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 Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]

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MessageSujet: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Dim 7 Juin - 17:07


Elle était pétrifiée et complètement nue. Ils étaient nombreux et couverts d’épaisses doudounes, de bonnets, d’écharpes colorés. Elle ne savait pas comment elle s’était retrouvée là. Souvent sa mère la menaçait de l’emmener à l’école nue si elle continuait de prendre du poids et de rendre des vêtements trop petits pour elle.  Il fallait croire que cela avait fini par arriver. Elle était énorme, il y avait longtemps qu’elle n’avait pas été aussi énorme. Elle était gonflée comme un ballon et ses bras, elle ne pouvait pas les tenir verticaux le long de son corps tant sa taille était imposante. Lorsqu’elle baissait les yeux pour éviter leur regards elle ne voyait plus ses pieds. Tout ce qu’elle pouvait voir était la protubérance de son énorme ventre. Elle avait du mal à  marcher, à se déplacer.

De toute façon elle ne pourrait pas aller bien loin car elle était complètement encerclée. Ils étaient pus grands qu’elle et leurs dents blanches révélaient leur bouche sans fond. Ils riaient en la montrant du doigt dans un vacarme assourdissant. Ils formaient comme une ronde floue et colorée. Le souffle court, ses pieds nus dans la neige, elle attendait qu’ils aient terminé de rire.

Mais il semblait que cela n’aurait jamais vraiment de fin et qu’elle allait mourir là. Elle avait tellement froid que bouger lui semblait impossible. Tout autour, par dessus le bruit de leurs rires il y avait beaucoup de vent qui lui fouettait la peau. Elle voulait mourir là. La morsure du froid était douce comparée à celle de la honte qu’elle ne connaissait que trop bien.

A un moment elle ne put plus la supporter alors elle perça le cercle criant de rage, sanglotant à moitié. Ils s’étendaient à l’infinie. Partout, où qu’elle aille, elle courrait dans ce couloir de rire infernal, dans le froid, les pieds dans la neige. Elle ne pouvait pas dire s’il faisait jour ou nuit, elle ne pouvait pas dire quel jour on était, tout ceci durait juste continuellement et il n’y avait aucun moyen d’en réchapper.

Alors elle s’arrêta de courir pour les laisser l’encercler à nouveau alors que ses bras ne parvenaient même pas à faire le tour de son corps. En face d’elle se tenait soudain sa mère, dans un épais manteau de fourrure. Au dessus d’elle serait un terme plus exact tant elle était immense.

⎯ Qu’est ce que tu as encore fait Miranda ? ragea-t-elle Qu’est ce que tu as encore fait ?

Les mains s’approchèrent de son corps, elle les sentit glisser sur son dos, ses fesses et dans un cri d’horreur elle se réveilla.

Sa première pensée fut de se demander pourquoi la sensation du froid mordant de son rêve persistait aussi longtemps. Elle battit des paupières pour achever de se tirer du sommeil. Il fallait faire quelque chose, elle avait trop mal. Mais ses yeux s’ouvrirent sur le noir de la nuit et sur le blanc de la neige.

De la neige, elle dormait toujours ? Elle se sentait si faible et si gelée qu’elle n’en savait plus rien. Maladroitement elle se leva et elle gémit de douleur quand la rafale souffla. Elle ne reconnaissait pas cet endroit. Elle avait la sensation qu’elle était en train de mourir lentement.

Alors qu’elle ne bougeait pas, debout dans la neige, la panique surgit brusquement dans sa poitrine. Elle n’était pas en train de dormir. Elle était bien réveillée. Elle était dehors par moins quarante en chemise de nuit. Elle ne voyait rien, elle n’avait aucune idée de où se trouvaient les bâtiments desquels elle était sortie. Elle allait mourir. Ici. Vraiment.

Pendant un moment son esprit ne fut que terreur et douleur. Elle songea à se laisser mourir là, à se rendormir. Et puis brutalement l’instinct de survie repris le dessus. La souffrance rampa en elle comme un torrent de lave. Il fallait faire quelque chose pour s’y soustraire parce qu’elle ne la supporterait pas une seconde plus. Pourtant elle n’avait pas le choix.

Elle cria de rage et de désespoir et cette fois elle ne se réveilla pas. Il fallait continuer d’endurer cet enfer blanc. Pour aller où, pour faire quoi ? Survivre.

Pour survivre il fallait bouger. Choisir une direction et s’élancer. Elle essaya de marcher alors que ses joues roulaient des larmes gelées mais la douleur était trop intense. La vieille douleur dans sa jambe hurlait comme au premier jour. Il lui sembla qu’il se passa une éternité  à trembler à sentir son estomac de soulever à lutter contre cette énorme fatigue qui tombait sur elle comme une enclume.

Pourquoi s’était-elle réveillée si c’était pour sombrer pour la dernière fois ?

Elle marcha tant qu’elle put avant de s’écrouler dans la neige. Elle lutta pour ne pas fermer les yeux de toutes ses forces. Miranda ne voulait pas mourir. Elle se demandait pourquoi. Qu’avait-elle donc tant dans la vie qui mérite de s’y accrocher. Ça n’était pas comme si elle était quelqu’un de bien. Finalement ses paupières se fermèrent et elle laissa le froid l’envahir. Elle avait toujours fait ce qu’il fallait pour s’en sortir dans la vie, mais il ne fallait pas lui demander l’impossible non plus. Elle était fatiguée.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Lun 8 Juin - 19:19


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : T'es sadique et je te boude, je me vengerai na ! Moi j'ai fait 900 mots tout pile, c'est fun xD






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Un nombre incalculable de papiers trainaient encore sur ce fichu bureau verni, si bien qu’il semblait avoir changé de couleur, être passé au blanc, piqueté de noir. Pourtant il était déjà deux heures du matin… Ridley ne pouvait plus vraiment continuer, il venait de passer ses cinq dernières minutes à relire la même phrase, parmi les attestations et autres qu’il venait de recevoir de Miranda, concernant son suivi psychologique pour le SCP-049. Elle l’avait devancé. Il comptait l’appeler pour qu’elle vienne en personne mais elle avait choisi de les lui envoyer. Qu’elle l’évite le rendait triste à un point qu’il n’avait sans doute pas envisagé. Tout dépendait des gens en fait. Certaines personnes, il s’en foutait clairement et d’autres cela lui minait un peu le moral. Il fallait sans doute qu’il se raisonne un peu, au final, il ne la connaissait pas si bien que ça et si elle voulait rester loin de lui, c’était sa décision.

Après sa longue journée, il décida enfin de relever la tête, de quitter son écran et ses feuilles des yeux. Il était peut être l’heure d’aller se coucher effectivement. En réprimant un bâillement, il réorganisa et tria encore un peu ses papiers pour le lendemain. Il n’aimait pas laisser son bureau en désordre. En se levant, il glissa un regard par la fenêtre et s’immobilisa. Pas forcément parce qu’il avait une belle vue sur l’étendue de neige entre les bâtiments. Non plutôt parce que quelqu’un semblait se balader dehors à cette heure. En chemise de nuit, ses cheveux roux en bataille éclairés par la lumière de la Lune, dans le froid polaire du Groenland. Si cela avait été un garde, il  ne s’en serait pas formalisé surtout qu’il serait vêtu autrement. Mais là, c’était celle qui occupait ses pensées ; Miranda. Il ne se demanda pas comment. Il ne se demanda pas pourquoi. La seule affirmation qui lui venait avec certitude c’était qu’elle allait mourir.

Il manqua de se prendre son bureau si bien rangé dans les genoux lorsqu’il s’élança vers la sortie, saisissant sa doudoune sur le porte manteau à côté. Il ouvrit la porte à la volée, ne prit même pas la peine de la refermer et s’élança dans les couloirs, dévalant les escaliers quatre à quatre au risque de chuter, allant même jusqu’à passer par-dessus les rambardes pour gagner du temps. Dehors et dans cette tenue, la survie d’une personne se comptait en secondes. Il se refusait à l’idée qui le taraudait que, quand il arriverait, cela serait peut être déjà trop tard. La porte de service au bout d’un couloir sinueux ne lui résista pas longtemps. Il enfonça sa carte dans le lecteur et l’ouvrit d’un coup de pied, s’élançant dans cet enfer de glace où elle s’était perdue. L’angoisse montait car elle n’était plus là où il croyait l’avoir vue, forcément elle avait du bouger. Elle n’était pas bien loin de là cela dit et il n’eut qu’à suivre les empruntes pour la retrouver écroulée dans la neige. Il fallait qu’il éloigne cette voix qui lui disait qu’elle était déjà morte, qu’il n’avait rien pu faire, qu’il avait été trop lent, trop obnubilé par son travail pour avoir regardé par la fenêtre quelques minutes plus tôt.

Sans hésiter il se jeta sur elle et l’arracha à ce manteau blanc qui semblait vouloir l’engloutir, comme de l’eau glacée dans laquelle on l’avait si longtemps et si souvent plongé. Ridley n’arrivait plus à respirer. L’air froid lui déchirait les poumons et les souvenirs qui remontaient, l’affolement, n’aidaient en rien. Il recouvrit Miranda avec sa veste et se dépêcha de rebrousser chemin. Il fallait rentrer, aller au chaud, avant qu’il ne se retrouve dans le même état qu’elle. Même habillé, il sentait le vent le fouetter comme autant de lames de rasoir qu’on enfonçait dans sa chair et pour elle cela devait être encore pire. Il claqua la porte derrière lui et s’écroula contre le battant une fois à l’intérieur. La réveiller, il fallait qu’elle se réveille. Et l’emmener à l’infirmerie aussi. Peu importe l’heure, Evans avait intérêt à se lever.

— Miranda, l’appela-t-il en essayant de calmer son angoisse. Il n’osait pas la secouer de peur qu’elle se soit changée en glace et qu’il la brise. Miranda ouvrez les yeux, tout va bien on est à l’intérieur, au chaud… Je vous emmène avec moi… ça va aller d’accord ?


Il n’en savait rien si ça allait ou pas à vrai dire. Rien du tout. Il cherchait juste à se rassurer alors même qu’elle semblait déjà morte. Il n’osait pas tenter de le vérifier, il ne voulait pas. Alors il la serra contre lui et se releva.  Il ne se mit pas à courir de peur de tomber avec elle mais il trottina nerveusement, assez vite, en lui frottant les bras, le dos, partout où il pouvait sans risquer de la faire chuter. La voix dans sa tête lui répétait que c’était inutile, qu’il était inutile et que ce n’était pas avec ces petits gestes qu’il sauverait sa vie. Que même les médecins, ces monstres, étaient plus utiles que lui. Soit ils l’achèveraient soit ils la sauveraient mais lui ne pouvait littéralement rien faire d’autre que de la tenir là dans ses bras et de marcher, à essayer de la rassurer alors qu’elle ne l’entendait sans doute pas. Et puis la rassurer ? Quelle ironie, cela s’entendait dans sa voix qu’il ne l’était pas. Futile.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mar 9 Juin - 20:25

Elle avait sombré dans le noir un long moment, lui semblait-t-il. Tout était toujours aussi sombre, elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Le vent ne hurlait plus à ses oreilles mais quelqu’un était là et lui parlait. Elle était presque sûre qu’elle était toujours au milieu du désert blanc et la seconde d’après elle se disait qu’elle rêvait et que tout cela n’était qu’un long cauchemar. Quelque chose de chaud attirait son attention sur tout un côté de son corps. D’abord elle pensa confusément que cela devait être la partie d’elle qui touchait le sol et qui était donc protégée des battements continus du vent. Mais ensuite elle s’aperçut qu’elle se déplaçait.

- Je vous emmène avec moi… fit une voix d’homme au milieu d’un flot d’autres paroles.

Miranda ne voulait aller nulle part avec un inconnu elle entendait encore les voix rire dans sa tête mais cette fois ses mains sur son corps n’étaient pas une illusion. Elle se sentait tellement faible déjà, tellement à bout, presque morte et tout son corps était douloureux, mais il fallait encore se battre. Lutter.

Elle aurait voulu pousser un cri, un cri de guerre un vrai mais seul un gémissement lui échappa. C’était toujours pareil. Elle était une proie et son agresseur ne réaliserait sans doute même pas à quel point elle était effrayée. Tout effort pour se départir de cela était vain, elle le savait mais elle ne pouvait pas se résoudre à vivre ce qui l’attendait sans doute au bout du trajet. Elle se débattait faiblement et les larmes roulèrent sur ses joues depuis ses paupières qui battaient parce qu’elle était trop épuisée pour les maintenir ouvertes. Et toute cette lumière. Elle était éblouie.

- Naaa, lâchez moi…supplia-t-elle faiblement en se débattant toujours.

Elle essayait vainement de rassembler ses esprits tout était flou et confus. Les rires raisonnaient encore dans sa tête et en même temps elle se revoyait seule dans la neige, tétanisée par la panique. Qu’allait-on lui faire encore ? Elle battait des paupières tout en s’agitant alors qu’on l’emportait, inexorablement vers elle ne savait quoi. Pourquoi ne pouvait-on pas juste la laisser tranquille. Dans sa tête les rires raisonnaient. Pourquoi ne pouvait-on pas juste oublié qu’elle existait ?

- Naaa arrêtez de rire, j’ai froid, laissez-moi…

Les mots qu’elle disait n’avaient pas vraiment de sens. Elle voulait crier mais elle n’arrivait qu’a marmonner alors qu’on l’emportait. Elle se débattait avec la force d’une peluche et les larmes roulaient sur ses joues. Sous un battements de paupières, elle reconnu le signe du SCP mais les rires étaient toujours là. Elle compris qu’elle était pas complètement endormie, ni complètement réveillée. Mais elle n’arrivait pas à savoir ce qui était réel ou non. Alors dans le doute, elle continuait de lutter et d’avoir peur. Elle n’osait pas non plus lever les yeux pour regarder son agresseur. Elle avait trop peur de ce qu’elle pourrait voir.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 10 Juin - 9:26


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Il est un peu long ce rp donc ça va même si j'ai l'impression que j'aurais pu faire mieux ^^"






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Ridley était rassuré de voir Miranda bouger, faiblement certes mais c’était signe de vie et il se raccrochait à cela. Ce qu’il appréciait moins, c’est qu’elle semblait se débattre. Pas avec violence elle n’en avait apparemment plus la force mais il voyait très bien qu’elle souhaitait lui échapper. Sauf qu’elle n’était pas capable de marcher toute seule au vu de  l’état de ses jambes rouges, comme brûlées. Au vu de son état général tout court d’ailleurs. Il savait bien ce qu’il lui arrivait là. Elle avait failli mourir, en était toujours bien trop proche alors son cerveau lui faisait voir tout et n’importe quoi. Du moins il supposait que ça soit cela et pas de la répugnance au fait qu’il la touche. Ils n’avaient pas le choix de toute façon. Pour tenter de la ramener à la réalité, il continuait de lui parler, de lui dire que tout allait bien, qu’elle allait s’en sortir, qu’il l’emmenait à l’infirmerie pour qu’on s’occupe d’elle.

— Naaa, lâchez moi… gémit-elle.


Un coup d’œil à son visage suffit à voir qu’elle pleurait. Il ignorait si elle le reconnaissait ou pas mais peu importait, il fit tout le contraire ; la serrer plus fort et caler sa tête sur son épaule et contre son cou pour lui apporter plus de chaleur. Il n’était pas méchant il voulait lui venir en aide. Quel monstre serait-il s’il l’avait juste ignorée ou laissée dans le couloir contre un radiateur pour aller se coucher tranquillement ? Plus jamais il n’aurait dormi ni n’aurait pu se regarder dans un miroir. Il se mit à marcher plus vite.

— Naaa arrêtez de rire, j’ai froid, laissez-moi…


Il était loin de rire pourtant, l’angoisse était beaucoup plus forte. Mais cela confirmait un peu plus son hypothèse qu’elle délirait. Comme il pouvait malgré ses mains prises, il arriva à sortir son portable de sa poche et à envoyer un message à Evans pour lui dire de l’attendre à l’infirmerie et qu’il avait intérêt à courir. S’il dormait et ne le voyait pas, il irait le réveiller lui-même avec une grande engueulade. Puis il la serre à nouveau.

— Vous en faites pas Miranda vous n’aurez plus froid longtemps, tout va bien aller je vous emmène en sécurité et vous pourrez vous reposer… après je vous laisse tranquille.


Il n’était pas certain de pouvoir la laisser tranquille cela dit. Il allait plutôt la veiller jusqu’à ce qu’elle aille mieux oui, clairement. Jamais il ne la laisserait aux mains des médecins, comme il le faisait pour Harp et d’autres. Il pouvait bosser à l’infirmerie si on lui amenait un ordinateur de toute façon. Il entendit la sonnerie caractéristique de son portable qui signifiait qu’il venait d’avoir un message et espérait qu’il s’agisse du docteur. Il ne vérifia pas pourtant, trop occupé à trottiner dans les couloirs vers son but.  Ils manquèrent de se percuter, son médecin et lui à l’entrée de l’infirmerie. Il sortait clairement du lit oui, ses cheveux bruns étaient en bataille et on voyait son joli pyjama bleu sous sa blouse qu’il venait juste d’enfiler. Au point où en était la situation, Ridley n’allait pas faire de remarque. Il voulait juste que Miranda aille bien.

— Mais qu’est ce qui lui est arrivé ?! s’exclama-t-il en voyant l’état de Miranda.


— Je l’ai retrouvé dehors à marcher dans la neige, souffla-t-il. Il ne pouvait pas en dire plus il ignorait pourquoi elle avait fait cela.


Sans même demander pourquoi de toute façon parce qu’il avait les réponses qu’il lui fallait, Evans l’entraina à l’intérieur vers les lits, de façon si bruyante que les infirmières en poste passèrent leurs têtes par la porte de la salle de réunion et qu’une sorte d’effroi et de surprise se peignait sur leurs visages. Ridley eut franchement du mal à la lâcher pour la poser sur le lit et le médecin dut le lui demander plusieurs fois.

— Je vais pas la manger dès que tu l’auras posée Ridley, si tu es venu là et que tu m’as dit de me bouger c’était pour que je l’aide non ? Alors laisse-moi l’aider. Et si on pouvait m’apporter un chariot d’urgence et des bouillottes ça serait bien ! s’écria-t-il en direction des infirmières qui se bougèrent enfin.


Une partie de lui le savait mais l’autre lui disait qu’Evans l’avait manipulé depuis le début pour qu’il en vienne à avoir besoin de lui. Mais ce qui était un fait c’était que Miranda allait mal et il ne voulait pas aggraver son cas. Il lui avait promis qu’il la lâcherait dès qu’ils seraient arrivés… Il resta à côté d’elle et lui serra tout de même la main une fois allongée mais histoire de l’écarter et d’éviter qu’il n’en vienne à lui souffler dans le cou, Evans le chargea de s’occuper des bouillottes et de les mettre tout autour d’elle pour la réchauffer. Il essaya de l’appeler, se rassura un peu quand il vit qu’elle était conscience même si elle semblait toujours perdue. Les infirmières vinrent en plus avec deux couvertures chauffantes mais il n’était pas encore le moment de la recouvrir avec.

— Vous me préparez une perf’ de NaCl 1 litre avec 20mg de morphine, et vite. Chauffée à 36°C si possible, 21 gouttes par minute.


Le temps que les infirmières s’exécutent, Evans sortit une paire de ciseaux. Tant pis, ses chaussettes allaient y passer mais s’il les retirait comme ça il arracherait la peau avec. Et il se ferait trucider. Ridley serrait les dents dans son coin pour ne pas l’engueuler et lui dire de lui donner quelque chose de plus efficace, genre un SCP-500. Il ne supportait pas de la voir avec des jambes brûlées par la glace, qu’elle soit sous morphine ou pas. Surtout en étant sous morphine. Il fallait qu’il la surveille, ce poison là était très dangereux, il le savait plus que bien. Une fois cela fait, il s’occupa d’enrouler ses jambes dans les bandages et installa la perfusion pendant que les infirmières se chargeaient des scopes. Ça aussi Ridley détestait. Ces machines qui bipaient et déconnaient parce qu’elles faisaient n’importe quoi. Il avait du mal à accepter que Miranda les subisse, énormément. Alors il rongeait son frein et ne disait rien. Mais si son état ne s’améliorait pas, il allait bien s’énerver. Peu à peu, ce bouillonnement d’activité cessa autour de Miranda.

Evans prit le temps de souffler, la recouvrit avec les deux couvertures qu’il alluma et vérifia ses paramètres. Sa température remontait doucement ce qui était plutôt bon signe mais il lui installa quand même de l’oxygène et les lunettes parce que c’était toujours mieux avec et que ça ne coûtait rien. A côté, Ridley devait osciller régulièrement entre le blanc et le rouge, raide et sans bouger, si ce n’est pour frotter la main de Miranda et la réchauffer même si tout cela était bien inutile. Finalement le médecin se pencha un peu au dessus d’elle pour voir si elle avait les idées plus claires.

— Vous m’entendez Miranda ? Vous êtes à l’infirmerie, je suis le docteur Evans, vous me reconnaissez ?


Tant qu’elle ne bougeait pas trop les jambes ça devrait aller, quoiqu’elle n’en serait sans doute pas capable avant quelques heures. Il fallait de la morphine parce que la douleur serait trop intense mais si elle ne la sentait plus cela pouvait porter préjudice, elle pouvait penser qu’elle n’avait rien. Puisque Ridley ne voulait pas la lâcher, ça serait sans doute lui qui vérifierait qu’elle ne bougeait pas le plus petit orteil.

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Dernière édition par Ridley Moran le Mer 10 Juin - 14:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 10 Juin - 12:04

Elle essayait en vain de secouer son esprit de comprendre ce qui se passait. Elle était quelque part qu’elle connaissait à demi consciente et la douleur hurlait dans tout son corps. Elle était glacée mais elle se sentait comme brûlée et son corps criait de toutes ses forces. Elle aurait voulu prendre connaissance. Mais elle devait encore de se défendre. Elle était contre quelqu’un et cela ne pouvait que mal finir. Des gens qu’elle ne voyait pas continuaient de rire tout autour d’elle. Tout cela allait mal finir alors elle luttait contre celui qui la tenait contre lui en sanglotant. On lui parlait mais elle comprenait un mot sur deux. Elle n’arrivait décidément pas à se réveiller complètement, à clarifier sa conscience, à sortir de sa léthargie qui la laissait à la merci d’elle ne savait qui et d’elle ne savait quoi.

- Après je vous laisse tranquille, entendit-elle.

Après quoi ? Elle n’était pas sûre de vouloir le savoir. Il y eu un arrêt net dans le mouvement et elle gémit de nouveau. Même sans bouger, elle avait très mal. Ils étaient plusieurs maintenant il y avait plusieurs voix. Elle essayait de comprendre les mots mais ils lui échappaient désespérément, comme de l’eau entre ses doigts. Il fallait dire que les rires toujours présents l’assourdissaient. Elle ne savait pas combien ils étaient en tout pour assister à son calvaire.

Il était question de marcher dans la neige. C’était ce qu’elle avait fait oui. Ils devaient sans doute trouver cela ridicule aussi. Et ça l’était. Elle s’était presque tuée dans la neige, elle le savait. Ils allaient profiter qu’elle soit faible et à leur merci sans doute.

-Laissez-moi tranquille, supplia-t-elle encore très faiblement. Elle n’en pouvait plus d’avoir mal, d’entendre tous ces rires l’envahir et l’assourdir. Elle avait la nausée, elle voulait vomir mais c’était comme si elle n’en avait pas du tout la force.

Elle se débattait mais on refusait de la lâcher. Et plus le temps passait et plus la panique grandissait comme si elle avait été assourdie jusque là par la morsure du froid. Il fallait se libérer, il ne fallait pas laisser faire ça. De quoi qu’il s’agisse c’était dangereux et elle n’avait pas confiance. Elle entendit parler d’urgence. Autour d’elle on ne riait plus, on criait. Qu’avait-elle fait de travers ? Pourquoi allait-elle être punie. Pour s’être aventurée dehors, pour avoir voulu fuir sans doute. Il était question aussi d’aider quelqu’un mais elle ne comprenait pas qui comment pourquoi. Elle n’avait pas besoin d’aide, elle avait besoin qu’on la laisse fuir et c’était tout. Elle était allongée maintenant, lui semblait-elle, mais la prise ne voulait pas lâcher complètement. Sa main était toujours prisonnière. Pour lui rappeler sans doute qu’elle l’était toujours puisqu’elle n’avait absolument pas la force de se lever de là où elle était.

Elle essaya malgré tout, se débattant toujours. La chaleur l’envahissait mais c’était un piège elle le savait. Elle n’allait pas se laisser avoir. Elle avait toujours aussi mal. Elle aurait voulu crier et enfin réussir à interrompre de tohu-bohu qu’elle sentait tout autour d’elle. Lorsqu’elle ouvrait les yeux elle ne voyait que des formes floues. Ses yeux étaient trop remplis de larmes et la lumière était beaucoup trop vive. Elle sentait qu’elle perdait tout pouvoir sur sa propre existence, et ce sentiment lui était trop familier.

Elle renvoyait son visage. Et celui des deux autres, goguenard alors que ce qu’il lui restait d’amour propre s’en allait à jamais. Si on l’avait eue avec des mots doux, on l’aurait tout aussi facilement par la force.

Il y eu une volée de terme médicaux. Etait-elle à l’hôpital. Clarifier, il fallait clarifier sa pensée mais tout allait trop vite et elle se sentait trop vidée elle avait beaucoup trop peur aussi. Elle sentit que ses grandes chaussettes ne lui couvraient plus les jambes, on les lui coupaient doucement et la douleur criait sur sa chair brûlée. Mais tout ce qu’elle pensait c’est qu’elle allait être jambes découvertes devant tout ce monde. Alors elle pleura de plus belle. L’histoire se répétait. Elle essayait de retirer sa main à cette pression qui la serrait sans y arriver.

-Non, non, non, non laissez-moi mes vêtements, je veux pas me déshabiller, je veux pas que vous, je veux pas…

Les rires explosèrent à nouveau dans sa tête et elle replia douloureusement ses jambes pour essayer vainement de les cacher un peu à leur vue. Cela lui arracha presque un cri cette fois. A ce moment là, la douleur la submergea totalement et elle gémit encore, incapable cette fois de penser à quoique ce fut ou de redouter quoique ce fut d’autre. Elle cru qu’elle allait mourir là. Glacée vive.

Mais étonnamment la douleur s’amenuisa brusquement. Elle comprit qu’on l’avait couverte. L’agitation c’était calmé et tout ce qu’elle sentait c’était qu’on tenait toujours sa main. Mais ce geste maintenant avait une signification complètement différente. Elle papillonna un peu des paupières. Qui pouvait bien avoir un tel geste à son égard. Elle avait beau réfléchir elle ne voyait pas qui pourrait. Elle avait du mal à ouvrir les yeux. De son autre main elle toucha son visage, apparemment… on l’aidait à respirer. Elle était à l’hôpital. Elle n’arrivait pas à remettre les choses en ordre son esprit était trop lent pour cela. Mais cette fois, elle était sûre que tout ce qu’elle sentait était réel.

-Vous m’entendez Miranda ? Vous êtes à l’infirmerie, je suis le docteur Evans vous me reconnaissez ?

Elle hésitait à parler alors elle hocha la tête parce qu’elle reconnaissait sa voix au moins. Elle avait beaucoup moins mal et elle était au chaud. Elle était en sécurité. Elle lutta pour ouvrir les yeux pour vérifier malgré tout. Effectivement elle était dans un lit d’hôpital et le docteur lui faisait face. Elle n’osa pas tourner la tête et voir qui tenait sa main. Elle n’avait pas l’habitude d’un tel geste. Il faudrait bien qu’elle sache à un moment donné.

-Qu’estcequis’estpassé ? articula-t-elle pas très sûre pourtant de vouloir connaître la réponse, Jevaismourir ?

Finalement, elle tourna la tête pour voir que sa main était dans celle de Ridley Moran. Mais qu’est ce qu’il faisait là ? Pourquoi se montrait-il si familier avec elle ? Elle se contenta de rougir beaucoup et de détourner le regard comme elle avait maintenant coutume de le faire. Mais elle laissa sa main tranquille. Elle n’avait pas la force de renoncer à un peu de chaleur humaine, elle avait trop froid pour ça et elle avait peur aussi de l’état dans lequel elle se trouvait et dont elle n’avait aucune idée. Elle gèrerait les conséquences plus tard.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 10 Juin - 14:29


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Eh beh quelle productivité xD Si tu réponds, je sais pas si je pourrais répondre à mon tour demain, j'aurais pas vraiment accès à mon ordi de la journée...






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Ridley était soulagé de voir que Miranda allait à peu près mieux. Plutôt que de rester debout, il avait rapproché le fauteuil à côté du lit et s’y était installé. Il avait failli la perdre alors hors de question qu’il lâche sa main, à moins que ça soit elle qui le fasse. Il se sentait un peu épuisé par cette inquiétude qui restait là à tournoyer en lui mais il ne s’abandonnerait pas au sommeil avant d’être certain qu’elle soit tirée d’affaire ou en sécurité. Donc sans doute quand elle serait sortie de l’infirmerie. Elle cligna brièvement des yeux, se toucha le visage, revenant à elle peu à peu. Le chercheur ne disait rien et ne faisait rien d’autre que serrer sa main. Lorsqu’Evans commença à lui poser des questions, elle hocha la tête. Ces horribles hallucinations dans lesquelles elle semblait avoir été plongée avaient disparu, enfin.

— Qu’estcequis’estpassé ? Jevaismourir ? demanda-t-elle faiblement, articulant à peine.


A cette question le médecin sourit un peu, de façon rassurante. Lui aussi semblait soulager. C’est qu’elle était tout de même passée au bord de la mort la psychologue. Il prit ses questions selon leur ordre d’importance et pas d’arrivée, cela valait mieux.

— Non vous êtes tirée d’affaire, Ridley vous a ramené à temps. Mais il vous faut beaucoup de repos maintenant.


Miranda tourna la tête vers lui et comme le patron du SCP le pressentait, elle rougit et la détourna. Il avait cela dit eu le temps d’arborer une esquisse de sourire rassuré et soulagé lui aussi. C’était un peu difficile car l’inquiétude devait toujours percer dans son regard. Cela dit, elle ne bougea pas sa main. Soit elle était trop fatiguée pour la reprendre soit elle n’en avait pas envie, il n’en savait rien. Sa deuxième main vint serrer la sienne, comme un soutien. Il ignorait si cela la rassurait ou la gênait mais comme elle ne bougeait pas… Evans se tourna vers lui aussi, sans doute pour qu’il réponde à la première question de Miranda, à savoir ce qui s’était passé. Après tout, il n’avait eu qu’un résumé assez synthétique donc il chercha un peu ses mots dans la confusion qui régnait dans son esprit.

— J’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre de mon bureau et j’ai vu Miranda qui marchait dehors en fait… Donc j’ai couru pour aller la chercher et la ramener à l’intérieur quoi… Je l’ai retrouvée dans la neige alors je l’ai portée et je me suis dépêché de la ramener ici. Vous avez une idée de ce qui vous est arrivé ?


Evans hocha la tête et se retourna vers la psychologue. Il avait bien fait, clairement. Et il se doutait que cela lui demandait beaucoup d’emmener quelqu’un à l’infirmerie. Cela dit, s’il en venait à lui demander comment il allait où s’il voulait parler de ce qui venait de se passer, il se ferait remballer. Ridley était comme ça ; la priorité c’était les autres, pas lui. Il ne voulait rien savoir si les autres n’allaient pas mieux et quand ils allaient mieux, ça n’était plus la peine d’en parler. Le médecin s’inquiétait de cette façon de garder les choses, il savait en discutant avec Harp que cela débordait parfois. Mais bien évidemment, tous deux avaient beau en parler au scientifique, ce dernier ne changeait pas de méthode, disant que cela allait très bien.

— Du coup il y a deux bonnes nouvelles et une mauvaise nouvelle Miranda, continua Evans. La première bonne nouvelle c’est que votre état va s’améliorer. La seconde c’est que malgré ce froid, vous n’attraperez sans doute pas la plus mauvaise grippe de toute votre vie.


Oui parce que les bactéries et virus ne survivaient pas à cette température. Comme les humains d’ailleurs, ils venaient quasiment de le voir. C’était effectivement plutôt une bonne nouvelle. Mais si, vu leur état, la peau ses jambes venaient à s’ouvrir, une infection pouvait toujours se pointer à l’horizon. Evans lui laissa le temps de comprendre tout ça pour continuer

— La mauvaise nouvelle c’est qu’il va falloir rester couchée quelques jours et je vais vous demander de ne pas bouger ni toucher vos jambes… même si ça pique, ou ça gratte ou quoi que ce soit. Vous avez des engelures à cause du froid et c’est très douloureux, c’est pour cela que je vous ais mis une perfusion. Est-ce que ça va d’ailleurs ? Vous avez encore mal ?


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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 10 Juin - 23:08

Elle émergeait lentement, battant des paupières pour résister à la lumière. Le docteur Evans et Ridley Moran étaient là. Elle avait toujours sa main dans la sienne. Elle n’avait pas eu le courage de renoncer à un peu de chaleur humaine, elle en recevait tellement peu. Elle l’avait vu lui sourire d’un air rassurant. Il se comportait comme un proche alors qu’ils se connaissaient à peine mais peu lui importait. Elle avait besoin de se sentir soutenue. Elle avait envie de pleurer mais elle voulait garder un peu de dignité. Elle avait peur, elle n’osait pas se demander dans quel état elle était. Anxieusement, elle avait tout de même demandé ce qui lui était arrivé. Dans son esprit tout était flou et embrouillé. Elle avait entendu des gens rires, elle était presque sûre d’avoir perdu conscience, d’avoir rêver tout cela.

- Non vous êtes tirée d’affaire, Ridley vous a ramené à temps. Mais il vous faut beaucoup de repos maintenant, répondit le docteur.

Elle soupira de soulagement. Elle n’était plus en danger, elle pouvait se calmer. Ridley ajouta encore une de ses mains sur la sienne. Elle sourit mais sans le regarder. S’il continuait, elle allait vraiment se mettre à pleurer. Au lieu de cela elle respira à fond, attendant la suite non sans appréhension. L’autre peur qu’elle avait, c’était celle de s’être rendue ridicule.

-J’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre de mon bureau et j’ai vu Miranda qui marchait dehors en fait… Donc j’ai couru pour aller la chercher et la ramener à l’intérieur quoi… Je l’ai retrouvée dans la neige alors je l’ai portée et je me suis dépêché de la ramener ici, expliqua Ridley.

Elle osa le regarder, juste une seconde. Après tout il venait de lui sauver la vie pour la deuxième fois. Il méritait au moins un sourire de gratitude. Elle ne voulait pas se risquer à parler de peur que les sanglots ne percent dans sa voix. Elle ne savait pas si elle voulait pleurer de gratitude, de soulagement, de désespoir, un peu tout cela à la fois. Il fallait qu’elle se calme. Du repos avait dit le docteur, du repos, elle pouvait bien se détendre un peu après ce elle ne savait quoi de terrible.

-Vous avez une idée de ce qui vous est arrivé ? poursuivit le chercheur.

Elle fit un effort pour rassembler ses idées. Elle s’était endormie dans son lit, de cela elle était certaine. Elle avait été dans la neige en chemise de nuit. Il n’y avait pas beaucoup d’explication possible.

-Je pense…, elle dut s’y reprendre à deux fois pour parler distinctement, le docteur avait du lui donner quelque chose qui l’embrumait, je pense que… c’est une crise de somnambulisme… qui a faillit me tuer.

Tout cela était ridicule vraiment. Elle aurait du décidément mettre sa commode devant sa porte. Ça n’était vraiment pas compliqué. Elle allait payé cher d’avoir eu la flemme de le faire. Et tout ce tracas qu’elle avait causé… Elle baissa un peu les yeux et elle ne le regarda pas.

-Merci Ridley… d’être venu me chercher…

Décidément. S’il n’avait pas été là, elle aurait eu une toute autre espérance de vie. A croire qu’elle n’était pas capable de prendre soin d’elle-même.

- Du coup il y a deux bonnes nouvelles et une mauvaise nouvelle Miranda, continua Evans. La première bonne nouvelle c’est que votre état va s’améliorer. La seconde c’est que malgré ce froid, vous n’attraperez sans doute pas la plus mauvaise grippe de toute votre vie.

Elle eu une sorte de rire maladroit. Attraper la grippe était le dernier de ses soucis à présent. Ce qui l’attendait lui semblait être pire que cela. Elle sentait que ça n’était pas fini et elle redoutait ce qu’il pouvait encore avoir à lui dire.

-La mauvaise nouvelle c’est qu’il va falloir rester couchée quelques jours et je vais vous demander de ne pas bouger ni toucher vos jambes… même si ça pique, ou ça gratte ou quoi que ce soit. Vous avez des engelures à cause du froid et c’est très douloureux, c’est pour cela que je vous ais mis une perfusion. Est-ce que ça va d’ailleurs ? Vous avez encore mal ?

Le fait de devoir rester couchée quelque jours n’était pas en soi une mauvaise nouvelle. Elle ne se sentait pas en état de se lever ni de faire quoique ce fut. Elle avait l’impression que son corps était comme muet, elle le sentait toujours mais c’était comme s’il était endormi pendant qu’elle était réveillée. Des engelures… effectivement cela promettait d’agréables moments. Elle n’avait pas mal présentement mais elle sentait qu’elle allait y avoir droit plus tard.

-Non je n’ai pas mal… je me sens toute engourdie en fait… et vaseuse un peu.

En tout cas elle comprenait mieux pourquoi elle avait eu si mal quand elle avait replié ses jambes sous elle, la peau avait du craqueler, frotter contre les draps. Elle se doutait que cela allait mettre plus de plusieurs jours à se réparer.

-Dites Docteur… est-ce que je vais perdre des orteils ? Et ma peau ? Ça va aller ?

Elle posait ces questions alors même qu’elle n’osait pas soulever le drap pour observer par elle-même l’étendue des dégâts. Le tact du médecin valait mieux que la rudesse de la réalité sans doute.


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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Ven 12 Juin - 13:38


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Beuh c'est court, désolé...






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Une crise de somnambulisme, rien que ça. Il se doutait que c’était ce qui l’avait amenée à la cafétéria la première fois mais ça n’avait toujours été qu’une hypothèse. Il fallait trouver des solutions pour y pallier, il ne voulait pas qu’elle se mette en danger à chaque fois à cause de cela et s’il devait y veiller il le ferait. Est-ce qu’il y avait seulement un moyen de traiter ce genre de choses ? Parce que cet état devenait plus que préoccupant.

— Merci Ridley… d’être venu me chercher…


Ramené à la réalité, il rougit un peu. Miranda ne le regardait pas, elle avait baissé les yeux. Cela la dérangeait-elle d’avoir à le remercier. Elle n’était franchement pas obligée, il n’aurait pas pu faire autrement. L’aider était tout à fait normal. Il sourit un peu plus et serra légèrement sa main.

— C’était le moins que je puisse faire Miranda… je suis content que vous alliez mieux, j’ai eu peur…


Il avouait rarement ce genre de choses mais il ne pouvait nier la vérité. Il aurait voulu se montrer un peu plus utile mais il n’en avait pas eu les moyens. Heureusement Evans ne fit pas de remarques, fort heureusement et enchaina avec ses annonces de bonnes et de mauvaises nouvelles. Il n’avait pas précisé de date de sortie tout simplement car cela dépendrait de l’évolution de l’état de la psychologue et surtout celui de ses jambes. Ce qui était certain c’était que Ridley ne souhaitait pas s’éloigner alors à moins que Miranda le lui dise, il ne bougerait pas. Finalement le médecin lui demanda si elle avait mal.

— Non je n’ai pas mal… je me sens toute engourdie en fait… et vaseuse un peu.


Le chercheur espérait que tout cela allait vite passer. Comme il n’avait pas confiance en les médicaments et d’autant plus envers les morphiniques, hypnotiques et autres poisons qui agissaient sur le cerveau, il craignait ce qui pouvait se produire.

— C’est normal je vous ai mis de la morphine, expliqua Evans. J’en ai prescrit un peu plus parce que vous étiez agitée et confuse, histoire que vous ne bougiez pas trop. Je le baisserai un peu si tout va bien.


— Dites Docteur… est-ce que je vais perdre des orteils ? Et ma peau ? Ça va aller ?


Ça, Ridley ne le laisserait pas arriver. Au moindre signe il ferait pression sur Evans pour qu’il lui donne un 500, après tout ils avaient encore de bons stocks. Si tout se passait bien, si tout était tranquille, ils en produisaient plus qu’ils n’en consommaient. Le médecin lui-même se doutait que le chercheur ne le raterait pas si Miranda perdait ses orteils, la pauvre.

— Je crois que personne ici ne veut que vous perdiez quoi que ce soit, pour vos orteils ça devrait aller tant qu’ils restent au chaud. Pour la peau on vous mettra différentes crèmes et des pansements le temps que ça guérisse mais pas tout de suite elle est encore trop fragile. Vous devriez sortir d’ici sans bobos et j’y veillerais.


Le médecin aurait bien proposé des massages pour faire affluer le sang dans ses pieds mais ils étaient en mauvais état il ne fallait pas se le cacher et cela ne ferait qu’empirer les choses. Les bouillottes et les couvertures chauffantes feraient donc l’affaire faute de pouvoir faire autre chose. Quand sa température serait bien remontée, il viendrait les enlever.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Ven 12 Juin - 16:52


Elle avait tout de même remercié Ridley. Peut-être que si elle s’en sentait le courage, elle lui offrirait une boite de chocolats. En plus ça n’était pas la première fois qu’il lui sauvait la vie.

— C’était le moins que je puisse faire Miranda… je suis content que vous alliez mieux, j’ai eu peur…

Encore une fois, il se comportait comme un proche, comme si elle était quelqu’un a qui il aurait pu tenir. Alors elle n'osa pas le regarder à nouveau. Plus le temps passait et plus cela lui semblait énigmatique. Un instant elle se demanda ce qu’elle avait bien pu raconter pendant qu’elle dormait. Certes à la cafétéria ils avaient eu une sorte de conversation un peu intime. Mais de là à se sentir proches… Et cette fois où il l’avait prise dans ses bras… Non en réalité il se comportait de façon bizarre depuis le début. Alors elle se contenta de ne pas poser de questions et de répondre aux questions du docteur.

— C’est normal je vous ai mis de la morphine, expliqua Evans. J’en ai prescrit un peu plus parce que vous étiez agitée et confuse, histoire que vous ne bougiez pas trop. Je le baisserai un peu si tout va bien.

De la morphine rien que ça. Elle soupira un peu alors que l’angoisse s’emparait d’elle. De la morphine ça voulait dire qu’elle était salement amochée et même si présentement elle allait bien, elle n’avait aucune envie qu’il baisse la dose. Sans cela, elle souffrirait probablement le martyr. Elle déglutit douloureusement avant de demander au docteur si son rétablissement serait complet. Elle avait peur d’avoir à laisser des bouts d’elle-même qui auraient un peu trop refroidi…

— Je crois que personne ici ne veut que vous perdiez quoi que ce soit, pour vos orteils ça devrait aller tant qu’ils restent au chaud. Pour la peau on vous mettra différentes crèmes et des pansements le temps que ça guérisse mais pas tout de suite elle est encore trop fragile. Vous devriez sortir d’ici sans bobos et j’y veillerais.


Tout cela allait prendre du temps et être douloureux elle le sentait. Rester allongée ne lui faisait pas peur. Mais le rétablissement impliquerait sans doute une épreuve supplémentaire. Elle chassa cette pensée qui l’angoissait beaucoup trop.

⎯ Si je comprends bien… je suis pas mal amochée… mais vous allez me soigner…

Elle baissa un peu les yeux avant d’ajouter.

⎯ En tout cas Docteur, il faudrait faire quelque chose pour ces crises de somnambulisme. J’en ai vraiment marre. Et aussi…je m’excuse pour tout ce que j’ai pu dire pendant que j’étais « confuse » comme vous dites… Désolée…

Dans le doute, mieux valait s’excuser. En général dans ces moments là toute personne qui lui adressait la parole devenait un potentiel agresseur. Elle suppliait qu’on la laisse et se débattait. Il lui était arrivé de faire mal de cette façon. Il n’y avait guère qu’endormie qu’elle en était capable après tout. Aucun d’eux ne semblait avoir reçu de coup, mais tout de même.

Elle se sentait honteuse. Son discours quand elle dormait, c’était une fenêtre de plus sur son intimité. Que le docteur ait entendu des choses, elle s’en fichait. Par rapport à Ridley en revanche c’était plus embêtant.

Le plus choquant de tout c’était peut-être qu’une fois endormie, elle allait droit dehors, où il faisait froid. Un instant, elle se demanda avec une sorte d’ironie si son inconscient était suicidaire. Avait-elle inconsciemment envie de mourir qu’elle sortait la nuit avec pour seul vêtement sa chemise de nuit et ses chaussettes rayées ? C’était réellement désespérant.

⎯ Je suis désolée aussi d’être sortie dehors... et d’avoir causé tout ce tracas…

Elle était désolée mais plus encore, elle avait honte.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Lun 15 Juin - 9:18


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Vu que j'ai écris ce RP en plein cours sur la dépression, j'espère qu'il est pas trop nul, mou ou déprimant aussi xD/b>






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Ridley voyait bien que Miranda était soucieuse au fond de son lit, immobilisée et droguée pour ne pas avoir mal. Il se voyait mal refuser qu’on continue de lui injecter la morphine si elle semblait plus inquiète rien qu’à l’idée que le docteur puisse la baisser. Ses jolis yeux ne dupaient pas grand monde oui. Il lui demanderait plus tard s’il pouvait faire quelque chose pour l’aider. Certes, il pourrait aller piquer un 500 dans la réserve mais s’il se faisait attraper par les médecins ou les infirmières… il n’osait guère imaginer la suite.

— Si je comprends bien… je suis pas mal amochée… mais vous allez me soigner…


Evans connaissait le tact mais il faisait toujours preuve de franchise d’une manière ou d’une autre. Il n’allait clairement pas lui dire « Mais non ! Vos jambes sont en parfait état ! C’est un petit bobo de rien du tout ! ». Franchise que d’autres médecins critiquaient parfois, en plus de plein d’autres choses. Lui il pensait que c’était primordial.

— Pas mal oui sinon vous pourriez déjà gambader à nouveau… Ça me fait penser, désolé pour vos chaussettes ça aurait été impossible de les enlever donc j’ai du les découper hein… C’est assez impressionnant mais ça guérit vite.


Ridley allait les lui racheter ces chaussettes. Plus grosses, fourrées. Avec les mêmes rayures. Et vu que Miranda semblait aimer les chaussettes hautes, elles seraient hautes. Dès qu’il oserait lâcher sa main il les commanderait et puis voila.

— En tout cas Docteur, il faudrait faire quelque chose pour ces crises de somnambulisme. J’en ai vraiment marre. Et aussi…je m’excuse pour tout ce que j’ai pu dire pendant que j’étais « confuse » comme vous dites… Désolée… Je suis désolée aussi d’être sortie dehors... et d’avoir causé tout ce tracas…


Il n’aimait pas la voir baisser les yeux dès qu’elle s’excusait ou remerciait. Elle avait juste l’air d’une petite fille qu’on grondait et il ne le supportait pas. Il ne savait même pas pourquoi elle s’excusait, elle n’avait rien fait de mal et surtout, ce qui venait d’arriver n’avait jamais été volontaire.

— Tout ce que vous avez pu dire ne sortira pas d’ici mais je vous avouerai que j’étais tellement concentré ailleurs que je ne me rappelle déjà plus de vos mots, rit un peu Evans. Ne vous en faites pas, vous n'êtes pas responsable de tout ça, on est juste contents que vous soyez tirée d'affaire. Plus de tracas pour l'instant.


Ridley hocha la tête, lui s’en rappelait, ou plutôt ne préférait pas s’en rappeler mais il n’avait guère oublié. Il ne dirait rien. Les informations qu’on lui donnait, il les gardait dans sa forteresse et même la torture n’avait pas brisé ces murs là. Mais pareil, mieux valait ne pas y penser. Il espérait qu’Evans ne mentait pas et n’irait pas raconter tout ça ailleurs. Il y veillerait. Cette fois ce fut lui qui prit la parole. Non vraiment, elle n’avait pas à s’excuser comme ça. Oui elle les avait tracassé lui et le médecin. Ridley avait l’impression que d’après son attitude et ses dires, il aurait du cruellement lui en vouloir. Ce qu’il ne faisait pas ; il était juste intensément soulagé.

— Vous n’y êtes pour rien Miranda, vous n’avez pas fait exprès, vous n’en étiez même pas consciente. Ne vous excusez pas pour ça, ça va aller mieux maintenant… Il aurait du y avoir un garde à la porte pour vous empêcher de sortir donc c’est en partie de ma faute aussi vu qu’apparemment ça n’était pas le cas.


Ça aussi ce n’était pas très normal. Ridley allait avoir un peu plus de travail à savoir pourquoi il n’y avait aucun garde là ce soir. C’était sans doute assez bidon, une ronde ou quelque chose comme ça. S’il fallait plus de gardes en vadrouille pour garantir la sécurité de tout le monde, soit, il y en aurait.

— Vous n’êtes pas suivie pour le somnambulisme ? Bon en même temps il n’y a pas vraiment de traitement pour ça… Je vais réfléchir à ce qu’on peut faire mais peut être que déjà, adapter votre logement au niveau des fenêtres et des portes ça peut être pas mal.


Le chercheur comptait bien surveiller à sa manière aussi qu’elle ne sorte plus de sa chambre en pleine crise. Quitte à demander à des gardes de passer devant à plusieurs reprises la nuit. Si elle se mettait à sortir dans le froid tous les soirs, il ne donnait pas cher de sa peau dans tous les sens du terme.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 17 Juin - 23:25

Peu à peu, Miranda essayait d’obtenir des informations sur son état. Le pire était passé. Le pire était ce qui s’était passé dans la neige mais elle ne s’en souvenait que de manière diffuse. Elle imaginait que si présentement elle ne souffrait pas, cela ne tarderait pas.

-Pas mal oui sinon vous pourriez déjà gambader à nouveau…répondit le docteur à sa question. Ça me fait penser, désolé pour vos chaussettes ça aurait été impossible de les enlever donc j’ai du les découper hein… C’est assez impressionnant mais ça guérit vite.


Miranda soupira, ses chaussettes étaient le dernier de ses soucis alors elle ne releva pas. Impressionnant c’était donc. Elle allait éviter de regarder sans quoi, elle allait panique…ou tomber dans les pommes…voire les deux à la fois. Elle inspira un grand coup et préféra parler de somnambulisme. Elle en savait assez. Plus d’informations ne feraient que l’angoisser encore d’avantage. Elle s’excusait aussi d’être sortie d’avoir causé tout ce souci à ce pauvre médecin et surtout à Ridley qui devait avoir bien autre chose à faire que de rester là. Elle se sentait coupable. Elle aurait du tout simplement penser à mettre le commode devant la porte comme elle avait prévu de le faire. Pourquoi ne l’avait-elle pas fait ? A cette heure-ci, elle se serait probablement réveillée au milieu de sa chambre. Tout ceci était idiot.

-Tout ce que vous avez pu dire ne sortira pas d’ici mais je vous avouerai que j’étais tellement concentré ailleurs que je ne me rappelle déjà plus de vos mots, rit un peu Evans. Ne vous en faites pas, vous n'êtes pas responsable de tout ça, on est juste contents que vous soyez tirée d'affaire. Plus de tracas pour l'instant.

Elle était un peu rassurée. S’il avait déjà oublié ce qu’elle avait pu raconter, c’était que ça n’était pas si marquant. Elle aurait préféré qu’il lui dise que cela avait été incompréhensible. Que le docteur sache certaines choses ne la dérangeait pas. En revanche elle aurait bien aimé que Ridley ignore tout de son histoire de la honte qui l’habitait. Moins il en savait sur elle, moins il aurait l’impression de la connaître. Déjà là, elle avait la sensation qu’il commençait à se sentir proche d’elle. Une partie d’elle appréciait, une autre aurait donné n’importe quoi pour faire machine arrière. Il ne fallait pas penser à cela maintenant ou sa tension allait augmenter et les machines se mettre à biper. Et il allait encore avoir ce même comportement :

-Vous n’y êtes pour rien Miranda, vous n’avez pas fait exprès, vous n’en étiez même pas consciente. Ne vous excusez pas pour ça, ça va aller mieux maintenant… Il aurait du y avoir un garde à la porte pour vous empêcher de sortir donc c’est en partie de ma faute aussi vu qu’apparemment ça n’était pas le cas.


Elle soupira. Pourquoi fallait-il toujours que les gens lui trouvent des excuses ?

-Je voulais bloquer la porte avec un meuble, expliqua-t-elle les yeux baissés, et je l’ai pas fait. J’aurais dû.

Le docteur sembla vouloir couper court à cela.

-Vous n’êtes pas suivie pour le somnambulisme ? Bon en même temps il n’y a pas vraiment de traitement pour ça… Je vais réfléchir à ce qu’on peut faire mais peut être que déjà, adapter votre logement au niveau des fenêtres et des portes ça peut être pas mal.

Elle soupira à nouveau.

-Non… je me disais que j’avais assez de suivis médicaux… entre ma jambe… tout ça…


A la liste il fallait ajouter son poids dont elle voulait s’occuper bientôt. On l’avait assez sermonnée en lui disant que sa jambe continuerait de la faire souffrir tant qu’elle serait aussi ronde. Il y avait aussi sa supervision qui parfois prenait vraiment des allures de suivi thérapeutique quand elle était au plus mal. Mais cela, il n’était pas question de le mentionner en présence de Ridley. Pour sa jambe, il était déjà au courant. Il l’avait vue plâtrée quand il était venu la chercher. C’était pour cela seulement qu’elle s’était permise d’en parler.

Parfois elle en avait réellement marre de tout cela. Elle aurait aimé pouvoir se débrouiller seule n’avoir besoin de personne. Elle était ridicule à la fin. Elle n’allait pas les laisser la traiter comme une enfant. Aussi, assez faiblement, avec hésitation, elle se décida à essayer de récupérer sa main que Ridley serrait toujours dans les siennes.

- Au fait quelle heure il est? Ridley... vous ne devriez pas rentrer vous coucher?

Du peu qu'elle savait de lui, le pauvre devait sans doute avoir assez d'heure de sommeil en retard sans qu'elle en rajoute.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 1 Juil - 21:58


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Premier post publié avec mon nouvel ordi, quelle émotion j'en pleure xD






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Ridley savait très bien que Miranda avait été blessée à la jambe. Il s’en souvenait pour être celui qui était venu la voir à l’hôpital pour la recruter. Tout ce qu’il ignorait c’était la cause de cette blessure et à quoi elle ressemblait. Ça ne le regardait pas forcément. Il avait trouvé ça injuste que la psychologue soit licenciée à cause d’un accident qu’elle n’avait jamais voulu et dont elle n’était guère responsable. Raison de plus pour lui avoir proposé mieux ici. Mais si le chercheur était au courant, ce n’était pas le cas du médecin.

— Qu’est ce que vous avez à la jambe et comme autre suivis médicaux ? Enfin, si c’est pas trop indiscret… demanda Evans.


Le chercheur était d’avis de rétorquer que ça ne regardait pas le docteur mais il ne parlerait pas pour Miranda. C’était elle qui décidait si elle voulait en parler ou pas. Devant lui ou non d’ailleurs. Il retint un soupir en sentant qu’elle cherchait à reprendre sa main mais ne réagit pas plus que cela. Elle en avait le droit après tout, il n’allait pas la garder de force. Au vi de leurs rares discussions, il avait bien compris qu’elle était vite gênée alors il ne souhaitait guère lui faire vivre un supplice, clouée au lit comme elle était. Il avait l’impression de suffisamment la déranger comme cela et la question de la psychologue le conforta tristement dans cette idée.

— Au fait quelle heure il est ? Ridley... vous ne devriez pas rentrer vous coucher ?


Se coucher après ce qui venait d’arriver ? Elle en avait de bonnes, c’était tout simplement impossible. Peut-être aurait-il réussi à dormir quelques heures si cela avait été une soirée normale mais ce sauvetage avait changé bien des choses. Il ouvrit la bouche et tourna la tête vers l’horloge accrochée dans un coin de l’infirmerie, qui indiquait à présent plus de trois heures du matin mais Evans fut plus rapide que lui.

— Ridley ? Se coucher ? Vous êtes pas au courant qu’il a subi des modifications génétiques, il a été croisé avec un hibou ! A cette heure là il dort pas, il bosse ! Il cache bien ses plumes hein…


L’intéressé poussa un soupir. Est-ce qu’il s’agissait d’une rumeur réelle à son sujet ? Il n’en savait rien parce qu’il ne les écoutait guère mais celle-ci l’étonnerait à peine. En tout cas, lui, il allait se faire un plaisir de répondre correctement, non mais.

— Il est presque trois heures et demi du matin… et certes il m’arrive de travailler encore à cette heure là mais non je n’ai pas été croisé avec un hibou.


Peut-être qu’il fallait être honnête, du moins en partie. Il pouvait dire qu’il souhaitait rester et veiller sur elle, avec un peu plus de tact et de broderies sinon elle lui rétorquerait de ne plus jamais revenir. Il ne pouvait par contre pas avouer qu’il restait parce qu’il ne voulait pas la laisser aux griffes de ces horribles médecins et de leurs poisons qu’ils faisaient passer pour des médicaments permettant de guérir.

— J’avais dans l’intention de rester pour être sûr que vous alliez bien… Mais si ça vous dérange ou que vous avez envie de rester seule je comprendrais.


Rien ne l’empêchait après tout de revenir le lendemain, n’est ce pas ? Sauf les mots et les choix de Miranda qu’il respecterait, bien évidemment. Il avait conscience que rester près d’elle pouvait l’embêter, que sa présence pouvait être mal vue, lui-même n’apprécierait pas du tout qu’on reste à son chevet. En même temps, il ferait tout pour sortir le plus vite possible de l’infirmerie.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Jeu 2 Juil - 11:40

Miranda venait d’évoquer sa jambe… Elle n’avait pas envie de voir beaucoup d’autres médecins. D’ordinaire elle ne les appréciait pas trop. Quoi qu’il lui arrive c’était toujours de sa faute. Elle était fatiguée ? C’était qu’elle se couchait trop tard. Elle avait mal au dos, c’était parce qu’elle ne faisait pas de sport, et qu’elle était trop grosse. Elle avait des boutons, c’était qu’elle mangeait mal et quand elle était malade elle ne s’était évidemment pas assez couverte. Mais mieux valait ne pas leur cacher des choses ni leur mentir. Elle savait que le froid pouvait jouer sur les séquelles de sa fracture.  Ses fractures en fait, il y en avait eu plusieurs des petites mais surtout celle là lui avait donné du fil à retordre.

-Qu’est ce que vous avez à la jambe et comme autre suivis médicaux ? Enfin, si c’est pas trop indiscret…
demanda le médecin.

Elle trouva étonnant qu’il prenne cette précaution. D’ordinaire on lui posait les questions les plus intimes et les plus difficiles sans ménagement. Juste à cause de cela elle semblait déjà un peu plus encline à lui répondre.

-J’ai… eu un accident… j’ai eu plusieurs fracture à la jambe… Notamment mon fémur qui a été complètement sectionné.


Tout cela était encore assez traumatisant pour elle. L’accident en lui-même était un ensemble de flashs indistincts de terreur et de douleur. Elle en faisait encore des cauchemars la nuit parfois et elle en avait gardé une terreur de la foule tout à fait intense. Mais au SCP pas de rues bondées, pas s’assemblée ou tout le monde se bousculait, cela lui allait très bien. Parfois elle songeait que si elle devait vivre en dehors d’ici, dans le monde, elle n’y parviendrait pas. C’était presque surtout en ce sens que Ridley lui avait sauvé la vie. A chaque fois qu’elle racontait cela, elle éprouvait toujours un étrange sentiment d’irréalité. C’était cette sensation plus que la peur ravivée qui la faisait hésiter.

-Avant je travaillais à Londres… Et j’allais au travail en métro… Un jour, à l’heure de pointe, je suis tombée dans l’escalier. Comme il y avait vraiment beaucoup de monde… quelqu’un à marché sur ma jambe qui était en travers de l’escalier. Avec le poids de la foule sur moi… En fait il y avait vraiment des gens partout qui déboulaient depuis le haut de l’escalier et avec la pression…Heureusement un type de la sécurité m’a vue avant que le métro n’arrive…

Sa voix avait un peu tremblé malgré tout. Parler de ça lui faisait bizarre encore maintenant. Derrière il y avait eu toute la rééducation, la souffrance à l’hôpital. Tout ça parce qu’elle avait glissé sur un emballage d’elle ne savait plus quoi. Finalement toute cette histoire avait tenu à si peu de choses. Elle balaya les images avec la suite de son discours.

- Enfin bon… du coup j’ai eu encore pas mal de rééducation et tout ça… J’ai été incapable de marcher pendant assez longtemps et maintenant la fracture du fémur n’est pas totalement remise apparemment. L’os s’est ressoudé mais ça reste très fragile. Et il m’arrive d’avoir mal encore parfois. Du coup je suis surveillée…

Mal à l’aise, Miranda changea de sujet en se tournant vers Ridley. Après avoir parlé, elle avait récupéré sa main doucement pour la mettre le long de son corps. Elle était une grande fille. Elle pouvait parler de cela sans avoir besoin qu’on lui tienne la main. Pour éviter qu’il se vexe elle avait essayé de lui sourire en même temps, mais elle n’arrivait toujours pas à le regarder.

- Au fait quelle heure il est ? Ridley... vous ne devriez pas rentrer vous coucher ?

Elle ne voyait pas pourquoi il jugeait utile de rester là au beau milieu de la nuit. Ce n’était pas comme s’ils se connaissaient, comme s’ils étaient proches. Il devait être épuisé, elle était bien placée pour savoir qu’il avait des heures de sommeil en retard.

— Ridley ? Se coucher ? Vous êtes pas au courant qu’il a subi des modifications génétiques, il a été croisé avec un hibou ! A cette heure là il dort pas, il bosse ! Il cache bien ses plumes hein…plaisanta le docteur.

Miranda eu un sourire. Elle savait que c’était une blague à laquelle certains nouveaux arrivants croyaient parfois. Elle y avait cru passé un temps, après elle avait juste compris que Ridley avait un rythme particulier.

— Il est presque trois heures et demi du matin… et certes il m’arrive de travailler encore à cette heure là mais non je n’ai pas été croisé avec un hibou, se défendit Ridley qui ne semblait qu’à moitié amusé pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas vraiment.

— J’avais dans l’intention de rester pour être sûr que vous alliez bien…reprit-il, Mais si ça vous dérange ou que vous avez envie de rester seule je comprendrais.

Elle pensait avoir assez sourit pour qu’il comprenne que ça présence ne la dérangeait pas. Mais comme elle ne le regardait pas, il avait sans doute du mal à s’en rendre compte après tout.

-Ce n’est pas que ça me dérange… Mais même si vous ne dormez pas…Je me dis que vous avez surement autre chose à faire que de rester là à vous occuper de moi…

Miranda avait fait beaucoup d’efforts pour ne plus penser à la conversation qu’ils avaient eu à la cafétéria mais morceau venait de lui revenir, brusquement et contre sa volonté. Elle lui avait dit qu’il était la personne qui s’était le plus souciée d’elle jusqu’à présent. Elle aurait du se taire. Elle se souvenait de sa réponse. « Il va falloir vous habituer à un peu plus d’attention vu que je suis là maintenant hein » Il avait été question d’amis, de gens sur qui ont peu compter. Elle réalisa brusquement que c’était logique. Ridley avait décidé de se comporter comme un ami avec elle. Il le lui avait dit presque clairement. Ce constat la remplissait d’un mélange insoluble de terreur et de joie. Elle ne savait pas comment réagir ni quoi redouter.  



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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Jeu 2 Juil - 12:02


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Waaaah t'as vu comme je l'ai écrit vite celui là ? En cinq minutes ! xD C'est mon record /PAN/






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Miranda semblait réticente et hésitante à leur révéler son histoire mais tous trois ici savaient que ses mots ne sortiraient pas d’ici. Ridley se doutait il ne savait pas trop pourquoi que ça n’allait pas être joli mais il pourrait l’entendre. Et l’aider, la soutenir si elle le souhaitait. Il voulait être là pour ça si elle n’avait personne d’autre. Lui, même s’il ne disait jamais rien à propos de ce qui le tracassait, il savait que Harp était présent pour l’entendre le jour où il en aurait besoin et rien que cela l’aidait. Miranda, elle, n’avait personne hormis sa psychologue à elle. Mais comme il le lui avait dit à la cafétéria, ça n’était pas la même chose d’en discuter avec quelqu’un de payé à écouter qu’avec des amis, des vrais.

— J’ai… eu un accident… j’ai eu plusieurs fracture à la jambe… Notamment mon fémur qui a été complètement sectionné. Avant je travaillais à Londres… Et j’allais au travail en métro… Un jour, à l’heure de pointe, je suis tombée dans l’escalier. Comme il y avait vraiment beaucoup de monde… quelqu’un à marché sur ma jambe qui était en travers de l’escalier. Avec le poids de la foule sur moi… En fait il y avait vraiment des gens partout qui déboulaient depuis le haut de l’escalier et avec la pression…Heureusement un type de la sécurité m’a vue avant que le métro n’arrive…


Heureusement que Miranda avait repris sa main finalement sinon elle aurait senti qu’il la serrait plus fort. Parce qu’il l’aurait fait en entendant ces mots. Non mais franchement, même obnubilé par ses propres pensées comment était-ce possible de ne pas l’avoir vue, ou entendue, ni même de l’avoir aidée ? C’était injuste et monstrueux, tout simplement. Quand il entendait des histoires comme ça il se demandait franchement quelle humanité il défendait en gérant le SCP si dehors on marchait sur de gens qui n’avaient rien demandé sans les voir et sans prêter attention à leur souffrance. C’était révoltant et ce n’était pas pour ça qu’il voulait se battre. Mais s’énerver ne changerait rien, le chercheur pouvait être content qu’elle soit en sécurité ici maintenant. Il espérait qu’un tel accident ne se produirait pas dans les murs de la Fondation, il ne manquerait plus que ça.

— Enfin bon… du coup j’ai eu encore pas mal de rééducation et tout ça… J’ai été incapable de marcher pendant assez longtemps et maintenant la fracture du fémur n’est pas totalement remise apparemment. L’os s’est ressoudé mais ça reste très fragile. Et il m’arrive d’avoir mal encore parfois. Du coup je suis surveillée…


Evans avait écouté tout cela avec attention car chaque information qu’elle pouvait lui donner était importante mais on pouvait lire sur son visage que cette histoire ne lui plaisait pas non plus et qu’il était tout aussi choqué que Ridley. Surveillée par un médecin de la Fondation ? Si c'était le cas, ce dernier allait lui dire deux mots. Et sinon, il faudrait qu'elle s'en trouve un de médecin vu que cela risquait d'être compliqué d'aller consulter en dehors du Groenland et plus précisément des murs du SCP. Evans n'était médecin traitant que pour Ridley mais il pouvait faire une exception pour cette pauvre Miranda aussi si jamais.

— C’est de vrais barbares les britanniques ma parole rappelez moi de jamais aller à Londres je veux pas me faire écraser moi ! Et apparemment ils ont fait un travail de cochon avec votre jambe si vous avez été incapable de marcher longtemps et que vous avez encore mal, j’hallucine eux aussi ils ont eu leur diplôme dans une pochette surprise ? Je suis pas chirurgien mais merde quoi, au bout de deux semaines une fracture opérée c’est plié faut pas déconner qu'est ce qu'ils vous ont fait là…


Ridley serra les dents, ça ce n’était pas nouveau avec les médecins. Tous pareils, même les britanniques apparemment. Ils se fichaient de la santé des gens, tout ce qui importait c’était de les charcuter, de voir jusqu’à quel point ils pouvaient résister à tel ou tel médicament. Même cette pauvre Miranda en avait fait les frais. Il veillerait que ça ne se reproduise pas, elle en avait suffisamment bavé avec tout ça. Raison de plus de rester à ses côtés. Cette dernière semblait d’ailleurs désireuse de changer de sujet, visiblement gênée. Elle demanda quelle heure il était et s’il ne ferait pas mieux de rentrer se coucher. Le médecin tenta un trait d’humour pour radoucir l’atmosphère après ces révélations plus que déprimantes. Heureusement, elle parvint à sourire. Il n’en avait cela dit pas terminé avec la jeune femme par rapport à cette pauvre jambe mais ce n’était sans doute plus l’heure de l’embêter.

— Ce n’est pas que ça me dérange, répondit-elle à Ridley. Mais même si vous ne dormez pas… Je me dis que vous avez surement autre chose à faire que de rester là à vous occuper de moi…


Le chercheur sourit également, rassuré que sa présence ne la dérange pas. Il ne devrait peut être pas, sachant très bien qu’apparemment, dès qu’il souriait, elle détournait le regard. Il était presque certain de ne pas être effrayant pourtant. Peut être que c’était les cernes sous ses yeux mais bon, ça…

— Présentement, vu l’heure, je n’ai rien de mieux à faire que de rester avec vous à moins qu’on m’appelle pour une urgence gravissime. Et rien ne m’empêche de prendre mon ordinateur et de travailler un peu ici. Mais sans doute plus ce soir. En plus… je ne sais pas si je m’occupe vraiment de vous là je ne fais que rester assis à côté.


— Dis pas de bêtises Ridley, ça aide toujours d’avoir quelqu’un à son chevet quand on est malade, c'est prouvé scientifiquement qu'on guérit plus vite vu qu'il te faut des données empiriques pour y croire, tête de mule.


Ridley lui tira la langue ; oui il était borné et ne croyait que ce qu'il voyait ou voulait, et alors ? Evans sourit un peu et leur lança un regard indéchiffrable. L’intéressé ne savait pas du tout ce qu’il s’imaginait mais ce dont il pouvait être sûr, c’était qu’il aurait un aparté avec lui et que ce sujet là sortirait. Après tout, les seules personnes avec lesquelles il se permettait de se comporter ainsi étaient ses proches. Rester à l’infirmerie pour le chercheur tenait clairement de l’ordre du sacrifice moral et physique parfois donc il fallait vraiment qu’il tienne à la personne. Miranda ne devait pas s’en rendre compte. Cela pouvait soulever des questions. Le médecin avait beau se moquer régulièrement de lui, cette fois il ne le fit pas cela dit.

— Quoi qu'il en soit, vu l’heure qu’il est et ce qu’il vient de se passer, le mieux serait de se reposer effectivement. Votre température est plutôt bien remontée donc je vais enlever les bouillottes avant que le lit se transforme en sauna mais je vous laisse les couvertures chauffantes. Demain par contre je pense que je vous emmènerai faire une radiographie pour votre jambe si ça ne vous dérange pas, voir un peu dans quel état elle est en plus du reste. Vous pouvez dormir aussi longtemps que vous voulez, on ira quand vous serez réveillée. Ça vous va ?


Ridley ne dit rien mais il n’en pensait pas moins. Tant qu’il se contentait de la radiographie… de toute façon ça n’était pas à lui de décider. Jamais il n’aurait accepté mais si Miranda avait confiance en lui il n’avait rien à dire. Juste à surveiller et au moindre signe ou geste suspect, au pire, il pouvait lui en faire part. Rien que pour la morphine il faisait de gros efforts pour ne pas s’emballer. Personne ne le remarquait mais c’était ainsi, tant pis.

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Dernière édition par Ridley Moran le Jeu 2 Juil - 23:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Jeu 2 Juil - 23:01

Les réactions ne se firent pas attendre. C’était toujours un peu les mêmes de toute façon. Ridley ne disait rien et il affichait un visage fermé qui devait sans doute cacher son choc.

- C’est de vrais barbares les britanniques ma parole rappelez moi de jamais aller à Londres je veux pas me faire écraser moi ! Et apparemment ils ont fait un travail de cochon avec votre jambe si vous avez été incapable de marcher longtemps et que vous avez encore mal, j’hallucine eux aussi ils ont eu leur diplôme dans une pochette surprise ? Je suis pas chirurgien mais merde quoi, au bout de deux semaines une fracture opérée c’est plié faut pas déconner qu'est ce qu'ils vous ont fait là…

Miranda soupira.  Pour elle tout ceci n’avait été qu’un accident. Même s’il faisait tristement écho à sa vie d’une manière générale. « Se faire piétiner, avait dit un de ses psy avant celle qui la suivait maintenant, c’est un peu ce que vous avez fait toute votre vie non ? » La métaphore était juste devenue réalité, suivant l’ordre des choses semblait-il.

- Mille personnes meurent dans le métro de Londres chaque année, expliqua-t-elle la mine un peu triste, en fait il y a tellement de monde que même si les gens voient quelqu’un au sol, ils sont poussés par la pression de la foule depuis le haut des escalier qui elle ne voit rien du tout…


Miranda se souvenait pourtant que les gens autour d’elle avaient délibérément ignoré sa présence. Quand sa jambe avait été brisée elle n’avait pas crié, elle n’avait pas appelé à l’aide, peinant même à comprendre ce qui était en train de se passer. Personne ne l’avait regardée, personne n’avait tourné les yeux vers elle. Chacun avait continué sa routine comme si elle n’était pas là. Elle n’aimait pas cette pensée alors elle se consolait avec cette explication rationnelle qu’elle venait de leur fournir. Même si les gens l’avaient vue, ils n’auraient rien pu faire comme le flot matinal interrompu. Ils étaient innocents. C’était juste un accident. C’était plus simple à vivre de cette façon.

- J’ai toujours été assez malchanceuse avec les médecins… ajouta-t-elle après un court moment.

Tout ceci la désespérait plutôt. Ils avaient été très durs avec elle pendant la rééducation. Ils lui avaient dit que ses douleurs étaient dues à son poids, puis qu’elles étaient dues à son imagination. Ils n’avaient pas vu qu’elle était déprimée et qu’elle n’arrivait pas à affronter la difficulté, le fait d’être à l’hôpital. Ils l’avaient sermonnée c’était tout ce qu’ils avaient fait. Elle se souvenait de la brûlure de la honte, quand l’infirmière qui l’aidait à se rendre aux toilettes avait manifesté son impatience à coup de remarques acerbes. Il s’avérait maintenant qu’ils avaient sans doute mal fait leur travail.

Elle avait voulu changer de sujet, mal à l’aise, demandant à Ridley s’il n’avait pas autre chose à faire que de rester là près d’elle. Il semblait vouloir se comporter en ami, et réaliser cela était difficile pour elle.

-Présentement, vu l’heure, je n’ai rien de mieux à faire que de rester avec vous à moins qu’on m’appelle pour une urgence gravissime. Et rien ne m’empêche de prendre mon ordinateur et de travailler un peu ici. Mais sans doute plus ce soir. En plus… je ne sais pas si je m’occupe vraiment de vous là je ne fais que rester assis à côté.

Ses craintes se confirmaient. Il n’allait pas seulement rester là cette nuit. Il allait revenir apparemment, rester près d’elle jusqu’à ce qu’elle aille mieux. Cela allait éprouvant. Terriblement. Presque autant que la douleur dans ses jambes qui viendrait un jour où l’autre. Mais au fond, une partie d’elle commençait  à s’en réjouir. Elle était clouée au lit. Elle ne pouvait en quelques sortes pas y échapper. Elle n’en était pas responsable, ça n’était pas son choix. Si Ridley lui faisait du mal, elle essayerait, en vain sans doute, de se dire qu’elle n’avait rien à se reprocher.

-C’est déjà gentil, commenta-t-elle en souriant au plafond plutôt qu’à lui.

-Dis pas de bêtises Ridley, enchaîna Evans, ça aide toujours d’avoir quelqu’un à son chevet quand on est malade, c'et prouvé scientifiquement qu'on guérit plus vite vu qu'il te faut des données empiriques pour y croire, tête de mule.

Elle acquiesça et se battit contre un bâillement qui lui échappa finalement. Elle commençait à sentir la fatigue la gagner. Elle sentait que comme la douleur l’avait quittée, le sommeil qui s’en suivrait serait infiniment plus réparateur.

- Quoi qu'il en soit, continua le docteur, vu l’heure qu’il est et ce qu’il vient de se passer, le mieux serait de se reposer effectivement. Votre température est plutôt bien remontée donc je vais enlever les bouillottes avant que le lit se transforme en sauna mais je vous laisse les couvertures chauffantes. Demain par contre je pense que je vous emmènerai faire une radiographie pour votre jambe si ça ne vous dérange pas, voir un peu dans quel état elle est en plus du reste. Vous pouvez dormir aussi longtemps que vous voulez, on ira quand vous serez réveillée. Ça vous va ?

Miranda avait réprimé u nouveau bâillement pendant que le docteur parlait. Tout cela tombait sur elle brusquement. Parler du métro de Londres, récupérer sa main, vivre tout cela faisait trop. Elle avait besoin de sommeil pour récupérer. Elle tira un peu la couverture sur elle.

-D’accord… Je me sens très fatiguée tout d’un coup… On verra ça demain…

Elle sourit encore au plafond pour tenter de lui sourire à lui. Elle résista à l’envie de se tourner sur le côté comme elle avait l’habitude de le faire et ferma les yeux.

-Je vais m’endormir je crois…

Elle aurait cru que leur présence l’empêcherait de sombrer mais finalement, elle se sentait presque en confiance. C’était terrifiant ce lâcher prise, c’était dangereux. Mais elle n’y pouvait rien. Elle était trop épuisée. Elle s’endormit aussi sec. Demain... Sa terreur, elle allait la laisser pour la nuit. Elle s'en occuperait demain...

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Dim 12 Juil - 22:33


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Pardon du retard. Je le trouve nul en plus. M'enfin tu pouvais t'attendre à ce que je sortes des trucs du genre vu le calvaire que je vis avec ce putain de stage D:






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Miranda avait beau expliquer le plus rationnellement possible, avec autant de statistiques qu'elle voulait, que ce qui lui était arrivé arrivait aussi aux autres, Ridley ne voulait rien savoir. Présentement, il se fichait que cela arrive à d'autres personnes même s'il s'en doutait. Ça n'en restait pas moins grave pour elle, sauf qu'elle ne semblait pas vouloir le comprendre. Étrangement, cela ne l'étonnait même pas. Mais au vu de ses pauvres bâillements qu'elle tentait de cacher, les deux hommes allaient cesser de l'embêter pour ce soir. Evans opta pour que tout le monde se repose même si, évidemment, il restait à disposition en cas de souci. Elle tira un peu la couverture et tenta de se mettre à l'aise, souriant au plafond mais celui-ci leur était sans doute adressé.

— D’accord… Je me sens très fatiguée tout d’un coup… On verra ça demain… Je vais m’endormir je crois...


Ce qui était plutôt logique vu sa morphine que le chercheur voyait d'un si mauvais œil. Le médecin récupéra ses bouillottes qu'il déposa sur un chariot pour les emmener avec lui. Il allait demander à une infirmière de la surveiller, il ne manquerait plus qu'elle leur refasse une crise de somnambulisme, arrache sa perfusion et aggrave l'état de ses jambes. Avant de partir, il vérifia une dernière fois les constantes puis se tourna vers Ridley, parlant moins fort pour ne pas réveiller la pauvre psychologue.

— Tu restes là alors ? Tu comptes dormir ou pas du tout ? Tu peux te mettre dans un lit si tu veux.


— Je suis très bien là, ça ira, répondit-il en plissant un peu les yeux, suspicieux.


Il ne manquerait plus que ça, qu'il finisse lui même dans un lit d’hôpital. Il n'en avait clairement pas envie. Quant au fait de dormir à l'infirmerie, tout dépendait de sa fatigue. Evans haussa les épaules, peu surpris par cette réponse, et repartit avec son chariot, non sans lui avoir demandé de le prévenir s'il se passait quelque chose d'anormal. Ridley risquait de toute façon de ne dormir que d'un œil pour s'éveiller au moindre mouvement où au moindre bruit donc rien ne lui échapperait. Il se cala un peu plus dans son fauteuil à défaut de pouvoir squatter quelques centimètres carrés du lit pour y reposer sa tête, ça ne se faisait pas. Le silence finit par les envelopper, entrecoupés des rapides passages de l'infirmière de service qui venait voir si tout allait bien. Le chercheur lutta longuement contre le sommeil mais vint finalement le moment où ses yeux trop lourds ne se rouvrirent pas. Du moins tant qu'aucun bruit ne se faisait entendre. Heureusement, même sans réveil matin, le chercheur pouvait compter sur son portable pour le réveiller dès que le travail se faisait trop pressant.

Donc quand il vibra avec force entre ses mains, ce dernier fit un léger bond dans sa chaise et décrocha avant même d'avoir totalement émergé de son pseudo sommeil. Au moins, il n'était pas outrageusement tard, sept heures et des poussières. Et après on se plaignait qu'il ne dormait pas assez mais si on l'appelait si tôt, qu'il doive se réveiller ou non, il ne fallait pas s'étonner. Sur le coup, il n'avait même pas prêté attention à qui cela pouvait bien être.

— Oui ? Dit-il en étouffant un bâillement.


— Salut patron, à la voix il reconnut un de ses chercheurs parce qu'il communiquaient souvent et que de toute façon, il connaissait ceux à qui il donnait son numéro habituellement. Sinon on l'appelait sur le fixe dans son bureau. On a un problème avec le 106 en fait. Le système d'éclairage du confinement secondaire nous à lâché. Du moins, deux lampes à vrai dire mais les 80 000 lumens ordonnés ne sont plus atteints et le sujet commence à s'agiter dans la première cellule, il a du percevoir que quelque chose clochait. Je vous préviens avant qu'il ne décide de rompre le confinement et qu'on doive donner l'alerte.


Ridley risqua un regard vers Miranda, toujours profondément endormie. Il lui avait promis de ne pas la laisser seule mais là, c'était un cas de force majeure. Le confinement du SCP-106 avait toujours été plutôt bancal, son taux de réussite s'élevant à un maigre 43% alors si l'équilibre des règles de confinement venait à être brisé, cela pouvait suffire à ce qu'il s'échappe. Contrairement aux apparences, il était un être très intelligent, qui profitait de toutes les occasions. Mieux valait qu'il y aille pour donner ses directives avant que l'intégrité du site et que la sécurité de ses occupants soit cruellement menacée.

— J'arrive tout de suite. S'il tente toute attaque contre les parois de sa cellule vous appelez la sécurité et vous me tenez informé, répondit-il en se levant doucement de sa chaise, étirant ses jambes encore endormies.


— Reçu, on surveille.


Le chercheur raccrocha et Ridley rassembla ses maigres affaires. Il n'avait pas confiance en Evans mais il souhaitait qu'il puisse lui répondre si Miranda demandait où il était passé. Il pressentait que cela pouvait avoir son importance. Il se dirigea donc non sans raideur vers son bureau et toqua avant d'entrer. Le médecin qui ne devait pas avoir beaucoup dormi non plus releva les yeux de ses dossiers et lui adressa un regard surpris.

— Ridley ? Y'a un souci ?


— Le boulot m'appelle oui, une urgence. Je reviendrais quand ça sera réglé.


Il n'appréciait vraiment pas de laisser Miranda seule et affaiblie à la merci de ces horribles médecins. Il valait mieux pour tout le monde que son état ne se soit pas dégradé lorsqu'il reviendrait. Evans sembla d'ailleurs lire dans ses pensées ou peut être dans les traits de son visage ce qu'il avait derrière la tête.

— D'accord... t'inquiète pas, je veille sur Miranda, promis.


Oh il pouvait faire toutes les promesses qu'il voulait il n'en croyait pas un mot. Il savait qu'ils ne tenaient pas leurs promesses. Il l'avait expérimenté quand les docteurs lui disaient que la douleur passerait alors qu'on lui donnait du poison pour qu'il souffre encore davantage. Il l'avait expérimenté quand ils ordonnaient qu'on continue de le torturer alors que ses yeux trahissaient son agonie. Ils avaient poussé son corps trop loin pour leur ''science''. Alors il n'y croyait plus. Le chercheur hocha sèchement la tête et referma la porte avant de s'élancer dans les couloirs en direction du site incriminé.

Et à l'infirmerie, les heures passèrent.

Evans avait appelé le service de radiologie pour les prévenir qu'il passerait dans la journée et venait de se faire râler dessus car il était dans l'incapacité de donner une heure précise. Forcément, vu qu'il faisait toujours comme cela arrangeait les patients. C'était un des fait qu'on lui reprochait le plus souvent. Surtout avec Ridley. D'abord les autres médecins le lui refourguaient car aucun ne souhaitait s'occuper de lui et ensuite ils critiquaient sa façon de travailler et proposaient des choses. S'ils voulaient proposer, ils n'avaient qu'à s'en occuper hein. De plus, il ne dirigerait Ridley vers un autre médecin pour rien au monde vu tout le chemin qu'il avait fait avec lui. Mais l'heure n'était présentement pas à ce genre de discussions, plutôt à celle de voir si Miranda était réveillée ou non.

Neuf heures venaient de sonner quand il vint la voir avec un plateau repas plus que conséquent. Pour se remettre, elle devait manger. Il lui épargnait les boissons hyperprotéinées parce qu'elles avaient un goût dégueulasse mais il espérait que son appétit ne se soit pas envolé et perdu dans la neige hier soir. En le déposant sur une tablette à côté du lit, il se pencha un peu au dessus d'elle.

— Miranda, vous êtes réveillée ?


Un coup d’œil aux constantes lui indiqua qu'elles étaient plutôt stables. Elle semblait avoir repris du poil de la bête. Il avait changé sa perfusion un peu plus tôt (il en avait profité dès que Ridley fut parti à vrai dire) et en avait profité pour baisser la morphine. Le but n'était pas qu'elle soit dans les choux toute la journée, juste de lui éviter qu'elle ait mal aux jambes. La forte dose qu'il lui avait collé c'était parce qu'elle s'agitait et que cela risquait d'aggraver ses blessures. Mais tout allait bien à présent et la nuit avait été calme.

— Désolé de vous embêter, continua-t-il. Je venais voir comment vous alliez. Vous vous sentez mieux ? Vous avez bien dormi ?


Il préférait qu'elle soit parfaitement réveillée et en pleine possession de ses moyens pour se permettre d'observer ses jambes et de commencer les soins dès qu'elle aurait mangé. De toute façon il se doutait un peu de leur état.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Dim 19 Juil - 22:49

Miranda avait dormi comme une masse, d'un sommeil noir et sans rêve. Elle avait eu l'impression de fermer les yeux et de les rouvrir la seconde d'après. Mais plusieurs indices lui indiquaient que du temps avait passe. D'abord, Ridley n'était plus là. Elle espérait sans grand espoir qu'il avait retrouvé la raison et qu'il était allé dormir mais elle en doutait fortement. Elle s’imaginait qu’il était probablement allé travailler, c’était sans doute ça.

Elle se sentait vaseuse, elle n’avait pas envie de se réveiller. Elle était juste soulagée de voir qu’il n’était plus là.  Qu’il ne la considérait pas assez fragile pour rester auprès d’elle toutes affaires cessantes. Elle sentait ses jambes la cuire et la gratter un peu… Elle voulait se rendormir pour échapper à cette sensation mais aussi à tout ce qui viendrait après. La radio de sa jambe dont ils avaient parlé la vieille. La douleur qui ne manquerait pas de se réveiller d’avantage. L’impossibilité de se lever lorsqu’elle en aurait besoin.

Déjà elle se souvenait qu’elle détestait être dépendante de la sorte. Il fallait croire qu’une partie d’elle aimait ça. Cette partie d’elle qui était allée dehors par moins quarante pour voir si quelqu’un la sauverait. En attendant, une fois consciente, elle se sentait juste inutile et mal à l’aise, comme une gamine qui est tombée malade parce qu’elle a refusé de se couvrir.

Le va et vient des infirmières était plus régulier maintenant, donc il était plus tard. Il faudrait bien se réveiller à un moment où à un autre mais pour le moment rien ne l’y forçait.

-Miranda, vous êtes réveillée ? fit une voix quelque part.

Par instinct, une de ses mains s’aventurait près de ses jambes à cause de la légère démangeaison mais elle la rattrapa à temps. Elle se souvint à temps aussi qu’il ne fallait pas les bouger. Le docteur était là, il s’inquiétait de son état. Même si ça n’était pas évident mieux valait respecter ses recommandations. Elle battit des paupières. Pour parler, elle aurait besoin d’encore quelques secondes.

-Désolé de vous embêter, continua-t-il. Je venais voir comment vous alliez. Vous vous sentez mieux ? Vous avez bien dormi ?

Elle bailla un peu et lui sourit. Sourire était plus évident quand Ridley n’était pas là. Elle ne voulait pas que le docteur se fasse trop de souci pour elle, elle en avait déjà assez causé comme ça.

-Oui j’ai bien dormi, mais je me sens encore un peu fatiguée... répondit-elle un peu ensommeillée. Elle était soulagée de pouvoir regarder son interlocuteur à peu près dans les yeux, elle en avait perdu l’habitude.

Elle aurait aimé qu’il la laisse tranquille. Mais il était sans doute obligé de faire son travail… de la conduire en radiologie pour remuer le couteau dans la plaie des fois qu’il puisse la guérir un peu mieux, cette blessure qui resterait toujours ouverte. En même temps, si elle pouvait éviter d’avoir mal toute sa vie, elle ne disait pas non. C’était comme quand elle parlait de choses difficiles avec sa psy à elle. Il fallait bien, sans quoi le problème restera là, à l’empêcher d’avancer…

Comme souvent quand elle avait dormi longtemps, son ventre se rappela à son bon souvenir par un bruit assez disgracieux. Elle baissa les yeux et rougit de nouveau.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Ven 4 Sep - 13:53


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Désolé du retard et de la nullité absolue que ça doit être u.u M'enfin tant que tu réponds c'est cool /PAN/






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Miranda mit quelques temps à émerger mais Evans la laissa faire sans la brusquer. Sa nuit ne devait pas compter parmi ses meilleures après tout et avec la morphine, même baissée, il y avait de quoi rester dans les choux au réveil. A sa question, elle lui sourit. Il ne sut dire pourquoi mais elle semblait plus à l'aise que lorsque Ridley était là. C'était sans doute normal avec le caractère de ce dernier qui était au bord de l'agression avec quiconque l'approchait ici dans un rayon de cinq mètres, le lit de sa patiente compris et bien protégé. Il faudrait qu'ils aient une petite discussion à ce sujet tous les deux d'ailleurs. Si Miranda voulait être soignée, il n'avait pas à s'en mêler, non mais.

— Oui j’ai bien dormi, mais je me sens encore un peu fatiguée...


Oh ça se voyait qu'elle l'était. C'était bien pour ça qu'il ne comptait pas l'embêter plus que ça dans l'après midi, qu'elle puisse faire la sieste si elle en avait envie. Il faisait un pansement ce matin, l'embêtait avec la radio, discuterait un peu du résultat et puis elle aurait l'après midi pour faire ce qu'elle voulait. Il avait déjà réglé les formalités administratives pour son arrêt de travail. Le sourire du médecin s'agrandit quand il entendit le petit ventre de la psychologue se réveiller avec plus de vigueur qu'elle et ne put retenir un petit rire.

— Si c'est pas beau cette synchronicité, regardez moi ça j'ai justement ramené votre petit déjeuner !


Il l'aida à s’asseoir dans le lit une fois qu'elle eut davantage reprit ses esprits en redressant le dossier et en veillant à ce qu'elle soit bien placée avant d'accompagner la parole par le geste et de lui passer la tablette avec le plateau dessus.

— Pour pas vous couper l'appétit j'attendrais que vous ayez fini avant de voir l'état de vos jambes... Si ça se trouve ça sera pas grave au point de couper l'appétit mais au cas où, je vous laisse manger tranquillement.


Il l'embêterait après pour les explications, il n'y avait rien de plus désagréable que quelqu'un qui vous balance des trucs que vous ne voulez pas forcément entendre ou qui demandent pas mal de concentration pendant que vous profitiez d'un bon repas. La plupart du temps, la personne ne retenait rien du tout de ce qui s'était dit en plus.

Il revint donc une petite heure plus tard avec son guéridon lorsqu'elle eut terminé pour débarrasser et s'occuper de ses pauvres gambettes. Comme ces sales engelures lui montaient jusqu'au genoux, il avait prévu deux tubes de crème contre les brûlures et il était certain d'en vider au moins un.

— Si vous ne voulez pas regarder je vous allume la télé hein.


Il s'assit sur sa chaise à roulette qui couinait, si célèbre dans le service depuis que Ridley avait donné un violent coup de pied dedans pour le faire tomber alors qu'il se risquait à une prise de tension non autorisée. La pauvre ne s'en était jamais remise et poussait maintenant des râles d'agonie répétés et parfois soutenus. Evans découvrit ses jambes mais aucune grimace n'étira son visage. Les cloques s'étaient un peu résorbées, ce qui représentait une évolution favorable même si la peau rouge vif restait tendue à l’extrême, prête à se déchirer. Mieux valait éviter d'appuyer pour aider le retour veineux, il lui donnerait des médicaments pour ça. Par contre, il était toujours hors de question de poser le pied à terre.

— Si ça peut vous rassurer, vos orteils sont tirés d'affaire et ça s'améliore doucement. Je vais vous mettre de la crème pour hydrater tout ça et essayer de diminuer les oedèmes... si je vous fais mal vous me le dites mais je vais y aller doucement.


Comme prévu il vida quasiment un tube sur une jambe. Histoire d'être certain qu'elle en avait partout et que cela durerait jusqu'au prochain pansement de ce soir, il fallait y mettre une bonne couche. Il procéda avec le plus de douceur possible. Pour protéger sa peau il recouvrit ses jambes de compresses puis enroula une bande de gaze. Voila qui était mieux ainsi.

— Terminé ! Bon, par contre on va quand même éviter de vous faire poser le pied à terre. Je pense que je vais vous emmener en radiologie dans le lit et après on pourra vous installer dans un fauteuil si vous voulez, tant que vous n'appuyez pas sur vos pieds ça va. Qu'est ce que vous en pensez ?

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Lun 7 Sep - 16:13

Le ventre de Miranda s'était rappelé à son bon souvenir avec un gargouillis sonore. Elle avait faim. Il n'y avait aucune ambiguïté possible. Comme souvent elle baissa les yeux en rougissant un peu. Le docteur eut un rire sonore mais pour une fois elle n'eut étrangement pas l'impression qu'il se moquait d'elle. En fait il semblait plutôt rassuré. Qu'elle ait faim était peut-être bon signe en fait.

-Si c'est pas beau cette synchronicité, regardez moi ça j'ai justement ramené votre petit déjeuner ! commenta t'il.


Elle ne répondit pas et se contenta de sourire. Elle n'avait pas envie de faire l'effort de parler.

-Pour pas vous couper l'appétit j'attendrais que vous ayez fini avant de voir l'état de vos jambes... Si ça se trouve ça sera pas grave au point de couper l'appétit mais au cas où, je vous laisse manger tranquillement.

Elle était reconnaissante. Le docteur était dur avec Ridley elle trouvait mais avec elle il se montrait plutôt prévenant.

-Merci,
dit elle simplement. Elle n'avait rien à ajouter.

Elle sourit encore comme l'odeur parvenait à ses narines. Elle se sentait un peu gênée d'être chouchoutée de la sorte. Une partie d'elle appréciait ça au fond et c'était sans doute le pire. Un peu comme quand une partie d'elle souhaitait finalement que Ridley revienne une fois qu'il n'était plus là. Maintenant elle se sentait un peu seule à la merci des infirmières.

Le docteur la laissa seule pour manger après l'avoir aidée à s'assoir correctement. Elle fit tomber sa cuillère et elle n'osa pas déranger quelqu'un pour si peu alors il lui fallut ruser pour finir son yaourt. Elle se sentait faible et engourdie et les démangeaisons dans ses jambes avaient grandi de telle sorte que cette sensation exaspérante l'empêchait de se rendormir et qu’elle se sentait tendue.

Elle trouva le temps long mais finalement il revint. Il s’occupa de débarrasser les affaires. Elle l’avait attendu mais maintenant elle avait un peu. Il allait la soigner et elle avait peur d’avoir mal. En même temps, il devenait urgent que quelque chose soit fait pour ses jambes auxquelles il devenait difficile de résister.

- Si vous ne voulez pas regarder je vous allume la télé hein, proposa-t-il.

Probablement que son appréhension devait se lire sur son visage. Elle n’était pas très douée pour cacher ses émotions et encore moins dans cet état second où elle se trouvait maintenant.

-Non merci, je vais juste éviter de regarder.

Elle n’avait jamais vraiment aimé la télé. Elle avait occupé trop de ses soirées passées seule, sans personne. Elle savait bien qu’elle était d’assez mauvaise compagnie. Le petit tabouret émis une plainte étrange qui n’était pas de nature à la rassurer.  Doucement le docteur découvrit ses jambes et les démangeaisons augmentèrent encore. Elle détourna le regard pour observer le plafond. Comme elle était allongée ça n’était pas bien difficile.

- Si ça peut vous rassurer, vos orteils sont tirés d'affaire et ça s'améliore doucement, l’informa-t-il. Je vais vous mettre de la crème pour hydrater tout ça et essayer de diminuer les oedèmes... si je vous fais mal vous me le dites mais je vais y aller doucement.

Miranda n’avait pas mal non. En fait elle aurait voulu que le docteur y aille avec les ongles et arrache toute cette peau qui se réveillait encore d’avantage. Elle ferma les yeux et respira profondément. La crème allait faire effet et les choses allaient s’améliorer. Malgré elle, elle serra son poing sous la couverture. Tout ceci allait mettre ses nerfs à rude épreuve, il fallait qu’elle garde son calme et qu’elle se laisse soigner surtout. Elle était déjà contente de ne pas perdre d’orteils parce qu’avec le froid qu’il avait fait,  c’était déjà une chance. Finalement il remit les bandes, par dessus la crème qui collait sur sa peau. Peu à peu, la brûlure et la démangeaison se calmaient.

- Terminé ! Bon, par contre on va quand même éviter de vous faire poser le pied à terre. Je pense que je vais vous emmener en radiologie dans le lit et après on pourra vous installer dans un fauteuil si vous voulez, tant que vous n'appuyez pas sur vos pieds ça va. Qu'est ce que vous en pensez ?


Miranda soupira malgré elle.  Comment faisait-il pour sembler aussi enthousiaste? Elle n’avait aucune envie de rester clouée au lit ou dans un fauteuil. D’ailleurs le docteur avait-il ramassé la petite cuillère ? Elle ne savait plus. Elle n’avait pas envie de poser la question parce que c’était un peu ridicule de ne pas pouvoir ramasser un objet soi-même. Si le fauteuil en question pouvait rouler, peut-être y avait-il une chance qu’elle puisse se laver seule ? Elle en doutait. Elle n’aimerait pas quand ce moment viendrait de toute façon. Elle chassa cette pensée. Mieux valait prendre les problèmes un part un. Son passage en radiologie était déjà suffisamment immense pour occuper son esprit. Il fallait se laisser faire. Ne pas être docile n’aidait jamais à aller mieux et puis une radio ne l’engageait à rien. Elle espérait un peu paradoxalement que le docteur ne pourrait rien faire pour sa jambe.

-D’accord. On peut y aller si vous voulez, répondit-elle courageusement.

C’était cela. Pour une fois dans sa vie, elle allait faire preuve de courage et affronter les choses sans se plaindre ni fondre en larmes comme elle avait l’habitude de le faire. Elle voulait croire qu’elle avait grandit depuis la dernière fois où elle s’était trouvée dans un lit d’hôpital.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mar 8 Sep - 18:22


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Deux jours de cours et déjà plus productive t'as vu xD






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Une fois les pansements terminés et l'accord de Miranda obtenu pour la radio, Evans entreprit d'aller débrancher le lit pour l'emmener. Ah qu'il aimait quand les infirmières tricotaient avec les fils de la télécommande du lit, de la sonnette et de la prise de la batterie. Il ramassa une petite cuillère qui trainait là, sans doute l'avait-elle fait tomber sans oser appeler qui que ce soit et la posa dans un coin. Il avait l'impression qu'accepter avait demandé un gros effort à la psychologue. C'était sans doute normal, son accident était encore assez récent et sans doute vif dans son esprit. Reparler de sa jambe c'était indirectement reparler de ce qui lui était arrivé et réveiller les douleurs qui avaient pris leur temps pour disparaître. Elle ne devait pas en avoir envie et c'était normal. Cela dit, lui, tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle aille mieux. Et ça passait par le fait de voir ce qui se traficotait au niveau de cette jambe. Si elle avait été opérée par des chirurgiens avec des moufles avant d'arriver ici, il était de son devoir aujourd'hui de régler le problème. Il fallait en profiter en plus, de bons chirurgiens travaillaient à la Fondation.

Il vérifia que Miranda était bien couverte et installée avant de quitter le service d'accueil pour s'élancer dans le labyrinthe de l’hôpital à proprement parler. Ridley ne passait jamais ces portes ou alors il fallait qu'il soit inconscient et qu'il ne se réveille pas là bas. Mais un jour, peut-être que cela changerait. Il essayait de ne pas perdre espoir. Tandis qu'il s'aventurait dans le bâtiment en manœuvrant son lit, saluant au passage les employés qu'il connaissait, il priait pour que ce cher Ridley, justement, ne débarque pas pour voir Miranda disparue dans les méandres du lieu.

— Miranda ? J'y pense mais vous n'avez pas d'affaires ici vu que vous êtes arrivée un peu en urgence. Est ce que vous voulez que je demande à quelqu'un de vous chercher des habits, de quoi vous laver ou que sais-je encore ? Vous ne devriez pas vous éterniser ici plus d'une semaine mais bon...


Ça n'était pas un problème que d'aller chercher ses affaires si elle était d'accord. Il pouvait le faire lui même si elle le voulait. C'était souvent un aspect de la personnalité d'Evans qu'on lui reprochait. Il se pliait en quatre pour ses patients. Peut être que c'était pour cela qu'on lui avait refilé Ridley ? En tout cas, on lui reprochait souvent d'être trop gentil et tolérant ou parfois trop impliqué. Reproches auxquels il répondait sur le même ton que, dans ce cas, il ne fallait pas le lui avoir confié en toute connaissance de cause. Il était le médecin qu'il avait toujours voulu être et tout allait pour le mieux. Finalement tous deux arrivèrent dans le service tant attendu et le médecin laissa Miranda aux soins de son collègue radiologue après avoir pris soin de lui expliquer succinctement ce qu'il souhaitait. Eh oui, il aurait pu faire les radios lui même, sachant comment fonctionnait la machine mais il laissait ceux qui travaillaient là faire leur boulot. Il se serait fait taper sur les doigts sinon. Et finalement, il la retrouva lorsqu'il fallut attendre le résultat, encore bien long à développer pour l'époque. M'enfin, ils n'étaient sans doute pas les seuls à passer des radios aussi. Quand une infirmière vint lui ramener la grande enveloppe blanche contenant les clichés, il la remercia et la tendit à Miranda avant de repartir. Il attendrait qu'ils soient arrivés pour consulter les clichés et revenir la voir. Lui même voulait savoir de quoi il en retournait alors il n'imaginait pas l'état dans lequel elle devait être.

— Ça va ? Demanda-t-il donc. Ça vous tracasse cette histoire non ?


Même si elle ne lui dirait pas forcément ce qu'elle avait sur le cœur comme elle n'avait demandé à personne de ramasser sa petite cuillère, il se devait de poser la question, de laisser sa porte ouverte si elle avait envie d'y entrer et de l'écouter, surtout. De toute façon, Evans l'avait déjà un peu cernée. Elle ne voulait pas déranger et être à l'hopital c'était déjà déranger tout le monde donc autant se faire discrète, ne pas se plaindre et dire oui à tout. Ce n'était pas ainsi que cela fonctionnait. Si elle voulait se plaindre de quoi que ce soit, elle le pouvait et il l'écouterait sans juger, sans critiquer. Il était là pour ça tout comme elle, en temps que psychologue, était là pour ça, pour ses patients à elle. Quand ils arrivèrent, le médecin réinstalla le lit et constata avec soulagement que Ridley n'était pas là et n'avait par conséquent pas tempêté dans tous les sens du terme dans le service.

— Du coup je vais jeter un œil à tout ça dans mon bureau... J'appelle quelqu'un pour vous aider à vous installer dans un fauteuil ? Comme ça vous pourrez me rejoindre si vous voulez et au pire c'est moi qui reviendrait vous voir. Le seul truc c'est que y'a pas forcément la bonne lumière pour observer les radios depuis un lit mais si vous préférez vous reposer, j'arriverais à gérer pour vous les montrer aussi, vous en faites pas.


Il suffisait de mettre une tablette avec la luminosité à fond en dessous sur une page blanche pour que ça marche un peu. Même dans une structure aussi dotée que celle là, parfois il fallait se débrouiller avec les moyens du bord. Il trouvait ça marrant tant qu'il ne s'agissait pas d'une urgence vitale. Une fois qu'il fut assuré de sa décision et plutôt content qu'elle ait envie de se mettre au fauteuil même si elle ne pourrait pas vraiment se dégourdir les jambes, il alla chercher une infirmière pour qu'elle aide la psychologue puis alla enfin découvrir ces fameux clichés. Quand il avait pensé que le chirurgien qui l'avait opéré l'avait fait avec des moufles il espérait au fond de lui que ça n'était pas sérieux mais il devait bien se rendre à l'évidence que si. Tout était complètement de travers. Les clous et surtout l'os en lui même qui, moins que le fait de se reconstruire de travers, s'en retrouvait fragilisé. Pas étonnant qu'elle ait mal. Si jamais elle lui passait le nom du chirurgien, il se serait fait un plaisir de l'engueuler par téléphone mais malheureusement les contacts avec l'extérieur étaient limités.

Evans ne pouvait pas forcer Miranda à se faire opérer une deuxième fois, surtout qu'il allait devoir lui annoncer l'incompétence de ceux qui l'avaient opéré la première fois. Il y avait de quoi perdre confiance en tout ça. Il était donc sacrément embêté quand elle vint toquer et qu'il dut lui ouvrir. De toute façon il avait laissé les clichés affichés donc elle verrait peut être d'elle même ce qui clochait même si, bien évidemment, il se devait de lui expliquer. Il poussa les chaises pour qu'elle se rapproche du bureau et vint s'installer derrière en cherchant un peu comment il pouvait amener le problème.

— J'ai bien regardé les radios du coup, même s'il ne m'a pas fallu longtemps pour repérer le problème. Vous arrivez à voir ce qui cloche dessus ?


Il se rapprocha de son écran pour lui montrer en même temps. Bon, il fallait relativiser. Ça n'était pas si grave que ça, ce n'était pas comme si ce crétin de chirurgien avait en plus oublié une pince ou un coton à l'intérieur de sa jambe -là il serait carrément allé le secouer- mais il se doutait qu'une opération difficile à accepter (parce qu'elle touchait à la modification de son propre corps par un tiers, ce qui n'était, à la base, pas facile à accepter) avec un résultat comme celui là, pouvait paraître comme une véritable catastrophe. C'était de la chirurgie mince ! Personne n'avait envie de se faire opérer une fois ni une deuxième parce que la première était médiocre.

— En fait, le chirurgien qui a eu son diplôme dans une pochette surprise a mal placé le clou, je sais pas, il l'a mal incliné ou quoi... quoi qu'il en soit, l'os s'est mal consolidé, il reste fragile et s'il se fortifie, il sera de travers. Ce qui explique que ça vous fasse mal. C'est pour cela que je pense qu'il faut résoudre ce problème pour que vous alliez mieux et que vous puissiez vraiment guérir de cette connerie et qu'elle ne devienne qu'un lointain et mauvais souvenir. Mais pour ça, il faudrait vous opérer à nouveau pour corriger la bêtise de l'autre énergumène. Je sais que... c'est sans doute angoissant et vraiment chiant d'avoir à faire face à cette proposition alors que vous pensiez que tout ça était derrière vous. Moi même je serais sur les nerfs d'avoir à me faire opérer une seconde fois donc même si je ne peux pas me mettre à votre place, sachez que je peux comprendre. Vous avez le choix d'accepter ou de refuser et peu importe la décision j'aurais à m'y conformer et à vous informer de ce que ce choix entraînera. Et je suis là pour vous soutenir aussi si vous en avez besoin, pensez-y.


Le pire étant les conséquences et répercussions pour la marche et la colonne vertébrale que cela pouvait entraîner. Mais il n'allait pas lui faire peur avec cela maintenant. Il serait franc avec elle sur ce qu'elle risquait si elle refusait une opération. C'était toujours le bénéfice risque.

— Je tiens cela dit à être clair sur un point qui me semble important, le fait que le clou soit de travers n'est aucunement de votre faute. Peu importe la raison qu'on pourrait vous donner. C'est la position qui est mauvaise et ça date de la pose, c'est pas vous qui l'avez fait bouger par je sais pas quel moyen...


Il lui semblait qu'il valait mieux clarifier ça. Il ne la punissait pas avec une opération, il voulait réellement résoudre ce problème et qu'elle soit tranquille enfin. D'autant qu'elle restait maître de ses choix.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Mer 9 Sep - 18:36

Docilement donc, elle avait consenti à faire cette radio. Finalement il avait ramassé la petite cuillère qu’elle avait faite tombée et elle s’était sentie particulièrement honteuse. Elle n’avait pas pu manger sans faire de bêtise. Il prit soin de la couvrir et de détacher tout ce matériel qui était relié au lit avant de partir. Elle ne dit rien, préférant le silence. Elle n’avait jamais su parler de la pluie et du beau temps de toute façon. Elle se sentait mal à l’aise parce qu’elle ne parvenait pas du tout à dissimuler son trouble. Elle était morte d’angoisse. Cela se voyait sur son visage. Elle n’y pouvait rien et c’était toujours la même histoire. Elle était transparente, incapable de dissimuler quoique ce soit de ce qu’elle ressentait. Finalement, le docteur se chargea de trouver un sujet sur lequel converser.

- Miranda ? J'y pense mais vous n'avez pas d'affaires ici vu que vous êtes arrivée un peu en urgence. Est ce que vous voulez que je demande à quelqu'un de vous chercher des habits, de quoi vous laver ou que sais-je encore ? Vous ne devriez pas vous éterniser ici plus d'une semaine mais bon...

Tout cela la ramenait à l’idée qu’elle allait devoir rester ici. Une semaine c’était déjà particulièrement long à ses yeux, surtout si elle ne pouvait pas se déplacer comme elle l’entendait ou se laver seule. Elle avait très peur de cela. Elle avait d’horribles souvenirs à l’hôpital ou une personne chaque fois différente de bon matin, la mettait nue sans lui dire un bonjour et la lavait mécaniquement. Lorsqu’un homme arrivait pour la laver en général, elle faisait une attaque de panique. Sans comprendre, ils lui administraient une dose de calmants et elle vivait l’enfer, à moitié endormie, incapable de se débattre. C’était de toute façon la solution la moins pire qu’ils auraient pu trouver. Elle n’aurait pas eu la force de s’exprimer, ni même de dire qu’elle préférait être lavée par une femme.

- Oui… il me faudrait au moins des vêtements propres et mon pyjama. Et j’aimerais bien au moins quelques livres si ça n’est pas trop demander…

Et voilà que quelqu’un allait encore devoir se plier en quatre. Les livres au pire elle pouvait s’en passer. En plus c’était lourd à porter. De toute façon elle avait la télévision dans sa chambre, ou elle pouvait dormir ou rêvasser. Elle n’avait pas à se plaindre.

Le service de radiologie n’était pas loin. Elle écouta Evans discuter avec le radiologue un petit moment après lequel il l’abandonna entre ses mains. Elle se laissa faire, elle essaya de ne pas avoir peur quand il l’aida avec une infirmière à s’installer sur une espèce de grande table glacée. Elle était au bord de l’évanouissement. Heureusement on ne lui demandait rien sinon d’attendre, immobile, le ventre noué, que la série de cliquetis et de bruits étranges ait fini de retentir. Pendant ce temps, le radiologue et l’infirmière discutaient de leurs week-ends respectifs tranquillement, sans se soucier de sa présence. Elle préférait que ce soit ainsi.

Après il fallut la remettre dans son lit et elle serra les dents. Elle fut soulagée de retrouver Evans à la sortie. Mine de rien, maintenant qu’elle le connaissait, elle préférait sa présence à lui que celle du radiologue indifférent. Elle essaya de sourire un peu pour montrer que tout allait bien. L’enveloppe avec les radios atterrit entre ses mains et elle ne l’ouvrit pas. Elle n’aimait pas regarder l’intérieur de son corps de la sorte. Elle ne voulait pas savoir à quoi cela ressemblait. De toute façon le docteur dirait si c’était réparable ou non et c’était la seule chose qui l’intéressait. Elle aurait voulu qu’il puisse lui répondre, là, tout de suite mais apparemment c’était plus compliqué.

-Ça va ? demanda Evans tout à coup, Ça vous tracasse cette histoire non ?

Evidement que cette histoire la tracassait. Elle n’avait aucune envie d’être opérée encore. Ce n’était pas une semaine qu’elle allait passer à l’hôpital si elle acceptait mais bien plus. Elle ne voulait pas repenser à tout cela, aux paroles blessantes du médecin qui s’était occupé d’elle, aux toilettes dans la douleur. Elle voulait devenir indépendante. Revenir sur tout cela promettait d’être dur. Mais si elle pouvait se débarrasser de ces douleurs qui apparemment ne s’en iraient pas d’elles-mêmes… avait-elle vraiment le choix ? Allait-elle souffrir jusqu’à la fin de sa vie parce qu’elle avait eu peur d’affronter ce qu’il y avait à affronter ? Elle en avait marre de réagir comme cela, comme une enfant qui privilégié le confort du présent plutôt que la préparation de son avenir.

Cela dit, elle ne voulait pas tomber dans le mélodrame alors elle se contenta de répondre :

-Oui… un peu, répondit-elle avec un sourire qui se voulait engageant.

Elle ne sut pas s’il l’avait crue ou non. Mais il continua :

- Du coup je vais jeter un œil à tout ça dans mon bureau... J'appelle quelqu'un pour vous aider à vous installer dans un fauteuil ? Comme ça vous pourrez me rejoindre si vous voulez et au pire c'est moi qui reviendrait vous voir. Le seul truc c'est que y'a pas forcément la bonne lumière pour observer les radios depuis un lit mais si vous préférez vous reposer, j'arriverais à gérer pour vous les montrer aussi, vous en faites pas.

Miranda ne voulait pas rester dans son lit ça non. Dans un fauteuil elle pourrait déjà se déplacer seule et se débrouiller pour se rendre aux toilettes sans assistance. Déjà ça était un grand soulagement pour elle.

-Je veux bien un fauteuil pour me déplacer oui.

Elle esquissa un autre sourire, mal à l’aise. Le docteur s’en alla avec un sourire et une infirmière revient avec le fauteuil. Plier ses jambes à la peau abîmée fut douloureux mais une fois que ce fut fait, elle se sentit satisfaite. Cela lui donna un peu de courage. Malgré tout, elle hésita devant la porte du bureau du docteur. Elle n’avait pas vraiment envie d’entendre ce qu’il avait à lui dire. Elle inspira à fond et manoeuvra maladroitement pour aller frapper à sa porte. Il vint lui ouvrir, poussa les chaises pour lui faciliter la tâche. Il s’installa derrière le bureau puis sembla hésiter. Elle était tournée vers les radios.

C’était pire que ce qu’elle pensait. Tout était tordu, l’os était tordu. Le fait que ces douleurs allaient en augmentant au lieu de diminuer n’était pas du au froid ni à son imagination comme elle aimait à se le dire parfois apparemment. Le pire, c’était que c’était de sa faute. Elle s’était fait ça toute seule. Parce qu’elle ne pouvait pas prendre ses responsabilités.

- J'ai bien regardé les radios du coup, même s'il ne m'a pas fallu longtemps pour repérer le problème. Vous arrivez à voir ce qui cloche dessus ?

Comme elle essayait déjà de ne pas pleurer elle hocha la tête. Elle ne voulait pas fondre en larmes ici et maintenant. Elle se sentait assez ridicule sans en rajouter. Alors elle le laissa continuer.

- En fait, le chirurgien qui a eu son diplôme dans une pochette surprise a mal placé le clou, je sais pas, il l'a mal incliné ou quoi... quoi qu'il en soit, l'os s'est mal consolidé, il reste fragile et s'il se fortifie, il sera de travers. Ce qui explique que ça vous fasse mal. C'est pour cela que je pense qu'il faut résoudre ce problème pour que vous alliez mieux et que vous puissiez vraiment guérir de cette connerie et qu'elle ne devienne qu'un lointain et mauvais souvenir. Mais pour ça, il faudrait vous opérer à nouveau pour corriger la bêtise de l'autre énergumène. Je sais que... c'est sans doute angoissant et vraiment chiant d'avoir à faire face à cette proposition alors que vous pensiez que tout ça était derrière vous. Moi même je serais sur les nerfs d'avoir à me faire opérer une seconde fois donc même si je ne peux pas me mettre à votre place, sachez que je peux comprendre. Vous avez le choix d'accepter ou de refuser et peu importe la décision j'aurais à m'y conformer et à vous informer de ce que ce choix entraînera. Et je suis là pour vous soutenir aussi si vous en avez besoin, pensez-y.

A nouveau elle se battit contre les larmes. A nouveau elle n’osa pas répondre.  Il blâmait le médecin mais elle pensait qu’il n’y était bien rien. Le docteur pensait du bien d’elle, il n’avait pas vu ce qui était pourtant évident. Il lui proposait même d'être là pour elle. Il ne voyait pas que c’était à cause d’elle tout cela et son incapacité à gérer les choses de front allait lui couter une seconde opération. Comme elle ne disait rien, esquissant un sourire plaqué qui devait sans doute échouer à cacher sa tristesse, il poursuivit :

- Je tiens cela dit à être clair sur un point qui me semble important, le fait que le clou soit de travers n'est aucunement de votre faute. Peu importe la raison qu'on pourrait vous donner. C'est la position qui est mauvaise et ça date de la pose, c'est pas vous qui l'avez fait bouger par je sais pas quel moyen...

A ces mots, elle fondit en larmes. Au contraire, c’était entièrement sa faute. Elle ne supportait pas qu’on dise le contraire cela la faisait se sentir encore plus coupable. Elle savait bien ce qu’elle avait fait de travers et pourquoi elle s’était retrouvée dans cette situation. Comme la veille. Elle aurait très bien pu mettre ce meuble contre sa porte, elle ne l’avait pas fait. Par flemme ou parce qu’elle avait oublié. A présent elle était dans un fauteuil roulant. C’était toujours pareil. Elle faisait tout de travers. De travers comme sa jambe l’était.

-C’est à cause de mon poids, sanglota-t-elle misérablement, le clou était pas tordu au départ c’était bien…le médecin qui me l’a posé a dit que je suis trop lourde et que du coup, ça appui trop et ça change l’inclinaison…

Il y eut une marée de larmes qui lui coupa la parole momentanément avant qu’elle puisse poursuivre.

- Seulement voilà… j’ai… j’ai jamais pu vraiment perdre du poids, je sais pas, j’y arrive pas. Comme il y en a qui arrivent pas à s’arrêter de fumer…Du coup aussi bien… même si vous m’opérez encore… ça va recommencer ? Non ?


Elle acheva de fondre en larmes. Avec la sensation que tout ceci ne se terminerait jamais. On allait devoir lui ouvrir la jambe encore et encore parce qu’elle était trop grosse.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Jeu 10 Sep - 11:51


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : Le net est revenu en couuurs yay xD






Miranda Smith
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Evans savait que Miranda allait pleurer, évidemment qui ne le ferait pas dans telle situation ? Les mouchoirs préparés puis dégainés, il s'était empressé de s'accroupir près d'elle avec sa boite à portée de main. Si ça ne suffisait pas, il en avait d'autres. Il fallait que ça sorte, cette mauvaise histoire et ce ressentiment. C'était mieux qu'elle l'exprime ici que seule dans son lit, cachée de tous. Au moins ils pouvaient en parler et régler le problème.

— C’est à cause de mon poids le clou était pas tordu au départ c’était bien… le médecin qui me l’a posé a dit que je suis trop lourde et que du coup, ça appuie trop et ça change l’inclinaison… Seulement voilà… j’ai… j’ai jamais pu vraiment perdre du poids, je sais pas, j’y arrive pas. Comme il y en a qui arrivent pas à s’arrêter de fumer… Du coup aussi bien… même si vous m’opérez encore… ça va recommencer ? Non ?


Evans s'énervait rarement mais là, Maurice avait poussé le bouchon trop loin et fait se vautrer mémé dans les orties en même temps. Miranda n'était pas tombée sur un médecin. Elle avait eu droit à un beau salopard sans doute plus obnubilé par son salaire que par les patients dont la vie était entre ses mains. C'était honteux. Si ce chirurgien exerçait ici, il se serait fait un plaisir de le traîner jusque là et de lui offrir la plus belle engueulade qu'il n'ait jamais eue dans sa triste vie. C'était inadmissible. Crier n'allait pas arranger l'état de la psychologue, ce n'était pas sur elle qu'il devait crier mais bien sur cet imbécile en plus. Mais il ne pouvait pas ne pas hausser le ton, présentement. Il était certain que Ridley saurait et se ferait un plaisir de retrouver son numéro.

— Non mais c'est quoi ces conneries ? Mais d'où il a osé dire ça ce con j'y crois pas... C'est incroyable ! Ah ben oui, évidemment c'est tellement plus facile de reporter la faute sur le patient que d'admettre que Monsieur-attention-je-suis-chirurgien-j'ai-fait-dix-ans-d'étude-j'ai-toujours-raison à foiré son opération ! Mais il vous a pas mis un clou en pâte à modeler non plus ! Et le poids ça c'est vraiment bas, c'est pathétique et c'est des conneries. Ça n'a rien à voir. Vous y avez cru Miranda ? Un clou qui s'incline autrement à cause du poids mais il en a d'autres de bonnes comme ça ?


Ce n'était pas un reproche. Évidemment qu'elle y avait cru. Un patient qu'il soit désespéré ou non croyait ce que lui disait son médecin car il était porteur de connaissances, c'était lui qui savait comment régler le problème. C'était parfois dur pour un médecin d'avouer son impuissance car toute la confiance que le patient mettait en lui se brisait alors. Mais la vérité valait mieux que ce reproche absolument immonde sur le poids de la psychologue. Un médecin qui mentait et trompait ses patients n'en était pas un. C'était juste un connard de première qui méritait d'avaler son pseudo diplôme. Il la laissa un instant avec le paquet de mouchoirs pour ouvrir la porte de son bureau et lancer un message à la première personne qui l'entendrait.

— Eh, y'a une gentille infirmière qui peut me ramener un clou chirurgical et un marteau ? Je veux faire une expérience marrante ! Celle qui le fait à droit à un bisou !


Il referma la porte en  espérant que quelqu'un répondrait à sa requête. Au pire, il irait le chercher lui même et en profiterait pour ramener à Mira ses habits et ses livres comme elle l'avait demandé. Mais en attendant que son expérience soit possible, il revint s'accroupir à côté de Miranda. Les explications ne serviraient peut être pas autant qu'une démonstration mais il les donnerait quand même. Il reprit plus doucement aussi, gueuler dans le service lui avait fait du bien.

— Vous savez Miranda, les clous chirurgicaux sont étudiés pour résister à quasiment tout. Il arrive à des chirurgiens de poser des prothèses de hanches à des gens qui font plus de deux cent kilos et ces clous tiennent encore mieux que les os de la personne... Ils sont fait en titane, en chrome... C'est presque aussi solide que du diamant. Vous pesez combien ? Je suis navré mais c'est pas avec vos 75 kilos toute mouillée que le clou il va plier ou dévier, peu importe ô combien ce menteur de première à voulu vous le faire croire. Donc non, ça ne recommencera pas. S'il est bien mis, il ne bougera plus jamais et vous n'aurez plus mal. Même la cicatrice finira par s'atténuer et presque disparaître avec les bons soins !


Evans lui frotta un peu le dos pour essayer d'apaiser ses pleurs. C'était d'autant plus difficile qu'elle avait été honteusement trahie par ce pseudo chirurgien du dimanche sans scrupules, qu'elle avait subi des mois et des mois de souffrances incessantes par sa faute en pensant tout ce temps que c'était elle la coupable. Mais il savait que tout cela finirait en libération quand elle accepterait qu'elle n'y était pour rien. Et il ferait tout pour la convaincre. Son poids était présentement le cadet de ses soucis. Si elle voulait perdre du poids et qu'elle souhaitait lui demander son aide il se ferait un plaisir de l'aider mais là, ça n'était pas le plus urgent.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Ven 11 Sep - 15:54


Evans s’était installé près d’elle avec une boite de mouchoirs. Alors elle en pris un et essaya de sécher ses larmes qui roulaient toujours dans l’espoir de se sentir un tout petit peu moins misérable. Elle avait expliqué au docteur son problème tout en sanglotant, avec difficulté. Elle détestait se retrouver dans cette situation où elle ne pouvait pas articuler un mot sans hoqueter. Elle avait l’impression d’être une gamine qui raconte une dispute de cours d’école. C’était en quelque sorte faire une bêtise, prêter le flanc à la réprimande. Qui était-elle pour pleurer ? Tout ce qui lui arrivait, elle en était responsable.

Elle récolta ce qu’elle était habituée à récolter dans ce genre de situations, des cris et des reproches :


- Non mais c'est quoi ces conneries ? Mais d'où il a osé dire ça ce con j'y crois pas... C'est incroyable ! Ah ben oui, évidemment c'est tellement plus facile de reporter la faute sur le patient que d'admettre que Monsieur-attention-je-suis-chirurgien-j'ai-fait-dix-ans-d'étude-j'ai-toujours-raison à foiré son opération ! Mais il vous a pas mis un clou en pâte à modeler non plus ! Et le poids ça c'est vraiment bas, c'est pathétique et c'est des conneries. Ça n'a rien à voir. Vous y avez cru Miranda ? Un clou qui s'incline autrement à cause du poids mais il en a d'autres de bonnes comme ça ?


Il lui fallut un petit moment pour comprendre que ces reproches ne lui étaient pas adressés à elle. Enfin si un peu. Peut-être qu’elle avait été bête de croire le médecin. Peut-être pas. Elle ne savait pas. Malgré tout elle continuait de se sentir mal et coupable alors elle luttait pour reprendre contenance. Elle se sentait toujours ridicule lorsqu’elle pleurait de la sorte.

-Oui, j’y ai cru… parvint-elle à dire.


Elle se sentait bête. Maintenant qu’Evans le disant, cela semblait évident. Elle aurait dû savoir que ça n’était pas possible. Elle aurait du prendre un autre médecin. Il fallait dire qu’elle n’avait pas vraiment pris le temps de s’occuper de ça vraiment ni de prendre un deuxième avis. Elle avait suivi bêtement ce qu’on lui disait. Elle était toujours un peu comme ça, à plier devant l’autorité sans poser de question. Parfois, elle avait l’impression qu’elle n’accèderait jamais à l’âge adulte. Elle avait reculé un peu, malgré elle. Après tout, Evans pointait sa stupidité. Brusquement il alla ouvrir la porte et dit :

- Eh, y'a une gentille infirmière qui peut me ramener un clou chirurgical et un marteau ? Je veux faire une expérience marrante ! Celle qui le fait à droit à un bisou !


Il sembla plus calme lorsqu’il se tourna face à elle de nouveau. Il se plaça à sa hauteur comme pour dire quelque chose d’important.

- Vous savez Miranda, les clous chirurgicaux sont étudiés pour résister à quasiment tout. Il arrive à des chirurgiens de poser des prothèses de hanches à des gens qui font plus de deux cent kilos et ces clous tiennent encore mieux que les os de la personne... Ils sont fait en titane, en chrome... C'est presque aussi solide que du diamant. Vous pesez combien ? Je suis navré mais c'est pas avec vos 75 kilos toute mouillée que le clou il va plier ou dévier, peu importe ô combien ce menteur de première à voulu vous le faire croire. Donc non, ça ne recommencera pas. S'il est bien mis, il ne bougera plus jamais et vous n'aurez plus mal. Même la cicatrice finira par s'atténuer et presque disparaître avec les bons soins !



75 kilos toute mouillée… Visiblement elle ne voulait pas la vexer. Tout médecin savait estimer son poids facilement. Elle pesait dix kilos de plus que cela. S’il fallait mentir à ce sujet, c’était que c’était mal d’être aussi lourde. Elle n’aimait pas qu’on fasse preuve de tact à ce sujet. Elle n’aimait pas non plus qu’on lui en parle de façon brutale. En fait elle n’aimait pas en parler tout court. Elle se sentait bête, mais aussi un peu soulagée. Il y avait peut-être une solution à ce problème de jambe après tout.

-Tant mieux, bafouilla-t-elle, se remettant avec peine de ses émotions, vous allez m’opérer et après… ça sera fini.

Fini oui… Cette douleur pouvait finir. C’était une chose qu’elle n’avait pas envisagée depuis longtemps. Mais elle avait peur. Elle allait être ouverte encore. Et les clous dans les os, droits ou tordus, cela faisait mal. Il allait falloir rester clouée au lit pendant encore un bon moment. Juste après avoir accepté, elle regrettait déjà. Il allait falloir faire face. C’était une chose qu’elle n’avait jamais vraiment su faire.

La porte s’ouvrit à la volée, une infirmière apparut dans l’encadrement de la porte avec un clou et un marteau et l’air amusé.

-Contrairement à ce que vous pensez docteur Evans, personne ne veut de vos bisous hein. Attendez un peu que je raconte ça à votre femme…

Elle entra, dédaigneuse, avant de poser le matériel sur le bureau et de ressortir avec un « Non mais ! ».

Miranda soupira. Elle aurait voulu pouvoir un jour sembler aussi à l’aise.  Au lieu de ça, elle regarda le clou sur le bureau. A voir comme ça, il n’avait pas l’air si solide que ça…

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Ven 11 Sep - 18:05


❝ Glacée en dedans ❞


HRP : C'est pas gentil de me faire marrer en cours, je me vengerai !






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Miranda semblait comprendre ce qu'Evans lui disait. Peut être pas y croire ou y adhérer totalement mais elle comprenait. C'était déjà ça et il comptait encore fournir des preuves en plus. Ses pleurs se calmaient lentement mais ça ne voulait pas dire que l'histoire était réglée. L'appréhension et le ressentiment devaient toujours exister, ces vilaines choses ne partaient pas aussi facilement, avec un claquement de doigts. Mais il était là et il le serait jusqu'à ce que tout aille bien pour la psychologue. Il fallait qu'elle en prenne conscience. Par la suite, elle ferait ce qu'elle voulait avec tout ça.

— Tant mieux, vous allez m’opérer et après… ça sera fini.


— Exactement, vous avez tout compris. Après ça sera fini et on aura plus besoin d'en reparler parce que ça posera plus jamais problème.


Il entendait bien qu'elle ne voulait plus parler de tout ça. Qu'elle ne voulait plus vivre tout ça. C'était tout à fait normal, des émotions valides et justifiées. De toute façon, même si ça n'était pas lui qui opérait, il tenait à être présent. Histoire de doublement vérifier, juste au cas où. Il avait totalement confiance en ses collègues mais c'était pour Miranda aussi. Peut-être qu'elle se sentirait plus en sécurité s'il était présent pour surveiller. Enfin la porte s'ouvrit sur l'infirmière tant attendue avec son clou et son marteau, un air amusé dans les yeux qui ne présageait rien de bon. Elle vint déposer le tout sur le bureau avant de repartir.

— Contrairement à ce que vous pensez docteur Evans, personne ne veut de vos bisous hein. Attendez un peu que je raconte ça à votre femme… Non mais !


Evans se redressa pour la poursuivre jusqu'à la porte.  Ça c'était un coup bas. Sa femme elle même était parfois jalouse parce qu'elle savait que les infirmières bossant avec lui le trouvaient mignon.

— Comment ça personne n'en veut ? T'es sûre ? Même pas les baveux ? Non non mais vous feriez pas çaaaaa, lui dites paaaas ! J'ai pas fait vœu d'abstinence moi ! Je ferais les Lovenox ce soir si tu veux comme ça tu pourras rentrer plus tôt !


Avec un soupir il referma la porte et leva les yeux au ciel après n'avoir obtenu qu'une sorte de gloussement en réponse. Bah, au pire ça n'était que de la déconnade. Sa femme comprendrait. Il n'avait pas le temps de poursuivre toutes les filles du boulot comme Bright , il avait à peine le temps de voir la sienne. De toute façon derrière chaque homme d'exception il y avait une femme, lui il avait déjà choisi et le bon choix en plus. Et derrière Ridley, il y avait qui ? Miranda pour qu'il s'accroche à elle ainsi ? Il n'en savait rien et il n'irait pas poser la question hein. Il était suffisamment rentré avec le nez cassé dans sa vie, pas besoin d'en rajouter.

— Non mais vous avez vu comme elles sont méchantes avec moi ? Râla-t-il faussement en se tournant vers Miranda. Bref, retournons à nos moutons, ou plutôt à notre clou, hein ?


Il l'attrapa et le tendit à Miranda pour qu'elle teste d'abord elle même s'il était solide ou s'il pliait comme du papier mâché. Elle pouvait croquer dedans, essayer de le tordre, tout ce qu'elle voulait. Ça n'était pas parce qu'il était léger qu'il était fragile. Si elle n'était toujours pas convaincue, il en viendrait au marteau en espérant ne pas provoquer d'accident.

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MessageSujet: Re: Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]   Sam 12 Sep - 0:08

-Exactement, vous avez tout compris. Après ça sera fini et on aura plus besoin d'en reparler parce que ça posera plus jamais problème,avait conclut Evans à propos de son opération.

Ce simple fait méritait d’être souligné. Pour la première fois de sa vie, un problème ancien cesserait définitivement de la poursuivre. C’était la première difficulté qu’elle avait rencontrée et dont elle allait vraiment venir à bout. Certes ce jour à Londres continuerait de la hanter, elle continuerait d’avoir peur quand la foule se serre trop autour d’elle. Mais au moins, elle cesserait d’avoir mal, elle allait remporter une petite victoire sur l’existence et ça n’était décidément pas tous les jours. Elle esquissa un vague sourire à travers ses larmes. Doucement, elle comprenait que ça n’était pas sa faute si sa jambe avait bougé et que le médecin de Londres était juste un mauvais médecin comme il y en a beaucoup. Tout ceci la ramenait à la question de savoir pourquoi il lui arrivait toujours de mauvaises chose mais à cela… elle ne voulait pas penser.

Finalement l’infirmière entra pour poser le clou sur le bureau avec un gros marteau et elle le regarda, constatant qu’il n’avait pas l’air si solide que ça. Maintenant, elle avait assez retrouvé ses esprits pour les entendre se chamailler gentiment.

- Comment ça personne n'en veut ? T'es sûre ? Même pas les baveux ? Non non mais vous feriez pas çaaaaa, lui dites paaaas ! J'ai pas fait vœu d'abstinence moi ! Je ferais les Lovenox ce soir si tu veux comme ça tu pourras rentrer plus tôt !

Elle eut un sourire malgré tout. L’infirmière s’en alla en gloussant un peu. Tout ceci n’était pas très sérieux de toute façon apparemment. C’était un peu rafraîchissant.

- Non mais vous avez vu comme elles sont méchantes avec moi ? Râla-t-il faussement en se tournant vers Miranda. Bref, retournons à nos moutons, ou plutôt à notre clou, hein ?

Elle renifla sur son fauteuil et eu une sorte de rire. Ce fut tout ce qu’elle put faire. Elle aurait bien aimé trouver quelque chose de drôle à dire pour se redonner une contenance digne de ce nom mais ça n’était pas si simple. Elle se sentait toujours un peu mal, d’avoir cru bêtement le médecin de Londres, d’avoir pleurer comme une enfant et de forcer le docteur à lui faire cette petite démonstration.

Il lui tendit le clou qu’elle pris dans ses mains pour essayer de le tordre. Elle fut surprise de ne pas y arriver.

- C’est plus solide que ça en à l’air…
commenta-t-elle.

Puis elle mania le fauteuil pour récupérer le marteau et s’installa sur le bureau. Le clou était là, sur le bois. Avec son marteau dans la main, elle pensait à celui qui se trouvait dans son corps et qui lui faisait mal depuis tout ce temps. Comme elle avait eu très froid, et que cela faisait un moment qu’elle était assise, même maintenant elle en avait marre. Elle repensa au chirurgien qui lui avait mentit et à la manière dont elle s’était sentie à ce moment là, quand il lui avait expliqué froidement qu’elle était trop « grosse ». Oui c’était le terme qu’il avait employé sans ménagement. Elle repensa aux toilettes qu’elle avait subies à moitié endormie à moitié terrorisée dans un brouillard de panique indéfinissable. Elle en avait marre. Elle voulait se prouver que ce clou était solide et qu’elle n’avait pas subit tout ça par sa faute. Maintenant dans son esprit tout se mélangeait.

Brusquement, elle donna un grand coup de marteau sur le clou.

Il resta là, intact, sans une éraflure.

-Effectivement… ajouta-t-elle mais elle ne réfléchissait plus vraiment à ce qu’elle faisait. Elle voulait détruire ce petit objet qui lui avait causé tant de peine, en même temps que les souvenirs flous mais tellement vifs de cette foule pressée au dessus d’elle. Alors elle leva les deux mains au dessus de sa tête et asséna le coup le plus fort qu’elle put depuis le fauteuil où elle était assise. L’impact la fit reculer sur ses roues, il y eu un craquement horrible et le bureau s’effondra.

Au milieu du plan de travail, le clou était toujours là, intact.

Elle ressentit un indescriptible rage et juste après, elle réalisa ce qu’elle venait de faire et manqua de se remettre à pleurer.

-Oh la la Docteur je suis désolée… articula-t-elle.

En vérité, elle était totalement incrédule.

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Glacée en dedans (Avec Ridley Moran) [TERMINE]

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