéler son vrai nom. Il a demandé à être appelé V ou Montgomery selon ce que nous préférions. A ce jour, nous ignorons encore s’il s’agit de noms d’emprunt ou pas. Il est apparemment également connu sous le nom de code Snake, qui n’en est plus vraiment un, plutôt un surnom.
❯ DATE ET LIEU DE NAISSANCE : Né le 30 mars 1967 à Hawaï. Il a 42 ans au moment de l’hospitalisation. 43 ans au moment du réveil. (49 ans à ce jour.)
❯ NATIONALITÉ : Américaine jusqu’à 2009. Discutable ce jour puisqu'il est considéré comme un terroriste.
❯ SITUATION : Incertaine. D’après lui : « C’est comme sur Facebook, c’est compliqué. » Ses parents sont décédés en 1977. Pas de famille proche, pas de concubinage. Pas d’enfants « à proprement parler » d’après lui mais toute tentative d’éclaircissement de ces propos de notre part à échoué.
❯ PROFESSION : Agent des forces spéciales d’infiltration américaines (branche de la CIA) de 1987 (20 ans) à 2005 (38 ans). Chef et meneur des opérations de l’unité spéciale top secrète ‘‘Insurgency’’ d’infiltration sur le terrain, affilié à la Fondation SCP. A fondé les prémices de Chaos Insurgency à 44 ans.
❯ ANTECEDENTS :• Patient à THQI
• Innombrables opérations pour fractures et blessures par balle ou armes blanches diverses et variées (allant du couteau à la machette en passant par un katana).
•Stérilité provoquée par une exposition rapprochée et prolongée au rayonnement radioactif d’une bombe nucléaire.
• Fumeur occasionnel, mais attention, que des cigares.


Anamnèse de l'hospitalisation




18 Août 2009 :
Rédigé par le Dr. ████████, médecin en charge du patient.
Documents annexes : Radiographies réalisées à l'admission afin d’identifier et de quantifier les corps étrangers à retirer, ainsi que différents dommages et lésions.
1°) Radio thoracique | 2°) Radio du crâne

Une unité médicale m’a contacté ce jour pour une prise en charge d’urgence vitale immédiate. Ils étaient dans la situation particulière de se trouver dans un hélicoptère médicalisé avec le matériel suffisant pour maintenir le patient en vie encore quelques heures tout au plus. Au vu de la situation critique et sachant que cet hélicoptère venait de relier le désert du Sahara aux Etats-Unis avec à son bord un patient d’importance capitale et très instable, l’héliport leur a été ouvert sur autorisation du Directeur, Mr. █████, que j’ai moi-même contacté.

Le patient à donc été admis au service de réanimation à 19h02 suite à une attaque à la bombe dirigée contre son unité militaire sur le terrain. D’après ce que son médecin traitant et ami nous a raconté, il n’a survécu que grâce aux personnes qui l’accompagnaient et qui se sont placées d’elles-mêmes entre l’obus en question et lui. Un jour s’était écoulé entre l’incident et le moment où l’hélicoptère l’a retrouvé, déjà à moitié enseveli sous le sable. Son équipe n’a pas souhaité donner davantage d’informations par sécurité. Pas même un nom où une identité, arguant qu’ils ne pouvaient décider à la place du patient quelle identité nous donner, toujours par sécurité. Bref.

A son arrivée, le patient présentait un état de mal comateux sévère (score de Glasgow à 3, PAM à 40mmHg mais stable, tachycardie à 180), de nombreuses fractures et hémorragies internes (au niveau hépatique et splénique), un hématome sous dural d’environ 5cm en expansion, un traumatisme crânien important et un bras gauche arraché au niveau huméral, à environ 10cm du coude. Il a été envoyé en salle de déchoquage et y est resté durant 5 heures le temps que son état se stabilise. Il y a été ponctionné au niveau cérébral et organique pour diminuer les hémorragies puis transfusé de 4 culots sanguins. Après un épisode de mal convulsif et un arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire (récupéré après deux défibrillations), il a été intubé, une ventilation d’assistance mécanique à été mise en place et il a été placé sous curares en VVC. Son état s’est finalement stabilisé mais il est resté en coma profond.

Il a ensuite été immédiatement pris en charge par le Dr. ██, chirurgien spécialisé qui a tenté d’enlever le fragment d’obus logé dans son cortex frontal à droite, sans succès. Le retirer aurait provoqué la mort du patient par décompression de la boite crânienne et hémorragie, sans compter les nouvelles lésions provoquées au cortex. Ont été également retirés 108 corps étrangers, comprenant nombre d’os et de dents humaines, ainsi que d’autres éclats d’obus. Les radiographies ont également montré des éclats dans son œil droit dont les lésions sont irréversibles. Les éclats n'ont pas pu être retirés.

Trois jours après, comme cela avait été prédit par l’équipe médicale, le patient a fait un nouvel arrêt cardio-respiratoire sur septicémie mais il a pu être récupéré. Il a été placé sous antibiotiques jusqu'à amélioration. Ce fut le seul incident notable de la prise en charge comateuse qui a duré 1 an et 34 jours. Le patient avait montré des signes de réveil proche la semaine précédente et l’équipe l’a accompagné dans ce sens.

Suite au réveil du patient le 22 Septembre 2010, le dossier n'a pu être complété qu'à cette date.


Évolution de l'état physique



Compte rendu de suivi neurologique
Rédigé par le Dr. ████████, neurologue.
Finalisé le 04 Mars 2011 à la sortie du patient.

Il m’a été demandé d’ausculter le patient immédiatement après sa poly-opération, c'est-à-dire le 19 août 2009 à 4 heures du matin. A cause de l’obus logé dans son crâne au niveau préfrontal/temporal, tout examen par IRM est prohibé et le restera jusqu’à la fin de sa vie. Une angiographie cérébrale à été demandée afin d’identifier de possibles séquelles. L’hémorragie s’est résorbée comme l’examen l’a prouvé et l’engagement du cortex s’est résolu après une semaine de soins intensifs et de médication.

De nombreux épisodes migraineux et névralgiques avec quelques fois des spasmes du bras gauche ont jalonné le coma profond. Un score de Glasgow/Liège à été réalisé au moins une fois par jour pour s’assurer de la stabilité de son état. Au cours de ces treize mois de coma, quelques réactions et changements de constantes ont laissé penser à un possible réveil ultérieur.

L’EEG a rapporté tout au long du coma des tracés de rythme lent et non sensibles aux stimulations. Deux semaines avant le réveil, les ondes delta et thêta sont réapparues progressivement, surtout lors des passages en chambre (sans doute à cause des sons et des stimulations physiques). Le rythme alpha s’est réorganisé la veille du réveil, indiquant un possible retour de conscience. Le 22 septembre 2010, à 14h56, le patient à ouvert les yeux.

Son réveil à été instable et les premiers jours il a replongé plusieurs fois dans un coma léger et maîtrisé. Une semaine à été nécessaire pour que son état lui permette de récupérer de véritables facultés cognitives et de proprioception. Il a été peu aisé de définir si son ralentissement psychomoteur était du aux doses élevées de morphine ou à une souffrance cérébrale. Un arrêt progressif à été tenté sans grand succès au vu des douleurs fantômes subies par le patient au niveau de son bras gauche. Des douleurs très violentes, spasmodiques et rapides sont également survenues au niveau de son œil droit à présent incapacité. Le shrapnel logé dans son crâne et les éclats restés dans son œil en sont bien évidemment la cause.

J’ai longuement discuté avec le patient des conséquences que cela allait avoir sur son organisme et sur sa vie. Le shrapnel en question appuyant sur le nerf optique, des hallucinations visuelles arriveront forcément, doublées de migraines rayonnantes assez dévastatrices. Le patient lui-même à révélé avoir eu du mal à discerner certaines couleurs à son réveil (elles paraissaient fades, grises ou blanches pour la plupart). Le moindre choc porté à la tête pourrait dans le pire des cas être fatal mais aussi déclencher ces hallucinations ou une exacerbation du trauma qui ne se résorbera jamais vraiment, laissant l’os frontal fragilisé.

Il a été victime de grands troubles de l’humeur à partir du moment où l’annonce de décès de ses proches à été faite et il a refusé tous les soins avec menaces d’hétéro agressivité. Une consultation psychologique à dès lors été demandée. Il est parvenu à ma connaissance que le patient avait déjà procédé à un test de QI dans l’enfance ayant révélé un indice très haut. Afin d’améliorer le bilan cognitif, un second test à été refait avec un score de 185. Le patient nous à cependant confié qu’il était préférable de se fier au premier test qui avait donné un score de 180, car, je cite « Pour celui là je savais à quoi m’attendre donc c’est normal que j’ai eu plus, le premier on m’avait prévenu de rien et j'étais qu'un gamin. ».

Les fonctions motrices ont été préservées par thérapie et malgré une perte musculaire évidente, les réflexes du patient se sont améliorés au fil des semaines. Le lever accompagné à été autorisé 4 semaines après le réveil. Les deux premières fois des pertes d’équilibre et des troubles visuels ont été notés mais qui ont progressivement disparu avec les nouveaux essais. L’exercice physique était bien évidemment proscrit mais dès qu’il a pu se lever sans conséquences, le patient n’en a fait qu’à sa tête, encouragé dans le fait qu’aucun malaise n’ait été ressenti et malgré mes avertissements. Il a fait une ‘‘fugue’’ de deux heures à J+4 du premier lever, si on peut appeler cela ainsi puisqu’il a simplement déjoué la sécurité de l’hôpital pour descendre dans les locaux chercher ses effectifs personnels (parmi eux des armes à feu de gros calibre, enfermés sous clé qu’il a par la suite refusé de céder), avant de remonter en chambre ni vu ni connu.

Tout cela était en réalité motivé par le fait qu’il souhaitait (ou plutôt exigeait) une prothèse myoélectrique pour son bras. Je l’ai averti que poser une prothèse de ce genre, basée sur la stimulation électrique, allait aggraver ses douleurs fantômes. Il s’était déjà décidé malgré mes explications et se doutait bien qu’au vu du poids d’une telle prothèse, il aurait besoin de davantage de force pour la porter. Un entrainement approprié lui a donc été proposé, ainsi que de nombreuses séances de physiothérapie.

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Au vu de sa sortie imminente, voici le récapitulatif des particularités physio-neurologiques du patient à ce jour :

❯ Les douleurs fantômes de son bras gauche sont toujours très importantes, exacerbées par la prothèse myoélectrique du fait de son poids et des stimulations engendrées pour qu’elle fonctionne, même si le patient tend à vouloir les cacher le plus possible.
❯ Migraines, névralgies et spasmes sont récurrents mais le traitement qu’il continuera de prendre (on l’espère…) le soulage bien à ce jour.
❯ Selon son état physique ou psychique (stress, variations de tension, température, chocs, douleurs) des hallucinations visuelles peuvent survenir, principalement à type de différenciation de couleurs altérées.
❯ Tout choc au niveau du cortex frontal peut lui être fatal.
❯ Une perte visuelle est à noter suite aux lésions de son œil droit l’ayant rendu aveugle. Afin de calmer le déclenchement de possibles hallucinations liées à la lumière et aux mauvaises informations transmises au cortex, il le garde à présent caché.
❯ Pas de perte intellectuelles ou physiologiques notables autres que celles recensées et celles liées à la progression de son âge. Pourtant, à 44 ans, c’est rare de voir quelqu’un d’aussi sportif.
❯ Il a une sacré force de caractère, même si cela n’est pas forcément du à un problème neurologique quelconque.


Compte rendu d'entretien psychologique



Bilan de début de suivi du 06 Octobre 2010.
Psychologue en charge : ██████ █████


Je vous rappelle que la confidentialité des dossiers est l’affaire de tous. Merci de ne pas laisser ce document à la vue.
_______________________________________

Métier : Forces armées.
Circonstances ayant conduit à l’hospitalisation :
• Bombardement militaire.
• Décès de nombreuses personnes chères à ce moment.

Anamnèse :

Le patient a été placé à l’âge de 10 ans. Il a été témoin de l’assassinat de ses parents. Ce premier traumatisme va se présenter pour lui comme une énigme à résoudre. Suite à cela, la prise en charge du traumatisme a été difficile et on peut faire l’hypothèse que l’incertitude laissée quand aux évènements à entrainé un déficit de confiance dans les divers intervenants autour de sa situation. A cette époque il présente un trouble de comportement avec hétéro agressivité.
La famille d’accueil proposée en raison des difficultés de la prise en charge n’a pas tenu et il a été placé en foyer.

Cette période a été l’occasion de faire des bilans :
- Un Rorschach et un QI on été faits. Le QI a relevé un indice particulièrement haut. Il n’en a pas tiré grand chose à l’époque sinon un certain sentiment d’anormalité.

Puis il a fugué pour aller dans la rue vivre de petits larcins et plus tard de combats de boxe illégaux. A ce moment le patient continuait de chercher à résoudre le mystère de la mort de ses parents. C’est comme cela qu’il en a retrouvé les auteurs. Il confie lui-même les avoir assassiné pour se venger et ce, sans culpabilité apparente. La police l’a poursuivi sans succès suite à ce meurtre, et l’armée venue apporter son soutien à fini par le recruter devant ses capacités évidentes. Ce revirement de situation aura pu il me semble continuer de troubler ses repères quant à la loi. Cependant il n’est pas étranger à la question de la culpabilité. Il dit avoir eu à commettre des assassinats dans l’exercice de ses fonctions et manifeste cette fois des difficultés de conscience.

Dans ce cadre, il a rencontré une proche, qu’il appelle sa « mentor » qui a ensuite trahi pour rejoindre un camp adverse dans un conflit. On l’a chargé de l’assassiner ce qui a été évidemment source de souffrance. Capturé au cours de cette mission il a été torturé durant plusieurs jours. Suite à cela il s’est échappé, blessé et a survécu dans des conditions très difficiles qui lui ont valut le surnom de « Snake ». Il semble que le caractère traumatique soit dénié non seulement par lui mais aussi au sein de son environnement de travail.

Aujourd’hui, il ne nourrit pas de colère vis à vis de sa mentor avec qui il a pu avoir une explication. Celle-ci lui a finalement ordonné de la tuer pour éviter de devenir un traitre à son tour. Pour ce meurtre, il a été récompensé. Plusieurs années plus tard, Mr. Montgomery a changé d’employeur. Celui-ci lui demandait d’effectuer à lui et à son équipe des opérations qu’il désapprouvait pour des raisons éthiques. L’équipe avait prévu de démissionner d’un commun accord mais pour remédier à cette situation, leur employeur a fait le choix de les éliminer de façon radicale. Il est le seul survivant à ce jour.
________________________________
Etat actuel :
Mr. Montgomery se présente à moi dans un état relativement stable. Il dit faire des cauchemars, se sentir très triste et anxieux concernant son avenir. Il ne semble pas souffrir de dépression franche. Il ne présente pas non plus de symptômes post traumatiques clairs. Il existe quelques symptômes réactionnels, dépressivité, anxiété mais ceux-ci semblent globalement étouffés par le clivage fonctionnel qu’entretient le patient afin d’écarter de lui les affects attachés au traumatisme vécu.

Hypothèses sur le fonctionnement psychique :
Mr Montgommery n’accède que peu au caractère traumatique des divers évènements qui jalonnent son existence :
• Le meurtre de ses parents.
• Le rejet de la part des ses pairs.
• L’échec de la prise en charge en famille d’accueil.
• Son séjour dans la rue.
• Sa vengeance.
• La nature de son travail en lui-même.
• L’épisode de torture et ses conséquences.
• Le meurtre de sa « mentor ».
• Et enfin le bombardement qui l’a conduit à l’hôpital.

Contre la reviviscence traumatique, il adopte deux mécanismes de défense :
- Le clivage des affects. Il peut parler de tout cela sans difficulté mais l’émotion reste peu présente dans son discours et ne se manifeste que lorsque je le sollicite sur ce point, encore assez froidement. L’exception à cela est l’assassinat de sa mentor dont on peut penser qu’il le ramène à l’image de lui qu’on lui renvoie depuis un âge très précoce ("monstre", "démon").
- L’autre mécanisme semble être la colère qui constitue une ressource suffisante pour le projeter dans l’avenir et éviter l’émergence d’une symptomatologie de type PTDS ou dépressive. En effet, la résolution du traumatisme s’articule autour de projets de vengeance très concrets.

On peut également faire l’hypothèse qu’une inadaptation sociale existait déjà du temps ou ses parents étaient toujours en vie en raison notamment due à sa précocité intellectuelle et que celle-ci persiste jusqu’à nos jours. En effet, le patient présente un trouble de l’estime de soi compensé par une légère tendance à la mégalomanie et à l’omnipotence. Cela pourrait également prendre racine dans le milieu où il vit actuellement où les repères concernant le bien et le mal semblent confus et brouillés. A cela s’ajoute celle d’un trouble de la relation, qui le pousse à rechercher des situations de violence et de potentielle trahison dans une logique de répétition.

Le patient semble présenter une alexithymie partielle cependant je reste hésitante quant à de potentiels traits psychopathiques. En effet, il accède dans une certaine mesure à la culpabilité et à l’empathie comme il l’a démontré au cours de l’entretien. Ce défaut de représentation des émotions me semble être d’avantage lié au caractère traumatique de son histoire, plutôt qu’à une structuration de la personnalité psychopathique.

Pronostic :
Cela nous laisse espérer des progrès sous certaines conditions :
• Que le patient change d’environnement de travail.
• Qu’il lui soit proposé une prise en charge structurante et continue dans le temps, capable de tolérer des attaques du cadre.

Pistes d’accompagnement :
- Travail de médiation autour de la représentation du corps (glaise, peinture à doigt).
- Verbalisation progressive des affects à renvoyer en miroir.
- Travail dans la relation pour rétablir l’estime de soi par la constance du lien.

A l’attention de l’équipe médicale je voudrais signaler que ce patient semble peu enclin à signaler qu’il a mal ou à prendre en compte ses blessures en raison du clivage qu’il opère. Merci de prêter attention à ce que le patient ne souffre pas, même s’il ne se plaint pas.

██████ █████
Psychologue au CHU de ████████████
██████.█████@CHU.com


Derrière l'écran



Pseudo : Yankee-Chan, vestige d'un ancien passé où j'écrivais encore des fanfics... Remarque, l'histoire de Montgomery est une fanfiction en soi, faudrait p'tet que je m'y remette.
Âge : 21 ans, mais qui sait, p'tet que j'en aurais 22 quand j'aurais enfin fini cette présentation. *sort*
Comment avec-vous connu le forum ? Par le Père Noël. C'est moi.
Que pensez-vous du forum ? C'est moi qui l'ait codé et c'est avec ma meilleure amie que je l'ai créé, il est parfait !
Quelle est votre disponibilité ? Everyday sauf pas internet.
Autre chose ? Je tiens à remercier Miranda qui m'a carrément réalisé le compte redu psychologique de cette fiche après un 'rpcb", faut pas se mentir. Sans toi cette présentation ne serait pas là ♥ Oui, ça vous spoile un peu l'histoire plus bas mais bon... ^^
© Ju de Never-Utopia


Les instantanés de souvenirs qui ne doivent pas s'oublier

Les protagonistes de cette histoire et leurs relations

• Joy | The Boss | Voyevoda
▬ Née en 1944 / Morte en 2003 (59 ans)
▬ Elle à été en grande partie considérée comme la mère des services secrets actuels. Elle était connue et réputée en Amérique comme en Russie pour les opérations secrètes de grande envergure qu'elle a pu mener à bien mais depuis l'incident ayant mené à la Mission Vertueuse, elle est considérée comme la plus grande traîtresse que le monde actuel ait porté. Elle est la compagne de The Sorrow et Adamska est son fils.

• Eugène | The Sorrow
▬ Né en 1946 (70 ans)
▬ Eugène a fait partie du projet de recherche parapsychologique dans sa jeunesse pour ses facultés de télékinésie et de perception/manipulation des pensées entre autres. Il était censé être utilisé contre les soviétiques en temps qu'arme d'espionnage mais il a refusé. Il est par la suite entré dans l'unité Cobra menée par Joy et c'est sur le champ de bataille que leur amour à fleuri.



• Adamska (Adam) | Major Ocelot | Shalashaska
▬ Né en 1964 (52 ans)
▬ Adamska, étant le fils de Joy et Eugène, a subi un entraînement militaire particulier et dès ses vingt ans, il a été élevé au rang de Major dans l'unité Cobra. Dans sa jeunesse, il a cherché à tout prix à atteindre la perfection que sa mère représentait sans jamais y arriver. Lorsqu'il a appris la mort de Joy de la main de son meilleur ami, il a quitté l'unité Cobra et l'Amérique. Il est revenu vers Montgomery au moment où il créait Chaos Insurgency.

• Natasha | Quiet | Tihij
▬ Née en 1985 (31 ans) | Présumée morte en 2009
▬ Natasha est entrée dans l'armée russe à 16 ans après avoir fugué de chez son père. C'est là qu'elle y a rencontré Joy et qu'elle a été finalement accueillie dans l'unité Cobra. C'est une tireuse d'élite et la coéquipière de Montgomery. Ses sentiments envers lui balancent entre amour et admiration. Suite à l'incident d'Insurgency, elle est aujourd'hui présumée morte mais le SCP semble enfermer dans ses murs une personne qui lui ressemble beaucoup trop.


• Kazuhira Miller | Kaz'
▬ Né en 1970 (46 ans)
▬ Kaz faisait anciennement partie d'une des unités Nine Tailed Fox de la Fondation SCP. Lui et Montgomery se sont liés d'amitié en capturant des expériences côte à côte sur le terrain pour le SCP. C'est en intervention qu'il a perdu une jambe, un bras et est devenu aveugle. Par la suite il a donc été affecté à la gestion des communications. En apprenant ce qui était arrivé à l'unité Insurgency, il a quitté la Fondation en même temps que d'autres pour rallier la Chaos Insurgency nouvellement formée. Il est, avec Adamska, celui qui gère l'organisation pour tout ce qui est administratif.

Nom ▬ Description.



Nom
▬ Description.

Noms/b> ▬ Description.



Dernière édition par Montgomery le Jeu 11 Fév - 13:22, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Kept you waitin' huh ? [UNDERCO : 40%]   Jeu 11 Fév - 11:01



Chapter One ; Fatherland




— Je suis vraiment désolée, il faut que vous le repreniez… il est invivable.


Le regard baissé sur ses vieilles baskets rapiécées, le garçon ne pipait mots. Poings serrés, assis sur une chaise en bois quelque peu inconfortable dans un bureau qui sentait la vieille tapisserie et le vernis, il retenait vainement ses larmes. Les échos de la discussion des deux adultes dans la pièce lui parvenaient à peine. De toute façon, à peine arrivé dans cette famille d’accueil, il avait compris que cela n’aurait pas duré longtemps.

— Il est violent avec mon fils et ma fille et il refuse de nous écouter… on est pas la bonne famille pour lui je crois…


De toute évidence cette mère là avait de nombreux soucis d’estime de soi. Une faille qu’il avait pris soin d’exploiter. Ce n’était pas parce qu’il avait onze ans qu’il ne comprenait rien. Non, aucune famille ne serait bonne pour lui de toute façon. Il était énervé de cette perte de temps.

— John… pourquoi tu te comportes ainsi ? soupira Margaret et le regret à peine voilé dans son ton ne lui avait pas échappé.


L’intéressé, le jeune garçon aux yeux bleus, redressa la tête et soutint son regard accablé par le sien, implacable. Elle pouvait peut être se vanter de rendre tous les petits chérubins qui arrivaient dans son espèce d’orphelinat heureux avec la famille d’accueil parfaite, mais pas aujourd’hui. Il était le grain de sable dans l’engrenage. Il le savait. Cet endroit était insupportable et tous ses compères lui donnaient la nausée. Il se leva rageusement de sa chaise en bois et même s’il était le plus petit de la pièce, il la toisa de toute sa hauteur. Presque avec satisfaction, il nota la méfiance et l’angoisse qui passèrent dans son regard.

— Je veux pas d’une autre maman et d’un autre papa ! Je veux les miens ! brailla-t-il au point d’en sentir sa voix défaillir.


Il ne faisait plus que ça depuis un mois, crier. Parce que ses parents n’étaient plus là. Morts. Disparus à jamais. Plus leurs voix. Plus leurs odeurs. Plus leur amour. Pourquoi en était-il privé ? Au nom de quoi ? Il attrapa la chaise, la jeta contre le bureau en bois couvert de papiers administratifs, les siens. Les sanglots percèrent et il quitta la pièce en courant. Puis le foyer. Puis la rue. Il n’y revint plus jamais. Hawaï n’était donc pas censé être un havre de paix ?

Environ un an plus tôt.

Sans clairement comprendre ce qui lui arrivait, il avait été bringuebalé de bras en bras, d’endroit en endroit. Des explications lui avaient sans doute été données mais son cerveau d’enfant de dix ans ne parvenait plus à les entendre. John semblait dans une autre dimension, loin de la réalité, sinistre et morbide, loin des mots qu’on enchaînait pour le faire réagir, loin des visages inconnus, des sirènes hurlantes des ambulances, des cris, de l’affliction. Il était descendu en enfer et n’était même pas sûr de vouloir ou de pouvoir en revenir. Trop de sang partout et son esprit était marqué au fer rouge de souvenirs indélébiles et insupportables. On l’avait sans doute débarbouillé de l’hémoglobine qui le maculait mais il avait la terrible impression de l’avoir absorbée comme une éponge. Cela le rendait malade. Parmi cette mer de visages inconnus et de voix étrangères, il espérait entrapercevoir la présence de ses parents, l’espoir atténuant tout le reste. Mais il fallait se rendre à l’évidence. Ils étaient morts.

John avait pleuré. Crié pour couvrir ces mots martelés plusieurs fois et qu’il ne voulait pas entendre. Il avait frappé, mordu, menacé. Rien n’y faisait. Après un séjour en pédopsychiatrie dont il ne saurait plus définir la durée, il avait été placé sous la tutelle de Margaret, une jeune dame aux sourires mielleux insupportables qui tenait un centre de réadaptation pour jeunes enfants en difficulté. Autant dire un orphelinat pour les débiles. Sauf que lui, il n’était pas débile et il n’avait clairement pas l’intention de rester dans cet endroit, avec d’autres enfants qui le regardaient de travers.

Malgré toutes les tentatives des psychiatres pour le faire verbaliser, les souvenirs restaient volontairement flous. Il se rappelait de ces deux types qui avaient déboulé, arme à la main sur la place du marché et qui avaient commencé à tirer dans le tas. Il se rappelait de la sensation de la main de son père à sa gauche et de celle de sa mère à sa droite qui le lâchaient, comme privées de toute vie. John les avait à peine vu s’effondrer, leur corps criblé de balles et leur sang se répandant aussi vite qu’on vide une bouteille sur le pavé. Lui-même s’était jeté à plat ventre entre les deux, avait fermé les yeux et n’avait plus bougé, baignant dans le liquide rouge. Peut-être était-ce cela qui lui avait tragiquement sauvé la vie. Quoi qu’il en soit, à partir du moment où il avait pu revenir lui-même sur cette situation, il s’était décidé à se venger pour cette douleur de se voir arraché ses parents si tôt. Tout ce qu’il ressentait, c’était que son deuil ne pouvait pas être complet tant qu’ils erraient dans la nature et il y avait eu suffisamment d’articles dans le journal ou à la télévision pour qu’il sache que la police ne les avaient pas attrapés. Même si cela risquait de prendre des années, il les retrouverait.

Aussi, il avait vu comme la providence l’occasion pour lui de s’échapper de cet orphelinat un an plus tard. Et il l’avait saisie.

« Devant la douleur, il n’y a pas de héros, aucun héros » 1984, George Orwell


Quelques semaines après l’arrivée au centre.

John n’était pas retourné à l’école depuis l’incident qui l’avait amené dans ce lieu qui respirait l’ennui. Il y avait bien des enseignants qui se déplaçaient pour des cours particuliers car il n’était pas le seul dans ce cas là mais il trouvait leurs cours barbants. La pluie qui battait son plein contre le carreau de la fenêtre derrière lui avait quelque chose d’apaisant alors qu’il passait son samedi après midi vautré sur un pouf, à lire un livre plutôt particulier. Il essayait de ne pas prêter attention aux cris des autres gamins qui courraient partout dans la salle de jeux. Mais lorsque Amanda, la psychologue, vint s’agenouiller face à lui, il ne put que relever les yeux.

— Bonjour John, qu’est ce que tu fais là tout seul ?


L’intéressé haussa les épaules, il pensait que c’était pourtant logique, depuis le temps. Il ne se mêlait pas aux autres. Et si elle posait la question simplement pour débuter une conversation c’était pathétique.

— Je lis. C’est 1984, de George Orwell, répondit-il vaguement en lui montrant la première de couverture.


— Et tu arrives à comprendre ? demanda la psychologue, l’air surpris.


— Evidemment, soupira-t-il, à croire qu’elle le prenait pour un demeuré.


Il savait bien que c’était un livre que les enfants de dix ans ne lisaient pas habituellement, mais il fallait bien qu’il s’occupe. C’était très intéressant en plus.

— Est-ce que je peux te voir un moment ?


Le garçon ferma son livre et ses yeux bleus scrutèrent avec plus d’intensité le visage de la jeune femme. Elle semblait perplexe mais quelque chose de plus discret voilait ses traits. Cela avait-il un rapport avec l’évaluation qu’il avait du faire quelques jours plus tôt ? Avec de nombreuses questions, certaines chronométrées et d’autres pas. Puis il avait eu droit à une séance de questions par rapport à des tâches d’encre qu’il devait décrire. Vaguement intéressé, il se leva pour la suivre dans son bureau. Il sauta sur le fauteuil molletonné et bâtit distraitement des pieds dans le vide tandis qu’elle s’installait derrière son bureau.

— Tu te rappelles de l’évaluation qu’on t’a fait passer ?


Avec les adultes, John était toujours relativement plus sage. Il supportait mieux leur présence que celle des autres enfants, trop simplets. Mais parfois, même les grands l’énervaient et il n’hésitait pas à le faire remarquer, que ça soit en hurlant ou en frappant. Certains surveillants avaient appris qu’il fallait mieux le laisser tranquille à leurs risques et périls. Aussi hocha-t-il simplement la tête, ses constatations se confirmant.

— J’ai eu les résultats à vrai dire, mais avant de te les communiquer j’aimerais en savoir un peu plus ; comment ça se passait pour toi à l’école ?


John ne comprit pas vraiment ce qui la motivait derrière cette question, mais en procédant de manière logique, il comprenait que cette évaluation avait été une sorte de test de niveau. Comptaient-ils le renvoyer à l’école ? Si les autres enfants le regardaient comme un monstre et se moquaient sur son passage, qu’en serait-il dans un collège avec des centaines de mômes pour le bizuter ? L’école ne lui avait jamais vraiment posé problème mais dans l’état des choses, y retourner créait une sourde angoisse prête à le tétaniser.

— J’ai sauté deux classes, je finissais ma cinquième. Sinon ben c’était plutôt tranquille, j'avais toujours des bonnes notes.


Il aurait pu ajouter le fait qu’il n’avait aucun ami parce que les collégiens plus âgés le prenaient pour un bébé mais il s’en était bien passé. C’était une raison en plus pour ne pas vouloir retourner en cours mais il ne souhaitait pas en parler aujourd’hui, c’était son droit, comme Amanda l’avait si souvent fait remarquer quand ils se voyaient seuls dans ce bureau. Il aurait pu se vanter de la fierté de ses parents face à ses bonnes notes et à son travail assidu mais il ne souhaitait pas parler d'eux non plus. La douleur restait trop vive.

— D’accord… est ce que tu as une idée de pourquoi tu as sauté des classes ? face à son haussement d’épaule presque désintéressé en réalité, elle reprit : Toutes ces questions qu’on t’a posées font en fait partie d’un test pour évaluer ton quotient intellectuel… tu sais ce que c’est ?


— Evidemment, ça permet de mettre un chiffre sur l’intelligence d’une personne, sur sa façon de résoudre des problèmes, de penser avec logique, ce genre de trucs…


Il avait toujours trouvé inutile de quantifier l’abstrait d’une telle façon mais si ça pouvait leur faire plaisir. Et les planches avec des tâches d’encre, c’était pour quoi exactement ? Ça elle n’en avait pas parlé. Peut être que c’était compris dedans, ou que ça n’avait rien d’important. Il ne s’en formaliserait pas plus que ça.

— En gros c’est ça oui… Ton test à donné un score assez impressionnant, c’est pour ça que je te pose toutes ces questions. Pour te dire la vérité, 180 de QI est un chiffre si rare que c’est la première fois que je vois quelqu’un l’obtenir. Une personne normale tourne autour des 100.


Un sourire amer étira les lèvres de John. 80 points de plus que la normale. Il n’était donc pas quelqu’un de normal. Peut être que les autres enfants qui le traitaient de monstre ou tous ceux qui le rejetaient avaient raison. Il n’était pas comme tout le monde. Peut être que la psychologue s'était mal exprimée, ou alors que c'était bel et bien le fond de sa pensée. Un instant, il hésita entre le désespoir et l’orgueil. Cela rendait les comportements des autres à son égard bien plus clairs et en cela, c’était presque un soulagement de pouvoir mettre une cause dessus. Cela dit, ne pas avoir d’amis était quelque chose qui lui avait pesé énormément lors de sa scolarité. Ici, au centre, ça ne le dérangeait pas parce qu’il ne voulait pas s’y faire des amis, il voulait s’en échapper dès que possible. Et une bonne intelligence ne serait pas de refus pour ça. En ce sens, le bilan était assez mitigé.

— John ? finit par l’interpeller Amanda que son silence semblait inquiéter.


Ce dernier se leva de sa chaise sans la regarder. Ça aussi elle l’avait dit, qu’il pouvait partir quand il le souhaitait. Il voulait rester un peu seul.

— D’accord, c’est bien, donna-t-il comme simple réponse de façade pour la satisfaire. Je vais retourner lire et puis c’est bientôt l’heure du goûter.


En lui tournant le dos, il l’entendit prendre imperceptiblement une inspiration pour dire quelque chose mais elle se ravisa et il ouvrit la porte sans la regarder pour retourner à son pouf qu’il n’aurait peut être jamais du quitter, du moins, c’était son émotion du moment. Quoi qu'il en soit, une fois le constat de cette intelligence supérieure annoncée à tous les adultes de l'orphelinat, les choses n'avaient fait qu'empirer, devenir insupportables avec le regard de tous qui venait brusquement de changer. On le regardait vraiment comme quelqu'un d'anormal.




Chapter Two ; "You know what else than Boston start with a B ? Blood. Yours."


A partir de ce moment où il avait franchi les portes de l’orphelinat avec ses affaires jetées pêle-mêle dans son sac, John avait toujours compté sur son intelligence nouvellement connue pour lui apporter tout ce dont il avait besoin. Cela voulait également dire qu’il tombait de haut à chaque fois qu’elle lui faisait défaut, comme ce fut le cas le même jour que son départ. Son monde s’était une nouvelle fois effondré lorsqu’il s’était présenté devant sa maison, pour n’y voir que de nouvelles personnes au travers des fenêtres. Il n’espérait même plus y retrouver ses jouets, ses doudous, son lit. Tout avait certainement été jeté, vendu, pour payer ce fichu orphelinat. Avec la rage au cœur, il était reparti loin de son passé pour ne plus jamais y revenir, en espérant presque se faire écraser par une voiture au plus vite pour que la douleur cesse. Il était fatigué de se battre mais continuait malgré tout sans qu’il comprenne exactement pourquoi. Ses pas d’enfant l’avaient mené sur les routes durant plusieurs jours où il s’était nourri avec modération de ce qu’il possédait. Ce danger, ce besoin de survie permettaient de lui faire penser à autre chose. S’en était presque salutaire à ses yeux, dans cette situation.

Au-delà de la tristesse, quelque chose d'autre avait émergé maintenant qu'il était libre. Une colère qui faisait battre sourdement son cœur et le motivait à mettre un pied devant l'autre. Du haut de ses dix ans, il s'était déjà juré de retrouver les meurtriers qui l'avaient privé de ses parents et de leur faire payer leurs actes. Il allait tout faire en ce sens et, une fois ce premier objectif atteint, il aviserait quant à ce qu'il ferait du reste de sa vie. Ainsi, il s'était stratégiquement arrêté à Honolulu, la capitale. Déjà, parce qu'il aurait plus de chances de passer inaperçu lorsqu'il aurait à voler de la nourriture ou de l'argent, mais aussi parce que c'était là le cœur administratif des services policiers de cette île soi-disant paisible. S'il y avait un dossier de l'incident, il était certainement ici.

Durant quelques jours, il avait rôdé discrètement autour de l'office de police pour en apprendre davantage sur les allées et venues des employés, les horaires de fermeture et d'ouverture, ainsi que les différents endroits par lesquels il pouvait éventuellement passer. Il y avait bien ce conduit d'aération ouvert au deuxième étage, il n'avait qu'à grimper aux escaliers à côté du bâtiment. Le seul inconvénient étant qu'il n'avait aucune idée d'où chercher une fois à l'intérieur et ignorait si des caméras de sécurité ou des gardiens étaient présents. Voler de la nourriture dans une petite échoppe c'était facile, mais ce genre de larcin, au nez et à la barbe des représentants de la loi, pour un enfant de dix ans, c'était tout autre chose. Il avait bien une carte d'identité, mais il ne souhaitait pas retourner à l'orphelinat s'il se faisait pincer. Parce que c'était facile de voir dans les dossiers qu'il n'avait plus de parents, sans compter qu'il était peut être recherché après sa fugue.

Après avoir longuement hésité, il s'était finalement décidé, un soir, sur un coup de tête. L'orage et la pluie tombaient violemment sur la ville. Il était frigorifié et trempé, sans compter que, honnêtement, il en avait marre de rester dans cette ville. Il voulait mettre ses plans à exécution et en finir avec cette colère, cette souffrance qui lui crevaient le cœur. Très discrètement, il avait attendu la fermeture, l'extinction des lumières. A force de compter les entrées et sorties des policiers, il savait qu'un d'entre eux restaient de garde, certainement dans une salle à manger des beignets et à boire un café, à attendre qu'on l'appelle en cas d'urgence. Il ne restait plus qu'à prier que cette salle ne contienne pas les archives. Discrètement, le cœur battant, il avait grimpé les escaliers métalliques, s'était hissé sur les rebords de fenêtres jusqu'à atteindre la bouche d'aération, méprisant le sol qui le menaçait en contrebas. Le plus silencieusement possible, il avait rampé à l'intérieur jusqu'à trouver une ouverture dont il avait dévissé chaque boulon avec les doigts. Au final, il n'avait laissé qu'une visse, par laquelle la grille pendouillait lamentablement mais qui au moins lui permettait de sortir. De toute façon, la chute sur le sol qui l'attendait deux mètres plus bas allait être douloureuse. Avec une grande inspiration, il s'était laissé tomber, se rattrapant avec une roulade maladroite sur le sol, déclenchant, de son point de vue, un vacarme de tous les diables. Très vite, la peur l'avait envahi et il s'était caché dans une armoire contenant de nombreuses fournitures, avisant que se planquer sous la table était certainement une mauvaise idée.

Les minutes s'étaient finalement égrenées tandis que, plongé dans le noir, il guettait l'arrivée de pas qui ne venaient pas. Au bout d'une demi-heure, il était finalement sorti et avait trouvé un plan du bâtiment dans le couloir. Logiquement, on rangeait les dossiers au sous-sol non ? Mais qui disait sous-sol, disait aussi clé. Il avait fouillé les différents bureaux et même l'accueil en rampant à même le sol pour être le plus discret possible mais n'avait rien trouvé. Ce devait donc être le garde qui les avait sur lui et qui somnolait dans une salle de repos avec une télévision devant laquelle il était passé, plus terrifié que jamais. Il y était donc retourné très lentement, s'était caché dans un coin sombre, petit et invisible, jusqu'à ce que l'homme au ventre bedonnant s'endorme, un beignet au chocolat à moitié mangé encore en main, devant une émission décérébrée de télé réalité. John en avait donc profité pour s'avancer vers lui très silencieusement, son regard fixé sur l'objectif; le trousseau de clés pendant à sa ceinture. Une de ses petites mains tenait les clés pour éviter qu'elles s'entrechoquent entre elles et l'autre ouvrait le porte clé aussi doucement que possible. Aucun son, si ce n'est celui de son cœur qui semblait résonner à des kilomètres ne se faisait entendre. Le garçon ne respirait même pas. Une fois les clés dérobées, il s'était enfui à pas de velours, s'évanouissant dans les méandres du bâtiment comme s'il n'avait jamais été là. Ce ne fut qu'une fois la porte indiquant que l'entrée était strictement réservée au service ouverte et que la volée de marche descendantes furent dégringolées qu'il s'autorisa un hoquet pour reprendre son souffle.

Le sous-sol était froid, éclairé par une lumière laiteuse qui se reflétait sur le lino laqué et le couloir sans fenêtres semblait interminable. Un instant, glacé, John se demanda si un monstre l'attendait dans l'obscurité, là-bas tout au fond, prêt à se ruer sur lui, gueule béante et hurlante pour le punir de son intrusion. Les mains tremblantes de peur d'être repéré par le garde s'il se réveillait, il ouvrit toutes les portes, pour finalement tomber sur la salle tant désirée. Avec toutes les étagères métalliques, on aurait dit une bibliothèque. Fébrile, il avait suivi le classement alphabétique jusqu'à tomber sur le H puis avait commencé à chercher. Pas Harley… ni Harvin… Hayter, voila ! John vérifia d'un coup d'œil que c'était bien les prénoms de ses parents à l'intérieur et fila avec le dossier sous le bras après confirmation. Il courut comme un dératé pour remonter les marches, jeta littéralement les clés dans la salle de repos et courut encore plus vite jusqu'à la sortie. Jamais il n'avait sauté si haut pour atteindre le bouton déclenchant l'ouverture des portes coulissantes de l'entrée. Une fois franchies, il disparut dans les méandres de la ville, à la fois incroyablement fier et fasciné de ce qu'il venait d'accomplir, mais également terrifié des représailles. Qui ne vinrent jamais.

John était resté dans la rue jusqu'à sa majorité. Et même après en fait. Jusqu'à 16 ans il avait vécu de larcins plus ou moins importants, allant du vol de nourriture dans l'épicerie du quartier jusqu'à l'ouverture de caisses dans les bijouteries. Chaque effraction le confortait davantage dans le fait que son intelligence était à toute épreuve, qu'il était infaillible et que les représailles n'arriveraient jamais. Tout cela lui avait permis de vivre relativement aisément, même sans toit sur la tête. Du moins, pas un toit qu'il avait à payer et il arrivait de plus en plus aisément à repousser les squatteurs un peu trop présomptueux qui essayaient parfois d'envahir sa planque. Peu à peu, il était devenu un vrai prodige du vol et malgré les traces qu'il lui arrivait encore de laisser, la police n'avait jamais réussi à l'évincer. Une fois ses 17 ans obtenus, il était parti à Boston après avoir falsifié bon nombre de papiers pour obtenir un passeport, allant jusqu'à imiter la signature de ses parents décédés. Pourquoi Boston ? Dans le dossier concernant le meurtre de ses parents, il était dit que les deux coupables et complices avaient des contacts à Boston dans le milieu de la drogue et qu'ils avaient possiblement fui là-bas. Sans preuve, ni poursuite cela dit. Eh bien, John allait se charger lui-même des poursuites.

Une fois arrivé dans cette ville immense, bien plus qu'Honolulu, il lui avait fallu repartir de zéro. Trouver un lieu discret et en assez bon état à ses yeux pour s'y installer, mais pas pour la société. Au final, il s'était retrouvé à partager une maison à moitié effondrée dans les bas quartiers avec quelques sans abris envers qui il n'entretenait qu'une relation de courtoisie, même si chacun s'entraidait. Ce furent eux qui lui proposèrent un nouveau type de revenu. Car ici, ce qui marchait, c'était les combats de rue et les paris que les gens faisaient dessus. John pensait stratégiquement depuis que ses plans de vengeance avaient été posés. Il voulait tout faire pour mettre le maximum de chance de son côté. Une partie de son argent allait dans une salle de sport où il s'entraînait presque quotidiennement. Si s'améliorer impliquait de débuter des combats illégaux dans la rue, ça lui allait très bien. Au moins, il saurait ce que ça fait de se prendre des coups et apprendrait l'auto défense et la contre-attaque. Dans cette discipline, il se débrouilla très bien et se fit même connaître. Sans qu'il s'en rende vraiment compte, des gens se rallièrent à lui, intimidés et admiratifs de ses capacités et les combats qui au début se faisaient à un contre un, finissaient en groupe contre groupe, telles de petites guérillas urbaines. Il avait commencé à fumer à ce moment, avait eu quelques aventures et coups d'un soir également pour faire un peu comme tout le monde, mais il s'en était vite lassé, en plus de toutes les fois où il s'était fait escroquer par une fille avec de jolis yeux. John était intelligent, il avait cessé de tomber dans les manigances de ces femmes qui ne s'intéressaient à lui que pour qu'il leur donne quelque chose en retour. Une place de leader dans cette société marginale ne lui plaisait pas tant que ça non plus. Tout le monde semblait attendre ses décisions alors qu'il n'en donnait jamais. Chacun avait ses problèmes à gérer, lui autant que les autres. Si des types voulaient se bagarrer, ils n'avaient guère besoin de son approbation. A croire que tout le monde ici n'était encore qu'un gamin et qu'il était celui qui avait grandi.

Le jeune homme se procura sa première arme à feu à dix-neuf ans et il fut encore davantage craint et respecté. Il avait eu un an pour toutes les étudier, les connaître et choisir la meilleure qu'on pouvait mettre à sa disposition. Il avait été modeste ; ce n'était qu'une arme de poing, alors que s'il avait eu le choix, il aurait préféré un fusil d'assaut pour plomber les meurtriers qu'il pourchassait. Il possédait maintenant toutes les cartes en mains et ses déambulations dans Boston, ses interrogatoires musclés, lui avaient déjà permis de savoir où les trouver. Le plus souvent, ils traînaient dans les boites de strip-tease du centre, à revendre de la came, mais ce n'était pas là qu'il souhaitait les tuer. Pas au vu de tout le monde, sinon il aurait des ennuis. Ils ne méritaient pas une mort médiatisée, mais plutôt de décéder au fond d'une ruelle où personne ne les entendraient agoniser. Une fois qu'il eut réussi à se fabriquer un silencieux digne de ce nom, c'est-à-dire une semaine après sa date anniversaire, il se mit en chasse. Le 07 avril 1986, il allait exécuter son premier double meurtre.




Chapter Three ; L'unité Cobra


Il entendit la porte de l’entrée du bâtiment céder, ses gonds arrachés et les pas des hommes lourdement armés pénétrer dans la première pièce. Tandis que des ordres étaient criés, il continua de descendre à la volée les marches de l’escalier moisi, passa par-dessus la rambarde une fois qu’il fut près du sol et s’élança dans l’ancienne cantine abandonnée, accroupi au plus près du carrelage poussiéreux. John ne comptait pas se faire prendre ici et maintenant. Il attrapa un énorme carton abimé par le temps dans le coin où les cuisiniers devaient certainement stocker leurs matières premières pour préparer les repas et se cacha dessous. Immobile. Invisible. Plusieurs gardes passèrent devant lui sans le voir. Il suffisait d’attendre la fin des recherches, d’attendre qu’ils rebroussent chemin. Il était patient.

Les pas qui s’approchaient, plus légers, semblaient ceux d’une femme. A travers le trou rectangulaire qui servait de poignée au carton, John eut tout le temps de l’observer. Blonde aux cheveux légèrement bouclés, les yeux verts, un visage ferme. Armée elle aussi, mais d’un simple revolver et vêtue d’une étrange combinaison blanche, moulante. La trentaine tout au plus. Elle s’arrêta au milieu de la pièce tandis que sa radio émettait un léger bruit blanc.

« Négatif Boss, il est introuvable, statua une voix, sans doute celle d’un garde à sa recherche.

« Il est ici. Adam et Johanssen ont fait surveiller toutes les sorties, des bouches d’égout aux aérations. Cherchez bien. Répondit-elle simplement, sans froideur ni colère.

John était donc bloqué dans ce vieux bâtiment jusqu’à ce qu’il se fasse trouver où qu’ils partent. La situation s’envenimait plus vite que prévu.
[UNDERCO]


Chapter Four ; Quiet.



Le climat d’Irak, impétueux et dur, avait accueilli John de plein fouet lorsque l’hélicoptère s’était posé dans la zone des opérations. Une première pour lui qui n’avait jamais foulé ce sol à la fois sablonneux et montagneux, ni vécu cette chaleur accablante. Ce fut donc dans son treillis aux couleurs du désert, avec une belle écharpe aux motifs dorés et des lunettes pour se protéger du sable qu’il était parti sur les routes de terre battue. A pied d’abord, puis avec un cheval que lui avaient mit à disposition des membres de l’unité de renseignement sur le terrain, venus à sa rencontre depuis un village voisin. The Boss, lorsqu’elle l’avait mandaté, lui avait expliqué la situation dans laquelle il allait se retrouver. La troisième guerre du Golfe avait tout juste débuté avec le débarquement des troupes américaines au sol. Dans ce contexte, il avait une mission officielle et une mission officieuse. La première consistait à se rendre dans la centrale électrique la plus proche de la zone d’atterrissage, non loin de Mossoul pour y endommager les installations et freiner les frappes terroristes. Quant à la seconde, la supérieure de John avait refusé avec un sourire amusé de lui dévoiler ce dont il s’agissait, arguant qu’il verrait cela sur le terrain. Ce qui expliquait sa moue boudeuse car il n’aimait pas ce genre de surprises et le fait de ne pas pouvoir s’y préparer de façon adéquate en avance. Il avait cela dit très bien compris qu’il s’agissait d’un test. Infiltrer une centrale électrique n’était qu’une formalité, un objectif parfaitement réalisable pour tous ses collègues mais c’est John qui avait été choisi et lui seul. Avant même que la nuit ne tombe, les câbles avaient été sectionnés, les distributeurs trafiqués, les générateurs explosés. Et il était reparti sur les routes pour semer de possibles poursuivants, avait dormi à la belle étoile sous un arbre, sans plus aucun but si ce n’est d’attendre cette fameuse surprise.

Douze heures, cela faisait très exactement douze heures qu’il avait débarqué. Bon, certes, il avait dormi pendant huit d’entre elles et durant les quatre autres, il avait eu à supporter les blagues débiles d’Adam dans son oreillette. Des coordonnées menant à des ruines bombardées, c’était tout ce que The Boss lui avait divulgué pour le moment et il s’y rendait non sans un certain mécontentement. A dos de cheval, le chemin ne semblait pas si long mais entre les patrouilles ennemies à éviter et une tempête de sable qui l’avait immobilisé un bon moment, les minutes puis les heures s’étaient égrenées. Aussi laissa-t-il échapper un soupir de soulagement quand il atteignit sa destination.

A coup sûr, les hauts bâtiments de pierre qui avaient été construits au cœur de cette oasis devaient être magnifiques il y avait de cela encore quelques années. Maintenant que la structure avait été saccagée et que ces ruines étaient tout ce qui crevait le sol rocailleux, on devinait à peine ce qu’elle était censée représenter. Une arche de roche calcaire au centre restait le seul vestige tenant encore fièrement debout. John se surprit à sourire tandis qu’il s’approchait. Il ignorait si ce sentiment de bien être soudain était du à la végétation luxuriante qui se mêlait au sable et aux rochers en contrebas ou bien à la rivière dont le courant puissant faisait rugir un écho lointain. Aussi paisible que cela paraisse, il ressentait cette émotion paradoxale de ne pas être totalement tranquille ; un coin de sa tête n’oubliait pas que quelque chose se tramait ici.

— Eh, John ! Attends j’en ai une bonne ! rigola Adam que l’intéressé entendait à peine. Pourquoi le cercueil d’un homme qui est mort de rire est-il tout petit ? Parce qu’il était plié en quatre !


Le regard accablé que le soldat laissa glisser sur les ruines aurait du être adressé à son confrère qui était lui aussi plié de rire au bout du fil. Il était si lassé de ces blagues qu’il ne parvint pas à repérer le scintillement d’un viseur au loin. Comme quoi, la prudence valait vraiment plus que la paix. A côté du bruit de l’eau et des gazouillements d’oiseaux, John entendit le craquement caractéristique de la poudre à canon qu’on allumait et l’écho du tir d’un fusil longue portée dont la balle fusait dans l’air. Son premier réflexe fut de se laisser tomber de sa selle avant que son cheval ne se cabre face à la balle qui l’avait frôlé de peu. Il roula au sol tandis qu’un deuxième tir se faisait entendre, ricochant à l’endroit où il se trouvait à quelques centièmes de seconde près et sauta derrière un pilier écroulé pour se mettre à couvert, tout ses sens en éveil. Avec tout ça, il n’avait même pas vu d’où on avait tenté de le tuer.

— John, tu vas bien ? L’unité de renseignement nous à pas prévenu qu’il y avait un sniper sévissant dans le coin ! Tu l’as repéré ?


John prit quelques secondes pour se ressaisir avant de glisser sa tête au dessus du pilier pour repérer son agresseur. Tentative vaine puisqu’un nouveau tir se fit entendre et qu’il dut se rallonger à même le sol.

— J’y travaille, donne moi cinq minutes… On a pas d’infos sur lui j’imagine ? Où est Joy, je suis sûr que c’est une de ses manigances ! râla-t-il en déposant son équipement au sol pour en faire l’inventaire.


Le rire si rare et caractéristique de sa supérieure résonna juste derrière Adam et elle s’installa avec un raclement de chaise à côté de son fils pour prendre la parole.

— Effectivement, c’est l’une de mes manigances. Je me suis dit qu’une présence féminine ne ferait pas de mal à l’équipe, histoire de… rehausser les mentalités. Le sniper que tu as en face de toi est connu sous le pseudonyme de Tihij en Russe. Son vrai nom est Natasha, une de mes connaissances. Elle m’a contacté récemment et a demandé à se joindre à nous. Tu évalueras bien vite les talents dont elle dispose. Il s’agit d’un rite d’initiation pour elle et d’un simple entraînement pour toi. Ça ne devrait pas te poser de problème, n’est ce pas ?


Parfois, John regrettait d’être si fanfaron. Ce moment là en faisait partie même s’il acceptait le défi avec motivation et fierté. Tihij voulait dire Quiet en anglais. Silencieuse elle semblait l’être, hormis le bruit que faisait son arme.

— J’ai pas le droit de la blesser mais elle, elle peut, c’est ça ?


— Pas mortellement mais oui, tu as tout compris, mon cher disciple. Rends-moi fière maintenant.


Oh, il y comptait bien. Il ne voulait pas la décevoir. Il lui fallait réfléchir un instant. Si cette snipeuse avait été surnommée en russe, cela voulait dire qu’elle l’était certainement mais sa nationalité importait peu ici. Devant lui se trouvait son fusil d’assaut et une grenade, inutilisables s’il ne devait pas la blesser. Seul lui restait son pistolet à balles tranquillisantes, le problème étant que sa portée était loin de celle d’un fusil de précision comme celui qu’elle semblait posséder. Il allait devoir se rapprocher stratégiquement de sa position sans se faire toucher mais d’abord, il fallait la repérer.

— J’imagine que je peux pas lui envoyer un largage d’approvisionnement hein ? essaya ce gentil Adam même si Joy ne laissait rien passer pour lui non plus, qu’il soit son fils ou pas.


— Et puis quoi encore ? Préviens l’hélico pour aller les chercher quand ils en auront terminé mais pas plus.


Un largage lui aurait été très utile au vu du peu de munitions qu’il possédait. Le soleil commençait à pointer, haut dans le ciel, ses reflets rendraient un repérage encore plus difficile, tout comme une infiltration en bonne et due forme pour se rapprocher d’elle. Toujours à couvert, il attrapa ses jumelles d’infiltration (Ce sont des jumelles équipées d’un micro directionnel et d’un enregistreur, d’une vision infrarouge et nocturne, très pratique en infiltration, d’où leur nom !) et s’attela à sa tâche première, la trouver sans se faire toucher. En premier lieu il se basa sur les sons entendus précédemment, en espérant qu’elle n’avait pas bougé. Le problème étant qu’elle connaissait déjà sa position mais au fur et à mesure qu’il se faisait canarder derrière son abri de fortune, il avait vite compris quelles occasions se présentaient ; Son sniper possédait des chargeurs de cinq balles, au bout de cinq tirs il avait donc environ quatre secondes, le temps qu’elle recharge et, entre chaque tir, environ une seconde le temps qu’elle arme son fusil pour la prochaine tentative.

Alors que son balayage s’approchait de l’arche centrale, celle qui tenait toujours debout, il aperçut ce scintillement qu’il avait manqué la première fois. Profitant toujours de ces temps morts entre chaque tir pour l’observer, il put prendre note de certains détails. Caucasienne, elle semblait jeune, très jeune. Presque adolescente si son visage ne trahissait pas une certaine maturité. Il lui donnait entre seize et vingt ans d’âge. John nota également avec une certaine fierté qu’il avait trouvé quelle arme elle utilisait avant de la voir, simplement à la portée, au bruit et aux munitions. Un fusil soviétique, assez léger mais le canon fin permettait difficilement l’utilisation de silencieux. Si cette Tihij en avait eu un, le jeune homme serait mort dès le premier tir vu que c’était la détonation l’avait alerté. Son terminal restait désespérément silencieux alors qu’il cherchait une solution pour se rapprocher d’elle sans se prendre une balle. Elle semblait être une tireuse d’exception, avec une précision qu’il avait rarement observée auparavant. Le défi était de taille mais il avait un plan. Il sourit alors qu’il se préparait à le mettre en place.

Natasha avait seize ans lorsqu’elle s’était présentée à l’armée, sans autre but aucun. C’était soit ils l’acceptaient, soit elle se foutait en l’air. Hors de question pour elle de retourner chez son père, c’était impensable. C’était dans cette situation désespérée qu’elle avait rencontré The Boss, venue former de jeunes troupes Spetznas pour quelques semaines. Une chose impensable aujourd’hui, où les tensions de la Guerre Froide battaient leur plein. Même si cette dernière était loin d’une psychologue, elle avait « suivi » la jeune femme jusqu’à ses dix huit ans, âge où Natasha en avait profité pour demander l’intégration à son unité d’infiltration. La CIA avait d’abord refusé au vu du contexte politique tendu entre la Russie et les Etats-Unis mais Joy s’était portée garante de sa fidélité aux Nations Unies. Tihij était donc là, en Irak. En plein cagnard à viser un jeune soldat étrange qui pointait sa tête de derrière un rocher depuis une demi-heure, un peu comme à Duck Hunt sur NES sauf qu’elle perdait à chaque fois.

Elle commençait à s’impatienter, d’autant que le challenge était plus ennuyeux que ce que sa supérieure et amie lui avait promis. Au début, l’angoisse de devoir affronter un membre de son unité, et le meilleur qui plus est, l’avait tétanisée mais si c’était le meilleur qu’elle avait sous les yeux… Était-il en train de tester sa patience justement ? Et qu’attendait-il qu’elle fasse ? Qu’elle jette son sniper de rage et descende de son perchoir ? Avec un soupir d’agacement, elle roula des épaules pour tenter de refroidir son dos chauffé par le soleil et cette évidente seconde de distraction fut le moment que John choisit pour plonger hors de sa cachette et se ruer dans les ruines de la vallée en contrebas, comme s’il savait à quel moment précis cela allait se produire. Natasha tira à deux reprises, ses balles se fichant dans la roche, à chaque fois peu après son passage.

— Merde ! siffla-t-elle en mordant sa lèvre.


Sans plus attendre, elle scanna les environs du dernier endroit où elle l’avait aperçu. De sa position, elle avait une bonne visibilité sur toute la zone mais les ruines en contrebas pouvaient également être utilisées à son désavantage, d’autant qu’elle ne pouvait pas bouger de l’arche. Si elle allait d’elle-même au contact, elle n’aurait aucune chance. Elle se devait de le retrouver au plus vite pour l’empêcher de continuer d’avancer vers elle, inexorablement, tel un serpent dans des hautes herbes. Elle tenait à rester le chasseur et ne voulait pas devenir la proie. Une soudaine explosion indéfinie dans les ruines à sa droite la fit sursauter et elle y concentra toute son attention pour comprendre sa source. Cela ne pouvait être que lui, mais pour quelle raison aurait il fait exploser quelque chose ? Quand le sable retomba, elle ne vit rien que l’impact laissé par ce qui semblait être une grenade. Elle rassembla ses pensées et se fustigea sans pour autant prononcer le moindre mot à voix haute.

Une distraction ! Pourquoi je m’en suis pas rendue compte plus tôt !


Comme son adversaire précédemment, elle repartait maintenant de zéro. C’était à elle de le trouver et il pouvait être derrière chaque rocher. Cela faisait partie de l’entraînement, elle ne devait pas laisser des émotions comme la stupeur, le doute ou l’anxiété prendre le dessus. Les minutes passèrent, sans bruit et sans mouvement autres que la nature environnante. Finalement, un autre son léger sur sa gauche se fit entendre, qu’elle ne reconnut pas, comme du papier froissé. Elle se tourna rapidement dans la même direction pour y faire face et détermina que ce son avait été causé par un vieux magazine qu’on avait balancé. Un de ceux que John emmenait s’il avait besoin de faire du feu. Il fallait bien faire avec ce qu’on avait. Perturbée par ces méthodes peu communes, elle fit un effort pour rassembler ses pensées et observer les alentours à nouveau.

Et combien de fois il va faire ça avant d’enfin se décider à tenter quelque chose ? râla-t-elle dans sa tête pour conserver son sérieux.


Ce qu’elle ne semblait pas comprendre, c’était qu’il tentait déjà quelque chose. Il la faisait tourner en bourrique et se rapprochait imperceptiblement à chaque distraction. Elle allait vite en perdre ses moyens, de ne pas voir son ennemi. Quiet comprenait maintenant que The Boss ne lui avait pas menti ; cet homme était réellement très doué pour la diversion et l’infiltration. Depuis qu’il était sorti de sa cachette, elle n’avait plus détecté aucune trace de lui mais le pressentiment qui la parcourait lui disait qu’il allait tenter une nouvelle distraction très bientôt pour se rapprocher stratégiquement. Cette fois, Natasha ne se laisserait pas avoir ; elle allait faire en sorte d’observer les alentours plutôt que de rester focalisée sur la source du bruit. Son cœur tambourinait sans qu’elle puisse le contrôler et jamais elle n’aurait cru qu’une telle attente puisse devenir insoutenable… insupportable.

Comme prévu, elle entendit un nouveau froissement, presque imperceptible derrière elle mais elle resta concentrée et chercha l’homme plutôt que l’objet. Il ne pouvait pas l’avoir lancé de très loin, aussi balaya-t-elle la zone, plus concentrée que jamais. John avait pourtant déjà une longueur d’avance. Il avait prévu que ses diversions ne marcheraient qu’un temps donc plutôt que de trop en user, il avait joué sur sa discrétion. Entre les roches et les ruines éventrées, il s’était frayé un chemin jusqu’à contourner l’arche sur laquelle elle se tenait pour l’escalader, lentement mais sûrement. Il arma son pistolet tranquillisant et Quiet sursauta en entendant un bruit si menaçant aussi proche d’elle. Lorsqu’elle se redressa et se retourna, l’arme de John était déjà pointée sur son front, un sourire narquois s'étirant jusqu’à ses oreilles. Il était juste là, à trois mètres d’elle, ses deux yeux d’un bleu électrique la scrutant pour répondre à la moindre de ses réactions.

— J’ai gagné. Annonça-t-il simplement.


Tous les deux se défièrent du regard un instant. Le jeune homme s’attendit presque à ce qu’elle riposte physiquement pour remettre sa parole en doute mais elle n’en fit rien et avec un soupir agacé elle baissa les yeux. Oui, il avait gagné et elle avait perdu. Maintenant elle doutait d’avoir été à la hauteur. Elle avait manqué tous ses tirs et s’était laissé berner. Elle se sentait encore si loin de Joy et de son unité d’élite, de ses modèles…

— Tu t’es bien débrouillée, au début j’étais coincé je savais pas du tout comment faire, t’as l’air plutôt efficace, avoua John en lui tendant la main pour qu’elle la serre. Viens avec moi, The Boss voudra te parler.


Il ne voulait pas se prononcer sur la décision de sa supérieure mais il la voyait déjà dans leur équipe. Natasha se secoua un peu et lui serra la main en retour, une esquisse de sourire se peignant sur son visage. Elle allait bien voir ce que disait Joy oui et même si elle se joignait à eux, l’entraînement ne serait pas fini, elle allait encore progresser. Elle pourrait toujours utiliser cela comme un argument.

— Merci… C’était ingénieux aussi ta méthode d’approche, je n’avais jamais vu ça, lui répondit-elle.


Au-delà de sa fierté jetée aux orties par cet homme qui l’avait piégée comme une débutante, elle sentit poindre un intense sentiment d’admiration, si bien que la rancune de la défaite s’éloignait peu à peu. En attendant l’hélicoptère, ils s’assirent côte à côte au bord de l’arche et prirent le temps de boire et de grignoter un petit quelque chose.

— Le magazine de porno gay, il est à toi ? ricana elle après un moment, en référence à celui qu’il avait jeté pour la distraire.


— Carrément pas ! Il est à Adam ! répliqua l’intéressé, un rictus mi agacé mi amusé peignant les traits de son visage. Faudra que je le récupère pour le lui donner d’ailleurs, sans que sa mère le voie.


— Espèce de salaud ! Traître ! Ça se dit pas ce genre de choses ! Tu sais que c'est enregistré !s’écria le coupable à travers son terminal, lui qui avait suivi toute la conversation.


Les deux adversaires rirent de bon cœur un moment tandis que le bruit caractéristique de leur moyen de transport aérien résonnait au loin. Ils allaient pouvoir faire plus ample connaissance à l’intérieur. Et par la suite encore puisque Natasha ne quitta plus la Virginie et intégra l’unité dès le lendemain.


Chapter Five ; Mission Vertueuse




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Kept you waitin' huh ? [UNDERCO : 40%]

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